dimanche 10 octobre 2010

QUEBEC BLASTING - 1 de 3


Allons, allons, mes amis! S’il fallait que nous déchirions notre chemise chaque fois qu’un torchon médiatique du reste du Canada nous crie des noms et nous traite de corrompus ou de mafieux, notre garde-robe serait vide depuis longtemps. Faut-il vraiment crier au meurtre parce qu’on nous présente comme des gangsters congénitaux? Après tout, dans l’imaginaire populaire, les Al Capone, Mesrine et compagnie ne sont-ils pas en quelque sorte devenus des demi-dieux qui commandent respect et admiration?

Croyez-moi, le Quebec Bashing c’est un petit pétard à mèche à côté du Quebec Blasting que constitue l’accusation d’antisémitisme. Ça, c’est de la dynamite! Au Québec, ceux qui se servent de l’arme de l’antisémitisme pour déchiqueter la réputation de leurs victimes ont la partie belle. Ils n’ont même pas besoin d’importer leur nitroglycérine théologique de Toronto. Le Québec regorge de la matière première et des ressources humaines nécessaires à la fabrication de ce cocktail explosif : la rectitude politique et un foisonnement de minorités.

Comme l’écrivait le sociologue des médias Jean-Serge Baribeau, dans La Presse du 14 juin 2008, «La majorité est régulièrement soupçonnée d'être raciste [et] xénophobe.» Mais M. Baribeau rappelait à ceux qui l’oubliaient que «la démocratie ne peut pas être la tyrannie plus ou moins ouatée des diverses minorités [et elle] ne peut exister lorsqu'il y a un sentiment de mépris vis-à-vis de la majorité, soupçonnée d'être raciste et méchante».

Avouons qu’au fil des dernières décennies, il s’en est cassé du sucre sur le dos des Québécois.


Mordecai Richler est certainement un des plus célèbres artificiers made in Quebec en matière d’antisémitisme.

 
Né et élevé dans le Mile-End, sur la rue Fairmount, le grand écrivain a utilisé cette bombe sale à maintes reprises à l’encontre des Québécois francophones. La diffamation collective s’est avérée sa grande spécialité.

C’est en 1977 que Richler avait commis — si je ne m’abuse — son premier attentat terroriste contre les sympathisants de l’indépendance. Il s’était servi de la tribune du magazine américain Atlantic Monthly pour lancer qu’au soir de la victoire du Parti Québécois, les militants indépendantistes en liesse avaient entonné un chant des Jeunesses hitlériennes.
Baboum!


Ses mots assassins avaient explosé comme autant de shrapnels au visage de René Lévesque. Pourtant, c’était totalement faux. Ce soir-là, les partisans de Lévesque avaient plutôt chanté un air composé pour Cabaret, le film musical américain de Bob Fosse sorti en... 1972! Bonjour la malhonnêteté intellectuelle crasse et la paranoïa schizophrénique!
 

Sa deuxième bombe sale, Mordecai Richler l’avait placée dans l’édition du 23 septembre 1991 du journal américain The New Yorker. Dans son brûlot intitulé Inside/Outside, Richler avait conclu que l’antisémitisme était un élément constitutif du nationalisme québécois moderne. Cette nouvelle déflagration avait provoqué une réaction en chaîne des médias. Au plus fort de la polémique, la journaliste Madeleine Poulin avait invité Mordecai Richler à expliquer ses déclarations incendiaires, dont celle où il compare les femmes québécoises à des truies. Cliquer ICI pour visionner l’entrevue.

Six mois plus tard, Mordecai Richler, devenu une espèce de Carlos pamphlétaire, récidivait en lançant un nouvel engin explosif intitulé Oh Canada! Oh Québec! Requiem pour un pays divisé. En plus de remuer les bas-fonds historiques périmés, il se déchaînait contre les lois linguistiques du Québec et allait même jusqu’à inventer un sondage qui conclurait que 70 % des Québécois sont profondément antisémites.

C’en était trop pour Jean-François Lisée qui, le 31 mars 1992, au lendemain d’un duel en règle avec Richler au réseau News World, dénonce l’infamie de Mordecai à l’émission de Christiane Charrette. Cliquer ICI pour entendre l’interview d’un Jean-François Lisée gonflé à bloc. C’était toute une époque.


Mais pour s’enrôler comme mercenaire ou comme tireur embusqué dans la guérilla du salissage, pas besoin d’être un zélote du B'nai B'rith. Pour n’en donner que deux exemples, pensons aux mésaventures de l’écrivain Claude Jasmin et du «Robin des banques», Yves Michaud.


En 1988, pour avoir vertement décrié «l’apartheid» dans lequel se retranchent volontairement les hassidim d’Outremont, Jasmin a été mitraillé dans deux grands quotidiens francophones de Montréal. 

Qualifié d’antisémite, le nationaliste traqué qualifiera de «pissous» les dignitaires du PQ qui hésitaient alors à l’inclure comme aspirant-député d’Outremont.

Le 14 décembre 2000, c’est Yves Michaud qui, à son tour, goûtera à la médecine de cheval que Lucien Bouchard lui servira avec une couardise ubuesque. Bouchard fera adopter par l'Assemblée nationale du Québec une motion de blâme pour des déclarations prétendument «inacceptables» qu’aurait prononcées Michaud.

Le pire, c'est que contrairement à ce que l'on a souvent colporté, Michaud n'a pas été lynché pour avoir dit au sénateur Kolber (avec qui il s'entretenait chez leur coiffeur commun) que le peuple juif n’avait pas le monopole de la souffrance dans le monde. Que non. Il s'est fait crucifier sans procès pour avoir invité les Québécois «à posséder, comme les Juifs, leur âpre volonté de survivance, leur invincible esprit de solidarité, leur impérissable armature morale».


Il s'agissait d'une citation du chanoine Groulx qu'il avait reprise lors de son témoignage dans le cadre des États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec. Une phrase tout à l'opposé d'une injure antisémite. Comme on dit, quand on veut tuer son chien, on prétend qu'il a la rage. L'Affaire Michaud est aujourd’hui le titre d’un livre publié récemment et qui raconte son exécution parlementaire.

La chasse aux antisémites «pure laine» est-elle moins populaire dans cette ère post-Bouchard Taylor? Les assises de la rectitude politique commencent-elles à s’effriter pour la peine dans les milieux de «gauche»?

Avec une pointe d’amertume qui transpire encore d’un article qu’il a fait publier dans La Presse du 18 février 2007, Claude Jasmin semble croire que les choses ont un peu bougé puisqu’«on discute [maintenant de] «séparatisme hassidim» partout sur les places publiques, avec grands reportages illustrés...». Mais l’écrivain échaudé déplore qu’il aura fallu attendre 20 ans «pour un peu de courage et de liberté. Vingt ans avant que les bien-pensants froussards se grouillent le cul. Pleutres, alors que nous formons 88 % de la population...»

Cinq mois après la publication des propos de Jasmin, je suis tombé sur un article de Barbara Kay, journaliste au National Post et qui traitait d’Outremont et du «problème» hassidique. Elle écrivait ceci : «Hasidim have zero interest in any social interaction with the outside world. By outside world I don't mean only Gentiles, but any non-Hasidic Jew. Mainstream Jews are not only invisible to Hasidim, they are also seen as apostates, and therefore worthy of contempt, as opposed to the indifference shown to Gentiles.»


Je suis resté bouche bée et me suis dit que Claude Jasmin avait peut-être vu juste: le tabou avait été ébranlé. Je n’ai même pas voulu m’arrêter à penser que l'équation aurait pu être faussée par le fait que Barbara Kay soit juive.

Si Marie Cinq-Mars, la mairesse d’Outremont, et son fidèle conseiller Louis Moffatt sont définitivement des causes perdues, du côté du Plateau Mont-Royal, par contre, je vois le début d'un filet de lumière au bout du tunnel.

C'est encore plus vrai quand j’entends le conseiller de ville Alex Norris abonder dans mon sens.Depuis que Norris a admis devant caméras que les accusations d’antisémitisme sont trop faciles à lancer, je réécoute en boucle cette phrase magique de six secondes qu'il a prononcée lors de la séance du conseil d'arrondissement du 3 mai dernier. 


Et vous savez quoi? Ça me donne chaque fois un peu plus confiance en l'avenir! Comme me disait mon défunt père : «Fonce et sois positif!». Aussi, chaque fois que je le peux, je m’accroche à la moindre lueur d’espoir.

mercredi 29 septembre 2010

L'ÉCHELLE PORNOGRAPHIQUE DU QUEBEC BASHING

QUEBEC BASHING - 2ème de 2


L'ndustrie du
Quebec bashing, c'est un peu comme l'industrie de la pornographie. Dans le monde du business libidineux, il y a ceux qui se contentent de produire du softporn. Pensons aux jeunes aguicheuses du controversé David Hamilton, par exemple. Puis, ça s’échauffe graduellement. On passe aux queues de lapines de Playboy, puis aux jouissives de Penthouse et aux déjantées de Hustler
. Au top du hardcore, il y a le Web. Là, on ne fait pas dans l’enculage de mouches, mais bien plutôt de molosses, sans oublier l’éloge du voyeurisme désaxé et de la pédophilie abjecte.

En matière de « bitchage » antifrancophone, la palme du Web hardcore pourrait être attribuée à un type comme Howard Galganov. Vous souvenez-vous de lui? Dans les
années 1990, il vomissait sur la Charte de la langue française et le nationalisme québécois.

Enragé comme une meute de pit-bulls, il avait fondé le mouvement « angryphone ». Aujourd’hui, Galganov — qui avait milité dans la section montréalaise de la
Jewish Defense League du rabbin américain Meir Kahane considérée par le FBI comme un groupe terroriste — a déserté le Québec. Il s’est retranché en Ontario où il bouffe désormais du franco-ontarien, une proie nettement moins coriace. Cliquer sur l'illustration pour en voir plus

On s’entend pour dire que Martin Patriquin n’est pas du tout de la même engeance que Galdanov. Sur l’échelle pornographique, son papier
« bonhonnecarnavalesque » lui vaudrait probablement d’être classé au niveau
Penthouse. C’est cochon, mais gratuit!

Le french bashing ne date pas d’hier chez Maclean’s. Il y a quelque temps, je suis tombé sur un autre article publié dans ce même magazine, mais cette fois, en 1987. Comme j’avoue ne pas être totalement insensible au softporn, je n’ai pas pu résister à jeter un coup d’œil sur ce papier intitulé A collision of cultures et qui traitait de la coexistence troublée entre les francophones et les hassidim d’Outremont.

Danny Kucharsky, un journaliste que je ne connais pas, y racontait que jusqu’à ce que les francophones s’embourgeoisent, dans les années 1970, et que les francophones mieux nantis -- comme les Robert Bourassa -- envahissent les rues tranquilles d’Outremont, les relations entre les francos et les ultras étaient au beau fixe.

La zizanie intercommunautaire serait donc attribuable à l’arrivée des bourgeois francophones dans Outremont après la Révolution tranquille? Ça m’a scié.


Saviez-vous ça, vous, que c’était la classe ouvrière besogneuse qui avait jusque-là occupé les maisons cossues des rues Durocher, Querbes, de l’Épée, Outremont, Bloomfield, Saint-Viateur, Alouette? Pas moi. Quoi qu'il en soit, si on suivait cette logique du journaliste, cela voudrait dire que les ultraorthodoxes s'entendraient mieux avec les citoyens de Hochelaga-Maisonneuve. Je serais très curieux de voir ça.

Il est vrai, en revanche, qu’Outremont a déjà compté 25 % de citoyens juifs. Mais comme l’avait déjà fait remarquer Jérôme Choquette il y a une trentaine d’années, il ne s’agissait pas, à l’époque, des ultraorthodoxes. En fait, la majorité des résidents juifs d’Outremont n’avaient rien à voir avec les hassidim qui prônent la ségrégation et l’isolationnisme total d’avec les non-juifs et même avec les juifs non hassidiques. Méchante nuance, vous ne trouvez pas? Si vous n'en êtes pas certain, demandez donc à Barbara Kay si elle ne fait pas la différence. Toute Juive qu'elle soit, la journaliste du National Post l'a écrit noir sur blanc dans un article intitulé Not in my backyard, either:
« If Hasidim moved en bloc to my neighbourhood, I would worry that they might not integrate into my community with the result that the property would be ghettoized ».

Cela dit, l’article de M. Kucharsky n’est tout de même pas dépourvu d’intérêt. Au contraire. Au point où j’inviterais fortement Martin Patriquin et Alex Norris, le conseiller du Plateau Mont-Royal, à le lire très religieusement.

Patriquin et Norris y apprendraient que la fameuse « collision des cultures » ne s’est pas produite à la fin des années 1990 avec la cause de l’érouv instituée par ce cher Michael Rosenberg qui sévissait déjà. Ils découvriraient que c’est dès les années 1970 que les plaintes ont commencé à affluer en raison du non-respect de la réglementation municipale par certains membres de la communauté hassidique. Eh! Non, Alex, malheureusement, je n’ai pas de droits d’auteur sur ces dénonciations. Je n’habitais ni Montréal, ni le Québec et pas même l’Amérique à cette époque.

Kucharsky nous rappelle que c’est le puritanisme extrême des hassidim qui, en 1985, avait amené ses dirigeants « who rarely involve themselves in politics » (!) à faire voter le « règlement bikini » interdisant le port du maillot de bain dans les parcs d’Outremont cachère.

Le journaliste rapporte aussi qu’en janvier 1987, Jean-Jacques Bédard, le rédacteur en chef du
Journal d'Outremont
, avait dénoncé dans ses pages les autobus et les voitures des hassidim stationnées en permanence n’importe où, sans égard à la réglementation. Et Bédard continuait sa litanie en se plaignant du tapage nocturne des ultraorthodoxes je-m’en-foutistes et de l’inaction des autorités municipales qui n’osent pas faire appliquer la loi de peur d’être traités de racistes.

Plus ça change, plus c’est pareil. Aujourd’hui, c’est au tour d’Alex Norris et de son vis-à-vis d’Outremont, Louis Moffatt, de nous seriner qu’il faut continuer de palabrer et de négocier encore et toujours de bonne foi (!) dans le but d’arriver à une bonne entente fraternelle avec les dirigeants hassidiques qui n’aspirent, on le sait tous, qu’à la paix. La leur. Et à leurs conditions. C’est à prendre ou à... être taxé d’antisémitisme.

Avec tous les efforts qu'Alex Norris et Louis Moffatt font pour accommoder les intégristes religieux, c'est pas demain qu'ils seront accusés d'antisémitisme.

En tout cas, Alex, j’espère que tu nous épargneras la fable du
Parapluie de la concorde* qu’avait racontée l’ancienne conseillère municipale d’Outremont Jacqueline Clermont-Lasnier à ton collègue Kucharsky. Aussi bien que tu le saches: Il est fini le temps des gobbe-mouches!


*
Il était une fois, un petit garçon et une petite fille hassidiques
Qui se pressaient sous la pluie pour se rendre à l’école
Ça leur était égal qu’elle fût illégale.

Les voyant marcher sans protection
Une belle et bonne conseillère municipale d’Outremont
Le petit cœur sur la main, ne put se résigner à ne rien faire

Elle savait bien qu’il était inconvenant de les inviter
À monter à bord de la voiture d’une étrangère
Elle pensa, pensa et pensa. Tant et si bien qu’une idée lui vint.

Elle immobilisa sa voiture, héla tout doucement les enfants
En anglais pour ne pas les effrayer
Et leur offrit son parapluie tout noir.

Tout effarouchés, les petits enfants prirent leur courage à deux mains
Et le parapluie par la troisième. Ils furent grondés à la maison
Mais ne furent plus jamais pris au dépourvu.

Morale de cette histoire de l’ancienne conseillère Clermont-Lasnier? « With a bit of goodwill on both sides, everything can be settled. » C'était il y a 23 ans!

samedi 25 septembre 2010

LE SCALP DES "PEA SOUP"

QUEBEC BASHING - 1ère de 2


Avant de commenter la bombe sale que Martin Patriquin vient de lancer sur le Québec francophone sous le titre
Quebec : The most corrupt province in Canada, entendons-nous sur une chose. La corruption, la magouille politique, le copinage éhonté entre les gros big shot (mafieux ou non) et les élus (mafieux ou non), les enveloppes brunes, le soudoiement, ça nous écœure à mort et on ne souhaite qu’une chose : les dénoncer haut et fort.

Cette précision étant faite sur
notre aversion aux bandits à cravate, attaquons-nous au véritable message que vient de transmettre Maclean’s au Rest of Canada: Les « Frenchies » du Québekistan sont ni plus ni moins les Tchétchènes du plus meilleur pays au monde. À côté des Frogs, même la Cosa Nostra sicilienne serait en odeur de sainteté.

Dès que l’on franchit la rivière des Outaouais, le Quebec bashing est le sport national de prédilection des Rednecks de Bay Street et des néo-libéraux conservateurs d’Alberta et d'ailleurs. Et la tradition se perpétue de plus belle.

Martin Patriquin, tel quel. Est-ce parce qu'il est déplumé qu'il a besoin d'un scalp de "Pea Soup"? Cliquer sur la photo...!

Avec ce dernier article torché par Patriquin, cet homme de main apparemment à la solde de la droite patronale antisyndicat, ultrareligieuse, francophobe et xénophobe, on comprend pourquoi les abolitionnistes du registre des armes à feu voulaient conserver leurs armes d’épaule. Il leur fallait continuer d’éradiquer tous ces Pea soup qu’ils considèrent indistinctement comme des racistes, des corrompus et des parasites suceurs des billets verts qu’ils ne voudraient plus verser dans les coffres des gouvernements.

Il fallait voir Patriquin, les fesses serrées et les oreilles molles, à l’émission d’Anne-Marie Dussault, 24 heures en 60 minutes. Et pour cause. Va donc expliquer le sérieux de ta démarche « journalistique » lorsque tu soutiens « qu’en dehors du Québec, le Bonhomme Carnaval est un personnage qui représente tout le Québec ».

En voyant le Bonhomme Carnaval se transformer en Bonhomme Sept Heures (Bone setter pour nos amis du ROC), on n’avait pas besoin d’un décodeur pour comprendre qu’il était en mission commandée.

Quand Anne-Marie Dussault lui a demandé : « C’est quoi la rigueur de cette image en couverture? », l’exécuteur des basses œuvres de Maclean’s a répondu dans son meilleur français de p’tit gars bien élevé : « Tu demanderas ça à mes patrons».

On aura compris sur son blogue intitulé à juste titre Deux maudits anglais qu’il avait été séduit par les propos qu’il avait extirpés du côté droit de la bouche de Mme Joanne Marcotte, la Sarah Palin du Québec qui est la porte-parole du Réseau Liberté Québec, ce nouveau regroupement des forces réformatrices situées à droite toute de l’échiquier politique.

Comme le racontait Patriquin à Patrick Lagacé, à l’époque de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, dans ses reportages, il faut que ça saigne! Quitte à faire passer les Québécois pour des racistes.

Personnellement, j’ai rencontré Martin Patriquin pas plus tard qu’en mars dernier. Ce n’était pas un hasard. Après mon passage à la Commisson Bouchard-Taylor et la création de mon blogue dénonçant le laxisme et le grossier parti-pris des autorités publiques municipales en faveur de la minorité hassidique d’Outremont et du Plateau, Patriquin avait salivé. Il voulait absolument m'interviewer. Il pensait avoir débusqué un monstre antisémite et il comptait bien le déterrer et en gruger l’os jusqu’à la moelle avec l'article dont il avait accouché dans Maclean's .

De toute évidence, son goût du sang francophone contaminé qui gicle l’excitait au plus haut point. Contrairement à ce qu’il vient de faire avec son article carnavalesque, en m'interviewant, Patriquin ne voulait surtout pas s’attarder sur les nombreux gestes délinquants et les magouilles des dirigeants hassidiques que je dénonce avec moultes preuves à l’appui! Le journaliste qui avait frappé à tour de bras sur Jacques Parizeau alors qu’il était à l’hôpital général juif ne cherchait qu’à coudre une grosse étoile de racisme au revers de ma veste. Je me demandais, aussi, pourquoi il avait tant essayé de me faire dire que je « focusais » sur les hassidim parce qu’ils ne parlaient pas français. J'imagine que ça lui aurait donné l'alibi tant espéré pour redoubler de coups.

À lire l'article qu'il avait alors écrit, mon blogue n’a d’autre mérite que d’être mesquin (mean-spirited) à l’égard de mes voisins hassidiques. Son article remarquablement documenté rappelait qu’Outremont comptait 97 000 résidents (c’est quatre fois plus que la réalité sur le terrain!), que des dépliants anonymes (anonymous leaflets) avaient été placardés sur des lampadaires pour dénoncer une synagogue illégale alors que numéro de téléphone, adresse courriel et adresse de mon site figuraient sur les dépliants laissés dans les boîtes aux lettres. Historien émérite, Patriquin n’a probablement pas voulu gaspiller son Carbone 14 pour décréter que l’origine des tensions avec la communauté hassidique ne remontait tout au plus qu’à la fin des années 1990 avec la célèbre cause des érouvs. Ce qui a pu se produire avant qu’il naisse en tant que journaliste est, de toute évidence, nul et non avenu.

Depuis que j’ai passé deux heures en sa compagnie, je n’ai pas arrêté de me demander à qui il me faisait penser. C’est en lisant son dernier brûlot que ça vient de me revenir. MARTIN... pourquoi tu ne m’as pas dit que tu étais le fils putatif de Diane Francis? J’ai bien connu ta mère à l’époque où elle faisait carrière au Toronto Sun. Je l’ai même interviewée dans le war room de ce « repère antifrancophone, antigouvernement fédéral et antitaxation » comme le décrivait si romantiquement Jeffrey Simpson, le chroniqueur au Globe and Mail.

J’aurais dû allumer plus vite. C’est elle qui parlait de « Jacques Parizeau et sa bande de voleurs de grand chemin » et qui assimilait les souverainistes à des terroristes. Vous avez de la suite dans les idées dans la famille. C'est comme rien, ça doit être génétique. (Ne manquez pas la suite dans ma prochaine chronique)

lundi 13 septembre 2010

LES POLITICIENS NON ORTHODOXES

Avez-vous lu l'éditorial de Josée Boileau, ce matin? Sous le titre Aménagement urbain - Le Plateau modèle, la journaliste du Devoir salue la détermination des élus du Plateau-Mont-Royal.

C'est un fait que depuis que Projet Montréal a été élu, il travaille à corriger une à une les horreurs qui, depuis un demi-siècle, ont balafré le tissu urbain et étouffé ses habitants au nom de la sacro-sainte machine. Comme le souligne Mme Boileau, les habitudes ancrées sont coriaces et pour parvenir à changer les mentalités, il faut s'atteler et surtout, ne pas avoir froid aux yeux.


Comme plusieurs écologistes dans l'âme, je lève mon chapeau au maire Ferrandez et à ses conseillers. J'ai applaudi à leur décision de limiter la circulation de transit sur les rues résidentielles de l'arrondissement. Ces jours-ci, je leur dis à nouveau Bravo! Je me réjouis du fait que ces
"politiciens non orthodoxes du Plateau" aient choisi de s'attaquer à la pollution sonore et d'abattre les panneaux publicitaires géants.

Chaque fois qu'un règlement servira à redonner le calme ou un bout de rue (ou de ruelle) aux résidents, je ferai Hip! Hip! Hip! Hourra.

Chaque fois qu'un arbre sera planté sur une place de stationnement asphaltée, nous prendrons notre pied... et marcherons notre ville en sifflotant.

Mais lorsqu'une décision incohérente, tarabiscotée et aux relents de magouilles électoralistes ira à l'encontre des valeurs logiques et écologiques avancées par ces mêmes élus ou leur chef, ils nous entendront crier Chouuuue!

Car outre la planète ou un coin de ville, nous voulons aussi sauver notre rue. Notre rue résidentielle qui est prise d'assaut non seulement par les "transiteurs" provenant des deux ou trois couronnes de beignes des banlieues, mais également par les autobus intercités délinquants, les 55 autobus scolaires ségrégués qui, chaque jour, pétaradent de 6h30 le matin à 21h, voire parfois 22h ou 23h. C'est sans parler des livreurs nocturnes ou des innombrables voitures qui stationnent en double devant l'un ou l'autre des cinq lieux de rassemblement hassidique qui, sur le simple tronçon de la rue Hutchison entre Fairmount et Saint-Viateur, dévorent déjà 71000 pieds carrés de planchers. Avouez que c'est plus qu'il n'en faut pour leur permettre de s'entasser à 200, 400, voire 700 dévots dans des duplex-synagogues déglingués et de déverser le trop-plein dans la rue et jusque sur nos propres balcons.


En dépit de ses beaux principes, le 4 octobre prochain, à 19 h, au chalet bucolique du parc La Fontaine, Richard Bergeron tentera d'obtenir, par tous les moyens - à l'arraché, s'il le faut - un nouvel agrandissement de plus de 700 pieds carrés pour ses nouveaux protégés hassidiques du 5363 Hutchison.




Le chef de Projet Montréal aura-t-il toujours une borne-fontaine à portée de
main pour éteindre le feu qu'il s'apprête à allumer? (photo: Alain Roberge, La Presse)


En bon musulman qu'il est devenu, craindrait-il de passer pour antisémite s'il ne pliait pas l'échine devant cette requête qui va à l'encontre de ses enseignements urbanistiques? La frilosité le regagnerait-elle tout à coup? Craindrait-il que The Gazette l'accuse d'être un raciste fini parce qu'il aurait choisi de ne pas jeter aux orties ses principes environnementaux et tenu bon devant le lobby hassidique? Aurait-il peur de décevoir ou de mécontenter ses amis circonstanciels? Ou pire! De ne pas être réélu?

Que M. Bergeron comprenne bien une chose. À l'instar de sa base et bon nombre d'élus de son parti, nous aussi, résidents de la rue Hutchison, nous nous efforçons de retrouver le sens même de l'urbanité. Cette politesse du vivre ensemble qui semble malheureusement échapper à certains.

vendredi 3 septembre 2010

LA PROMESSE

Le 3 mai dernier, juste après la levée de la séance du conseil d’arrondissement du Plateau Mont-Royal, élus et citoyens ont eu le loisir de se fondre dans la salle du conseil et de discuter à bâtons rompus. M. Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal s’est prêté à cet exercice de démocratie désinvolte. J’ai moi-même eu l’opportunité de lui parler et d’échanger sur le dossier de l’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison.

C’était un secret de Polichinelle. À l’automne 2007, sous le régime d’Helen Fotopulos, Richard Bergeron a voté en faveur des dirigeants hassidiques qui souhaitaient agrandir leur synagogue. Il avait alors endossé la politique de sa rivale Helen Fotopulos. C’est son droit le plus strict. Mais je n’aurais jamais pensé que M. Bergeron m’aurait avoué tout bonnement qu’il s‘en était fait un point d’honneur. Je suis resté interloqué lorsqu’il m’a dit « Il y a deux ans, je leur ai promis cette dérogation. »

Sa candide révélation était d’autant plus époustouflante qu’une demi-heure plus tôt, ce même Richard Bergeron confessait au micro que la question de l’agrandissement de cette synagogue était retirée de l’ordre du jour... parce que les élus du Plateau n’étaient pas suffisamment au fait du dossier pour prendre une décision éclairée sur la question. Juste avant lui, le maire Ferrandez avait expliqué que « les craintes des résidents étaient légitimes ». Puis, il a renchéri en disant : « Nous n’avons pas les connaissances pour dire si elles [les craintes des résidents] sont vraies ou fausses ». Richard Bergeron et Luc Ferrandez avouaient donc leurs lacunes à propos du dossier qui avait été mis sur la table en 2007 par leurs rivaux d’Union Montréal.

Dans le cas de Luc Ferrandez, on peut comprendre sa méconnaissance du dossier puisqu’il venait à peine de débarquer dans l’arène politique. Mais en ce qui concerne Richard Bergeron, cet aveu d’ignorance du dossier était presque une insulte à l’intelligence des citoyens.
Comment Diable! Bergeron avait-il pu se permettre, voilà deux ans, de faire une telle promesse aux dirigeants hassidiques alors qu’il avoue aujourd’hui ne pas connaître les tenants et les aboutissants du dossier? On tombe des nues.

Quand on est le moindrement sérieux et conséquent avec soi-même, la simple prudence élémentaire voudrait que l’on s’abstienne de prendre une décision à l’aveugle.


Qu’est-ce qui pousse le chef de Projet Montréal à vouloir offrir sur un plateau d’argent cette dérogation à la secte ultraorthodoxe?

Cliquer sur la caricature pour zoomer

Certains pensent que c’est pour s’allier les intégristes du Plateau Mont-Royal. Mais quand on fait les comptes, cette hypothèse ne tient pas la route. Après tout, sur le territoire du Plateau, la communauté hassidique représente tout au plus quelques milliers d’électeurs dans un arrondissement qui ne compte pas moins de 105 000 personnes.

Ce n’est pas avec ce petit pourcentage de votes religieux ultraconservateurs que M. Bergeron pourrait conforter sa base politique sur le Plateau. D’autant moins que lors des dernières élections municipales, c’est justement dans ce coin du Mile-End que les appuis à Projet Montréal ont été les plus faibles.


Rappelons que les Michael Rosenberg et Mayer Feig qui lui font aujourd’hui des mamours pour obtenir le droit d’agrandir cette synagogue étaient ceux-là mêmes qui, durant la campagne électorale de l’automne 2009, l’avaient combattu à mort dans l'espoir avoué que les candidats de Gérald Tremblay triomphent sur le Plateau.

Cliquer sur la photo ci-haut pour identifier les personnages.


Ce n’est donc pas du côté du Plateau que se trouve la réponse à cette bienveillance trop manifeste de Richard Bergeron envers les hassidim.
Pour comprendre l’intérêt électoraliste qui pousse impulsivement le chef de Projet Montréal à flatter le shtreimel dans le sens du poil, il faut se déplacer dans Outremont, l’arrondissement voisin.

Bergeron est le chef d’un parti qui a des visées non seulement sur le Plateau, mais sur l’ensemble des arrondissements de Montréal. À cette enseigne, tout le monde sait que la plus grande concentration de ces électeurs ultrareligieux à Montréal se trouve sur le territoire d’Outremont.

Pour le meilleur et pour le pire, tous les politiciens salivent à l’espoir de s’acheter les bonnes grâces d’un groupe d’électeurs qui votent traditionnellement en bloc. Bergeron qui se targue de faire les choses différemment, ne fait pourtant pas exception à la règle. Et il se fout bien qu'ils soient des intégristes théocratiques et ségrégationnistes.


Qu’importe que les dirigeants hassidiques se promènent en gros chars énergivores, qu’ils se soucient des changements climatiques et de l’urbanisme comme de leur première couche et qu’ils lui aient maintes fois prouvé leur répulsion à ce qu'ils estiment être des politiques « d’extrême gauche anticapitaliste », Richard Bergeron s’illusionne encore de voir les amis de Stephen Harper le considérer dans Outremont comme le Messie lors des prochaines élections municipales.


Bergeron rêve en couleurs. À tel point qu'on se demande quel type d’hallucinogène les dirigeants intégristes ont bien pu mettre dans son verre d’eau de source recyclée pour qu’il en arrive à se laisser abuser de la sorte.

Certains pensent que ça s’apparente à un produit psychotrope mieux connu sous le nom de drogue du viol.
Ce serait l’excuse parfaite pour Bergeron qui pourrait alors plaider que s’il s’est laissé faire des choses inavouables, c’est parce qu’il n’était ni conscient, ni consentant en raison du produit qu’on lui a fait boire à son insu.


Pendant ce temps-là, le 28 août 2010, à la synagogue bobov, on ne se privait pas pour remplir le lieu de culte... et la rue.

Alors que Marlène Schwartz (la conseillère en aménagement qui présentait le document «officiel» de Projet Montréal) et les dirigeants hassidiques et nous juraient que seulement entre 25 et 30 fidèles se rendaient à la synagogue le jour du Shabbat, samedi dernier, près de 200 personnes se sont rassemblées sur le lieu de culte en litige.

Cliquer sur la photo ci-contre pour voir d'autres images de la rue qui s'est
s'est transformée en parvis d'église devant le 5363 Hutchison.

De deux choses l'une. Où bien les dirigeants hassidiques sont tellement convaincus d'avoir les élus du Plateau dans leur poches qu'ils ne se préoccupent déjà plus de garder profil bas et de faire de gros partys dans leur synagogue. Où bien ils se foutent de la gueule des élus depuis le début. Personnellement, je pense que les deux réponses sont bonnes.

En regardant la quatrième image du PDF ci-dessus, vous remarquerez que la ségrégation hommes- femmes est absolument de rigueur chez nos concitoyens hassidiques.
Ça vaut certainement une main d'encouragement de la part de nos élus
, non?

dimanche 22 août 2010

LA CRAVATE À 3 000 $ D'ALEX NORRIS

Les conventions. Y'a -t-il quelque chose que j'haïs plus que ça? Surtout quand il s'agit du conformisme vestimentaire.

J'ai commencé ma vie professionnelle en tant qu'avocat. Les toges, les perruques poudrées, les ronds de jambe affectés devant sa Seigneurie, ça me donnait presque de l'urticaire.

Dans ce contexte-là, je peux-tu vous dire que ma cravate a passé le plus clair de son temps en « motton» au fond de mes poches de veston? Je ne me la passais autour du cou que deux minutes avant de me présenter devant M. le Juge.


Il y a deux mois, lorsque j'ai appris qu'Alex Norris, le conseiller de la Ville pour le Plateau Mont-Royal, ne voulait rien savoir de mettre sa cravate lorsqu'il allait plaider pour le peuple, il m'a presque été sympathique. Comme moi, il trouve que l'habit ne fait pas le moine.

Là où Norris et moi divergeons d'opinion, c'est sur la façon de faire passer le
message. Le 6 juillet dernier, le président d'assemblée, Claude Dauphin, a mis en garde le provocateur antitraditionaliste. Par le truchement du Devoir d'hier, nous avons appris que si Alex Norris ose à nouveau se présenter à l'assemblée du conseil municipal sans cravate, il sera expulsé vite fait, bien fait. Et ce sera sans appel.

Ça faisait depuis le 19 avril
qu’Alex Norris se pavanait sans son appendice sous la pomme d'Adam. Il s’était alors attiré les foudres du président de l’assemblée.

Le 15 juin dernier, en
l’absence de M. Dauphin, Norris en a profité pour récidiver. Résultat, l’assemblée destinée à traiter des soucis et tracas du bon peuple a été paralysée pendant 20 longues minutes. On se serait cru spectateur d’un vaudeville de l’Assemblée nationale du Québec... ou en Iran où même le président iranien Ahmadinejad milite en faveur du port de la cravate.

Ne ratez pas le roman-feuilleton en cliquant sur la photo ci-contre

C’est que lorsqu’Alex Norris a une idée dans la tête, il ne l’a pas autour du cou. Entêté comme un fondamentaliste, il peut casser, mais il ne plie pas. À sa façon d’agir, il peut faire penser à certains intégristes qui vivent à cheval sur la frontière des arrondissements du Plateau et d’Outremont. Comme eux, il use de la technique du fait accompli.

D’ailleurs, c’est Louis Moffat, son collègue d’Outremont, qui a peut-être le mieux décrit cette stratégie mille fois utilisée par les dirigeants hassidiques. Voici ce qu’il racontait dans un reportage télé de Radio-Canada, le 26 mai 2008 : « Il arrive qu'ils aillent de l'avant avec certaines décisions sans avoir préalablement vérifié... s'ils peuvent faire certaines choses. Ils le font et se disent peut-être qu'ils vont nous mettre devant les faits accomplis.»

Quand on est un vrai redresseur de torts, qu’on n’a pas peur de ses idées et qu’on promeut la démocratie participative, c’est tout le contraire de ce qu’a fait M. Norris dans ce cas-ci qu’il faut faire.

Il faut bien sûr commencer par cerner ses idéaux, choisir ses combats et peaufiner ses stratégies. Mais, ce n’est certainement pas en fonçant dans le tas, comme un taureau de corrida, que l’on impose ses convictions. C’est se mettre la corde au cou.

Si M. Norris a à cœur d’en dénouer avec la cravate, je l’appuie à 200%. Mais qu’il commence donc par se faire des alliés. Après, il pourra peut-être demander un moratoire sur la question devant l’auguste assemblée de ses confrères. Et si jamais la mauvaise foi de ses vis-à-vis balaye sa proposition du revers de leurs boutons de manchette, là, il lui sera toujours temps de fourbir ses autres armes.

Parce qu’une cravate qui coûte au bon peuple 3000$ en taxes, les citoyens risquent de l’avoir longtemps au travers de la gorge. Cliquez ICI pour voir la vidéo du débat de la cravate à l'Assemblée du conseil du 15 juin dernier.

Sur le même sujet, écoutez l'entrevue de Claude Dauphin, président du conseil de ville de Montréal, à l'émission Désautels, le 23 août 2010.

mercredi 18 août 2010

LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND


Avez-vous déjà été victime de vol ou d’intrusion par effraction à votre domicile? Quelqu’un a-t-il déjà vandalisé votre propriété ou mis la maison sens dessus dessous?

Personnellement, cela ne m’est arrivé qu’une seule fois. J’avais six ans. J’habitais Drummondville et en rentrant à la maison, mes parents avaient remarqué qu’un moustiquaire du sous-sol avait été éventré. Que nous avait-on volé? Après inventaire, seule une malheureuse agrafeuse manquait à l’appel. Les policiers en avaient déduit que c’était le geste de petits voyous en quête de désennuie.

Le seul fait que quelqu’un ait pu violer notre intimité m’avait troublé. Allez savoir si l’épisode a quelque chose à voir avec le fait que depuis que j’habite Outremont, il m’est arrivé à trois reprises d’attraper des voleurs qui s’étaient aventurés chez des voisins.
Il n’y a pas de quoi rigoler quand cela se produit et ce n’est pas moi qui minimiserai le malaise que cela provoque chez les victimes, quelles qu'elles soient.

Le 10 août, mon attention a été attirée par une manchette publiée sur Internet. J’y apprenais que la synagogue ultraorthodoxe satmar au coin de Hutchison et Saint-Viateur avait été le théâtre d’un acte de vandalisme. La première chose qui m’est passée par la tête a été de me dire : « Cou’donc, ça chauffe dans ce coin-là! ».

L'arrestation de trois jeunes, le 10 juin 2010

C'est qu'exactement deux mois plus tôt, soit le 10 juin dernier, j’avais lu une autre manchette révélant que trois jeunes avaient été arrêtés devant cette même synagogue de la secte satmar après avoir tenté d’y voler une voiture. Heureusement, ce n’était pas la Jaguar d’Alex Werzberger, le porte-parole satmar de la communauté hassidique d’Outremont.

La manchette du 10 août est plutôt avare de détails. On escamote les dommages apparemment causés dans l'espace du mikvé et de la synagogue pour relever uniquement le fait que « des châles de prière et une paire de phylactères [ont été] jetés à terre et plusieurs d'entre eux ont été mis à la poubelle ».

Les policiers ont réussi à mettre la main au collet des voyous sur lesquels on ne donne aucune précision. Bien fait pour ces p’tits crétins!


Je l’ai déjà dit et je le répète, le geste est méprisable et je comprends le malaise des victimes. On m'a demandé si cela valait-il une manchette. J'ai répondu que c’était au moins aussi pertinent que les centaines de faits divers dont les grands journaux nous abreuvent jusqu’à plus soif.


Mais si une paire de phylactères lancés par terre ou jetés à la récupération sèment l’émoi au sein de la communauté satmar du Plateau et d’Outremont, je n’ai qu’un conseil d’ami à donner aux membres de la secte. À moins d’un cas d’extrême urgence, évitez de vous rendre à votre maison mère de Kiryas Joel. Je vous suggérerai plutôt de profiter de l’ambiance bon enfant qui règne à Montréal.

C'est sûr que si vous aimez les sports extrêmes, l’action brute, le vrai « thrill », le sang et le feu, le vandalisme, l’intimidation et la fraude à souhait, l’enclave hassidique de Kiryas Joel vous ira comme un gant.


 Cliquer ICI pour voir d'autres photos d'actes criminels de l'endroit.

Sachez cependant que l'ambassade du Canada ne vous sera d'aucune assistance. Vous vous y rendrez à vos risques et périls.
Il n’y a bien rien que Michael Rosenberg et Mayer Feig pour entraîner élus, policiers et fonctionnaires montréalais dans cette enclave satmar située à 30 minutes à peine de Manhattan.

Si vous ne le saviez pas encore, depuis une vingtaine d'années, Kiryas Joel est le théâtre d’une guerre fratricide "intrasatmar".Une guerre qui s'est parfois exportée jusque dans les rues de Montréal, comme l'a raconté à
l'émission Macadam Tribu la journaliste de Radio-Canada Émilie Dubreuil.

Mais à Kiryas Joel même, le conflit se transforme parfois en guerre de tranchées.

En passant, connaissez-vous Shmarya Rosenberg
? C'est un
ancien hassidim de New York qui a été tellement écœuré par tout ce qu'il avait vu et subi de l'intérieur, que plutôt que devenir rabbin comme la vie le destinait, il a viré capot et a décidé de créer le site FailedMessiah.com.

Si quelques élus à quatre pattes devant les intégristes pensent que je pousse parfois un peu fort, j'ai des petites nouvelles pour eux.
Depuis 2004, Rosenberg (aucun lien de parenté avec Michael) a pondu près de... 3 000 chroniques dont 700 sous la seule rubrique "RABBIS & CRIME". Et,croyez-moi, il ne fait pas dans la dentelle. Avouez qu'à côté de ce bloggeur défroqué, j'ai presque l'air d'un enfant de choeur. Je reviendrai sur le blogue de ce M. Rosenberg avec qui j'ai été en contact il y a déjà deux ans. Doux Jésus que le temps passe vite!


vendredi 13 août 2010

DÉVELOPPEMENT DURABLE 101


Si vous avez lu mes chroniques du 27 juillet et du 5 août dernier, vous savez déjà que le 23 juillet 2010, un groupe de sept citoyens provenant majoritairement du Mile-End ont rencontré le chef du parti Projet Montréal, M. Richard Bergeron, ainsi que les conseillers municipaux Alex Norris et Richard Ryan.

Le but avoué de la rencontre était de donner la possibilité aux citoyens concernés d’expliquer aux trois élus de Projet Montréal les raisons pour lesquelles nous nous opposons à l’agrandissement en milieu strictement résidentiel de cette synagogue hassidique du 5363 Hutchison.


D’entrée de jeu, M. Bergeron a demandé que cette discussion se déroule en deux temps. D’abord, nous parlerions du cas précis de l’agrandissement de cette synagogue que la communauté hassidique réclame. Puis, dans un deuxième temps, nous pourrions aborder les problèmes plus généraux relatifs à l’implantation massive d’une communauté ultrareligieuse dans des quartiers résidentiels. Il serait alors question de l’augmentation de l’achalandage, du non-respect des règlements relatifs au stationnement, des infractions aux normes de construction, des usages abusifs des lieux de prières, des problèmes de salubrité et de dégradation du patrimoine bâti, etcétéra.


Au départ, les sept citoyens ont accepté la formule proposée par M. Bergeron. Cependant, nous avons vite réalisé qu’il était impossible de dissocier les deux aspects de la problématique. Chaque fois que nous abordions un point précis relié à la synagogue en question, la discussion glissait spontanément vers la problématique plus globale des impacts créés par la concentration des activités religieuses en zone résidentielle.

Au sein de notre groupe se trouvait une résidente du Mile-End qui a voté pour Projet Montréal lors des dernières élections municipales.
Spécialiste reconnue en environnement, elle a enseigné le développement durable à Polytechnique et travaillé au fameux projet de l’échangeur Turcot qui, selon elle, fait fausse route puisque toute l’emphase est mise sur l’ouvrage en béton et qu’on ne s’est guère soucié de prendre en considération l’environnement social qu’il traverse.

Cliquer sur la photo ci-contre

Voyant la tournure que prenait la discussion avec les élus, notre environnementaliste a manifesté son inquiétude. À son avis, en tentant de dissocier la question de l’agrandissement de la synagogue de la problématique plus générale du quartier environnant, les élus du Plateau seraient en train de commettre la même erreur qui a été commise avec l’échangeur Turcot.

Pour paraphraser ses propos, la spécialiste a rappelé que lorsque l’on veut concevoir un projet de développement durable, il faut absolument adopter une vision macro et ne pas se limiter aux simples considérations micro.
En deux mots, elle suggérait à Richard Bergeron de cesser de regarder le problème par le petit bout de la lorgnette (la synagogue) et d’embrasser une vision à plus long terme en tenant compte des impacts que cet agrandissement aura dans l’espace et dans le temps.

Dans le cas de la synagogue, cela est d’autant plus important que tout le monde sait que cette communauté connaît une explosion démographique phénoménale qui ne se dément pas tant dans les données du recensement de 2001 (voir entre autre, p. 20) que dans l'étude entreprise en 2005 par les hassidim eux-mêmes.

Bref, la citoyenne environnementaliste enjoint M. Bergeron de mettre en pratique ce que son parti prêche sur toutes les tribunes et de ne pas faire comme tous les autres formations municipales qui se limitent trop souvent à réaliser des projets à la pièce et sans vision.


Projet Montréal entendra-t-il le message? Aura-t-il le courage de ses convictions? Cela reste à voir. En attendant la suite, nous avons justement invité M. Bergeron à venir voir de ses propres yeux la panoplie de problèmes que nous déplorons depuis des années et qu’il n’avait encore jamais eu la « chance » de constater personnellement.

Le 5 août dernier, 13 jours après cette rencontre avec les citoyens, Richard Bergeron s’est libéré pour entreprendre une visite du ghetto hassidique du Mile-End.

Au cours de cette balade de deux
heures et demie, M. Bergeron a semblé étonné, voire parfois médusé devant les nombreuses irrégularités, le non-respect des normes de construction et de sécurité, les conditions déplorables de plusieurs immeubles de la communauté hassidique.
Cliquer sur la photo ci-contre pour voir l'état déplorable d'un immeuble appartenant à Michael Rosenberg et que M. Bergeron a pu contempler le 5 août dernier.


Le hasard faisant parfois bien les choses, le téléjournal de Radio-Canada a diffusé, pas plus tard qu'hier soir un reportage pas très élogieux sur ce même immeuble déglingué appartenant à Michael Rosenberg. Cela permettra à M. Bergeron de voir d'encore plus près cette plaie ouverte et suppurante du Plateau Mont-Royal. Il comprendra aussi que le mauvais exemple vient de haut!
Cliquer sur la photo ci-contre pour visionner le reportage de Radio-Canada


On y apprend que cet immeuble de Michael Rosenberg situé au coin des rues Van Horne et du Parc constitue un véritable casse-tête pour la municipalité et le voisinage.

En à peine deux ans,
le bâtiment a été l'objet de pas moins de six avis de non conformité et de...30 interventions des inspecteurs de l’arrondissement. On se demande, après ça, comment il se fait qu'il manque d'effectif pour inspecter les autres bâtiments de la secte qui sont non conformes ou dans l'illégalité sur le territoire du Plateau.

Le plus surprenant n'est pas tellement le fait que
M. Rosenberg néglige de façon scandaleuse son parc immobilier. Ça on le sait depuis belle lurette, mais le Ottawa Business Journal vient à nouveau nous le rappeler dans son édition du 9 août dernier.

Non. Ce qui est le plus ahurissant, c'est de savoir que des élus tant du Plateau que d'Outremont le reçoivent encore et toujours comme un roi bienfaiteur et se laissent
conter fleurette et bercer par ses manigances.

On sait depuis longtemps que le conseiller d'Union Montréal dans Outremont, Louis Moffat, fait les quatre volontés du nabab ultraorthodoxe. D'ailleurs, ce même M. Moffat nous apprenait, lors de l'assemblée publique du 11 janvier 2010, qu'il était désormais en train de refondre le tristement célèbre comité
sur les relations intercommunautaires d'Outremont pour mieux le faire renaître sous la forme "élargie" d'un comité bicéphale Outremont-Le Plateau. Louis Moffat avouait alors avoir "...déjà eu (en décembre 2009) des discussions avec l’arrondissement voisin à ce sujet".


Dans ces circonstances, comment se surprendre que le président de l'empire Rosdev ait, entre autres, ses entrées auprès du conseiller de ville du Plateau, Alex Norris. On commence à comprendre pour quelle raison M. Norris défend avec autant d'acharnement le projet d'agrandissement du lieu de culte du 5363 Hutchison. Les dirigeants et porte-parole hassidiques ont fait du bon travail, même s'ils ne sont pas de la secte Bobov.

Maintenant, si vous souhaitez faire la visite à laquelle a eu droit M. Bergeron, il vous suffit de cliquer ICI. All aboard!

dimanche 8 août 2010

UN JOUR ORDINAIRE AU MILE-END

Ce que les hommes ne parviennent pas à faire bouger, la nature, elle, peut parfois s'en charger.

Contrairement à ce qu’on lit généralement dans les journaux, les changements climatiques ont quelques fois du bon.

Le lundi 2 août 2010, nous en avons eu un exemple sur le Plateau Mont-Royal.
Ce jour-là, en début de soirée, un violent orage accompagné d’un vent à écorner les bœufs s’est abattu sur Montréal.

L’orage au-dessus de Westmount, le 2 août 2010
(Source: Météo Média)


Derrière le 5835-5837-5839 Hutchison, juste au nord de la rue Bernard, une grosse branche d’arbre a craqué, menaçant les fils électriques qui courent dans la ruelle.

Croyez-le ou non, deux jours plus tard, la branche pendait toujours. Apparemment, le propriétaire se faisait tirer l’oreille pour procéder à l’émondage de l’arbre.

Le mercredi soir, vers 18 h, des voisins inquiets alertent les pompiers. Cette fois, ce sont des morceaux de tôle du toit qui menacent de tomber du même immeuble. Sur place, les pompiers parent au plus pressé, car si ces pièces métalliques devaient tomber du troisième étage, elles pourraient infliger des blessures mortelles.

Au cours de cette opération, les pompiers constatent que l’immeuble est dans un état pitoyable. De toute évidence, quand il pleut pour la peine, l’eau s’infiltre à l’intérieur de la structure. La réfection du toit est urgente. Quand les pompiers disent que ça urge, c’est qu’il n’est pas question de remettre les travaux au mois prochain.

Constatant que la
branche d’arbre n’a toujours pas été coupée, les pompiers auraient sommé le propriétaire de s’exécuter.

Après deux jours de
tractations et de dérobade, la branche qui menaçait les fils électriques sera finalement coupée.

Jeudi midi, deux camions d’incendie se rendent à nouveau au triplex de la rue Hutchison. Les pompiers viennent effectuer une inspection plus approfondie de l’immeuble.

En pénétrant au 2e étage, surprise! La structure des murs et des plafonds du deuxième et du troisième étage est complètement à nu. L’ossature de bois est apparente, des murs porteurs intérieurs ont été déplacés et les nouvelles poutres de soutènement en métal ne sont aucunement protégées. Si un incendie devait s’y déclarer, les pompiers sont catégoriques. Il suffirait de quelques minutes à peine pour faire face à un embrasement généralisé. Quant aux poutres de métal non protégées, selon ces mêmes pompiers, elles perdraient toute résistance en l’espace de 10 minutes. Au-delà de ces 10 petites minutes, l’ordre d’évacuation serait alors immédiatement donné aux pompiers, car l’immeuble pourrait s’écrouler à tout moment.

Oh! Un détail. Les pompiers ont compté une douzaine d’enfants au rez-de-chaussée du triplex. Oublions le feu. En ne tenant compte que des infiltrations d’eau, on imagine les risques à la santé causés par la présence des moisissures et des champignons qui doivent pulluler dans les murs. Dans ces conditions, faut-il s’étonner que les pompiers soient revenus sur place une deuxième fois jeudi soir? Faut-il se surprendre que le service des incendies ait décidé de condamner la porte du 2e étage? Et pourquoi pas celle du 3e tant qu'à y être? Les pompiers n’ont pas eu à se donner ce mal puisque les propriétaires l’avaient déjà placardée depuis belle lurette. De façon informelle, certains pompiers estiment que l’immeuble est dans un sale état depuis fort longtemps.

Cela fait effectivement des années que les lieux attirent l’attention des voisins. Il y a bien sûr l’état de décrépitude de cet immeuble qui, cela dit en passant, se trouve juste à côté de la synagogue Imray Chaim of Wiznitz dont l’allure est au moins aussi sinistre.

Mais il y a plus. Non seulement certains soupçonnent que le rez-de-chaussée abrite une garderie clandestine, mais nombre de résidents ont remarqué que le 2e étage avait toutes les allures d’un entrepôt ou d’un point de vente illégale pour une collection de vêtements pour femmes.

Sur la brique brune du 2e étage, on peut lire les mots Charelle Femme grossièrement tracés à la craie blanche. Depuis la rue, on peut apercevoir par la fenêtre de façade des alignements de vêtements suspendus.

Cliquer sur la photo ci-contre pour entrevoir une partie de la marchandise photographiée le 21 mars 2009 et le 8 août 2010

Comment pouvons-nous affirmer qu'il s'agit d'un point de vente illégal?

D'abord, nous avons appris au registre des entreprises que Charelle Femme Inc. a son siège social sur la rue de l'Esplanade, qu'une administratrice habite sur la rue Saint-Viateur et que depuis
juin 2008, un avis de défaut est émis à l'encontre de l'entreprise.


Bien sûr, cela ne nous dit pas que le 5835-5837 Hutchison est une "boutique" illégale. Sauf que Charelle Femme annonce dans le gros bottin 2010-2011 de la communauté juive de Montréal.

Cliquer sur la photo ci-contre

Encore là, c'est un peu frustrant car à la page 226, on n'y donne qu'un numéro de téléphone. Heureusement, Charelle ne se contente pas d'un maigre deux lignes agates dans un bottin publié une fois l'an.

Notre entreprise spécialisée dans l'industrie de la
Shmata * a annonce aussi dans un petit catalogue hebdomadaire. Et là, qu'y avons-nous trouvé? Et oui! Exactement ce que nous cherchions.

Voyez un peu. Charelle nous invite à aller faire un saut (step in) pour admirer sa nouvelle collection printanière 2010
au... 2e étage du 5839 Hutchison.


Il aura fallu plus d'un an et demi entre les plaintes détaillées (voir les courriels) et répétitives des résidents et surtout un bon coup de pouce d'une Mère nature déchaînée pour que les autorités municipales finissent enfin par bouger.

C'est à croire que le Service des communications et des relations avec les citoyens se fie davantage à la voix du vent mauvais qu'à ses propres citoyens. Voici au moins un cas où les élus ne devraient plus pouvoir se défiler.


Bon! Le prochain dossier, c'est lequel, déjà?

* expression yiddish consacrée pour décrire l'industrie "de la guenille"