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mercredi 3 novembre 2021

LES SALES COULISSES DU POUVOIR


Dans ma chronique du 24 octobre, j’ai soutenu la candidature de Laurent Desbois à la mairie d’Outremont contre Philipe Tomlinson. Comme la très grande majorité d’entre vous, je ne connais que très peu de choses sur l’homme. Mais, comme je le disais, après la dévastation Tomlinson qui a méprisé la démocratie et la volonté de la majorité des Outremontais au-delà de toutes les appréhensions et de tout ce que l’on aurait pu imaginer dans les pires cauchemars, on ne peut qu’espérer ardemment la déconfiture du maire sortant. Même 
s’il le voulait, Desbois ne pourrait faire pire.

Je m’étais également engagé à vous donner mon humble avis sur les candidats qui se présentent aux postes de conseillers de l’arrondissement. J’annonçais que ce n’est pas le choix qui nous manquerait. C’était sans compter la subite démission de Dan Kraft qui s’était enrôlé au sein des troupes de Denis Coderre pour affronter Mindy Pollak, cette « formidable » bête politique totalement inféodée aux dictats des rabbins ultraorthodoxes.

C’est de l’antisémitisme que de dire ça? Je ne fais pourtant que répéter ce que Dan Kraft lui-même avait constaté lorsqu’il a démissionné du Comité «Bon voisinage» présidé par nul autre que le maire Philipe Tomlinson. Voyez un peu ce que Kraft, un juif libéral, écrivait à titre de membre du groupe Facebook privé Dialogue Citoyen des Outremontais :

«Je suis navré de voir la conseillère et son maire manipuler le texte essayant de faire coller l'idée qu'il y aurait de l'antisémitisme systémique à Outremont. C'est faux! … Mme Pollack extrapole trop souvent le côté ultra-sectaire de son mandat, désirant étendre un conflit très localisé, d'une communauté très spécifique, à d'autres pour le légitimer comme étant d'origine religieuse. Il ne l'est pas. Je vous propose de boycotter ces comités, bidons car ils n'aboutiront absolument rien avant les prochaines élections, surtout en raison de la pandémie.»

Ishhhhh! Comme on disait dans notre jeunesse : «Ça fesse dans l’dash»! Il est bien dommage que l’homme qui œuvre dans le domaine des énergies renouvelables depuis plus de 20 ans ait manqué de jus juste avant d’entrer en gare. Il invoque une campagne de salissage impitoyable.

C’était pourtant écrit dans le ciel. Peu importe ce qu’il ferait, il allait se faire écorcher dans ce district politiquement toxique, gracieuseté de la clique des partisans diffamants de Projet Montréal/Outremont. Il n’y a donc pas de surprise là. Assis dans le wagon de queue dans le district Claude-Ryan, il valait mieux, pour ne pas mettre en péril sa santé, sa réputation et son avenir professionnel, qu’il laisse Coderre le larguer. Il l'a échappé belle.

Tout ça pour dire que dans mon district, il ne me reste plus qu’à voter fièrement pour ma chère Mindy! Sa réélection assurée, Pollak pourra enfin mettre à exécution ce que son parti prône ostentatoirement depuis 2017, soit de restituer aux Mohawks le territoire non cédé du district Claude-Ryan. Juste pour ça, je vous jure que je voterais pour elle.

Ce ne sont pas les jeux de coulisse qui ont manqué durant cette course outremontaise. Parlez-en à Caroline et Marie Cinq-Mars-Braun!

Il reste encore tout de même trois districts pour lesquels Projet Montréal, Ensemble Montréal et le Parti Outremont jouent à la chaise musicale dans l’espoir de s’assurer une place de conseiller autour de la table.

À toute dame (féminin de seigneur), tout honneur. Commençons donc par les candidates de Projet Montréal, le parti (encore!) au pouvoir. Oublions Pollak dont on a déjà vidé la coquille. Puisque les Fanny Magini et Valérie Patreau ont pu se faire valoir depuis 2017, je serai bref.

Il fallait les voir, ces deux-là, aux séances du conseil. Durant tout leur mandat, elles ont bu jusqu’à la lie les paroles de leur «maître à dépenser» en cillant des yeux. Tellement écolos, ces groupies de Tomlinson, qu’on aurait juré deux plantes vertes absorbant le carbone.

Comme ces petites figurines hawaïennes sur les tableaux de bord des voitures vintage, Magini a dodeliné de la frimousse pour 67 805 $ par an. Pleine d’audace et de cœur au ventre, en quatre ans, elle aura presque réussi à instaurer des postes d’allaitement dans l’arrondissement pour satisfaire une clientèle ultra bigote. Cachez ce sein qu’ils ne sauraient voir!

Quant à Patreau, on la croirait tout droit sortie d’un épisode de Passe-Partout. Trop fière d’exhiber le certificat de reconnaissance de la Fondation David Suzuki, on eût dit qu’elle venait de sauver de l’extinction les papillons monarque de l’Amérique. C’est vrai que pour ce geste écologique méritoire, 77 927 $ par année, c’était pas cher payé. C’est sans compter sa ridicule et éphémère guinguette à 20 000 $ installée sur l’asphalte de l'avenue Dollard.

L'écologie selon Projet Montréal Outremont sur l'avenue Bernard. On aimerait bien entendre l'équipe Tomlinson nous dire: «On pensait que les artistes avaient utilisé de la gouache!»

Vient enfin Jill Lance, la toute nouvelle candidate de Projet Montréal, une urbanologue descendue du ciel états-unien comme un bouton de fleur. Dans une vidéo tournée au sommet du mont Royal, on a droit à une Jill particulièrement à l’aise en matière d’affaires autochtones. D’une seule traite, elle a su articuler sans s’enfarger «ogoge ogogegani», l’appellation mohawk de l’endroit d’où elle nous faisait sa toute première profession de foi. Par contre, quand est venu le temps de prononcer le nom de Robert-Bourassa (le district qu’elle convoite!) ou du parc Pierre-Dansereau et de son «lèdejou» (aire de jeu), ça s’est un peu morpionné. Mais soyons indulgents et donnons-lui la chance de percer ses premières dents de lait en politique municipale.

Outre les candidats de Projet Montréal, il y a ceux et celles d’Ensemble Montréal et du Parti Outremont. Les trois formations revendiquent les postes de conseillers de l’arrondissement. Mais avant de commenter l’inspiration des aspirants, impossible de passer sous silence le soi-disant spectre de la «division du vote» que martèlent les instances de Denis Coderre.

Les éminences grises qui se sont inféodées à Ensemble Montréal dénoncent, fustigent et condamnent catégoriquement les candidats du Parti Outremont. On leur reprochera peut-être leur droit à vouloir défendre les intérêts de l’arrondissement sans être à la solde de l’appétit de pouvoir de la ville-centre?

Disons les choses franchement. Si l’équipe de feu Citoyen’ne’s Outremont (lui-même un tiers parti!) qui cherchait tant à ne pas diviser le vote ne s’était pas écrasée devant Coderre, elle n’aurait pas expulsé de ses rangs le conseiller toujours légitimement en poste dans le district Robert-Bourassa et la passionaria impliquée depuis 22 ans et élue à plusieurs reprises dans le district Joseph-Beaubien.

D’ailleurs, de quoi peut bien se plaindre Ensemble Montréal? Le Parti Outremont ne présentant pas de candidat à la mairie de l’arrondissement, il ne trouble en rien l'eau dans laquelle Desbois et Tomlinson s'ébattent. Le maire sortant, pauvre de lui, n’en tire absolument aucun avantage.

En ce qui concerne les districts, ben oui, il y a lutte à trois. Pis? S’agit-il d’une trahison? Même Marc Poulin a admis qu’il ne doutait pas de la sincérité de ces candidats rivaux. Si l’idéal réside dans le fait de ne pas présenter d’opposition, on dira chapeau à Coderre qui n’oppose plus personne à Mindy Pollak. Vive la non-division du vote, hein, Denis! En passant, les boys, une petite devinette. Combien compte-t-on de partis politiques au Québec? Quatre? Pfffff! Pas moins de 24 dont cinq sont représentés à l'Assemblée nationale du Québec. Ça peut en déranger certains et en arranger d’autres, mais y’a-t-il mort d’hommes? Ça s’appelle la démocratie, pour ceux qui ne le sauraient pas!

La démocratie à l'oeuvre! Dans Joseph-Beaubien, comme dans n'importe quel autre district qui se respecte.

Les cartes étant mises sur table, allons-y avec les candidats d’Ensemble Montréal.

En raison de mes liens (presque) de sang avec mon ancienne mairesse, je commencerai avec JackHouille! Comment? Vous ne connaissez pas JackHouille? Ben voyons! Ça fait 24 mois que Caroline Cinq-Mars-Braun prépare son entrée politique sous ce pseudonyme qu’elle aurait adopté, raconte-t-on, en mémoire d’un de ses chiens. D’où, peut-être, sa lutte épique pour sauver Mali, le parc canin d’Outremont.

En lisant sa mini biographie, on apprend que «les citoyens d’Outremont retrouveront chez Caroline une maman engagée». Mais pour rendre à Cléopâtre ce qui revient à Cléopâtre,
pourquoi ne pas faire saliver les électeurs en leur disant qu'ils retrouveront aussi une grand-maman engagée en la personne de l’ancienne mairesse Marie Cinq-Mars ? Du deux pour un!

Devenue avocate, l’ex-membre des Scouts de la 55e Guynemer prétend sur la page Décidons Outremont ensemble que c’est Coderre qui est venu la chercher. On sait bien. En politique comme en d’autres domaines, il est toujours de bon ton de se forger un mythe fondateur. Mais la réalité diffère parfois du pedigree. Et n'est pas Robin des Bois ou Che Guevara qui veut.

Selon des sources très bien informées, c’est Marie Cinq-Mars elle-même qui aurait envoyé le CV de sa fille aux instances du parti pour mousser sa candidature. Lorsqu’il est ressuscité, Denis a eu toutes les raisons du monde de lui accorder sa faveur. Comment aurait-il pu en être autrement? Après tout, la bonne Marie, fervente de Gérald Tremblay, ne lui avait-elle pas gaiement remis les clés de la ville d’Outremont qui, comme nous le rappelle si joliment le site Ensemble Montréal, a alors «cessé d’exister en tant que municipalité autonome»?

JackHouile alias Caroline B peut bien faire avaler à ses disciples qu’elle n’a pas été imposée par Coderre 0.2. Dans les faits, avant de se rabattre sur Laurent Desbois, Denis a demandé à Caroline Cinq-Mars de se présenter à la mairie d’Outremont sous sa bannière. Elle a quand même eu la décence de décliner la demande en «mairiage».

Grâce aux trois machines (Libérale, Maman Cinq-Mars et Coderre), la candidate qui a flushé son JackHouille a de bonnes chances de se faire élire. D’autant plus qu’au cours des deux dernières années, elle a systématiquement bâillonné et censuré les membres de sa page Facebook qui souhaitaient aborder, même de façon polie et respectueuse, les problématiques hassidiques. «On a assez de travail sur la planche, écrivait-elle le 6 juillet 2019, pour se chicaner sur ce sujet. J'aimerais qu’on le mette de côté.».Telle mère, telle fille! Cela dit entre nous, quand on la regarde aller, force est d’admettre que JackHouille a du chien!

Après tout cela, que pourra-t-on encore dire d’intéressant sur Philippe Guertin et Marie Potvin, respectivement candidats de Coderre dans les districts Joseph-Beaubien et Robert-Bourassa? Pas facile. C’est tout juste si j’ai pu serrer la pince de Guertin-le-Jovialiste sur l’avenue Bernard. Si jamais il devait être élu, Philippe 
(avec deux p, celui-là!), le diplômé en gestion d’entreprise et relations publiques «en contact permanent avec une multitude de cultures à travers le monde» aura besoin de tout son petit change pour mettre à profit sa grande capacité d’écoute et de négocier, car certains ne veulent rien entendre dans le district. On lui souhaite, de profiter au maximum des plaisirs de la vie politique.

Quant à Marie Potvin avec qui j’aime bien placoter dans le parc Outremont, j’avoue rester mâchoire pendante. En dépit de sa «collaboration fructueuse tant avec les milieux culturel et économique que communautaire et politique» et de son talent à «regrouper les forces vives de ces divers milieux autour d’objectifs communs», ses années de service passées à la table du conseil d’arrondissement, ne m'auront laissé aucun souvenir impérissable. Si, quand même, soyons honnête. Bien qu'elle ait échoué à se faire élire mairesse d'Outremont en 2017, elle a eu le mérite et le flair de recruter Jean-Marc Corbeil dans son équipe. Au moins, lui, s'est fait élire.

Parlant du loup, ça m'amène à dire un mot sur ledit Corbeil, ainsi que sur Céline Forget et Simon Latraverse. Les trois candidats du Parti Outremont provoquent de telles convulsions au sein des troupes de Coderre que cela frise l’apoplexie. On se calme, les amis. On se calme. Prenez un sac de papier brun (écologique) et respirez len-te-ment. Voilà... c'est bien.

Il y a tellement d’électricité dans l’air de cette campagne que l’on croirait que les pôles ont viré de bord «boutte pour boutte». 

Au cours des quatre dernières années, ce sont Philipe Tomlinson et ses sbires qui se sont acharnés à sauter à pieds joints sur Jean-Marc Corbeil, le seul conseiller de l’opposition de l’arrondissement. Dès la campagne électorale de 2017, Tomlinson qui partageait sa paillasse avec les leaders hassidiques a tout fait pour salir sa réputation. Dans un courriel fielleux, il avait même incité ses candidats et exécutants de basses œuvres à propager la rumeur qu’il était un anti-juif notoire, ami de Pierre Lacerte (Honnnn!) et de Céline Forget (Wouache!). Il serait même un dangereux harceleur. Quatre ans plus tard, la police n'est pas encore venue l'embarquer.

Et il faut connaître les coups fourrés que le maire Tomlinson a ourdi avec la complicité cafardeuse de Joël Simard-Ménard, son chef de cabinet. On s'étonne même qu'un conseiller de l'opposition ait survécu à autant de coups bas. Malgré tout, il s'est avéré un conseiller très articulé, capable de faire face à la musique et à dénoncer les nombreuses irrégularités et les deals sous la table du maire Tomlinson et de ses disciples. Comme, par exemple, l'affaire de l'îlot Saint-Viateur, une grosse vite que le maire avait voulu passer aux citoyens.



Aujourd’hui, ce sont les partisans de l’équipe Coderre qui ont pris la relève dans l’obscénité diffamatoire. À leur tour, des disciples de Coderre ne se gênent pas pour éclabousser les candidats du Parti Outremont qui leur donnent des crises d’urticaires jusqu’au trognon. 

La candidate Céline Forget, elle, ça fait longtemps qu'elle s'est faite une carapace plus épaisse que celle des tortues géantes de Magadascar. Élue à trois reprises à titre de conseillère indépendante du district Joseph-Beaubien et en dépit des menaces de mort, de l'intimidation et du vandalisme dont elle a été victime pendant de nombreuses années, aujourd'hui, elle remet ça. 

Forget essuie ce type d’intimidation ordurière depuis qu'elle a eu le culot de faire fermer la synagogue que la secte Amour pour Israël opéraient en toute illégalité au coin des rues Lajoie et Durocher depuis les années 1980. 
En 2012, c’était la huitième fois que des membres de la secte ultraorthodoxe déposaient une plainte criminelle contre elle. Un détail: elle a toujours gagné!

Vous avez oublié ce que la candidate du Parti Outremont a vécu et enduré pendant plus de 15 ans 
simplement parce qu'elle revendiquait le respect des lois municipales et provinciales sur le territoire d'Outremont? Ce serait plus que le temps que vous visionniez le reportage diffusé en 1999 dans le cadre de l'émission J.E. (journalisme d'enquête) sur les ondes de TVA. Vous pouvez aussi cliquer ici pour lire un autre épisode de l'acharnement de certains membres de la communauté à son égard. Charmant, vous allez voir.

Le reportage de J.E. a dévoilé jusqu'où des dirigeants hassidiques sont près à aller pour faire leur loi à Outremont en bafouant nos règlements.

Comment dites-vous? Une tête de cochon, Forget? Mettez-en! Ça doit être pour ça que les leaders hassidiques ne la digèrent pas. En voilà une qui tient son bout et qui connait ses dossiers. Et pas seulement ceux qui concernent les communautés hassidiques.

Pour finir, il me reste à vous glisser un mot à propos de Simon Latraverse, candidat, lui aussi, du Parti Outremont dans le district Jeanne-Sauvé. 

Le pauvre ne peut pas compter sur sa maman pour mousser sa candidature. Et contrairement à Caroline Braun, sa rivale, il ne s'est pas fait remettre une médaille par la députée fédérale d’Outremont pour son bénévolat lors de la première vague de la Covid. Par contre, si vous cherchez un économiste qui a voyagé de par le monde ( plus de 30 pays) pour son travail, en voilà un dans votre cour. C'est à la mode, y paraît, les économistes.

Avant de revenir à Outremont en 1987, il a exercé la fonction de conseiller municipal à Varennes qui connaissait de très graves problèmes de pollution industrielle. Son action a eu un impact majeur sur la qualité de l’environnement et sur la planification du territoire. Ce n'est pas rien. Ces années-ci, il s'est mis le nez dans les affaires de l'arrondissement et il a constaté que ça ne sentait vraiment pas bon.

Ces derniers jours, en prenant connaissance des propos diffamatoires et les ragots que ses adversaires colportent sur son compte et sur celui de ses partenaires, il s'aperçoit que les effluves nauséabondes sont peut-être encore plus pestilentielles ici qu'à Varennes. Il souhaiterait bien y faire un bon p'tit ménage.  

D'ici la fin de la semaine, ne le dites à personne, mais je me promets de réserver une petite surprise de mon cru aux diffamants. Hi! Hi! Hi! Ils vont aimer ça.

dimanche 18 avril 2021

LE MÉPRIS: DU PARTICULIER AU GÉNÉRAL


On a déjà vu des enfants participer à des manifestations. Si! Si! rappelez-vous. Au printemps 2015, ils avaient été nombreux à former des chaînes humaines autour d’une centaine d’établissements d’enseignement à travers le Québec pour protester contre les coupes du gouvernement Couillard dans les écoles publiques. On en avait même vu encercler des écoles lors de la traditionnelle manifestation du 1er mai!

Or dimanche soir dernier, quelque chose d’inédit s’est produit à Outremont. Une cinquantaine d’enfants hassidiques a défié le couvre-feu de 20 heures qui venait d’être réinstauré par le gouvernement. Sans supervision de leurs parents, mais de toute évidence avec l’assentiment et l’encouragement de ceux-ci, ces jeunes garçons (oubliez les filles!) sont débarqués sur les trottoirs en trottinette, à pied et en vélo pour protester. Sans masques, sans aucune distanciation sociale, ils se sont agglutinés (voir les photos) au coin de quelques rues pour relayer le mécontentement de leurs parents et rabbins.

On se gardera bien de blâmer ces jeunes qui ont été poussés par des adultes à bafouer le couvre-feu. Mais n’allez pas croire qu’il s’agisse d’une première depuis le début de la pandémie. 

Lors de l’instauration des trois couvre-feux du 9 janvier, du 21 mars et du 11 avril, des résidents d’Outremont ont remarqué que des enfants hassidiques continuaient d’arpenter les trottoirs bien au-delà de l’heure fatidique. Ils ne s’aventuraient pas bien loin de la maison, mais les Spitzer, Schwartz, Lebowitz et autres laissaient gambader leurs rejetons en toute connaissance de cause. Un geste de défiance que certains transmettent allègrement à leur progéniture, question, peut-être, de marquer et de renforcer leur isolationnisme.

Si on incite des enfants à faire fi des règlements, il ne faut pas se surprendre que des adultes poussent plus loin la délinquance. En voici un superbe exemple.

Si vous habitez le quartier, vous avez probablement connu le restaurant Maïko Sushi, au coin de Bernard et Hutchison. Pendant plus de dix ans, les amateurs de plats japonais se sont délectés sur sa terrasse. Or, en 2018, le restaurant disparaît. En lieu et place, la boucherie cachère Mehadrin qui avait été la proie des flammes au coin de Bernard et Parc décide d’y déménager ses pénates.

Dans le temps de le dire, avec leurs gros sabots, les nouveaux propriétaires ont cochonné l'endroit d'une façon incroyable. Sans aucun permis, les tripiers ont pris sur eux d'installer directement au sol et en bordure du trottoir trois, puis quatre et, une fois partis, pourquoi pas cinq bruyants compresseurs de réfrigération.

Que le diable emporte le domaine public, le règlement de zonage, les permis, les autorités municipales, la quiétude des locataires, la sensibilité esthétique des commerçants voisins et des touristes! L'invitante terrasse de la rue Bernard s'est transformée en une vulgaire salle des machines à ciel ouvert.

Entre nous, tant qu'à gaspiller un demi-million de notre argent, c'est ici que le maire d'Outremont aurait dû aménager sa placette d'aristocrate. Vous dites, Philipe? L'endroit est sur le territoire du Plateau? Euhhhh! Vous nous niaisez ou quoi? Mindy Pollak habite du même côté de la rue Hutchison que la boucherie délinquante et ça ne vous a pas empêché d'en faire une conseillère d'Outremont.  

Avouez que ça serait chouette que Tomlinson fasse une somptueuse dépense pour l'acquisition d'un Botero. Comme la placette Champagneur, le Square Pollak parviendrait peut-être à détourner l'attention sur l'horreur de l'intersection Bernard/Hutchison.

À la fin de l'automne 2018, les inspecteurs du Plateau ont constaté la présence de deux équipements mécaniques dans la cour avant de la boucherie. Ils entrent dans le commerce pour découvrir qu'au rez-de-chaussée et au sous-sol un monte-charge et une porte extérieure sont en cours d'installation. Le tout sans permis, évidemment!

Le 20 février 2019, d'autres inspecteurs rapportent que non seulement les deux compresseurs réfrigérants sont toujours en place en façade, mais qu'un troisième a été ajouté. Un constat d'infraction est donné aux contrevenants. En date du 26 mars 2019, on note aussi au dossier que les propriétaires n'ont toujours pas déposé les plans pour l'emplacement des équipements mécaniques. On comprend aujourd’hui pourquoi. 

Pensez-vous que cela va empêcher de dormir Mordechai Friedman, Shlomo et Chaim Moskovits? Pffffff! Les marchands de viande vont en rajouter une tranche. Le 12 mars 2020, les inspecteurs se butent à un quatrième compresseur sur le domaine public. Allez hop! Un autre constat d'infraction pour ces gentlemen à tête fromagée. 

Les délinquants en ont vu d'autres. Les requêtes en Cour municipale les laissent plus froids que leurs congélateurs. En ultime bravade, les julots installeront un cinquième compresseur que les fonctionnaires ajouteront à leur rapport, le 28 septembre 2020. Re-pffffff!

La terrasse du Maïko Sushi (2014) que les propriétaires de la boucherie Mehadrin ont transformée en vulgaire salle des machines en plein air depuis deux ans et demi.

Ces temps-ci, on parle beaucoup des manœuvres prédatrices des compagnies du type Shiller Lavy dont l'élégant slogan creux est L'immobilier repenséOr il s'avère que le clan des Friedman Moskovits ne donne pas que dans le boudin cachère. Il fait aussi dans le bacon

Grâce à sa compagnie à numéro 9378-8263 Québec inc le trio exploite des bâtiments résidentiels et de logements. Et ces messieurs n'iraient pas avec le dos de la cuillère. Ils semblent en connaître un bail sur les rénovictions.

Selon une locataire de l'immeuble, «les propriétaires ne font rien. On a l'impression qu'ils préfèrent payer les amendes... s'ils les paient!» En 2019, cette même dame était franchement découragée. «Nous sommes huit locataires qui nous faisons évincer en juillet. La plupart y habitent depuis plus de 10 ans. Deux ont plus de 75 ans et vivent ici depuis 30 ans.» 

Cette pauvre locataire n'a vraiment pas de chance puisqu'en 2017, des membres d'une autre secte hassidique l'évinçaient une première fois du studio d'artiste qu'elle habitait au 6585 Jeanne-Mance, à Rosemont. À l'époque, David Weinberger, un administrateur de la secte Wiznitz que la conseillère Mindy Pollak connaît bien (elle est elle-même Wiznitz) avait envoyé des lettres d’éviction aux locataires de l'immeuble sous de faux prétextesDans ces deux cas d'éviction, qu'a fait Projet Montréal? On se le demande.

Pour en revenir à l'immeuble de l'avenue Bernard, simplement en consultant le rapport des inspecteurs, on comprend que les propriétaires pourraient faire partie de la famille des Slumlords.

Si au moins les kingpins du mortier entreprenaient des rénovations dignes de ce nom, certains pourraient peut-être se consoler. Pensez-vous! 

En plus des bruyants appareils illégaux qui se trouvent en bordure du trottoir, d'autres, installés de façon non conforme sur le toit, vibrent et rugissent au point de rendre la vie insupportable aux nouveaux locataires qui y ont emménagé en août 2020. 

Le « delicatessen» délinquant précipite la déliquescence du quartier.

L'un se plaint du fait que le système de ventilation propage dans les appartements une forte odeur de viande qui s'incruste. À cela, il faut ajouter un paquet d'autres problèmes comme une pression d'eau anémique qui fait en sorte qu'il faut compter une bonne demi-heure pour remplir une baignoire. En revanche, quand vient le temps de sécuriser leur commerce, les tenanciers n'y vont pas de main morte. Pas moins de cinq caméras de surveillance font le planton (une par compresseur?) en façade . Il faut croire que leur bidoche se vend à prix d'or!  

À 1 400$ par mois, les locataires ne peuvent quand même pas exiger la lune. D'autant moins que lorsque survient une avarie, le proprio fort avenant envoie un employé de sa... boucherie (!) patenter une gogosse qui, si Hashem le veut, tiendra peut-être jusqu'au lendemain. «Ils ne règlent jamais rien. Pour eux, c'est normal que le robinet coule au goutte-à-goutte, qu'il n'y ait pas d'eau chaude, que ça pue.» Serez-vous surpris d'apprendre que ce locataire a été refroidi et qu'il foutra le camp dès juillet?

Bon courage aux prochains! S'ils savaient, les pauvres.



jeudi 28 janvier 2021

LES CADAVRES MAL ENTERRÉS


Ben non, voyons ! On ne peut quand même pas reprocher au maire Tomlinson de s’essayer. Surtout lorsqu’il s’agit de faire des guili-guili à ceux qui constituent son plus précieux bassin d’électeurs. Philipe sait fort bien qu’il est payant de se soumettre aux diktats des dirigeants hassidiques. Ce faisant, il s’assure que les hommes en noir qui craignent Dieu et leurs rabbins se conformeront à la volonté de ces derniers en bourrant les urnes en sa faveur lors des élections qui approchent. 

Le 7 décembre 2020, lorsque Tomlinson a dû rendre son verdict sur une demande de dérogation « mineure » qui permettrait au propriétaire du 375 Querbes d’agrandir sa cuisine, les citoyens du coin ne se faisaient pas trop d’illusions. Après tout, au fil de ses trois années de règne autocratique, Philipe a fait plusieurs fois la preuve qu’il pouvait se moucher avec la réglementation et octroyer les passe-droits qui l’arrangeaient. 


Or, surprise ! Contre toute attente, le maire et son équipe ont semblé ne pas avoir eu la «compassion» qu’implorait pourtant le propriétaire du 375 Querbes. 

Que diable s’est-il passé pour que Projet Montréal-Outremont frustre ainsi ce pauvre propriétaire qui a pourtant ses lettres de noblesse dans sa communauté ? C’est d’autant plus surprenant qu’à peine 18 mois plus tôt, ce même Tomlinson avait accordé au propriétaire du 367 Querbes, son voisin immédiat, une dérogation encore plus criante d’illégalité que celle qu’il vient de lui refuser. 

Comparons. Dans les deux cas, les demandes de dérogation excédaient de beaucoup les normes maximales prescrites dans le règlement de zonage, ce qui d’après le Comité consultatif sur l’urbanisme (CCU) ne faisait qu’aggraver une situation dérogatoire déjà existante. L’article 5.3.1 interdit une telle chose. 

Les deux agrandissements demandés contrevenaient carrément à l’article 7.12.1 du règlement 1177. Celui-ci prévoit que le pourcentage d’occupation au sol dans la zone de ces deux résidences ne peut pas dépasser 45 % de la superficie du terrain. Or dans un cas comme dans l’autre, les nouvelles dérogations propulsaient ce pourcentage à 57 % et 58,5 % ! Dans le monde sportif, on n’appelle plus ça du saut en longueur, mais du saut à la perche ! 

Pour mal faire, aucun des deux demandeurs n’a pu démontrer que le refus de leur accorder une dérogation leur causerait un préjudice sérieux comme l’exige l’article 145.4 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme. Le CCU avait toutes les raisons du monde pour refuser ces dérogations. Autrement dit, n’appelez pas la DPJ. Même sans ces agrandissements, aucun enfant n’aurait été forcé de passer ses nuits dans une souccah de plywood sur le balcon. 

De toute façon, lorsqu’il a acheté sa résidence, la réglementation sur le zonage était en vigueur depuis près de 15 ans ! Le propriétaire savait ce qui l’attentait si, d’aventure, il lui prenait l’envie de fonder une grande famille. Rappelons aussi qu’en 1913, lorsqu’elle a été construite, cette maison, comme bien d’autres du quartier, avaient justement été conçues pour pouvoir accueillir les six, huit, dix enfants de nos propres grands-parents. 

Entre les projets des deux voisins, il y avait tout de même une différence significative : l’accès aux garages. 

Avec l’agrandissement qu’il souhaitait faire, le proprio du 375 n’aurait pas perdu l’usage de son garage. Sa fourgonnette aurait pu continuer d’y entrer allègrement. Par contre, les travaux réalisés par son coreligionnaire du 367 ont littéralement condamné son garage. Notre homme aurait beau troquer une Station wagon contre une Honda Fit, ça ne « fittera » pas dans l’embrasure. Pourtant, l’article 9.1.1 du règlement 1177 est on ne peut plus clair : « Un permis de construction ne peut être émis à moins que n’aient été prévues des cases de stationnement hors-rue ».

Lors d’une assemblée du conseil, nous avons lancé un défi au maire et à son directeur de l’aménagement urbain. S’ils parvenaient à y faire entrer une petite voiture (même une Smart), nous étions prêts à lâcher le morceau. La réponse du maire ? « C’est un terrain privé. On peut pas faire ça ! » Pourtant, les inspecteurs peuvent y aller à leur guise. Voilà comment M’sieur le Maire écrase plusieurs règlements avec sa grosse BM. 



La photo ci-haut vaut 1000 mots. Si le propriétaire du 375 Querbes avait été autorisé à réaliser son agrandissement, voici comment se présenterait l’allée véhiculaire commune aux deux propriétés une fois les travaux complétés. Le 375 aurait conservé l’utilisation de son garage, ce qui n’est plus le cas du 367. Ce dernier, dans les bonnes grâces de Projet Montréal, a eu droit à un passe-droit flagrant. En médaillon, la photo originale prise le 14 septembre 2020. 

Contre toute logique, Tomlinson a donné sa bénédiction à celui des deux voisins mitoyens dont les transgressions à la réglementation municipale étaient les pires. C’est vrai qu’au 367, il s’agissait de quelqu’un de la famille de Michael Rosenberg, mais mettez-vous à la place de l’autre gars. Vous ne seriez pas furieux de ne pas pouvoir jouir des mêmes passe-droits que votre voisin ? C’est ce qu’on appelle créer un précédent. 

Vous vous demanderiez peut-être s’il n’aurait pas mieux valu filer une petite enveloppe brune au maire. Mais voyons donc. Notre maire n’est quand même pas un ripou. On ne saurait dire s’il crache sur les bruns, mais ces temps-ci, s’il avait à choisir, parions qu’il préférerait les votes. 



Selon les plans approuvés par l’arrondissement (voir le médaillon), en élargissant de près de quatre pieds la résidence, une voiture n’a plus la place nécessaire pour entrer dans le garage. On a aussi prévu que plus de la moitié de l’espace devant la porte du garage sera végétalisé. Bref, on condamne doublement un espace de stationnement en dépit de l’article 9.1.1 du règlement 1177 qui l’interdit spécifiquement. 

Devant les fonctionnaires qui se sont penchés sur le dossier (il faut absolument que vous jetiez un oeil sur les différences de traitement entre les deux voisins !), Tomlinson a fait semblant de tomber des nues. 

La limite de couverture au sol de 45 % en vigueur depuis 1992 dans ce secteur de l’arrondissement l’agace souverainement. Il aurait bien voulu trouver une façon de contourner la maudite norme, d’envoyer au diable les critères destinés au maintien d’un minimum d’espaces verts pour préserver la jouissance des cours arrières, assurer la perméabilité du sol et une densité du bâti qui favorise un milieu de vie épanouissant. 

Petit écologiste de façade, Tomlinson rage de ne pas pouvoir utiliser quand ça lui chante l’entourloupette de la dérogation mineure pour « bypasser » les contraintes du règlement de zonage. S’il n’en tenait qu’à lui, le 45 % prendrait le bord demain matin. 

Hélas ! Selon la loi, pour modifier ce pourcentage, Philipe n’aura d’autre choix que de faire faire une analyse rigoureuse du territoire et de tenir une consultation citoyenne sur la question. Mais comme tout le monde sait, les consultations dont il ne peut définir lui-même les paramètres qui lui conviennent, ça ne l’excite pas trop trop. 

Un gars qui veut, c’est un gars qui veut. Mais on se demande un truc. Puisque Mindy Pollak a réussi à faire une belle grosse fleur à son coreligionnaire du 367 Querbes sans aucune justification, pourquoi Tomlinson n’a-t-il pas fait de même pour le pauvre bougre du 375 ? 

Pour y répondre, rappelons-nous que le 9 avril 2018, lorsque Pollak et son maître à penser ont fait voter leur dérogation viciée au conseil, ils étaient convaincus que le bon peuple ne sentirait pas l’odeur de putréfaction qui se dégageait du dossier. 

Malheureusement, le Fleecy à Mindy n’a pas suffi pour camoufler les miasmes des magouilles de Projet Montréal. Au fil des mois suivants et encore aujourd’hui, plusieurs citoyens s’insurgent de ce passe-droit véreux. Bien que Tomlinson n’ait pas (encore!) reculé, le dossier continue de le hanter. 

En ce début d’année électorale, on dirait bien que le maire redoute d’attirer à nouveau les mouches et les asticots avec ses cadavres mal enterrés. 

Après avoir été échaudé par le dossier du 367, et même s’il trépignait d’envie d’accorder la « dérogation » à son voisin, Tomlinson n’a peut-être pas vraiment le goût de risquer une énième controverse. Dans la foulée de ce cas particulier, il y a deux autres éléments troublants dans cette histoire pas nette du tout. 

Nous nous sommes aperçus qu’à peine trois ans après avoir acheté le 367 Querbes et sans jamais l’avoir habité, le propriétaire vient de revendre sa résidence 643 000 $ de plus qu’il ne l’avait payée. Ça fait tout de même une augmentation de valeur de 54,7 %. En 37 mois, ça se prend bien ! Même s'il faut déduire ce qu'il a dû débourser pour faire des rénovations.

On serait curieux de savoir dans quelle proportion le permis d’agrandir qu’on lui a offert en contravention des règlements lui a permis de dégager une si belle plus-value. 

Quoi qu’il en soit, ce sera loin d’être la première fois que des passe-droits semblent profiter à des zamis. Cliquez ici pour vous rafraîchir la mémoire. 

Le cas du 34 Maplewood est particulièrement révoltant.


En dernier lieu, il y a la façon dont Philipe Tomlinson conçoit sa politique partisane qui ne nous dit rien de bon. Il supporte tellement mal de ne pas pouvoir offrir des passe-droits à ses amis, qu’il pourrait bien nous fricoter une petite théorie « inclusiviste » de son cru. On le sent venir avec ses gros sabots de Woke. 

L’idée de devoir annoncer à ses sympathisants qu’ils n’auront pas le choix de déménager s’ils souhaitent vivre dans plus grand lui répugne au plus haut point. Tellement, qu’il ne faudrait pas se surprendre s’il nous disait qu’à cause de NOS règlements « restrictifs », certains de nos concitoyens se sentent exclus, rejetés, brimés et défavorisés. En trois mots, même notre règlement de zonage serait dégoulinant de racisme systémique. Ça promet. 

En attendant, les Outremontais sont encore et toujours forcés de suivre à la trace et de talonner les élus et leur suite. Souvent, ces « dignitaires » nous prennent de haut, persistent dans leur mauvaise foi et deviennent aussi imperméables que du silicone à salle de bains. 

Heureusement, il arrive que les citoyens parviennent non seulement à les débusquer, mais à les coincer dans le fond de leur terrier et à les faire capituler. Quand le miracle opère, croyez-nous, c’est particulièrement jouissif. En voici justement un de ces petits miracles qui s’est produit récemment. 


En 2014, à cette résidence de l’avenue Outremont, c’était la belle vie. Mais en 2018, le laxisme inqualifiable des autorités de l’arrondissement est allé jusqu’à renoncer à exiger du propriétaire qui avait illégalement défiguré sa façade de la reconstruire tel qu’elle était à l’origine. En janvier 2021, nous pouvons enfin vous présenter le résultat d’une belle bataille citoyenne. Vous nous direz si ça n’en valait pas la peine.



mercredi 2 septembre 2020

LES COUPS FOURRÉS DE TOM



«En 2020, qu’un élu à Montréal se mette aussi facilement et ouvertement en conflit d’intérêts, je trouve ça inexcusable»…

Dans La Presse, c’est en ces termes faussement indignés que le maire Philipe Tomlinson s’est réjoui en sourdine de la réprimande que la Commission municipale du Québec (CMQ) a adressée à Jean-Marc Corbeil, le seul conseiller d’opposition à Outremont.

Pour Tomlinson, il est «abracadabrant» qu’un conseiller de district use de son droit de vote dans un dossier alors qu'il est poursuivi par un restaurateur après avoir dit à un ouvrier qu'il faut un permis pour entreprendre des travaux dans le restaurant. Pour cette entorse susceptible de l’entraîner dans une apparence de conflit d’intérêts, le maire réclame des mesures draconiennes et un châtiment exemplaire.

Tomlinson est particulièrement gonflé de jouer les vierges offensées alors que lui et les trois autres conseillères de Projet Montréal venaient de se faire taper sur les doigts par le contrôleur général de la Ville de Montréal pour avoir violé leurs propres règles en déléguant indument à Marie-Claude Leblanc, la directrice de l’administration, le soin de distribuer de l’argent d'un fonds d'urgence pour la COVID-19 à des organismes locaux. Cerise sur le sundae, ces dizaines de milliers de dollars ont été remises à des personnes liées, en l'occurence, Astrid Arumae, David Desbaillets et Max Lieberman, des membres de l'exécutif de Projet Montréal Outremont. Mme Leblanc a même confié 9 700$ aux soins de l’ultraorthodoxe Max Lieberman qui est actuellement accusé en Cour supérieure d’une fraude de 310 668,26 $.  Faut le faire!
 
Astrid Arumae, David Desbaillets et Max Lieberman, des membres de l'exécutif de Projet Montréal Outremont à qui on a confié de jolies sommes.

Dans cette histoire de fonds d’urgence, l’attitude de Tomlinson à l’égard de Jean-Marc Corbeil détonne d’autant plus que le 8 juillet 2020, mis en porte-à-faux, le maire a répété devant caméra (voir l'extrait vidéo) qu’il serait prêt à commettre à nouveau cette illégalité.


La loi, Tomlinson en fait son affaire à sa convenance.
La loi, Tom of Hassleland en fait son affaire... à sa convenance.

Et que dire lorsque Valérie Plante, sa patronne, vote à quatre reprises en faveur de l’achat d’un terrain de près de 84M$ pour un projet de parc alors qu’elle est personnellement poursuivie pour 175M$ par des promoteurs qui s’estiment lésés par le projet auquel elle tient mordicus. Évidemment, Tomlinson n’est pas monté aux barricades pour crier «Au meurtre!». Bien qu’elle soit accusée d’avoir agi «de façon illicite, arbitraire, impulsive, abusive et de manière préjudiciable», personne ne soulèvera le fait que cela pourrait influencer son vote? Qu’il n’y a aucun risque de conflit d’intérêts? Ça pue les deux poids, deux mesures. À moins que dans l'église de Projet Montréal, le dogme proclamé est à l'effet que le libre arbitre de Valérie est infaillible.

Dans la cause qui a amené Jean-Marc Corbeil devant le juge Alain R. Roy, ce dernier relate que M. Corbeil «participe aux échanges, convaincu qu’il est justifié de le faire». Fort de sa conviction, il s’est prononcé sur une demande de permis d’aménagement du restaurant de la rue Van Horne. 

Le conseiller en était d’autant plus persuadé que la résolution que le maire et ses disciples s’apprêtaient à voter en conseil concernait l’ouverture d’un mur extérieur et l’installation d’une porte que le commerçant avait déjà réalisées illégalement au moment des discussions. Pire. L’administration de l’arrondissement a inscrit à l’ordre du jour la demande du propriétaire de l’immeuble alors que les plans définitifs n'étaient même pas déposés au dossier.

Extraits des notes de la Secrétaire substitut d’arrondissement prises lors de la séance préparatoire du 26 juin 2019. Ces notes ont été déposées en preuve au tribunal de la CMQ.
Extraits des notes de la Secrétaire substitut d’arrondissement prises lors de la séance préparatoire du 26 juin 2019. Ces notes ont été déposées en preuve au tribunal de la CMQ.

Le problème remonte à novembre 2018. Corbeil avait constaté que des déchets de démolition jonchaient l’espace public devant le commerce de la rue Van Horne et que des travaux semblaient y avoir été entrepris sans permis. Le conseiller l’a signalé à un ouvrier qui travaillait sur le chantier. La chose est rapidement venue aux oreilles du restaurateur qui, cinq mois plus tard, a entrepris de poursuivre le conseiller et de lui réclamer 14 600 $ pour «préjudice subi».

Voici sur quoi est tombé le conseiller Corbeil, le 7 novembre 2018 sur l'avenue Van Horne.

Même si la poursuite intentée contre M. Corbeil n’était pas reliée à cette histoire de porte illégalement aménagée huit mois après son passage sur le chantier, même si le conseiller ne pouvait en tirer le moindre avantage pécuniaire et même si sa participation minoritaire au vote (1/5) n’avait absolument aucune chance de bloquer l’octroi irrégulier de ce permis, ses accusateurs soutiennent qu’il aurait dû s’abstenir pour éviter de prêter flanc à un soupçon d’apparence de conflit d’intérêts.

Nous pourrions tous facilement souscrire à ce qui semble être une évidence. Mais ce serait peut-être oublier l’article 12 du Code d’éthique des membres du conseil  qui stipule qu’un conseiller placé «contre sa volonté dans une situation de conflit d’intérêts n’enfreint pas le présent code». Pensez-y. Ce n’est quand même pas Corbeil qui a voulu se faire coller une poursuite aux fesses. C’est bien à son corps défendant qu’on lui a réservé une action en justice.

D’ailleurs, pour la petite histoire scabreuse, il faut savoir que ce sont Philipe Tomlinson et son entourage proche qui ont délibérément cherché à nuire à Jean-Marc Corbeil.

Dans le cadre du procès que Corbeil a dû subir devant la CMQ, Joël Simard-Ménard, le directeur de cabinet de Tomlinson, a révélé sous serment au juge Roy que c’est lui qui avait expressément recommandé au commerçant de poursuivre Corbeil. C’est cette intervention du bureau du maire qui a donné le coup d’envoi à cette saga judiciaire orchestrée contre le conseiller de l’opposition à la CMQ.

Si Simard-Ménard, avec la cafardeuse complicité de Tomlinson, n’avait pas encouragé le commerçant à se retourner contre Corbeil, ce dernier n’aurait vraisemblablement jamais été entraîné dans une telle histoire.



Devant la CMQ, le maire, lui-même appelé à la barre, n’a pas hésité à soutenir que Jean-Marc Corbeil s’était fait passer pour un inspecteur de l’arrondissement lorsque le conseiller s’était rendu sur le chantier, le 7 novembre 2018. Du pur ouï-dire de la part de Tomlinson puisqu’il n’était même pas présent sur place lors de la discussion entre l’ouvrier et M. Corbeil.

Ce ragot, Tomlinson ne s’est pas gêné pour le postillonner à tout vent et même publiquement. À la séance du conseil du 2 juillet 2019 (visionnez la scène), alors que la cause de Jean-Marc Corbeil était toujours pendante devant la Cour du Québec, Philipe Tomlinson a proféré la même allégation devant les citoyens présents dans la salle et tous ceux qui suivaient la webdiffusion depuis leur salon : «On le sait! De personnifier un inspecteur qui n’est pas dans votre district, vous ne faites pas ça non plus, M. Corbeil, hein?»

Que le diable emporte le Règlement de régie interne du conseil qui interdit de s’exprimer sur une affaire pendante devant les tribunaux.

On l’a constaté à maintes reprises : Philipe Tomlinson, celui-là même qui préside les assemblées publiques d’Outremont, n’a aucun scrupule à privilégier les règlements de comptes au détriment du règlement municipal.

Ce n’est pas non plus au-dessus des forces de Tomlinson que de mentir.

Le 12 août dernier, sur la page Facebook officielle du maire, une citoyenne se demande comment le commerçant pouvait réclamer des dommages pour un retard dans ses travaux s’il ne dispose pas de permis pour les entreprendre. Tomlinson lui répond alors de but en blanc : «Le commerce avait un permis en règle». Or, c’était totalement faux. Corbeil est intervenu sur le chantier le 7 novembre 2018, alors qu’il a été démontré en cour qu’un permis n’a été délivré que le 14 novembre. Le maire a un sacré front de bœuf! 

Philipe Tomlinson n'hésite pas à mentir, même sur sa page Facebook officielle!


C’est loin d’être la première fois que le maire ment effrontément au bon peuple. Rappelez-vous la saga de l’îlot Saint-Viateur. Le 9 octobre 2018, cuisiné en séance du conseil par une autre citoyenne (voir l'extrait vidéo), Philipe Tomlinson avait nié catégoriquement et à plusieurs reprises que le mandat qu’il avait confié à la firme Brodeur Frenette (et qu’il tenait à garder ultrasecret!) concernait la faisabilité d’implanter une synagogue sur ce terrain public.




Même une fois le fameux rapport rendu public contre son gré, Tomlinson a continué de nier comme un enfant pris sur le fait, la bouche barbouillée de chocolat et un emballage de Whippet chiffonné au fond de ses poches. Lisez ma chronique L’imposture de Projet Montréal

Vous n’avez sûrement pas oublié, non plus, le tour de passe-passe que nous a manigancé notre bon Philipe après le référendum sur les lieux de culte sur l’avenue Bernard. En dépit de la victoire des citoyens qui ne souhaitaient pas de nouveaux lieux de culte sur l'avenue Bernard, Tomlinson a été surpris en train de dévoiler son intention d’accommoder le nabab Rosenberg : «On a besoin de trouver une façon, lorsque le besoin se refera sentir, de contourner ce règlement-là qui interdit [les synagogues] à Outremont.» Écoutez l'enregistrement capté lors d'une assemblée partisane de Projet Montréal, tenue le 25 octobre 2017 au 1465, avenue Van Horne. 

En passant, le 1465 Van Horne, loué pour l’occasion par Projet Montréal, appartient à nul autre qu'au propriétaire du 34 Maplewood, celui-là même qui a fait construire en toute illégalité un muret sur le domaine public. Alors que le délinquant était poursuivi par la ville pour son acte, Tomlinson l’a complaisamment gracié. Mais n'allez surtout pas croire qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de Tomlinson.


Je vous épargne, pour l’instant, de tous ces autres cas d’irrégularités, de passe-droits dans l’octroi ou le suivi de permis, de complaisance électoraliste, de conflits et d’apparences de conflits d’intérêts que nous avons recensés au fil des trois premières années du mandat de Projet Montréal Outremont. 

Écoutez Tomlinson nous rassurer: «Je peux vous dire que les autres conseillers vont poursuivre leurs travaux en toute transparence. Les Outremontais peuvent compter sur nous pour faire la job». Quand on entend Tomlinson le paternaliste tenter de recoudre un hymen à sa formation politique, dites-nous comment ne pas pouffer de rire ou ne pas sombrer dans le cynisme? 

Avec ce que nous savons aujourd'hui, on comprend que le conseiller de l’opposition avait toutes les raisons du monde d’être exaspéré et indigné. Que n’ont pas fait le maire, ses soubrettes de districts et la directrice de l’arrondissement pour lui mettre des bâtons dans les roues? Pour lui nier ou retarder l’accès aux documents qui lui sont indispensables pour prendre des décisions éclairées dans le cadre de ses fonctions? Combien de fois tout ce beau monde ne s’est-il pas montré de mauvaise foi ? Et cette affaire du commerce du 1142 Van Horne n’a pas fait exception.


Pour conclure plus joyeusement, laissons donc Paul Arcand nous dire ce qu’il pense de la désinformation au sein de Projet Montréal. Cliquez
ICI pour l'entendre. Il a tellement une belle façon de rapporter les faits.





lundi 4 mai 2020

LE DÉBUT D'UN TEMPS NOUVEAU (PART ONE)


Avez-vous fait partie des braves qui ont veillé tard pour se taper le «documentaire» Outremont et les hassidim diffusé à Radio-Canada le 18 avril dernier? Pour être franc, les échos qui me sont revenus d’un peu partout au cours des deux dernières semaines n’ont pas été particulièrement élogieux pour son réalisateur Eric Scott. Certains qualifient son travail de publireportage, de docu-menteur, de commande spéciale cousue de fil blanc. Plusieurs lui reprochent d’avoir été très complaisant à l’égard des religieux, d’avoir accordé beaucoup plus de place à la minorité sectaire et à ses indéfectibles alliés politiques qu’à la grande majorité de citoyens qui ne partage pas leurs vues.

Le titre du reportage pouvait laisser espérer qu’enfin quelqu’un aborderait franchement les principales problématiques de la cohabitation dans le quartier. Or, le réalisateur s’est plutôt appliqué à faire de l’aquaplanage sur une mer de vœux pieux et de belles intentions de façade. Il souhaitait tellement que l’harmonie intercommunautaire puisse descendre sur la population d’Outremont comme des langues de feu du Saint-Esprit.

Oui, c’est vrai. Il a été un peu question de l’absence de volonté des hommes en noir à apprendre le français et de s’en servir pour se rapprocher un tant soit peu de leurs voisins. Mais Scott leur donnera tout le temps voulu pour nous servir une litanie de faux-fuyant pour justifier leur désintérêt pour la langue officielle. On a aussi parlé du partage du trottoir et d’un certain manque de civilité ou d’égards de certains hassidim. 

Le réalisateur a tout de même eu la bonté de nous laisser déplorer le mauvais entretien de certains lieux de culte. Mais c’est tout juste s'il nous donne quelques secondes pour dénoncer du bout des lèvres une petite partie des irritants. S’il a bien tendu l’oreille, le téléspectateur aura attrapé au vol les mots «non-respect des règlements», «synagogues et dortoirs illégaux».

Des spécialistes du milieu du cinéma se demandent quels organismes privés ont bien pu avoir intérêt à financer ce gentil projet de documentaire. La réponse ne se trouve pas au générique.


Pas un traître mot sur les gros problèmes de salubrité qui persistent depuis des décennies dans nos rues et ruelles. Les dépôts sauvages des sacs-poubelle éventrés dégorgeant de couches souillées, d’assiettes et d’ustensiles en plastique passent à la trappe. Pourtant, le problème est criant. À tel point que même l’éditorialiste du Journal d’Outremont vient de le dénoncer de façon inhabituelle. Étrangement, Projet Montréal s'est bien gardé de répliquer, préférant se mettre la tête dans le sable contaminé.

Heureusement que n’avait pas encore éclaté la pandémie qui a valu à notre arrondissement de se hisser au sommet du palmarès des infectés. Il aurait alors fallu balayer sous le tapis le virus qui s'est payé tout un snack lors du gros mariage des Rosenberg et des rassemblements interdits en temps de confinement.

Rien non plus sur le délabrement de plusieurs résidences habitées par des ultra-orthodoxes. Il ne valait apparemment pas la peine de parler des travaux faits sans permis, en contravention du zonage ou laissés carrément impunis. Silence radio sur la problématique des autobus scolaires. C’est vrai que ça ne fait que 15 ans que les citoyens se plaignent de ces innombrables autobus jaunes bruyants et polluants qui, du matin au soir, six jours sur sept, foncent et s’immobilisent à tout bout de champ au milieu des rues résidentielles.

Dans le but annoncé de créer «un outil de communication, fait par et pour les Outremontais», Eric Scott a planché six ans sur son reportage. J’en sais quelque chose. Au fil de ces six années, je me suis prêté à son jeu à au moins quatre reprises. De ces heures de tournage, il n’aura retenu que des grenailles dont, entre autres, la scène de cirque où l’intégriste Mayer Feig fait de la projection en me traitant de menteur et d’affabulateur. Une fois mes propos filtrés et repassés au tamis, je ne reconnais même plus l’ombre du monstre que mes détracteurs se sont acharnés à faire de moi au fil des ans. Ça me vaudra peut-être l’économie d’une chirurgie plastique!

Le spectateur comprend très vite que ce devoir de réconciliation incombe d’abord et avant tout à la société d’accueil. Scott n’en fait pas cachette. Dès la 47e seconde, il annonce clairement ses couleurs en projetant à l’écran cette question : «Jusqu’où la majorité d’Outremont est-elle prête à aller pour accommoder sa minorité hassidique?»

Le cinéaste, le maire et le lobbyiste. Autour d'une tasse de Tims, les trois mousquetaires s'entendaient comme larrons en foire au petit déjeuner télévisé. Un croissant casher de chez Cheskie avec ça, Messieurs?

Mais il ne faut pas attendre aussi longtemps pour se faire remplir. À la dixième seconde de son film, Scott affirme que l’arrondissement abrite 7 000 hassidim et que ces derniers constituent 23 % de la population. Disons que pour un truc qu’on veut qualifier de documentaire, ça commence mal. Surtout quand les statistiques de la Ville de Montréal (2016) précisent qu’en tout et partout, 5 926 résidents d’Outremont sont d'une autre origine que la majorité francophone. Oups!

Même si demain matin, tous les Grecs, Italiens, Haïtiens, Vietnamiens, Chinois, Français, Ukrainiens, et autres Canadians du quartier prenaient rendez-vous chez le mohel circonciseur (il y en a cinq à Outremont) et que leurs épouses allaient toutes se faire raser le coco, on serait encore très très loin des supposés 7 000 ultra-orthodoxes. Et c’est sans parler des nombreux résidents de religion ou de culture juive qui sont tout sauf hassidiques. Statistiques Canada en remet en rappelant de son côté qu’à peine 3 450 Outremontais, soit 14,6 %, ont le yiddish comme langue maternelle.

Eric Scott, comme bien d'autres, a gonflé à l’hélium le nombre d’ultra-orthodoxes vivant dans l’arrondissement. Encore heureux qu’il ne soit pas allé frapper à la porte d’Alex Werzberger pour obtenir ses statistiques bidon. Notre bon vieux bouffon a récemment avancé le chiffre de 35 % d’ultra-orthodoxes à Outremont. C’est le remake de La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf !

Philipe Tomlinson s'immergeant au milieu de son bassin électoral, le 2 mai 2018. Installé sans gêne sur le balcon d'un citoyen mécontent de voir cette marée humaine envahir son terrain privé, le maire bénit les fidèles comme un pape sur la Place Saint-Pierre.

Pendant la scène où l’on voit quelque 6 000 hommes se répandre comme une marée noire sur l’avenue du Parc, on ne dit pas que ce méga party a duré une semaine et qu'à plusieurs reprises, des attroupements gigantesques se sont produits de jour comme de nuit sur la rue Querbes, une rue strictement résidentielle. Le tout, sans aucun permis de l'arrondissement et en contravention des règlements sur la fermeture des rues, l'occupation du domaine public et sur la tenue d'évènement après 22 h!

Délire mystique de nuit sur la rue Querbes. Dans l'espoir d'entrevoir le grand gourou rabbinique, certains fans en transe n'hésitent pas à grimper sur les compteurs électriques des maisons (photo du haut) ou sur les voitures et les toits de garage (photo du bas)

Il ne serait pas venu à l’idée du cinéaste d’indiquer qu’une bonne partie des milliers de célébrants en liesse provenaient des États-Unis et d’ailleurs dans le monde. Remarquez que ça fait l’affaire des lobbyistes. Ce qui compte, c’est l’impact que ça doit créer au sein de la population. «Watch out, les goys! On va bientôt prendre le contrôle de tout le quartier!» D’ailleurs, Steven Lapidus, un chargé de cours à l’Institut d’études juives canadiennes de l’Université Concordia nous avait déjà servi la menace : «Hasidim are going to dominate. … If you want to come to a peaceful resolution to the problems in Outremont, don’t wait until Hasidim are the majority.»

Ma mère m’a toujours dit qu’il ne fallait pas tirer sur le messager. Depuis là-haut, qu’elle se rassure. Eric Scott n’est pas un simple messager. S’il n’apparait jamais à l’écran, le cinéaste n’a pas besoin d’ouvrir la bouche pour que l’on comprenne de quel côté penche son cœur.

Auteur de Je me souviens (2002), un film qui traite de l’antisémitisme et de la sympathie pro-nazie au Québec entre les années 1930 et 1945, Scott a pris soin de bien doser les séquences de son dernier reportage. Après avoir décortiqué les scènes et les interventions de chacun des participants, on constate que 75 % du temps est aimablement accordé aux bien-pensants et à peine le quart est laissé à ceux qui ont des questionnements sur ce bien-vivre ensemble.

À elles seules, les apparitions de Philipe Tomlinson et de Mindy Pollak remplissent 30 % du grand écran. Ça inclut la courte, mais combien féérique procession à la chandelle organisée en tandem par le lobby hassidique et les membres de la formation politique de Valérie Plante. On aurait dit que les apôtres de l'Amour infini s'étaient emparés de l'hymne enfiévrant (à écouter!) de Renée Claude :

«C'est le début d'un temps nouveau
La terre est à l'année zéro

La moitié des gens n'ont pas trente ans
Les femmes font l'amour librement
Les hommes ne travaillent presque plus
Le bonheur est la seule vertu
»

Au fond, Scott s’est simplement trompé de titre. C’est Projet Montréal et les hassidim qu’il aurait dû baptiser son publireportage.

Le fameux rassemblement à la chandelle du 5 décembre 2016. Valérie Plante y avait évidemment participé. Ce soir-là, l'activiste Cheskie Weiss qui joue dans le film de Scott claironnait que c'était le premier jour d'un nouvel Outremont. Trois ans et demi plus tard, avez-vous vu le début du commencement d'un temps nouveau?

L’un des moments les plus insultants du film nous est offert par Tomlinson. Le pauvre gars se lamente de «l’œil au beurre noir» qu’aurait asséné à Outremont le processus référendaire sur les lieux de culte de l’avenue Bernard. Va-t-il falloir lui rappeler que c’est lui-même qui a chaussé ses grands «flat foot» pour aller déposer en personne la demande d’ouverture d’un registre référendaire en septembre 2016? S’il y a eu discorde, mésentente et emballement des médias, il en est le principal responsable. 


Tomlinson affirme sans ciller des yeux qu'il y avait plusieurs enjeux au référendum de la rue Bernard. «Est-ce qu'on veut des lieux de culte? Est-ce qu'on ne veut pas les lieux de culte? Est-ce qu'on accepte les lieux de culte dans l'arrondissement?» Ce qu'il raconte, c'est du grand n'importe quoi. Le référendum n'impliquait absolument rien d'autre que la question de l'implantation de lieux de culte sur ce tronçon commercial de l'avenue Bernard. Le maire a dit encore pire que ça. Il soutient qu’Outremont ne permet plus l’installation de nouveaux lieux de culte sur son territoire. Pollak beurre aussi épais en soutenant faussement que les lieux de culte sont interdits sur tout le territoire. C’est de la pure désinformation. 

Si l’arrondissement peut, de plein droit, réglementer l’établissement d’un lieu de culte, il n’a pas absolument pas le droit de l’interdire sur l'ensemble de son territoire. 

Mindy Pollak a de méchantes pertes de mémoire. Appuyée par Tomlinson, son conseiller politique de l’époque, Pollak semble avoir oublié que le 7 mars 2016, elle avait voté contre (voir la vidéo) la proposition de l’administration Cinq-Mars d’ouvrir une zone (appelée C-6) pour permettre l’implantation de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Durocher, juste au nord de Van Horne.
 

Tomlinson était pourtant assis juste derrière moi, le 7 mars 2016, lorsque j'ai déploré (écoutez mon intervention) le vote négatif de Pollak et félicité la mairesse Cinq-Mars et les trois autres conseillères d'avoir voté pour l'ajout de la zone C-6. 

Si vous voulez vraiment crier (ça fait parfois du bien en période de confinement!), je vous invite à cliquer sur la photo de l'Oncle Tom ci-dessous pour visionner quelques-uns des propos fallacieux que lui et Pollak tiennent dans le film. Ça ne prend que deux minutes, mais ça restera gravé longtemps dans la mémoire des citoyens. Vous entendrez, en prime, la déclaration préélectorale de Tomlinson affirmant solennellement qu'il respectera le résultat du référendum. Pas de saints dangers, par contre, qu’il avoue nous avoir trompés.

https://youtu.be/dka76Up8h7U
Cliquez sur la photo pour entendre le mépris que nous voue de notre bon maire.


Tomlinson est très touchant lorsqu'il décrit sa conseillère comme un modèle d'intégration, d'ouverture et de proximité. En regardant aller Mindy Pollak, peut-être que Philipe pourrait se demander si sa protégée est plus inspirée par l'envie de faire un coming out communautaire ou de remplir la mission de défendre la cause supérieure de la grande secte que lui ont confiée ses dirigeants. Presque trentenaire, sans mari, ni enfants, elle dévie complètement de ce que l'auteure Myriam Beaudoin appelle «les facultés féminines de bonnes femmes de la maison» qu'on inculque coûte que coûte à toutes ses petites voisines hassidiques du quartier et du monde. 

Dans le film, Mindy Pollak a beau clamer que les hassidim de sa génération sont plus ouverts que la génération de leurs parents et grands-parents et «plus prêts à avoir des relations de confiance avec [leurs] voisins», elle n'est aucunement représentative des membres de sa communauté.

Mindy Pollak, conseillère de Projet Montréal dans Outremont

Tomlinson devrait franchement nous lâcher les baskets et s'excuser pour ses accusations à deux balles sur les citoyens supposément haineux. Il est carrément imbuvable lorsqu'il nous pointe directement du doigt comme étant des gens remplis de préjugés. 

Les Outremontais sont-ils morons au point de penser, comme le dit Tomlinson, que chaque hassidim est la copie carbone de tous les hassidim? À ce petit jeu-là, on pourrait lui demander si l'inverse ne serait-il pas tout aussi vrai? C'est quand même rigolo de voir Tomlinson se servir du cas particulier de Mindy Pollak pour nous amener à croire que le rapprochement avec les hassidim est possible.

De son côté, Pollak fait des pieds et des mains pour nous convaincre que les citoyens hassidiques sont d'abord et avant tout des êtres humains qui agissent de façon individuelle. Bien sûr que chacun n'agit pas de la même façon face au monde extérieur, mais c'est faire bien peu de cas du contrôle inéluctable qu'exercent les rabbins-empereurs sur l'ensemble de leurs ouailles. La philosophie du hassidisme repose sur «l'anéantissement de soi-même», comme l'explique, sur les ondes de la radio torontoise CHOQ FM, Norman Cornett, ancien professeur à la faculté d'études religieuses de l'Université McGill.

Au sein du monde hassidique, l'individu a très peu de marge de manoeuvre et il doit s'incliner, voire s'effacer devant l'intérêt supérieur de la secte. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les autorités religieuses privent leurs enfants d'une éducation séculière digne de ce nom, les empêchent d'interagir avec nos enfants et qu'on leur instille la peur morbide du monde extérieur. C'est la recette idéale pour pouvoir les tenir en laisse et garder le contrôle sur tout un chacun.

On n'en peut plus de la petite vision du bien-vivre ensemble de Tomlinson basée sur une harmonie «gazon à gazon». Le problème n'est pas tellement notre voisin de droite ou de gauche. L'os, c'est bien plus l'entité communautaire sectaire qui aspire à l'expansion d'un ghetto qui permet, autant que faire se peut, l'exclusion des hors-castes et l'isolationnisme.

De la paranoïa, vous dites? Je laisse le mot de la fin à Norman Cornett qui, le 14 avril dernier, commentait le film d'Eric Scott.

«Quand on regarde une grande fête d’Outremont, on se rend compte à quel point la communauté hassidique occupe la place publique, pour ne pas dire l’investit et même, l’envahit. 

 On est à contre-courant, puisque dans la société postmoderne, au Québec, c’est le sécularisme. On est aux antipodes et les hassidim font très exprès d’épouser l’altérité. 

C’est le principe opérateur de la séparation, de la mise à part. Ils insistent là-dessus. La question de l’intégration devient problématique et le fait que la religion occupe, investisse et envahisse l’espace public, c’est une autre problématique que soulève ce documentaire.»

En expliquant que le hassidisme a été justement fondé en opposition au Siècle des Lumières, le professeur Cornett se demande dans quelle mesure il sera possible de trouver des solutions à cette volonté farouche de séparation et de mise à part des hassidim pour lesquels la loi divine prime sur d'autres considérations comme, par exemple, la résistance au confinement qui a donné ce que l'on sait aujourd'hui.

Allez! Un peu de patience. Je vous donne rendez-vous pour la Part Two du documentaire!