samedi 3 décembre 2022

LE PARTY


Oufff, les amis! Si vous n'étiez pas là hier soir, vous avez manqué quelque chose. J'en ai encore les oreilles qui sillent. On m'a fait toute une Fête surprise à l'hôtel de ville d'Outremont.

Une chance qu'ils n'ont pas eu l'idée de faire ça au Centre intergénérationnel. Il y aurait eu tellement de monde que je pense que je serais toujours en train de serrer des pinces et d'embrasser des gens que je n'avais pas eu le temps de saluer au cours de la soirée. J'aurais la main en compote et les joues en feu sauvage, c'est sûr.

Tout ce beau monde est venu à ma rencontre pour célébrer un fait divers qui s'est produit il y a exactement 15 ans. C'était le 2 décembre 2007. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'avais mis en ligne la première chronique de mon blogue sur les accommodements religieux à Outremont.

Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir autant d'ami-e-s! Encore une fois, je vous le dis: J'vous aime! Tous autant que vous êtes.

C'est pas des farces. En 15 ans, je me suis fait plus d'amis que la plupart d'entre vous au cours de toute votre vie. Et des amis de toute provenance et avec des noms remplis de W, X, Y, Z!

Mais pour être honnête, cette vague d'amour, je la dois d'abord et avant tout à une personne pour qui je demeurerai éternellement reconnaissant. Il ne s'agit que de nul autre que mon illustre ami Michael Rosenberg.

Sans son orgueil mal placé, son mépris légendaire, sa soif de pouvoir intarissable, son besoin irrépressible d'écraser pour régner, sa «croyance sincère» de ne pas être soumis aux lois terrestres, son grenouillage politique, ses magouilles affairistes et ses manigances de bas étage, ma vie n'aurait été qu'une triste et morne aventure. Heureusement qu'il s'est trouvé sur mon chemin. Grâce à ses travers incrustés jusqu'au trognon, il m'a offert une existence digne de ce nom.

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent encore, ce n'est pas la création de mon blogue qui a amené Michael à me traîner devant la justice durant presque sept ans. C'est son comportement de voyou.

J'ai eu le malheur (aujourd'hui, je dirais plutôt le bonheur) d'être aux premières loges pour constater l'absence de civisme, l'arrogance et le mépris pour son entourage et les autorités municipales. Le hasard a voulu que j'aie habité 30 ans devant sa synagogue familiale de la rue Hutchison. Le président de la multinationale milliardaire Rosdev m'a donné 1000 occasions de constater et d'immortaliser ses innombrables entorses aux législations. Tant et si bien que le 1er octobre 2007, je suis débarqué pour la toute première fois de ma vie à la salle du conseil
 d'Outremont avec, sous le bras, un dossier de 91 pages pour dénoncer les faits et gestes délictueux du ploutocrate de première.

À ce moment-là, croyez-le ou non, Rosenberg siégeait à la Commission sur les relations intercommunautaires d’Outremont. Le mandat de cette commission? Le nabab Michael Rosenberg devait veiller à multiplier les occasions de rapprochement entre les différentes communautés ethniques, culturelles et religieuses, favoriser une meilleure compréhension mutuelle sur le territoire, étudier les demandes d'accommodements raisonnables et organiser des conférences, sur les valeurs qui gouvernent chacune des communautés.

Ce 1er octobre-là, imaginez-vous, j'ai eu l'outrecuidance de demander sa peau aux élus municipaux d'Outremont. Je l’accusais d’avoir allègrement bafoué plusieurs règlements municipaux et exigeais qu’il soit destitué du siège qu’il occupait à cette commission.

La réponse de mon belliqueux voisin hassidique? Ce n'est pas Poste Canada qui me l'a remise, le 19 novembre 2007, mais un huissier de cour mandaté par mon autre pote Julius Grey, le grand défenseur de la veuve et de l'orphelin. Pauvre Julius! Je m'étais bien moqué de lui. Si vous voulez rigoler un bon coup, je vous invite à lire Le vœu de Julius : de « Grey » ou de force!
 

Au fil des mois, voyant que je l'ignorais souverainement, Michael s'est adressé à la Cour du Québec, à la Cour Supérieure et à la Cour d'appel. Il a fait monter les enchères à 375 000$, mais il n'en verra jamais la couleur. Il a chaque fois été débouté.

Ce n'est que 13 jours après cette menace pas piquée des vers que j'ai lancé mon blogue sous les conseils judicieux d'un copain. Car il faut bien que j'avoue que lorsque l'huissier a frappé à ma porte, je ne savais pas encore ce qu'était réellement un blogue.

Aujourd'hui, 5475 jours et presque 500 chroniques plus tard, ma tignasse est en bonne voie de devenir un casque de bain, mais l'énergie ne se dément pas encore.

Grâce à Michael, je me suis beaucoup intéressé à mon arrondissement. Ça m'a même permis de m'initier à une campagne électorale, de rencontrer une tonne de citoyens et de solidement chauffer les fesses de Mindy Pollak. Elle s'était  présentée contre moi en 2013 sous la bannière hassidique et de Projet Montréal. Candidat indépendant, j'étais arrivé bon 2e avec à peine 168 voix de moins qu'elle.  

Mais d'autres que moi doivent remercier le président de Rosdev. Les rabbins et lobbyistes beltz, satmar, viznitz, bobov, loubavitch, tash, skver, lev tahor, klausenburg, munkacs lui doivent de les avoir mis sur la sellette. J'espère qu'ils apprécient encore. J'en dirais autant pour tous ces politiciens couillus comme des haricots secs.

Sans les agissements asociaux de mon voisin d'en face (voir combien son dossier s'est épaissi depuis octobre 2007!), il ne me serait jamais venu à l'esprit de sortir de sa cour et d'aller à la découverte des dynasties de ses amis sectaires d'ici et d'ailleurs. Je n'aurais pas non plus mis les politiciens sous ma loupe.   
 

Bon! C'est assez pour aujourd'hui. Après tout, un jour d'anniversaire, ça vaut bien un congé de ménage municipal, non? 


jeudi 24 novembre 2022

LE BUNKER DU MIEUX-VIVRE ENSEMBLE


Ce n’est pas tous les jours que la conseillère du district Claude-Ryan a le regard allumé. Mais quand ça arrive, on l’inscrit dans les annales. 

Lors de l’assemblée du conseil d’arrondissement du 7 novembre dernier, Mindy Pollak a pris la peine de souligner, toute pimpante, que c’était avec Sa Majesté le roi du [sic] chef du Canada (Charles III) qu’elle allait approuver le projet «Communautés de ruelles» (point 12.1). Une subvention de 340 000$ du ministère du Patrimoine canadien dans le cadre du programme Soutien aux communautés, au multiculturalisme et à la lutte contre le racisme. Pollak tenait à ce que cette manne de plusieurs centaines de milliers de dollars soit déversée dans nos ruelles pour favoriser le vivre-ensemble.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, cela fait au moins 35 ans que des comités de «bonnes âmes» se succèdent à Outremont pour insuffler, promouvoir et soutenir à bout de bras l’harmonie intercommunautaire. Mon pote Claudio Zanchettin en est la preuve incarnée.

Mais tant de décennies d’efforts pour en arriver à quel résultat, dites-moi? Impossible malgré les tentatives de Raymond Cloutier de réunir les adultes des deux communautés au Théâtre Outremont. Il est toujours strictement interdit aux enfants des sectes hassidiques de fréquenter vos enfants dans les ruelles. Des montagnes de déchets sont encore déversées dans ces mêmes ruelles comme s’il s’agissait de dépotoirs à ciel ouvert. Des milliers de Craignant D.ieu tapageurs peuvent toujours envahir les rues résidentielles pendant des jours sans même se soucier des voisins, des permis et des interdits. 

Des voyous comme Michael Rosenberg continuent de s’essuyer avec les règlements. En dépit du référendum de 2016 qui sonnait le glas des lieux de culte sur Bernard, le président de Rosdev a décidé d’installer de force sa synagogue à coup de magouilles, de poursuites et de procès. Le tout, avec l’appui inconditionnel et la complicité des rabbins, des dirigeants hassidiques et des Mindy Pollak de ce monde pour qui la loi divine a préséance sur la loi des goys.

Au moment même où Pollak se félicitait de «l’embauche d’intervenants de proximité dans le cadre de la table de concertation jeunesse pour travailler dans le sens du mieux-vivre ensemble», des citoyens dans la salle du conseil dénonçaient la lenteur de l’administration à entreprendre des actions à l’encontre de Levi Y Horowitz. 

Propriétaire du 1050-1056 Saint-Viateur, le rabbin Horowitz a transformé une partie de son duplex résidentiel en synagogue clandestine. Ça ne lui faisait pas un pli sur le châle de prière que le zonage strictement résidentiel l'interdise.

Cela fait cinq ans que le rabbin nargue le système, rit des inspecteurs et se fiche des résidents. Malgré les travaux sans permis et les soupçons décrits dans leurs rapports, l’ancienne administration de Projet Montréal n’a surtout rien fait pour faire respecter son règlement de zonage.

Dans ce dossier, même Marie-Claude Leblanc, directrice de l’arrondissement depuis janvier 2019 a donné à plusieurs l’impression d’être une tire-au-flanc. Pourtant, on prétend qu'elle se tape des semaines de 90 heures! Trouvez l'erreur.

Sam Muller (à droite) initiant Marie-Claude Leblanc et Jean-François Meloche à la fête de Purim devant la synagogue clandestine au coin des rues Saint-Viateur et Durocher.

On s’étonne que jusqu'à tout récemment, celle qui conseille le maire et les élus sur les orientations et les priorités ne se soit même pas gardé une petite gêne en affichant sur Facebook  son penchant marqué pour le Conseil des juifs hassidiques du Québec, un lobby intégriste sectaire qui a, entre autres, violé le décret gouvernemental durant la COVID ou encore pour les Friends of Hutchison Street, un autre groupe de pression pro hassidique officiellement fondé par Mindy Pollak, mais échafaudé en sous-main par le lobbyiste bobov Mayer Feig. 

Il y a deux mois, juste avant le début de la séance du conseil, il fallait voir Mme Leblanc quitter l’estrade pour accourir au-devant de Shrage, alias Sam Muller, le directeur général du Conseil des juifs hassidiques du Québec. Tout excitée, elle lui manifestait haut et fort le débordement de joie que provoquait chez elle sa présence parmi nous. C’est tout juste si elle ne lui a pas sauté au cou. C'est dire que le viznitz doit faire une maudite bonne job!

Au conseil de février 2022, nous avions dénoncé publiquement cette synagogue opérant dans le duplex résidentiel. Jean-François Meloche, le directeur adjoint d'arrondissement avait beau avoir 86 interventions du service des inspections dans son dossier, il nous a raconté n'avoir jamais été en mesure de prouver l’exploitation d’un usage non conforme à cette adresse. Dix mois plus tard, le 25 octobre 2022, Meloche a refait jouer la même cassette au journaliste de l'agence QMI qui l'interviewait sur le dossier.

Un paragraphe du dossier bien étoffé du rapport des inspecteurs du 1050 Saint-Viateur

Cela est d'autant plus troublant que ces dernières années le rabbin Horowitz et ses fidèles ne se sont jamais donné la peine de se cacher pour se réunir plusieurs fois par jour les vendredis et samedis. Selon M. Meloche, ça prenait des preuves solides et une récurrence des actes illégaux.

Nous l’avons pris au mot. Il aura suffi d'un mois aux résidents du coin pour prouver hors de tout doute l’utilisation récurrente et systématique d’un lieu de culte clandestin dans ce duplex. Comme quoi, quand on veut... 

Vous voulez un petit échantillonnage filmé de notre enquête citoyenne? C'est parti! Silence! On tourne ...

1) Par un beau vendredi soir (cliquer ici ou sur la photo pour un condensé de 39 secondes)


2) Qu'importe s'il neige... (cliquer ici ou sur la photo pour un condensé de 54 secondes)


3) ... qu'il pleuve ou qu'il vente, ça arrive de tous bords, tous côtés (cliquer ici ou sur la photo pour un condensé de 1 min 54 s)


Bref, lors de chacun des quatre jours de sabbat du mois de mars 2022, entre 108 et 150 personnes s'y sont rendues. En tout, près de 540 fidèles s'y sont engouffrés. 

Si vous souhaitez consulter l'ensemble de notre dossier, cliquez ici.

À voir ce dévot se mettre le nez dehors par deux fois, on aurait dit qu'il en attendait encore bien d'autres!

Mais vous vous imaginez bien que pour conclure à l'occupation illégale de ce duplex, nous ne nous sommes pas contentés d'immortaliser les allées et venues de tout ce beau monde.

Nous avons aussi observé l'augmentation du volume de déchets pour les deux logements du 1050 et 1056 Saint-Viateur au fil des années. 
Entre 2012 et 2020, le nombre de contenants de poubelles pour ce duplex résidentiel est passé de 1 à 7. À raison de 360 litres par bac, cela fait tout de même un volume de 2 520 litres de déchets par semaine en 2020.

 On remarquera aussi qu'en juillet 2017, avant même que des permis soient délivrés, la consommation interne s'était accrue, requérant déjà l'utilisation de quatre contenants jumbo.  

À titre de comparaison, sur le même tronçon de l’avenue Durocher, un édifice de 36 logements ne requiert que 14 contenants à déchet. D'accord, d'accord, on en convient, c'est encore beaucoup trop!

Pour 36 logements, cet immeuble de la rue Durocher n'a besoin que de deux fois le nombre de poubelles nécessaires pour le duplex du rabbin Horowitz.

Évidemment, quand on swing la bacaisse dans le fond de la boîte à prière, Domino, que les hommes ont chaud! Aussi, en mai 2021, de nouveaux appareils de climatisation ont été ajoutés (voir les flèches de la photo ci-bas).

Un coup parti, le rabbin a aussi fait ceinturer son duplex d'au moins cinq caméras de surveillance. C'est à se demander si la secte n'y entrepose pas les 22 000 onces d'or dont le ministère canadien des Finances s'est départi en février 2016.

Amenez-en des canicules! Le rabbin Horowitz et ses convives peuvent désormais porter leurs schtreimels et leurs longues redingotes noires 365 jours par année sans craindre la chaleur ou les voleurs. 

Comment se fait-il qu'en dépit de tous ces indices et des plaintes privées rapportées auprès des autorités municipale depuis 2018, il faille encore que ce soient les citoyens qui prennent les choses en main? Durant toutes ces années, où étaient ceux et celles qui sont payés pour veiller au respect de la réglementation? Pour mettre un terme à des nuisances et des illégalités aussi flagrantes que répétées un peu partout sur le territoire?

Hélas, on ne se contera pas d'histoires. On ne peut pas compter sur Mindy Pollak, la «bâtisseuse de ponts» pour faire passer le courant entre l'ensemble des citoyens et les autorités théocratiques qui en ont fait la marionnette toute désignée pour servir leur cause divine.

Avant de nous saouler avec son prêche du bien-vivre ensemble, il aurait peut-être fallu que la conseillère viznitz ait au départ le moindre désir de convaincre ses gourous de manifester un minimum de respect à l'égard de l'ensemble des citoyens, des autorités séculières, des lois et règlements terrestres. Mais il semble impensable pour ces endoctrinés psychorigides de s'astreindre ne serait-ce qu'à un microgramme de souplesse.

Le pur et pieux rabbin Eliezer Frankfurter nous l'avait pourtant déjà bien expliqué. Dans le cadre de l'émission Second Regard, le beau-frère de Michael Rosenberg nous a répété qu'il était inutile d'espérer un rapprochement avec nos voisins hassidiques. «Nous, on ne vous dérange pas, mais, s’il vous plaît, ne nous dérangez pas.... Il vaut mieux rester chacun chez soi.»

Puisque c'est parole d'ancien testament, à quoi bon se décarcasser pour une énième tentative de mieux-vivre ensemble? À moins que nous acceptions une reddition inconditionnelle face aux exigences et aux méthodes peu orthodoxes des forces réactionnaires. Ça, peut-être qu'ils l'accepteraient.


mercredi 26 octobre 2022

LE PARC DÉLIMA ET FRED CAILLOU ou LES ÉCOLOS DE PROJET MONTRÉAL


Tout le monde est pour la vertu, c’est bien connu. Qui souhaite respirer de l’air vicié et réchauffé par les tuyaux d’échappement ? Qui applaudit à l’effondrement de la biodiversité ? Pourtant, on continue de voir sur nos rues des bourrus, le pied sur le « gaz », au volant de VUS Chevy Tahoe, Cadillac Escalade, Yukon Denali qui crachent 164 tonnes de CO2, soit 12 fois plus qu’une Nissan Leaf.

Mais ceux-là mêmes qui se prétendent des apôtres de l’écologie ne donnent pas forcément l’exemple. Pensons à Valérie Patreau, conseillère de Projet Montréal/Outremont. Le 6 février dernier, celle qui joue à la Jeanne d’Arc des papillons monarque et qui rend hommage à ses bénévoles avec une écuelle végétarienne fait trop souvent preuve d’une démagogie gâteuse.

Dans le cadre de la séance du conseil, Patreau a accusé le maire Laurent Desbois «d’encourager toujours l’auto solo au dépend de mesures qui encourageraient plutôt le covoiturage.» Pour soutenir ce qu’elle avançait, Patreau n’a rien trouvé de plus convainquant que de lui reprocher la répression contre les cyclistes qui pédalent à qui mieux mieux sur les portions de rues piétonnes où cela est formellement interdit.

Mais dites-nous, madame Patreau, sur les 100 vélos qui contreviennent heure après heure au règlement sur l’avenue Bernard, combien se sont chopé une amende ? Et puis, quel rapport avec le covoiturage ? Est-il désormais permis de monter à deux sur une bécane ? Réclame-t-elle une immunité, un autre accommodement dit raisonnable au profit, cette fois, de la secte des vélocipèdes ? 

«Chaque petit geste compte», avait-elle ajouté. C’est pourtant cette même conseillère qui lors de son précédent mandat avait voté contre la motion présentée par le conseiller Jean-Marc Corbeil. Celui-ci souhaitait que les émissions de CO2 des voitures soient prises en considération pour établir le tarif des vignettes de stationnement. Patreau et son équipe avaient même refusé d’envisager qu’une partie des sommes qui auraient été ainsi récoltées puisse servir à planter des arbres pour combattre les émanations de carbone. Les conseillères Patreau et Pollak et leur formation ont préféré offrir des vignettes à demi-prix pour une certaine caste de citoyens à très gros chars. 

Les contradictions de Valérie Patreau et de Projet Montréal ne s’arrêtent pas là. Elle a beau jeu de prétendre qu’il y a un décalage entre le discours du maire Desbois et les faits, mais elle-même n’a-t-elle pas fait bien pire ? Pensons au demi-million que son parti a englouti dans le béton et le granit pour créer la placette Monique-Mercure en bordure du théâtre Outremont. Tout ça en empiétant sur l’aire végétalisée qui y avait été aménagée à grands frais à peine un an plus tôt. 

Le terrain de jeu du parc Outremont, le dernier acte «écolo» de Projet Montréal et de sa responsable, Valérie Patreau

Plus récemment, la responsable du projet d’aménagement du parc Outremont a littéralement cannibalisé son aire de jeu. Ici encore, Patreau a privilégié les poches de ciment au sable fin et jeté aux vidanges les manèges qui s’y trouvaient pour satisfaire «le goût du jour». Pourtant, dans le sondage de décembre 2018 que son parti avait lancé, à peine 6,5 % des répondants (27 personnes sur 410 participants) avaient indiqué un intérêt pour ce type de modification.

C'est l'ancien maire Philipe Tomlinson et sa conseillère Valérie Patreau qui ont donné le feu vert pour bétonner le terrain de jeu des enfants qui, vous le voyez, était à 100% constitué de sable.

Sans jamais présenter les plans de la nouvelle aire de jeu, Valérie Patreau a donné le feu vert pour faire couler des trottoirs avec cet agrégat qui crée la plus grande quantité de gaz à effet de serre au Québec. Si bien qu’aujourd’hui, un serpent de béton se faufile partout sur le terrain de jeu des enfants. Ça prenait bien des « écolo-clastes » pour dénaturer ce parc qui, depuis 60 ans, était 100 % exempt de béton. Hélas, l'administration de Laurent Desbois a été élue trop tard pour faire quoi que ce soit pour corriger le tir.

Vous en voulez du béton dans ce nouveau parc jurassique? En v'là!

Projet Montréal voulait une aire de jeu plus «nature», en matériaux naturels (bois, pierres, cordes). Il a juste oublié de parler du béton. Ce nouveau parc jurassique sera aussi inclusif. Dorénavant, tous les enfants pourront équitablement s’écorcher les genoux, les coudes et le front, peu importe leur couleur, leur religion ou leur langue.

Ça va en prendre des stocks de plasters dans la pharmacie des toilettes non genrées du chalet du parc.


lundi 8 août 2022

LE SYNDROME DE WHIPPET

« Nous savons qu’ils mentent.
Ils savent qu’ils mentent.
Ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Et, pourtant, ils persistent à mentir. »

                Alexandre Soljenitsyne


En politique, le refus d’admettre une réalité qui risque de vous faire perdre la face (ou des votes !) est monnaie courante. À Outremont, Philipe Tomlinson, le maire déchu de Projet Montréal, était un virtuose du déni mensonger.

Rappelez-vous, entre autres affaires, de la saga de l’îlot Saint-Viateur. Après la démolition du club de curling d’Outremont, Tomlinson avait confié à une firme de conseils stratégiques le mandat secret d’y planifier l’implantation d’une synagogue. Le maire a toujours catégoriquement nié les faits, et ce, même lorsqu’on lui a mis sous le nez le rapport confidentiel dont nous avions obtenu copie. Il a agi exactement comme ce p’tit gars qui, la bouche barbouillée de chocolat et les emballages de Whippet dans ses poches de pyjama, jure à sa mère que c’est pas lui qui les a mangés.

Aujourd’hui, on peut affirmer que les conseillères Valérie Patreau et Mindy Pollak ont bien appris de leur ex-gourou maniganceux. Il faut voir comment les deux groupies de Tomlinson se sont, elles aussi, envasées dans le déni et le mensonge à la suite d’un jugement rendu par la Commission des droits de la personne, le 29 mars 2022.

Dans l'opposition comme au pouvoir, les conseillères de Projet Montréal Valérie Patreau et Mindy Pollak demeurent de véritables contortionnistes de la vérité.

C’est Alexandre Lussier, un avocat d’Outremont, qui avait porté plainte pour discrimination contre le maire Tomlinson, ses conseillères Valérie Patreau, Mindy Pollak et Fanny Magini, ainsi que la Ville de Montréal.

Imaginez. Après avoir siégé trois ans à titre de membre du Comité consultatif d'urbanisme (CCU) d’Outremont, MLussier a eu la très très très mauvaise idée de se prévaloir d’un droit qui est à la base même du système démocratique. Il s’est porté candidat indépendant au poste de maire de l’arrondissement au scrutin de novembre 2017. Quel toupet, quand même, non?

Mal lui en prit, puisque le 18 décembre 2017, soit un mois après avoir perdu ses élections et un an avant la fin de son mandat au CCU, Lussier apprend que par résolution du conseil les Tomlinson, Patreau, Pollak et Magini l’ont éjecté du CCU. Tiens, toé ! Ça t’apprendra à te mettre en travers de notre chemin !

Cette décision de la part de l’équipe ultrawoke de Projet Montréal avait de quoi surprendre M. Lussier. Après tout, Pollak et Patreau s’étaient toujours efforcées d'entretenir leur image de supers bisounours. Elles combattaient bec et ongles toutes les formes d’exclusion possibles et imaginables. Apôtres invétérés de l’inclusion, elles se gourmaient de promouvoir l’exercice des droits et libertés de la personne, sans distinction de la religion, de la couleur, de l’origine ethnique, du sexe, de l’orientation sexuelle ou de l’expression de genre, de l’âge, du handicap et des… convictions politiques. Oups ! Deux vraies 
Poker Faces!

Instruit des faits entourant l’expulsion d’Alexandre Lussier, l’Honorable Luc Huppé lui a donné raison sur le fond. Aux yeux du juge, la décision des Tomlinson, Patreau, Pollak et Magini de révoquer son mandat constituait clairement une «exclusion» au sens de l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne. De plus, il a été prouvé que son éviction a été exclusivement due au fait qu’il a brigué le poste de maire. 

Bref, les élus de Projet Montréal ont décidé de lui faire payer son geste en le dégommant sans autre forme de procès. Même la protestation unanime des autres membres du CCU qui se disaient très satisfaits du travail de leur collègue n’a eu aucun effet sur l’esprit revanchard et la partisannerie de bas étage de Projet Montréal.

Lors du procès (j’y ai assisté), seule Mindy Pollak s’est présentée à la barre pour défendre la position dans laquelle elle et ses collègues de Projet Montréal s’étaient fourrés. La pauvre faisait pitié à voir.

Elle a tenté de convaincre le juge que leur décision d’expulser Lussier était tout à fait kosher. Perspicace comme ce n’est pas possible, la conseillère hassidique a raconté au tribunal que le conseil a modifié le règlement pour que seuls des professionnels de l’architecture et de l’urbanisme puissent devenir membres du CCU. Seul petit hic, ce changement est survenu… 13 mois après la destitution de M. Lussier. Vous comprendrez que l’effet de toge a beaucoup impressionné le magistrat. D’autant plus qu’Alexandre Lussier a été le seul parmi les membres non professionnels à passer à la trappe.

Dans le box des témoins, dévoilant encore un peu plus sa démagogie malsaine, Pollak a cherché à salir la réputation de Lussier en laissant entendre qu’il aurait été antisémite
. Elle a raconté au juge l'avoir photographié portant un carré jaune qu'elle a magiquement transformé en étoile jaune de l'holocauste. En plus d'être un amalgame hallucinant de mauvaise foi, l'insignifiante photo de Pollak date de bien après son expulsion du CCU. 

En pleine assemblée du conseil, voici la photo que Pollak a prise depuis la tribune où elle siège à titre de conseillère. Elle s'en est servie en cour pour tenter de disqualifier M. Lussier (debout à l'arrière). Plutôt que d'essayer de jouer au fin limier, il aurait mieux valu qu'elle s'en tienne à son ancien métier de manucure! Nulle, nulle et archie nulle, la pauvre!

Pollak ne recule devant aucune malveillance pour porter atteinte à un adversaire même quand il n'en est plus un. On se rappellera d'ailleurs que lors de sa première campagne électorale, Mindy avait prétendu que sa plus récente lecture avait été L’art de gagner une élection, le manuel de campagne électorale de nul autre que... Cicéron! Du machiavélique auteur, Pollak aura bien retenu que gagne ses élections celui qui sait manipuler la masse des électeurs. Cicéron, précurseur des fake news de Projet Montréal/Outremont?

Dans l’interview accordée au Journal de Montréal, Pollak avait également ajouté que ce dont Montréal avait besoin, c’était de la transparence et de la bonne gouvernance. Ça ne s’invente pas.

Depuis la publication du jugement octroyant à Alexandre Lussier une compensation de 7 000 $ pour dommages moraux, plusieurs personnes se sont présentées aux périodes de questions de l’assemblée du conseil d’Outremont.

À l’une des citoyennes qui ont réclamé la démission des conseillères Patreau et Pollak, ces dernières se sont contentées de rigoler sur l'estrade du conseil. À une autre personne qui leur a demandé si elles avaient l’intention d’offrir leurs excuses à M. Lussier, la réaction a été chaque fois la même au fil des mois. Mindy Pollak est demeurée muette comme une carpe. Pas un son n’a filtré de son masque sanitaire. Patreau, pour sa part, a répété qu’elle n’avait pas de commentaires à faire sur cette question sauf pour déformer les faits en prétendant que l'accusation dont elle et ses acolytes avaient été l’objet a été rejetée par le juge.

Or il n’y a rien de plus faux. Au paragraphe 98, le juge Huppé a clairement énoncé que le dommage moral subi par M. Lussier résultait directement de la discrimination exercée par l’ex-maire Tomlinson et ses conseillères Patreau, Pollak et Magini. Ce sont bel et bien les membres de l’équipe de Projet Montréal qui ont causé un préjudice justifiant cette indemnisation de 7 000 $.

Patreau et Pollak se sont donc rendues coupables de cette discrimination. Si elles n’ont pas été condamnées à verser personnellement une indemnité à M. Lussier, c’est tout simplement qu’en tant qu’élues, elles ont invoqué une immunité de poursuite. 

Leur façon de faire me rappelle l'histoire de Vitaly Churkin.  Cet ambassadeur de Russie au Canada avait été impliqué dans un accident mortel à Ottawa. Le diplomate de haute voltige conduisait en état d’ébriété et a tué une femme en plus d'en estropier une deuxième.

La police canadienne avait fait enquête. Des accusations de conduite dangereuse et de délit de fuite avaient été portées contre lui. Savez-vous à quoi il a été condamné au Canada? À rien du tout! 

Pour échapper à son procès et à sa sentence, son excellence n’a eu qu’à invoquer son immunité. Il a ramassé son assortiment de boutons de manchettes, a rangé son smoking d’apparat dans sa valise diplomatique et pris le premier vol pour Moscou. Comme lui, Pollak et Patreau ont pu clamer qu'elles n'ont pas été condamnées. Quel cynisme, n'est-ce pas? Bravo mesdames de Projet Montréal. Ce sont les citoyens d'Outremont qui paieront pour votre délit d'initiées!


jeudi 30 juin 2022

LES PROMESSES CREUSES DE MAYER


C’est quoi, déjà, le proverbe? Ah! Oui. «Une fois n’est pas coutume.» Accepter qu’il soit possible de faire exceptionnellement une chose qu’on ne devrait pas faire en temps normal, ça n’a rien de dramatique. Mais quand les transgressions se répètent et se multiplient, rien ne va plus.

Le 20 juin dernier, bien que plusieurs citoyens concernés n’aient pas été avisés, une trentaine de résidents du Mile-End se sont tout de même rendus à une soirée de consultation publique à l’hôtel de ville du Plateau. Ils ont dénoncé un plan de construction qui leur fait craindre le pire. Projet Montréal (représenté par Marie Plourde, la conseillère de Ville pour le Mile-End) souhaite autoriser un deuxième agrandissement du lieu de culte de la communauté Belz qui a pignon sur rue au 5896 - 5906, avenue du Parc, entre Bernard et Van Horne.

Ne se contentant plus de la fusion des deux immeubles et de l’agrandissement de 102 
m2  accordé au rez-de-chaussée en 2010, le clan ultraorthodoxe revient à la charge. Cette fois, il veut, entre autres, avaler les 12 logements locatifs pour les annexer au lieu de culte. 

Remarquez qu'en ces temps de pénurie de loyers abordables, la secte se dit disposée à contribuer à hauteur de 370 000 $ pour que l'arrondissement réalise d'éventuels logements sociaux. Mais comme l'a laissé entendre une femme dans la salle, on ne gagne pas au change en laissant aller une douzaine de logements contre l'équivalent d'à peine un petit studio neuf! 

Au départ, les visées des religieux ne se limitaient pas à reprendre possession de l’immeuble de 12 logements. Si on se fie au document présenté à l’assemblée publique de consultation, on découvre qu’en février 2019, la communauté  planifiait y construire rien de moins qu’un quatrième étage et agrandir l’assise arrière de l’immeuble au niveau du 2
e, du 3e (et du 4e étage?). Aujourd’hui, la secte souhaite aussi exploiter au maximum le terrain en grignotant littéralement le sous-sol arrière jusqu’à la ruelle. Il est vrai que M. Jacob Spira qui a acquis ces immeubles en 2009 pour 425 000 $ est un grand spécialiste des tunnels. En 2001, les inspecteurs du Plateau l’avaient surpris creusant illégalement un passage clandestin entre le 5355 et le 5361 Hutchison.

Hélas pour les requérants, le projet était pharaonique. Qu’à cela ne tienne, les services d’urbanisme du Plateau se meurent d’envie de leur accorder une extension de près de 200 
m3  (11 m x 3,5 m x 5 m)(1) sur deux étages au-dessus de l'agrandissement du rez-de-chaussée accordé en 2010. À cela, il faut ajouter la rallonge souterraine de quelque 90 m2 que l’arrondissement s’est bien gardé de chiffrer sur les plans.

Malgré leurs ambitions (les ajouts espérés auraient pu totaliser quelque 600 
m2), il fallait entendre Mayer Feig, le lobbyiste hassidique présent dans la salle, prétendre que la communauté n’avait aucune intention d’accueillir plus de fidèles. La belle affaire! En 2011, Mayer Feig et ses acolytes nous avaient juré la même chose dans le cadre de l’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison. À l’époque, après avoir raconté que le lieu se limiterait toujours à 30 fidèles, les élus avaient fini par avouer qu’il pourrait accueillir…150 personnes! Ça, bien sûr, c'était ce qui était légalement permis. Après...



Cette fois encore, on ne doute pas une seconde (pfffff!) que les centaines de milliers de dollars qu’ils souhaitent injecter dans l’immeuble serviront uniquement à s'assurer que leurs fidèles actuels se sentent plus à leur aise. Les happy few le seront assurément puisque sur les nouveaux plans présentés par l’arrondissement, on peut compter pas moins de… 17 toilettes et 14 urinoirs!

Deux vues présentant les travaux effectués en 2010 et planifiés pour l'automne 2022. Les couleurs sont de nous.

Si cela n’était pas pour les habituels motifs électoraux, cette faveur que Projet Montréal souhaite ardemment offrir à cette communauté aurait de quoi surprendre. 

Déjà en 2010, l’arrondissement avait accordé les permis alors que le zonage de l’époque interdisait l’installation d’un lieu de culte à cet endroit. Par un petit tour de passe-passe, les requérants avaient prétendu n’y aménager qu’un centre communautaire. Il s’agissait de fausses représentations, mais les autorités municipales n’avaient surtout pas souhaité les indisposer.

S’il n’y avait que cela. Au cours des 12 dernières années, les requérants ne se sont jamais souciés de respecter les conditions imposées lors de l'octroi du premier permis. Rappelons qu'ils ne sont pas les premiers à traficoter de la sorte. Il suffit de se souvenir des magouilles scandaleuses qui, en 2000, avaient mené à un méga agrandissement de la synagogue (Belz, elle aussi!) du 5344 Jeanne-Mance
.

Pour faire une histoire courte, à l'époque, en dépit de la bataille qu’avaient menée des résidents respectables du Plateau comme M. Kevin Cohalan et M. Pierre Beaucage pour protéger leur rue zonée strictement résidentielle, un certain Saulie Zajdel avait torpillé un avis de la Commission de développement urbain du Plateau Mont-Royal qui s'objectait à cet agrandissement.

Par ses manigances véreuses, Zajdel, ancien porte-parole de la Congrégation Belz (tiens donc!) devenu responsable de l'urbanisme au Comité exécutif de la Villle, avait fait en sorte que la synagogue contestée puisse se propager à cinq duplex. Pourtant, dix ans plus tôt, cette même synagogue avait été extentionnée à la condition expresse qu’aucun autre agrandissement ne serait plus autorisé

Pour en revenir à la synagogue/centre communautaire qui nous préoccupe aujourd'hui, plutôt que de placer et de regrouper les équipements mécaniques de climatisation sur le toit de l’immeuble tel qu’exigé à l'époque par l'arrondissement, les propriétaires ont joué sur les mots et se sont contentés de les installer au premier étage, sur le toit de la partie nouvellement agrandie. Les énormes appareils bruyants ont fait perdre aux locataires et aux voisins la quiétude, la jouissance et l’usage de leurs balcons et de leurs cours. Les religieux se foutaient bien des impacts sur les voisins.

Quels locataires ne rêvent pas de balcons avec vue sur des monstres mécaniques rugissants?

Comme si cela ne suffisait pas, le requérant ne se montre jamais pressé de terminer les travaux à l’arrière de l’immeuble. Depuis des années, le mur latéral du côté sud n’a pas été briqueté. La membrane pare-air est laissée aux quatre vents sans revêtement extérieur. Du côté nord, le mur de brique s’affaisse dangereusement sans que personne ne semble se préoccuper du danger qu’il pose pour les locataires et les voisins. 

Tombera, tombera pas?

Par contre, là où l’arrondissement n’autorisait pas de modifications en façade, les administrateurs ne se sont pas gênés pour démolir deux portes pour les transformer en une grande porte double (photo ci-dessous).



Ne leur parlez pas non plus d’écologie. Puisque les travaux d’agrandissement de 2010 allaient entraîner la perte d’érables du côté nord, le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) avait recommandé la plantation de deux arbres dans la cour de la synagogue. Le CCU avait aussi préconisé la végétalisation de la cour arrière et l’utilisation d’un revêtement de sol poreux. Douze ans plus tard, vous pouvez toujours chercher l’ombre d’un arbre. Vous ne trouverez que quelques mauvaises herbes hirsutes dans les craques d’une cour mal entretenue. Quant au fameux revêtement poreux, les ultraorthodoxes ont préféré procéder à un asphaltage mur-à-mur. Et vive les îlots de chaleur et les reflux d’égouts!

Une résidente dans la salle a fait remarquer que les administrateurs du lieu de culte ne récupèrent rien. «Le recyclage se fait sur l’avenue du Parc, mais eux jettent tout aux poubelles dans la ruelle.» À titre d’exemple, la synagogue n’a aucun problème à empiler dans la ruelle l'équivalant de 5 040 litres de déchets (14 conteneurs d’une capacité de 360 litres chacun). Et ça ne tient même pas compte des dizaines de gros sacs Glad jetés au sol ou par-dessus les bacs. Ajoutons que de tels amoncellements de déchets se produisaient même pendant l’interdiction de rassemblement pour cause de pandémie. Soulignons, par exemple, qu’en décembre 2020, la Communauté Belz y a tenu un mariage de quelque 200 convives en contravention des règles sanitaires imposées pour lutter contre la COVID-19.

Photos du haut : Veut-on vraiment faire croire aux voisins que l’endroit passera d’un dépotoir à ciel ouvert à un havre de verdure?
Photo du bas : Près de là, sur l’avenue Bernard, une autre synagogue qui a étiré les travaux sur une décennie n'a jamais remplacé les trois beaux arbres qu'ils ont fait disparaître (à gauche), en plus de créer un impressionnant problème de salubrité.

Serez-vous étonnés d’apprendre que les résidents présents à l’hôtel de ville se sont plaints du grand nombre de voitures qui stationnent illégalement et qui foncent dans la ruelle verte qu'ils ont patiemment bichonnée? 

Il vaut la peine de prendre connaissance de l'intervention d'un des citoyens qui déplore que les motifs qu'ils avaient soulevés en 2021 auprès de l'arrondissement pour justifier leur  opposition au projet d'agrandissement n’ont pas été pris en considération. Même une pétition signée par plus d'une centaine de résidents n'y a rien changé.

Voici la ruelle verte dont les résidents rêvaient... avant que les nuisances résultant de l'implantation des  lieux de culte ne viennent empoisonner l'atmosphère.

Après avoir vécu l'insupportable, certains résidents qui subissent ces problèmes ont recommandé à Marie Plourde et aux fonctionnaires présents de repousser d'au moins un an le projet. «Qu'ils nous prouvent d'abord qu'ils sont capables de faire leur part, de ramasser leurs déchets, de respecter les interdits de stationnement, les limites de vitesse et les normes sanitaires qu'on nous imposent à tous. Après, on en reparlera.» 

Bonne idée! Très bonne idée. Reste à voir si les autorités municipales auront le courage de résister au lobby. On a droit de rêver.

À la fin de la séance, le lobbyiste Mayer Feig et ses acolytes ont convié les résidents mécontents à grignoter des petits fours de chez Cheskie. Les pauvres. Ils pensent encore qu'il suffit de refiler quelques bouchées de kokosh et de babka pour faire oublier les incivilités dont ils ont la recette. On repassera pour la promotion de la cohabitation interculturelle. Si les élus et les administrateurs Belz demeurent sourds aux objections des résidents, il restera toujours le recours au référendum. Ça a déjà fonctionné


 
(1) Les mesures sur les plans fournis en ligne par l’arrondissement sont illisibles. Il a fallu procéder par approximation.

mercredi 18 mai 2022

LE MÉPHISTO DE PROJET MONTRÉAL


Vous est-il déjà arrivé de perdre un ami ? Moi, si. Vous dire combien sa disparition subite m’a troublé, vous ne me croiriez pas. Imaginez. Depuis 15 ans, nous avions tissé des liens étroits. Il me voyait dans sa soupe et je savais ce qu’il faisait, même à distance. Combien de fois ne m’a-t-il pas juré qu’il ne partirait pas ? «I am here to stay», me répétait-il tant à l’hôtel de ville que sur l’avenue Bernard et même lorsque nous mangions chez Chopp, le restaurant casher qu’il affectionnait sur Queen Mary.

Le 28 mars 2021, je sais que mon cher Max a fait brûler ses croutons au levain pour éviter le courroux de Yahvé. La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, c’était le 25 avril 2021. À la suite d’une descente de police dans une synagogue de la rue Jeanne-Mance, mon pote qui en menait large au sein du conseil exécutif de Projet Montréal/Outremont (PM/O) en avait piqué toute une contre le SPVM. Alors que le couvre-feu anti-COVID était en vigueur et que seuls les propriétaires d’animaux domestiques avaient l’autorisation de sortir pour leur faire faire un petit caca, il dénonçait les policiers : «Over 30 police cars targeting the Jews... Even the Jew [walking] a dog got a ticket!».

Depuis ce soir-là, plus rien. Max Lieberman a été porté disparu. Sa page Facebook s’est volatilisée dans les limbes informatiques et sa maison de la rue Champagneur, vendue. On m’a rapporté que les autorités rabbiniques l’avaient «condamné» à prendre le chemin de l’exil à Brooklyn. Je me demande même si on n'a pas exigé qu'il déguerpisse en passant par le chemin Roxham. J’ai vraiment craint ne plus jamais le revoir. C’était sans compter sur son petit côté sulfureux.

Contre toute attente, dans la semaine du 2 mai 2022, j’ai eu le grand bonheur de le retrouver à Montréal. J’ai même pu lui parler yeux dans les yeux alors qu’il gagnait le box des accusés de la salle 17.2 du Palais de justice de Montréal.

Accusé de manœuvres dolosives pour la coquette somme 310 688 $, il s’est fait longuement cuisiner dans le cadre d’un procès de quatre jours auquel il faisait face avec deux de ses coreligionnaires et complices présumés, Louis Weil et Joel Rubinfeld. Le verdict viendra plus tard.

Tel l’un des sept princes de l'Enfer, Max Lieberman est le clone de Méphistophélès, «l'esprit qui toujours nie»!

S’il arrive à bien des gens de se trouver un jour impliqués dans une procédure judiciaire, Max, lui, est tout sauf le citoyen lambda. Comme me l'a dit le fonctionnaire attitré au greffe: «À ce que je vois, votre ami est un abonné au plumitif du Palais de justice!» Il est vrai qu'en 12 ans, uniquement à Montréal, Lieberman a collectionné 22 dossiers judiciaires, dont 17, à titre de défendeur.

Lieberman a eu maintes fois maille à partir avec le comité de gestion de la taxe scolaire de Montréal, sans parler de l’agence du revenu du Québec, une flopée de firmes d’avocats, la Banque TD, la Banque de développement du Canada, les Services financiers Honda et on en passe. Même Jacob Marovka qui a été directeur de la Coalition d’organisations hassidiques d’Outremont a déposé plainte contre lui au Palais de justice de Montréal. Un comble ! 

Toutes ces procédures étaient du domaine public bien avant que l’équipe de Philipe Tomlinson ne déroule le tapis rouge et n’accueille Max (Menachem) Lieberman au sein du comité exécutif de Projet Montréal/Outremont. On ne comprend pas que Valérie Plante n’ait jamais exigé que Lieberman soit écarté du poste qui lui permettait de participer à l’élaboration du programme, de solliciter des adhésions et de représenter l’arrondissement auprès des instances supérieures.

Malgré ses démêlés juridiques en matières financières, ses tonitruantes déclarations controversées, son double langage sur le confinement social de ses coreligionnaires et la pertinence du port du masque, Tomlinson et son équipe l'ont maintenu au sein de leur exécutif.

Il faut dire que Max avait son fan club de sympatisants. Les Astrid Arumae, son conjoint Marc Chétrit, David DesBaillets, Rani Cruz et Claire Trottier, tous membres de l'exécutif self-righteous (bien-pensant) l'ont soutenu contre vents et marées. On s'en reparlera, juré craché.

Le 5 mai dernier, Max Lieberman devait se sentir bien seul dans le long couloir du Palais de justice. Une chance que j'étais là!

Projet Montréal/Outremont lui a même confié 9 700 $ pour que l’organisation ultraorthodoxe Chevra Hatzoloh — dont il est le président ! — puisse maintenir une soi-disant ligne téléphonique de référencement. Cela est d’autant plus ironique que sur les 10 050 $ que PM/O a remis à la Outremont COVID-19 Help Foundation  une OBNL créée au même moment par Astrid Arumae, une autre membre de l'exécutif chouchou  — 3 856 $ étaient voués à la vérification des antécédents judiciaires des bénévoles. Ça ne s’invente pas ! Max devait être mort de rire. 

Depuis lors, Lieberman retient plutôt son souffle. Sera-t-il condamné ou acquitté? Qu'importe. J'aurai une bonne pensée pour lui la veille de son jugement.


En souvenir du bon vieux temps, mon Max. Avoue qu'on s'est bien amusés!