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jeudi 8 juillet 2021

LA GUERRE DES BUNKERS RABBINIQUES


«La mémoire est une faculté qui oublie.» Qui ne se souvient pas de l’adage? Si tout le monde a ses moments d’amnésie, certains souhaiteraient que ces trous noirs puissent avaler à tout jamais les mensonges flagrants. C’est le cas de bien des politiciens. Surtout en période électorale.

À Outremont, par exemple, qu’est-ce que Projet Montréal ne donnerait pas pour pouvoir lobotomiser le bon peuple qu’il a entubé au cours de ses années de mandat? Les exemples de tromperies et de désinformation pullulent, mais limitons-nous aujourd’hui à la fameuse saga des lieux de culte sur l’avenue Bernard.

Depuis que l’administration Cinq-Mars a voté, en décembre 2015, l’interdiction de nouveaux lieux de culte sur la section commerciale de l’avenue Bernard, Projet Montréal est monté aux barricades. 

Tant la conseillère Mindy Pollak que Philipe Tomlinson, son conseiller politique de l’époque devenu maire, n’ont cessé de prétendre que ce nouveau règlement était liberticide. Au point de laisser leurs partisans lancer des accusations d’intolérances, d’antisémitisme, de xénophobie et d’étroitesse d’esprit autant à l’endroit des citoyens qui étaient d’accord avec cette mesure qu'à ceux qui se sont prononcés en faveur lors du référendum du 20 novembre 2016.

Lors de sa campagne électorale de 2017 et plusieurs fois par la suite, Philipe Tomlinson a soutenu sans sourciller qu’à cause du règlement interdisant de nouveaux lieux de culte sur Bernard, il était désormais impossible d’aménager de nouveaux temples sur tout le territoire d’Outremont. Mindy Pollak a répété la même fausseté jusque dans le reportage Outremont et les hassidim du cinéaste Eric Scott. Cela vaut la peine que vous preniez 25 secondes pour les entendre raconter cette fausseté en cliquant ICI

Il est hallucinant d’écouter Mindy Pollak dénoncer cette prétendue interdiction des lieux de culte à la grandeur de l’arrondissement. C’est elle-même qui, le 7 mars 2016, avait voté contre (voir la vidéo) la proposition d’ajouter une nouvelle zone (appelée C-6) pour permettre l’implantation de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Durocher, juste au nord de Van Horne. 
L'a-t-elle oublié? Maudite mémoire, hein!

Le maire et ses conseillères de Projet Montréal peuvent bien raconter leurs inepties. Pour les démentir, il nous suffit aujourd’hui d’annoncer aux citoyens qu’une nouvelle synagogue s'implantera sur le territoire d’Outremont.

Non, non! On ne parle pas de la synagogue que le magouilleur Michael Rosenberg est en train d’aménager sur l’avenue Bernard à côté du Théâtre Outremont. Il est plutôt question d’une mégasynagogue qui investira bientôt l’église presbytérienne chinoise qui se trouve au coin de Saint-Viateur et Hutchison.

À gauche, la synagogue Munchas Elozer Munkas; au centre, l'église chinoise; à droite, la synagogue Satmar. Elles sont toutes trois voisines, au coin des rues Saint-Viateur et Hutchison.

Enfin… quand on dit «bientôt», il faut s’entendre. Depuis une couple d’années, deux sectes hassidiques s’arrachent les rouflaquettes en Cour supérieure en criant «Passe-moi le titre!» Eh! Oui! Encore une autre belle poursuite! On va finir par croire Tomlinson quand il dit que le bien-vivre ensemble laisse à désirer dans notre bel arrondissement.

La communauté Belz et la congrégation Munchas Elozer Munkas revendiquent toutes deux la propriété de l’église chinoise avec des arguments du genre «C’est moi qui l’ai acheté le premier! Non, c’est moi!» Il est vrai qu’ils ne se disputent pas pour des vétilles. On parle d'un immeuble qui fait tout de même près de 11 000 pieds carrés par étage!

Un premier jugement a été rendu par la Cour supérieure, autorisant l’une des deux sectes à intervenir dans la cause. Ça, les amis, ça veut dire qu’il faudra que les tribunaux se replongent plus longuement dans ce grenouillage sectaire pour statuer sur le fond. 

Remarquez que bien des clans hassidiques sont habitués de fréquenter le palais de justice. En ce qui concerne les Belz qui ont pignon sur rue à côté de la papeterie Zoubris sur Parc, nous ne leur connaissons pas vraiment d'autres causes devant la justice. Ce n'est pas le cas pour la synagogue du 1030 Saint-Viateur. Au début des années 1980, les Munchas Elozer Munkas avaient transformé illégalement un duplex de la rue Saint-Viateur pour en faire une synagogue. S’ils ont pu bafouer le règlement de zonage pendant une trentaine d’années, c’est uniquement parce que tous les élus qui se sont succédés ont fermé les yeux sur l’illégalité patente. En 2013, trois décennies plus tard, le tribunal a fini par donner l’absolution à la secte. En prenant connaissance du jugementmême Christine Gosselin, la très très multiculturaliste conseillère de Projet Montréal n’avait pu s’empêcher de trouver que la secte avait poussé sa luck pas mal fort en abusant du principe du fait accompli. Rien de nouveau sous le soleil, n’est-ce pas?

Les citoyens et citoyennes d'Outermont pourront se réjouir de cette plus belle concentration de lieux de culte sur le même coin de rue. Mais ce serait la moindre des choses que de garder une minute de silence en mémoire de nos confrères chinois qui nous ont côtoyés en tout respect et si discrètement pendant tant de décennies. Levez-vous, s'il vous plaît.



Ayons une pensée particulière pour le révérend Joseph Thompson (en haut à gauche). En 1897, le médecin missionnaire en Chine a fondé la Montreal Chinese Presbyterian Church avec le révérend Nam Sing Chan. Pensons également au premier pasteur chinois de l'église (à droite) ainsi qu'aux quelque 200 fidèles qui, chaque dimanche matin à 10h30, venaient encore se recuellir et se ressourcer dans notre arrondissement. C'est la fin d'une belle époque. Soupir!

jeudi 20 mai 2021

MAX contre NESTOR


Vroum! Vrouuuum! Les entendez-vous? À la ville centre, comme dans les 19 arrondissements de l’île de Montréal, les partis politiques ont commencé à rincer leurs moteurs en vue de la grande quadriennale du 7 novembre prochain.

La campagne est à peine lancée que déjà un premier retour de flamme vient de fendre l’air. C’est la machine Coderre qui s’est la première retrouvée avec un peu d’eau dans le gaz. Juste au son, on sait au moins qu’il ne s’agit pas d’un problème de Formule E.

Le 14 mai dernier, quelques heures seulement après avoir sacré Ali Nestor nouveau conseiller spécial en matière de sécurité publique, le Denis Nouveau devait retirer sa ceinture à l’ancien boxeur de 1,85 m et 72 kilos. Il venait d’apprendre que son poulain vedette faisait l’objet d’allégations de voies de fait et d’agression sexuelle de la part de son ex-conjointe. En prenant connaissance de la tuile qui tombait sur la tête de son rival, Valérie Plante a probablement (encore!) eu le sourire fendu jusqu’en arrière des oreilles.



Mais Plante, «l’homme de la situation» de 2017, peut-elle se permettre de rire, même sous cape? Pas sûr du tout. Surtout quand on sait que, contrairement à son rival, la mairesse sortante a délibérément fermé les yeux sur les déboires qui plombent la probité et la réputation de l’ultraorthodoxe Menachem, alias Max Lieberman.

En dépit des graves accusations de manœuvres dolosives (fraude) qui pèsent sur le lobbyiste hassidique, Valérie Plante n’a jamais exigé que Lieberman soit écarté du poste qu’il occupe au conseil exécutif de Projet Montréal/Outremont. C’est plus qu’étonnant. Parce que faire partie du conseil exécutif est tout sauf insignifiant. Ces happy few sont, entre autres élus par les membres du parti pour élaborer le programme, solliciter des adhésions et représenter l’arrondissement auprès des instances supérieures.

Quand le parti n’a pas le temps (ou l’envie?) de présenter un dossier à l’ensemble des membres, le maire peut recourir à son exécutif pour prendre des décisions délicates. À ce titre, Max Lieberman est impliqué à fond dans la gestion politique et organisationnelle de Projet Montréal. Il a toujours pesé de tout son poids pour favoriser ses coreligionnaires.

Pensons, par exemple, aux dossiers très controversés de la construction d’une nouvelle synagogue au 1260 Bernard, du projet secret d’une éventuelle synagogue sur le terrain public de l’Îlot Saint-Viateur, de l’instauration de la nouvelle politique de stationnement avec vignette à moitié prix pour les «anglophones pauvres d’Outremont», dixit Fanny Magini, la conseillère de Projet Montréal .

Que fait Projet Montréal du principe de précaution dans le cas de Lieberman? N’est-il pas essentiel pour des autorités publiques d’adopter des mesures pour se prémunir contre les risques liés à des gestes hautement répréhensibles?

Bien sûr, tant qu’il n’aura pas été condamné pour ces manœuvres dolosives pour la coquette somme 310 688 $, il doit être considéré comme innocent. Mais, quand on sait qu’en 12 ans, en plus ce cette histoire, Lieberman a été personnellement impliqué dans 21 causes judiciaires dont 17 en tant que défendeur, on se demande comment, dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, Projet Montréal a pu lui confier 9 700$ pour que l’organisation ultraorthodoxe Chevra Hatzoloh dont il est le président (!) puisse soi-disant maintenir une ligne téléphonique de référencement pour les communautés juives?

Comparez donc la feuille de route d’Ali Nestor et de Menachem Lieberman, puis tirez vos propres conclusions.



dimanche 2 mai 2021

L'ILLUMINÉ QUI CRIE AU LOUP

 «Si t’es tanné qu’on te pointe du doigt,
ben arrête de faire ce qui fait
que les gens te pointent du doigt.»


En entendant Lise Ravary faire cette remontrance à l’émission
Drainville PM (26 avril 2021), certains auditeurs ont pu s’étonner. Ravary qui se présente comme une « ex-juive hassidique pendant cinq ans » condamnait ainsi la nouvelle de ces 350 «personnes» qui, la veille, se sont fait pincer par la police alors qu’ils «prenaient part à un rassemblement illégal dans un lieu de culte de Montréal». Bernard Drainville lui faisait part de son « achallement » vis-à vis des médias qui s’autocensuraient par peur d’identifier clairement les communautés qui sont non respectueuses des règles.

C’est un fait. Pour savoir de qui les médias parlaient, il fallait rassembler tous les articles de journaux et les reportages bien-pensants qui en ont fait état et reconstituer le casse-tête. On a ainsi pu savoir que les délinquants en question étaient nul autre que les membres de la secte Hassidei Belz Umachzikei Hada’as 
qui a pignon sur rue au 5340 Jeanne-Mance. Leur nom leur sied comme un gant. Les «défenseurs de la Foi» n'ont jamais prétendu être défenseurs de la Loi!

Devant tant de frilosité de la part des médias, l’ancienne responsable des magazines féminins de Rogers Publishing est catégorique. «Faut arrêter ces histoires qu’on ne peut rien dire parce que ce sont des juifs. Ça, là, c’est pas vrai. Il ne faut pas leur donner la chance de nous dominer, de nous bâillonner.» Avec Lise aux barricades, les Woke n’ont qu’à bien se tenir!

Pourtant, sur le terrain des vaches sacrées, les mercenaires goyophobes ne chôment pas. Pour maintenir son emprise sur ses ouailles, le rabbinat intégriste lâche ses lobbyistes comme des chiens enragés. 

En chef de meute bien dressé à l’attaque, Max Lieberman invente tous les prétextes inimaginables pour entretenir la victimisation psychotique de la secte.

Philipe Tomlinson risque-t-il de perdre un de ses plus grands chantres du mieux-vivre ensemble?

Le 25 avril 2021, la veille de l’intervention de Ravary, il fallait lire les propos de Max, membre du prestigieux conseil exécutif de Projet Montréal Outremont. À la suite de la descente de police à la synagogue de la rue Jeanne-Mance, interpellant Valérie Plante, il aboyait sur Facebook sa rage délirante sur le soi-disant profilage racial du SPVM en ces termes :

«20h00: Official racial profiling against the Hassidic Jewish community by SPVM, for the lat 2 hours in Outremont.
You have over 30 police cars targeting the Jews.This is text book racial profiling, which is illegal.»

«21h16The Jew even with a dog got a ticket!!!
SPVM targeting Jews is not acceptable!!!! This is after we told you 3 weeks ago a Jew was kneeled on with his foot on his back by a cop for over 10 minutes, all for being out after curfew and was screaming I can't breath, nothing was done, this is what emboldened the last 2 days SPVM, they know they can do what they want against jew, profiling Jews, and our politicians are quiet.»


Les deux clichés placés sur Facebook par le délirant Lieberman qui nous montre un concentré de hassidim grouillants au coin de Parc et Bernard…après l’heure du couvre-feu. Avec un gars comme ça, on n'a pas besoin de caricatures! Mais il n'est pas le seul de sa gang.


Pour qu’un policier ne sache pas qu’un intégriste hassidique n’a jamais fait prendre une pause-caca à un chien, il vaudrait qu’il provienne de la 613e couronne de Montréal! Notre lobbyiste crackpot va jusqu’à s’inventer un George Floyd à boudins! Ses élucubrations sont tellement déjantées qu’un spécialiste du ciboulot pourrait diagnostiquer un cas d’endoctrinement toxique chez notre fier-à-bras satmar.

Photo d'archives d'un attroupement de fidèles à l'intérieur de la synagogue de la secte  Belz de la rue sur Jeanne-Mance. Parfait pour la COVID-19.

Disons que Max est un Homme en noir plus coloré, plus impétueux et plus sanguin que les autres, mais attention...ne vous laissez surtout pas conter d'histoires. IL N'EST PAS PLUS FOURBE que tous ses collègues lobbyistes qui travaillent au corps toutes les cliques politiques en usant un pouvoir d'influence qui semble digne de la NRA. C'est sans compter qu'ils nous racontent des sornettes en plus de nous mitrailler à grandes salves de racisme, de xénophobie, d'antisémitisme et tout le tralala!

Si certains comme Sharon Freedman, ex-membre du conseil d’administration du B’nai Brith et Graham Carpenter, ex-directeur du bureau de comté de Thomas Mulcair ont niaisement mordu aux dernières caleçonnades de Lieberman, d’autres semblent intrigués.

Ces jours derniers, par exemple, la députée de l’opposition libérale Christine Saint-Pierre n'a pas raté l'occasion de se rappeler au bon souvenir du précieux lobbyiste. Soucieuse, elle lui a demandé  s'il disposait de photos des actes monstrueux. Max n'allait quand même pas lui raconter qu'il n'y avait que des gens de sa secte qui trainaient sur les rues. Il s'est donc limité à lui dire de regarder par la fenêtre!


De son côté, le documentariste Eric Scott s'est montré un peu agacé: «Max, I am not pleased with how this is all unfolding. I'll speak my mind privately.» Vaut mieux, en effet que les choses stigmatisantes soient discutées sous le boisseau! 

N’en déplaise à la folie de persécution que les dirigeants et enseignants hassidiques ont si bien inculquée à Max et à toutes leurs ouailles ultraorthodoxes, ce 25 avril, comme les autres soirs, tout le monde a justement pu voir depuis sa fenêtre de salon des tas de hassidim défier le couvre-feu.

25 avril 2021, sur Durocher, coin Fairmount, ça n’arrête pas. Encore après 22 h, ils sont toujours dehors, tantôt déambulant pénards (à gauche), s’amusant à narguer les policiers avec des enfants (au centre) et à s’imposer obstinément sur la rue à 22 h 21 (à droite).

Confrontés à la charge psychopatique de Lieberman, Chanel Jones-Bradley, une dame qui m'est inconnue, aura tout de même pris la peine de s'indigner des propos du mythomane et de lui dire ses quatre vérités sur Facebook. Max aura malheureusement mis trop de temps à supprimer le commentaire de la citoyenne dont voici un extrait:

«Unfortunately for you Sir, and fortunately for all of us,
whether you're simply being manipulative or suffering
from mythomania, there are fewer and fewer residents,
authorities, medias as well as members of the Municipal,
Provincial and Federal Governments who still believe you.
The Boy who cried wolf.
You are now that Boy, Sir.
»

Comme pour Mme Jones-Bradley, le comportement et les manœuvres de provocation, d'affrontement, de désinformation et même de judiciarisation entreprises par les leaders hassidiques ont indigné et scandalisé les résidents comme jamais au cours des 35 dernières années. 

Ça tombe vraiment mal pour Projet Montréal et Philipe Tomlinson qui, sur le thème du «mieux-vivre ensemble»,  tente depuis des mois de mettre sur pied sa fameuse table de concertation sur les relations entre juifs et non-juifs  d'Outremont et du Mile End

Alors que la Table de concertation ne sera pas constituée avant le mois de mai prochain et que les membres n'ont même pas été choisis par un «comité» que l'on se garde bien de décrire, le beau Philipe vient quand même de diffuser le communiqué de presse qui annonce l'évènement historique. Un communiqué dégoulinant de voeux pieux et de pensée magique dans lequel M'sieur le maire affirme avoir déjà «mis fin au conflit qui perdurait». Ah! bon... Un armistice aurait-il été signé sans qu'on le sache? Un traité de paix a été conclus derrière des portes closes? Chouette ! On se demande juste pourquoi il faudrait engloutir plus de 70 000$ pour les pécadilles qui resteraient à peaufiner! 

Pour ce superbe projet «ancré dans le dialogue» et regorgeant de «partenaires crédibles» (!), les membres de la Table devront proposer des initiatives communautaires favorisant une meilleure compréhension, le respect mutuel et le dialogue. Mieux. Les résidents qui souhaiteraient s'enrôler dans les forces du Bien «devront s'engager dans l'amélioration du dialogue et des relations». Bref, une sorte de serment d'allégeance. Pas question pour personne de questionner le château de cartes que Tomlinson et Lieberman veulent ériger et imposer à l'ensemble des citoyens.

Le bouillant Max Lieberman au micro lors d'une séance du conseil d'arrondissement d'Outremont. Sera-t-il à nouveau un invité vedette lors des futures séances «ancrées dans le dialogue» de la Table de concertation?

Reste à voir maintenant si tous les procès, les inepties, insanités et bafouillages qu'accumule Mad Max depuis trop longtemps forceront Tomlinson à (enfin!) lui retirer son statut de membre du conseil exécutif de Projet Montréal. Il se pourrait même que les huiles hassidiques finissent par le condamner à un exil forcé à... Babylone ou à Brooklyn. Dans tous les cas, on sera là pour lui faire nos adieux, mouchoir à la main.

 


mercredi 31 mars 2021

LE FOND DE TEINT DE PHILIPE


Vous souvenez-vous de la phrase qu’avait prononcée Philipe Tomlinson le 25 octobre 2017? Il avait réuni ses partisans  dans un local de la rue Van Horne. C'était un espace commercial appartenant à un Outremontais à qui il évitera un procès malgré les importants travaux illégaux qu’il a réalisés chez lui. Là, le candidat à la mairie d’Outremont avait laissé tomber ceci :

«On a besoin de trouver une façon, 
lorsque le besoin se refera sentir, 
de contourner ce règlement-là 
qui interdit [les synagogues] à Outremont.»

Aujourd’hui, en année électorale, Tomlinson tente par tous les moyens de faire oublier cette déclaration qui lui est restée comme un bouton au milieu de la face. Un furoncle qui, ajouté à toute une série de manœuvres plus douteuses les unes que les autres, a gangrené son image politique.

Pensons au tour de passe-passe qu’a fait Michael Rosenberg dans l’immeuble du 1260 avenue Bernard. Le 4 avril 2016, un an après avoir obtenu un permis pour aménager un bain rituel et une «salle polyvalente» en face du restaurant Les enfants terribles et du Théâtre Outremont, le magnat de Rosdev a décidé de jouer le tout pour le tout.

Rappelez-vous. Profitant d’une information privilégiée qui semble avoir été ébruitée par
Mindy Pollak, la conseillère de Projet Montréal, Rosenberg a réclamé en catastrophe un agrandissement supplémentaire de 6 087 pi2 pour aménager une synagogue dans l'édifice situé au coin de Bernard et Champagneur. Il a déposé sa demande quelques heures à peine avant que les élus présentent au conseil un avis de motion pour faire interdire tout nouveau lieu de culte sur Bernard. C’était près de cinq fois la superficie que le président de Rosdev avait demandée et obtenue au printemps 2015. 

Mindy et Philipe Tomlinson devaient être fiers de leur complicité. Un peu plus d’un an avant les élections de 2017, cette entourloupette allait certainement permettre à nos deux moineaux de Projet Montréal d’engranger par anticipation de précieux votes hassidiques.

Comme si ce coup fumant n’avait pas suffi, cinq mois plus tard (septembre 2016) Tomlinson est allé déposer lui-même en personne la demande de registre qui permettrait de contester le règlement qui interdirait l’aménagement de nouveaux lieux de culte sur la partie commerciale de l’avenue Bernard. Les Rosenberg, Tomlinson et Cie ont perdu le vote référendaire, mais ces opportunistes calculateurs n’allaient pas se dégonfler pour si peu.

Le 6 février 2019, le maire Tomlinson offre une nouvelle fleur au dirigeant hassidique délinquant. Dans un souci de «poursuivre [ses] efforts de dialogue» avec les sectes ultraorthodoxes et prétextant que le procès pourrait coûter des sous à Outremont, Tomlinson ignore certains avis juridiques qui ne font pas son affaire et décide de mettre un terme à la poursuite qui oppose l’arrondissement à Rosenberg. 

Qu’importe si les locaux contestés ont fait l’objet de travaux illégaux et qu’ils ont forcé les inspecteurs à intervenir pas moins de 52 fois sur le chantier. Grâce à une entente hors cour, le ploutocrate hassidique allait enfin pouvoir aller de l’avant avec sa mégasynagogue de près de 10 000 pi2. Au diable le résultat référendaire qui avait explicitement rejeté tout nouveau lieu de culte sur Bernard.

Comment Diable notre bon maire allait-il s’y prendre pour maquiller toutes les faveurs qu’il a octroyées à Michael Rosenberg? C’est simple. Il va mettre du fond de teint sur la pustule. 


L’idée est géniale. Philipe n’a qu’à sortir un demi-million de la poche des contribuables outremontais pour aménager une magnifique placette juste devant la synagogue controversée.

Fallait y penser. D'ailleurs, il avoue que le projet est dans les cartons depuis 2018. Aussi bien dire que c'est depuis que Rosenberg a déposé sa poursuite contre la ville pour forcer la réalisation de son lieu de culte. Un temple que son coreligionnaire lobbyiste Max Lieberman avait publiquement qualifiée de simple «synagogue dépanneur»! 

À l'été 2019, le maire avait déjà préparé le terrain en faisant aménager une belle saillie de trottoir végétalisée sur l'emplacement même de sa fameuse placette. 

Pour un gars qui ne voulait surtout pas affronter Rosenberg de peur de risquer nos deniers publics (et sa réélection!), ne trouvez-vous pas tout à coup qu'il a la dépense grandiose pour une placette?

Tomlinson parle de 559 000$ pour un projet de quelque 200 m2 qui deviendra ni plus ni moins qu'une
oasis de verdure. Mais attendez. En considérant que la récente saillie de trottoir qu'il a fait aménager occupe déjà un bon tiers de l'espace total de son projet, c'est dire que son verdissement «granitisé» de 133 m2 ne nous reviendra à rien de moins que 4 203 $/ m2. C'est presque deux fois et demi plus cher le mètre carré que pour un appartement en dehors du centre-ville de West Palm Beach et près de huit fois le budget d'aménagement de la place Kate McGarrigle, sur Laurier. Wouppelai!

À gauche, la placette Champagneur, sortie d'urgence du Théâtre Outremont. Au centre et à droite, la place McGarrigle, sortie de détente. De dimensions comparables, les deux offrent un éclairage d'ambiance. La place McGarrigle a même une boîte aux lettres en plus.

À ce prix de pacha, il faudra équiper nos chenillettes de pantoufles à semelles de feutre cirées pour ne pas abimer la surface marbrée lors du déneigement. Heureusement, Philipe Tomlinson nous rassure. En raison des équipements d’Hydro-Québec qui se trouvent juste sous la placette, il sera très difficile de verdir le site. Les cols bleus ne risquent donc pas de piétiner une végétation luxuriante. Bon, ben... On se reprendra ailleurs pour contrer les ilôts de chaleur! Pour finir, avez-vous observé quelque chose de particulier sur la maquette illustrant la future placette Champagneur? Regardez bien.  

La version post-révolution tranquille de Marie de l'Incarnation intégrée dans la maquette de la placette de Projet Montréal.

Pas l'ombre d'un aîné ou d'une vieille riche occidentale colonialo-suprémaciste. Pas même une procession de hassidim en liesse. On se trouve pourtant devant ce qui est en voie de devenir la plus grande synagogue
post-référendaire de l'avenue Bernard.

Ne cherchez pas les marmots ou les mouflets en poussette.Ni les Mercedes stationnées devant la Brasserie Bernard, pas plus que les Dodge Grand Caravan qui filent en direction de Petit chic ou de chez Walters. Pour 200 000$, Tomlinson a affirmé qu'il aura piétonnisé la rue Bernard cet été. Fini les maudits chars polluants!

Mais Projet Montréal n'aura tout de même pas oublié d'y placer une bonne Outremontaise encore plus ensaucissonnée (si c'est Dieu possible!) que le fut notre bonne Marie de l'Incarnation au XVIIe siècle. Si c'est pas du Projet Montréal tout craché, ça!

D'un côté, le Théâtre Outremont, bâtiment patrimonial d'architecture art déco. De l'autre, deux étages commerciaux transformé en lieu de culte intégriste en grande partie illégal (zone en rouge). Vive la convivialité et la bonne entente!

Le 23 mars dernier (photo ci-haut), Pollak, le lobbyiste Feig et Tomlinson arpentaient encore la future place qui l'immortalisera bientôt. On aurait dit qu'ils étaient en train de mettre la dernière main au joyau de la couronne. Peut-être négociaient-ils encore où devraient être placées les statues de marbre du David de Michael... Rosenberg et de son premier serviteur Philipe? Et Mindy, là-dedans? Elle demeurera fidèle au principe théocratique fondamentaliste de la modestie féminine. 

Une chose est sûre. Impossible, ici, de mettre des vitres givrées sur la placette pour empêcher les hormones des adolescents hassidiques de coller au plafond de la boîte crânienne. Notre trio s'entendra peut-être pour une belle grande haie de cèdres pour préserver la chasteté des âmes pures.

Mazel tov*, mon Philipe!


* Bonne chance!

lundi 22 mars 2021

LES VARIANTS D'ABRAHAM


«Il est temps pour le gouvernement du Canada
de s’ajuster à la réalité de la pandémie.
Il est temps d'écouter la science et les faits.
Fini le confinement et le couvre-feu.
C’est l’heure des vaccins et de la réouverture.
Donnez la liberté aux citoyens vaccinés.
Arrêtez d’être trop prudents. »*

Cet appel à la résistance, on aurait fort bien pu l’entendre dans une manifestation d’anti-masques complotistes où l’on agite des drapeaux pro-Trump et dénonce la tyrannie et la pandémie programmée.

Mais ce cri de « Libarté! » lancé en anglais sur Facebook, le 8 mars dernier, est sorti tout droit de la bouche de Max Lieberman, vice-président du Conseil des juifs hassidiques du Québec (CJHQ) et membre de l’exécutif de Projet Montréal/Outremont.

Si la situation sanitaire, économique et sociale n’était pas si dramatique et si une bonne proportion de hassidim ne s’opposait pas à la vaccination, on poufferait de rire. Imaginez. Ce gars qui nous dit «[qu’] il est temps d'écouter la science et les faits.» croit dur comme fer que le monde a été créé en huit jours il y a 5781 ans. On hallucine.

Pour Max, le Big Bang est pure foutaise, tout comme le réchauffement climatique. À l’instar de ses coreligionnaires, il réfute les données scientifiques voulant qu’un volcan soit considéré comme éteint après 100 000 ans sans éruption. Et ne lui parlez pas des dinosaures qu’il jure n’avoir été mis sur terre qu’au sixième jour de la création. Dans la soirée du 27 mars prochain, pour éviter le courroux de Yahvé et se retrouver spirituellement mis au ban du peuple d’Israël, il fera la chasse aux hametz à la chandelle dans le fond de ses armoires de cuisine. Le matin du 28 mars, lorsque le soleil se trouvera au même endroit qu'au moment de la création (!), Max fera brûler ses croutons devenus pestiférés.

On croit rêver. Bien sûr, nous ne sommes pas surpris une seconde que la mère de Mindy Pollak (la conseillère bien-aimée de Projet Montréal/Outremont) applaudisse aux propos de Lieberman. Encore heureux que le cinéaste Eric Scott se permette de rappeler au lobbyiste que «ce que tu proposes va à l'encontre de la réflexion scientifique actuelle, surtout en ce qui concerne la propagation des variants».

Chose certaine, Max est en beau fusil. À voir le pitbull hassidique mordre tout ce qui bouge sur son passage, on pourrait même dire que le lobbyiste est en beau bazooka!

Après avoir bafoué les directives sanitaires, accusé le gouvernement de racisme et dénoncé les interventions policières dans les écoles et les synagogues récalcitrantes, Max Lieberman continue de japper sur Facebook et dans les médias. Et, allez hop!, une demande d’injonction n’attend pas l’autre. À le voir sévir, on croirait un virulent variant d’Abraham! 

Pourtant, Tomlinson ouvre grand les portes à ce bourru hurleur qui participe aux côtés de l'Institut du nouveau monde à une réunion concernant la table de concertation sur le bon voisinage au sein de l'arrondissement. Ça promet!

En plus de péter sa coche, Lieberman et ses colobbyistes font des pieds et des mains pour faire éclater les bulles dans lesquelles ils sont confinés. Par ordre de gouttelettes d’aérosols: Max Lieberman, Sam Muller, Mayer Feig et Abraham Ekstein.

Tout en se disant très actif pour combattre la Covid-19, Lieberman fait dans la mutinerie de gros butors. 

Il fallait le voir se mettre en scène, le 17 février dernier à l’entrée de l’hôtel Sheraton de l’aéroport Dorval. Se prenant pour Superman, le macho sectaire volait au secours d’un de ses coreligionnaires en isolement «forcé». Celui-ci s’était présenté à la frontière terrestre sans avoir en main le test de dépistage de la COVID-19 exigé par la Loi sur la mise en quarantaine. 

17 février 2021: Les lunettes embuées d'arrogance, d'insolence et de mépris, Lieberman a beau porter un masque, il entendait faire la loi au Sheraton de l'aéroport et outrepasser les directives de Santé Canada.

Se faisant passer pour le président du CJHQ, l'intégriste de la secte satmar bulldozait les agents du Bureau de la sécurité privée (voir la vidéo) et une fonctionnaire de Santé Canada, les menaçant de les traîner en cour s’ils ne le laissaient pas récupérer son ami Shmarya Plotkin soi-disant «illégalement détenu» et p
rivé de nourriture cachère depuis 24 heures. Un peu plus, Lieberman demandait un Habeas corpus!

Quand on sait la lutte qu'il mène pour combattre et contourner les mesures de confinement, il est encore plus troublant de savoir que c'est à ce même Lieberman que Tomlinson a confié 9 700$ pour l'établissement d'une ligne de référencement pour lutter contre la Covid-19 auprès des communautés hassidiques. Projet Montréal n'est vraiment plus à une contradiction près.

Avec les dirigeants hassidiques et leurs porte-parole, ce n’est pas compliqué. Ou bien on capitule sans condition à leurs revendications intégristes ou alors ils traînent tout le monde devant les tribunaux. 

Ils n’ont pas un rond pour entretenir leurs lieux de culte aux airs de taudis, mais pour soumettre les autorités à leurs caprices fantasques et prendre en otage le reste de la société, ils n'ont aucun problème à délier les cordons de la bourse et à inviter leurs avocats à piger dans la corne d’abondance pour débarquer en force au palais de justice.

Dans un autre coup de gueule, l'intégriste intempestif dénonce le gouvernement et les policiers qui, prétend-il, veulent tout simplement empêcher les fidèles de prier le samedi. Mais tout le monde ne semble pas de l'avis du «Gaslighting Master».

On en a passablement soupé de leurs menaces constantes. D’autant plus que, peu importe qu’ils aient gain de cause ou non, ils finissent souvent par faire à leur tête. Ne comptez pas sur le vice-président du CJHQ, pas plus que sur Mayer Feig, Abraham Ekstein et Sam Muller (la récente recrue qui fait ses classes) pour inciter leurs ouailles à respecter la loi.

Nous en avons encore eu la preuve dimanche dernier. En zone rouge, la directive a beau décréter une limite de 25 personnes pour des funérailles, les autorités théocratiques ont décidé que le cortège funèbre se ferait à 100 personnes sans distanciation sociale! La loi d’Abraham a priorité sur tout. Que le diable emporte la loi des goys! Et ne cherchez pas les contraventions. On rapporte dans les médias qu'ils n'en ont pas eu.

Le 14 mars dernier, lors des funérailles hassidiques illégales, les lobbyistes Mayer Feig (au centre) et Sam Muller (à droite) faisaient du contrôle de dommages auprès des policiers. Pas de danger qu’ils incitent leurs ouailles à respecter les consignes sanitaires.

En défiant, contournant et contestant sans cesse les lois, règlements et directives, les instances ultraorthodoxes instillent juste ce qu’il faut de sentiment d’insoumission à leurs ouailles qui se sentent ainsi justifiées de se réunir clandestinement, de célébrer en catimini des mariages et autres célébrations religieuses avec moult invités. 

Mais il y a aussi tout ce qui se produit dans la vie de tous les jours. Vous passerez devant cette boutique de chaussures de l’avenue du Parc fréquentée pratiquement exclusivement par les ultraorthodoxes. À toute heure du jour, vous y verrez quelques hommes, des grappes de femmes, d’adolescents et d’enfants agglutinés en surnombre sans aucun respect des normes de distanciation et du port du masque.

À gauche : Tout comme ce garçon, les clients embrassent l’un après l’autre la mezouzah à la porte du magasin. Allo la transmission!  À droite : Les masques brillent par leur absence ou sont portés sous le menton. Et personne ne semble préoccupé le moins du monde. À coup sûr, Yahvé les protège!

Le 26 février, pendant que Lieberman claironnait faussement que les enfants ne se promèneraient pas déguisés pour la fête de Pourim, à la résidence de Rosenberg Jr, le vice-président de Rosdev, des hommes entraient chez lui comme dans un moulin. Et ça défilait, messieurs! En milieu d'après-midi, on s’y adonnait à des séances de prières à haute voix. Zéro distanciation sociale et pas l’ombre d’un masque à l’horizon. L’exemple de papa qui a bien failli être emporté par la Covid-19 lors d’un grand mariage célébré en contravention du confinement semble n’avoir rien appris à son pieux fils.

Derrière son lutrin à prière, Martin Rosenberg (médaillon) et ses acolytes chantaient des prières à voix haute, collés les uns sur les autres. Distanciation physique oblige, nous nous excusons de la piètre qualité des photos et des vidéos qui nous ont été remises.  

S’ils ne se la refilaient qu’entre eux, certains diraient que leur incurie est leur problème. Le hic, c’est que toutes ces entorses ne favorisent pas seulement la propagation de l’épidémie au sein de leurs sectes, mais aussi dans la population en général. Une insouciance très difficile à digérer pour bien des gens. Et tout particulièrement pour tous ceux et celles qui se sont retrouvés seuls en fin de vie. Bien sûr, il n'y a pas que des hassidim à ne pas respecter les règles sanitaires. Pensons aux manifestants de la fin de semaine qui ont envahi l'avenue du Parc. 

Comme si la désobéissance civile ne suffisait pas, le site ultraorthodoxe montréalais Bill 613 diffuse sur sa page Facebook une vidéo concoctée par le groupe d’extrême droite RebelNews de l’ultraconservateur Ezra Levant

Dans un yiddish pas même digne d’une vache espagnole, Levant invite les membres de la communauté hassidique de Montréal à contester les contraventions dont ils auraient écopé durant le confinement. Mieux. La campagne de financement Fight the Fines! qu’il a mise sur pied sert à payer des avocats qui défendront les contrevenants qui s'estiment injustement lésés.


Êtes-vous vraiment surpris que les dirigeants hassidiques de chez nous se servent de la grosse droite pour se rebeller?

Rappelons que les sectes ultrareligieuses d’Outremont ont leur maison mère à New York. Et que durant la dernière campagne électorale américaine, les grands rabbins Satmar, Viznitz, Bobov, Munkacs ainsi que d’autres rabbins ultraorthodoxes parmi les plus vénérés ont fait l'éloge de Trump. Si bien qu’à quelques jours du vote, un sondage du Ami Magazine, un important mensuel orthodoxe, révélait que 83% des répondants orthodoxes prévoyaient voter pour Donald Trump, ce qui s'est avéré. Ils ont heureusement perdu leurs élections.

Mais il ne faut pas être naïf. Qu'ils soient des States, d'ici ou d'ailleurs dans le monde, les ultrareligieux ne mettent jamais tous leurs oeufs dans le même panier. Ils courtisent toutes les instances du pouvoir, qu'elles soient en place ou susceptibles de prendre un jour le pouvoir. Comme tous les lobbyistes, ils cherchent à tirer tous les marrons du feu sans en laisser un seul tomber.

Ce qui étonne tout de même, c'est de voir qu'à leur égard, les politiciens habituellement si frileux n'ont aucune gêne à «dealer» avec des interlocuteurs au pedigree parfois troublant, sulfureux et très controversé. 


Sur cette photo publiée le 18 décembre 2017, le site ultraorthodoxe Bill 613 met en avant-plan quatre de
ses «leaders de la communauté hassidique de Montréal». Avouons qu'à les regarder comme ça, ils ont tous l'air de gentlemen tout à fait fréquentables par des politiciens. Et pourtant...

Hersber Hirsch, le premier à gauche, est un ancien truand de l'important gang mafieux de Mordechai Samet. Depuis Kiryas Joel (NY) la très délinquante et la plus pauvre ville des États-Unis, le groupe a volé au moins 5,5 millions $ US par le biais de diverses escroqueries, notamment la collecte de prêts commerciaux et de crédits d'impôt frauduleux et la tenue de fausses loteries. Après s'être réfugié à Montréal auprès de membres de la synagogue Amour pour Israël de l'avenue Durocher, Hirsch s'est fait coincer par la GRC et a été extradé aux États-Unis. Accusé de 29 chefs d'accusation pour complot de blanchiment d'argent, racket et fraude postale, il a été condamné à 30 mois de prison.

Mordecai Samet, le chef de la bande criminelle dont a fait partie Hersber Hirsch. On apprend dans ce tableau que durant son incarcération, Samet a raté 1013 shabbats et 173 fêtes juives. Avouez que c'est à vous briser le coeur.

Depuis son retour à Montréal, Hirsch a siégé au Conseil juif du Québec (CJQ) destiné, à l'époque, à proposer des solutions pour des relations harmonieuses dans notre beau quartier. Il a aussi oeuvré au sein d'au moins une école illégale avec Abraham Ekstein, en plus de jouer les activistes dans les affaires municipales d'Outremont. Comble de malchance, le 10 mars 2020, jour de la Pourim, son véhicule a été à l'origine d'un délit de fuite qui s'est produit juste devant ma fenêtre.

À gauche, le propriétaire éploré de l'Audi bossée. À droite, la trace de la collision sur le véhicule de Hirsch. Ça n'aurait pas plus mal tomber. J'étais à la maison. C'est à croire qu'ils le font exprès! Les policiers l'ont retracé.

Pour le potinage, exactement 30 jours après ce délit de fuite, un voisin hassidique de Hirsch a accidentellement arraché une partie du pare-chocs de sa voiture en effectuant une mauvaise manoeuvre de stationnement. Oups! Ce voisin est allé porter ses sacs d'emplettes chez lui avant de vite ressortir. Il a gauchement replacé le pare-chocs de la voiture de Hirsch avant de déguerpir pour se stationner sur une autre rue et de rentrer chez lui à pied. Ni vu ni connu. Est-ce ce que l'on appelle la justice réparatrice?

Deuxième sur la photo ci-haut, Mayer Feig. Dans le couple de lobbyistes qu'il forme avec Max Lieberman, on pourrait dire qu'il tient le rôle du «bon cop» alors que Lieberman joue le «bad cop». Moins bouillant et impétueux que son collègue devant les caméras de télévision, Feig n'en demeure pas moins retors.


On a bien vu comment il s'est interposé lors de descentes de police dans quelques synagogues. Plutôt que de collaborer avec les policiers, il a donné l'impression de couvrir la fuite de ses ouailles délinquantes dans les ruelles. Revoyez en vidéo son comportement avec un policier lors de la descente qu'ils ont faite le soir de l'Halloween.

Il n'est pas superflu non plus de raconter à ceux et celles d'entre vous qui ne se souviendraient plus ou qui n'habitaient pas l'arrondissement qu'en 2005, ce bon Mayer avait organisé et offert un superbe voyage à New York à une quinzaines de personnes d'Outremont parmi lesquelles figuraient le conseiller politique du maire de l'arrondissement, le directeur de l’arrondissement, le directeur de la Sécurité publique, un lieutenant de police du poste 24 et deux conseillers (un élu et un autre qui se fera élire peu après).

Ce «cadeau» douteux d'au moins 6 000$ avait pour but d'influencer les participants. Une véritable tentative de corruption de fonctionnaires. Il s'agissait d'une gracieuseté de nul autre que Michael Rosenberg. Pour séduire tout ce gratin outremontais, le nabab de Rosdev les avait invités à loger à son hôtel quatre étoiles de New York, bar ouvert, bien entendu. Vraiment pas cachère tout ça. Dans cette histoire, Mayer Feig était le complice et l'exécutant des basses œuvres de Rosenberg.

Tout ce beau monde avait entre autres été amené à apprécier l'enclave pourrie de Kiryas Joel, la ville même d'où ce bon Hersber Hirsch avait justement perpétré ses fraudes avec le clan Samet. Voyez donc, ci-dessous, ce fameux reportage qu'avait réalisé quelques années plus tôt 60 Minutes, la célèbre émission d'affaires publiques américaine. Un voyage paradisiaque, vous verrez.
 
Voici le reportage de 60 Minutes.


Max Lieberman est le troisième à figurer sur cette photo parue sur le site Bill 613. Nous avons déjà esquissé quelques traits de son profil caractériel dans ces lignes. Cela n'empêche pas de rappeler que Max alias Menachem se trouve toujours sous le coup d'une accusation de manœuvre dolosive (fraude) pour la coquette somme de 310 688 $. En attendant que son cas soit réglé devant les tribunaux, il est tout de même extrêmement troublant de voir que Tomlinson n'exige pas que ce membre du conseil exécutif de Projet Montréal/Outremont se retire en attendant le dénouement de cette affaire. Notre maire serait-il à ce point soumis aux diktats des ultraorthodoxes? L'idée fait frémir.

Max Lieberman a contribué à faire coffrer David Ranta pendant près d'un quart de siècle pour un crime qu'il n'avait pas commis. Y aura-t-il un jour un juste retour des choses?

Enfin, deux mots sur Shrage alias Sam Muller, le quatrième larron de la photo. Il est en quelque sorte le p'tit stagiaire qu'élèvent les lobbyistes chevronnés du clan hassidique de Montréal affilié à celui de New York.

Feig et Lieberman le traînent un peu partout dans leurs missions de pression sur les pouvoirs publics pour obtenir des accommodements religieux et satisfaire leurs intérêts particuliers.


Le 24 mai 2016, en plein milieu d’une soirée de consultation publique sur la question des lieux de culte sur l’avenue Bernard, il a suffi que Michael Rosenberg donne le signal pour que Sam Muller et la groupie Diane Shea (robe verte) soient les premiers à se lever et quitter la salle alors que Lieberman et Hirsch (photo ci-dessus, rangée du haut) déroulaient des bannières comme un rouleau de Torah

Un autre de ses mandats est, bien sûr, de jouer les sismographes enregistrant les supposés pics d'incidents haineux secouant la communauté hassidique d'Outremont. Vous pourrez toujours nous dire ce que vous en pensez, mais il nous semble qu'au cours des trois dernières décennies, Outremont est demeurée extrêmement calme et sereine.

Avez-vous vu ou lu dans les médias des événements choquants dignes de ce nom? Avez-vous été témoins d'actes haineux sur votre rue? À mon souvenir, il est vrai qu'il s'est déjà produit une bataille rangée sur Durocher. C'était en 2007. Il s'agissait de deux groupes opposés
du clan Satmar qui en avaient décousu physiquement entre eux à la suite d'un différend à propos du successeur du grand rabbin Teitelbaum décédé à New York. C'est vrai qu'il s'agissait d'un héritage de 600 millions US!

La chose la plus digne de mention dans les nobles activités charitables de Muller demeure très certainement son activisme pour faire libérer deux des pires truands hassidiques des États-Unis. Remarquez qu'il est de son devoir religieux de tout mettre en oeuvre pour faire libérer tout juif qui serait détenu par des Gentils (non-juifs). C'est ce qu'on appelle faire son Pidyon Shvuyim.

Sam n'a pas choisi n'importe qui pour ses bonnes actions. Comme son pote Mayer Feig, il a milité pour faire libérer Sholom Rubashkin, le «vibrant pilier» d'une communauté ultraorthodoxe des États-Unis tombé en disgrâce après avoir été déclaré coupable de 86 chefs d'accusation de fraude pour des dizaines de millions de dollars et condamné à 27 ans de prison. Bien sûr, on ne parle même pas de ses procès pour la maltraitance des animaux de ses abattoirs cachers de Postville (Iowa) et de ses abus à l'égard de ses employés.

Sa deuxième bonne action a concerné le chef mafieux Mordechai Samet, le «parrain» pour qui œuvrait justement son acolyte Hersber Hirsch dont on a parlé plus haut.
 
Dans son billet Facebook du 21 décembre 2017, Muller rendait grâce au président Trump qui a fait sortir de prison Sholom Rubashkin. Le 17 septembre, le bon Sam demandait la même chose pour Mordechai Samet. 

Bref, que voilà de beaux et bons personnages dont nos politiciens de tous les paliers s'entourent. Ils les écoutent religieusement et les accommodent avec une foi trempée pour les élections qui viennent toujours si vite. Et on ne parle même pas de leurs supporteurs Woke et autres bien-pensants du quartier. Un autre mystère aussi insondable que celui de la Caramilk!

*  «Time for the government of Canada to get real about the pandemic. Time to listen to science and facts. Lockdowns and Curfew are the past. Vaccines and opening is the current. Give the citizens who are vaccinated freedom. Don't just be so called over cautious.» Max Lieberman