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jeudi 26 janvier 2023

LE PAVÉ DE L'ENFER


Au XVIIIe siècle, à l’époque où les sectes hassidiques étaient tout juste inventées, l’expression biblique «L’enfer est pavé de bonnes intentions» était déjà consacrée. En clair, on rappelait que les paroles ne suffisent pas; seuls les gestes comptent!

Lorsqu’elle s’est fait élire comme conseillère de Projet Montréal/Outremont, Mindy Pollak s’était empressée d’affirmer qu’elle se ferait un devoir de représenter tous les citoyens
de son district. La belle affaire, toi ! Le temps nous a prouvé que ses bottines n’avaient pas du tout l’intention de suivre ses babines. On ne s’étonnera donc pas que certains dossiers dans lesquels elle est allée se foutre le nez soient carrément partis en couilles.

On ne parlera pas ici de la saga de la synagogue controversée au coin de Bernard et Champagneur dans laquelle la conseillère Pollak est fortement soupçonnée d’avoir coulé de l’information privilégiée au nabab Michael Rosenberg. Limitons-nous à soulever le scandaleux dossier de la «dérogation mineure» que Mindy Pollak a fait voter à la 
séance du conseil du 9 avril 2018.

Ce soir-là, par favoritisme, la conseillère de Projet Montréal allait permettre aux propriétaires hassidiques du 367 Querbes (ils étaient membres de la famille de Michael Rosenberg) d’agrandir leur résidence unifamiliale dont la superficie au sol 

dépassait déjà largement le maximum autorisé.

Les problèmes avec la propriété du 367 Querbes ont commencé peu de temps après l’octroi de cette dérogation pour un projet qui contrevenait à plusieurs articles du règlement de zonage 1177 et qui avait été
 rejeté à l’unanimité par les experts de la commission consultative d’urbanisme (CCU).

Le plus récent épisode problématique résultant de cette dérogation a été dénoncé par des citoyens en juillet 2020, puis en mai 2022. Les propriétaires avaient entrepris de couvrir de gravier une partie du gazon de façade. Le tout, évidemment, sans aucun permis. On les soupçonnait de vouloir y aménager un stationnement sur la marge de recul et jusqu’au trottoir. Or, le Règlement de zonage 1177 (art. 7.4 et 7.5) interdit formellement de construire un stationnement dans les marges de recul.


Les faits ont été rapportés aux autorités d’Outremont qui, alors sous la gouverne du maire Philip Tomlinson, se sont montrées rassurantes. Les propriétaires auraient raconté ne pas avoir l’intention d’aménager un stationnement à cet endroit.

Force est de constater que les propriétaires ont finalement aménagé un espace de stationnement en blocs de béton ajourés dans la cour avant de l’immeuble résidentiel. Aujourd’hui, c’est sans aucun complexe qu’ils y stationnent un VUS gros comme un char d’assaut.


Hormis certains aménagements bien spécifiques (dont l’usage stationnement ne fait pas partie), l’article 7.4 du règlement de zonage stipule que «Toute la surface des marges de recul doit être aménagée en gazon et en plantations et aucun autre usage n’y est permis.» L’article 7.5 n’autorise les espaces de stationnement extérieurs que dans les marges latérales.

La fiche sur les marges et les cours du Service de l’aménagement urbain et du patrimoine d’Outremont montrent clairement ce qui constitue les marges de recul. Dans le cas précis de la résidence unifamiliale du 367 Querbes, la deuxième illustration (voir ci-dessous) basée sur l’implantation en mode contigu de la fiche 1 montre clairement que les blocs de béton ont été installés à l’intérieur de la marge de recul, en façade.




Ne reste plus à Jean-François Meloche, responsable de la gestion du territoire, du patrimoine et du soutien administratif qu’à intimer les propriétaires de démolir l’espace de stationnement illégal et exiger le réaménagement en gazon et en plantations sur toute la marge de recul.

Nous avons finalement appris que 
l’agrandissement avait été accordé à des fins religieuses.

La dérogation a été demandée uniquement pour des motifs religieux. 

Or les considérations religieuses ne constituent pas un préjudice sérieux permettant d'accorder une telle dérogation.

Quoi qu'il en soit, en octroyant un tel privilège, les élus de Projet Montréal condamnaient de facto l’usage du garage. Même une toute petite voiture ne pouvait plus se faufiler dans l’embrasure. 

D'ailleurs, lors d’une assemblée du conseil, nous avons lancé un défi au maire Tomlinson et à son directeur de l’aménagement urbain. S’ils parvenaient à y faire entrer une Smart, nous étions prêts à lâcher le morceau. Mais ils n'avaient rien à cirer de notre proposition. On sait pourquoi! Ils auraient perdu la face et mécontenté leurs électeurs ultrareligieux.

Il était écrit dans le ciel que la dérogation «mineure» qu’a fait voter Mindy Pollak allait créer un vrai problème de stationnement.

L'article 9.1.1 du règlement 1177 est on ne peut plus clair : «Un permis de construction ne peut être émis à moins que n’aient été prévues des cases de stationnement hors-rue». Or l’étroitesse de l’allée menant au garage empêche les résidents des deux propriétés de s’y stationner puisque cela bloquerait le passage au propriétaire voisin. Ne serait-ce que pour cette raison, la dérogation dite mineure n’aurait jamais dû être accordée.

Si Mindy Pollak n'avait pas poussé le vote pour accorder la dérogation, le garage des propriétaires aurait pu continuer à servir de stationnement à une voiture comme c'est toujours le cas pour leur voisin (photo de gauche). L'entrée trop étroite ne permet plus aux propriétaires avantagés par Projet Montréal de s'y garer.


Pollak, Tomlinson, Patreau et Magini ont maintes fois fait la preuve qu’ils pouvaient se moucher avec la réglementation et octroyer les passe-droits qui arrangeaient certains de leurs précieux électeurs. Quitte à ce que cela entraîne éventuellement des problèmes de tout ordre. «Après nous, le déluge!», n'est-ce pas? En fait, Projet Montréal/Outremont a pavé la voie pour l'enfer. Attention! C'est toujours chaud!





jeudi 20 mai 2021

MAX contre NESTOR


Vroum! Vrouuuum! Les entendez-vous? À la ville centre, comme dans les 19 arrondissements de l’île de Montréal, les partis politiques ont commencé à rincer leurs moteurs en vue de la grande quadriennale du 7 novembre prochain.

La campagne est à peine lancée que déjà un premier retour de flamme vient de fendre l’air. C’est la machine Coderre qui s’est la première retrouvée avec un peu d’eau dans le gaz. Juste au son, on sait au moins qu’il ne s’agit pas d’un problème de Formule E.

Le 14 mai dernier, quelques heures seulement après avoir sacré Ali Nestor nouveau conseiller spécial en matière de sécurité publique, le Denis Nouveau devait retirer sa ceinture à l’ancien boxeur de 1,85 m et 72 kilos. Il venait d’apprendre que son poulain vedette faisait l’objet d’allégations de voies de fait et d’agression sexuelle de la part de son ex-conjointe. En prenant connaissance de la tuile qui tombait sur la tête de son rival, Valérie Plante a probablement (encore!) eu le sourire fendu jusqu’en arrière des oreilles.



Mais Plante, «l’homme de la situation» de 2017, peut-elle se permettre de rire, même sous cape? Pas sûr du tout. Surtout quand on sait que, contrairement à son rival, la mairesse sortante a délibérément fermé les yeux sur les déboires qui plombent la probité et la réputation de l’ultraorthodoxe Menachem, alias Max Lieberman.

En dépit des graves accusations de manœuvres dolosives (fraude) qui pèsent sur le lobbyiste hassidique, Valérie Plante n’a jamais exigé que Lieberman soit écarté du poste qu’il occupe au conseil exécutif de Projet Montréal/Outremont. C’est plus qu’étonnant. Parce que faire partie du conseil exécutif est tout sauf insignifiant. Ces happy few sont, entre autres élus par les membres du parti pour élaborer le programme, solliciter des adhésions et représenter l’arrondissement auprès des instances supérieures.

Quand le parti n’a pas le temps (ou l’envie?) de présenter un dossier à l’ensemble des membres, le maire peut recourir à son exécutif pour prendre des décisions délicates. À ce titre, Max Lieberman est impliqué à fond dans la gestion politique et organisationnelle de Projet Montréal. Il a toujours pesé de tout son poids pour favoriser ses coreligionnaires.

Pensons, par exemple, aux dossiers très controversés de la construction d’une nouvelle synagogue au 1260 Bernard, du projet secret d’une éventuelle synagogue sur le terrain public de l’Îlot Saint-Viateur, de l’instauration de la nouvelle politique de stationnement avec vignette à moitié prix pour les «anglophones pauvres d’Outremont», dixit Fanny Magini, la conseillère de Projet Montréal .

Que fait Projet Montréal du principe de précaution dans le cas de Lieberman? N’est-il pas essentiel pour des autorités publiques d’adopter des mesures pour se prémunir contre les risques liés à des gestes hautement répréhensibles?

Bien sûr, tant qu’il n’aura pas été condamné pour ces manœuvres dolosives pour la coquette somme 310 688 $, il doit être considéré comme innocent. Mais, quand on sait qu’en 12 ans, en plus ce cette histoire, Lieberman a été personnellement impliqué dans 21 causes judiciaires dont 17 en tant que défendeur, on se demande comment, dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, Projet Montréal a pu lui confier 9 700$ pour que l’organisation ultraorthodoxe Chevra Hatzoloh dont il est le président (!) puisse soi-disant maintenir une ligne téléphonique de référencement pour les communautés juives?

Comparez donc la feuille de route d’Ali Nestor et de Menachem Lieberman, puis tirez vos propres conclusions.



dimanche 18 avril 2021

LE MÉPRIS: DU PARTICULIER AU GÉNÉRAL


On a déjà vu des enfants participer à des manifestations. Si! Si! rappelez-vous. Au printemps 2015, ils avaient été nombreux à former des chaînes humaines autour d’une centaine d’établissements d’enseignement à travers le Québec pour protester contre les coupes du gouvernement Couillard dans les écoles publiques. On en avait même vu encercler des écoles lors de la traditionnelle manifestation du 1er mai!

Or dimanche soir dernier, quelque chose d’inédit s’est produit à Outremont. Une cinquantaine d’enfants hassidiques a défié le couvre-feu de 20 heures qui venait d’être réinstauré par le gouvernement. Sans supervision de leurs parents, mais de toute évidence avec l’assentiment et l’encouragement de ceux-ci, ces jeunes garçons (oubliez les filles!) sont débarqués sur les trottoirs en trottinette, à pied et en vélo pour protester. Sans masques, sans aucune distanciation sociale, ils se sont agglutinés (voir les photos) au coin de quelques rues pour relayer le mécontentement de leurs parents et rabbins.

On se gardera bien de blâmer ces jeunes qui ont été poussés par des adultes à bafouer le couvre-feu. Mais n’allez pas croire qu’il s’agisse d’une première depuis le début de la pandémie. 

Lors de l’instauration des trois couvre-feux du 9 janvier, du 21 mars et du 11 avril, des résidents d’Outremont ont remarqué que des enfants hassidiques continuaient d’arpenter les trottoirs bien au-delà de l’heure fatidique. Ils ne s’aventuraient pas bien loin de la maison, mais les Spitzer, Schwartz, Lebowitz et autres laissaient gambader leurs rejetons en toute connaissance de cause. Un geste de défiance que certains transmettent allègrement à leur progéniture, question, peut-être, de marquer et de renforcer leur isolationnisme.

Si on incite des enfants à faire fi des règlements, il ne faut pas se surprendre que des adultes poussent plus loin la délinquance. En voici un superbe exemple.

Si vous habitez le quartier, vous avez probablement connu le restaurant Maïko Sushi, au coin de Bernard et Hutchison. Pendant plus de dix ans, les amateurs de plats japonais se sont délectés sur sa terrasse. Or, en 2018, le restaurant disparaît. En lieu et place, la boucherie cachère Mehadrin qui avait été la proie des flammes au coin de Bernard et Parc décide d’y déménager ses pénates.

Dans le temps de le dire, avec leurs gros sabots, les nouveaux propriétaires ont cochonné l'endroit d'une façon incroyable. Sans aucun permis, les tripiers ont pris sur eux d'installer directement au sol et en bordure du trottoir trois, puis quatre et, une fois partis, pourquoi pas cinq bruyants compresseurs de réfrigération.

Que le diable emporte le domaine public, le règlement de zonage, les permis, les autorités municipales, la quiétude des locataires, la sensibilité esthétique des commerçants voisins et des touristes! L'invitante terrasse de la rue Bernard s'est transformée en une vulgaire salle des machines à ciel ouvert.

Entre nous, tant qu'à gaspiller un demi-million de notre argent, c'est ici que le maire d'Outremont aurait dû aménager sa placette d'aristocrate. Vous dites, Philipe? L'endroit est sur le territoire du Plateau? Euhhhh! Vous nous niaisez ou quoi? Mindy Pollak habite du même côté de la rue Hutchison que la boucherie délinquante et ça ne vous a pas empêché d'en faire une conseillère d'Outremont.  

Avouez que ça serait chouette que Tomlinson fasse une somptueuse dépense pour l'acquisition d'un Botero. Comme la placette Champagneur, le Square Pollak parviendrait peut-être à détourner l'attention sur l'horreur de l'intersection Bernard/Hutchison.

À la fin de l'automne 2018, les inspecteurs du Plateau ont constaté la présence de deux équipements mécaniques dans la cour avant de la boucherie. Ils entrent dans le commerce pour découvrir qu'au rez-de-chaussée et au sous-sol un monte-charge et une porte extérieure sont en cours d'installation. Le tout sans permis, évidemment!

Le 20 février 2019, d'autres inspecteurs rapportent que non seulement les deux compresseurs réfrigérants sont toujours en place en façade, mais qu'un troisième a été ajouté. Un constat d'infraction est donné aux contrevenants. En date du 26 mars 2019, on note aussi au dossier que les propriétaires n'ont toujours pas déposé les plans pour l'emplacement des équipements mécaniques. On comprend aujourd’hui pourquoi. 

Pensez-vous que cela va empêcher de dormir Mordechai Friedman, Shlomo et Chaim Moskovits? Pffffff! Les marchands de viande vont en rajouter une tranche. Le 12 mars 2020, les inspecteurs se butent à un quatrième compresseur sur le domaine public. Allez hop! Un autre constat d'infraction pour ces gentlemen à tête fromagée. 

Les délinquants en ont vu d'autres. Les requêtes en Cour municipale les laissent plus froids que leurs congélateurs. En ultime bravade, les julots installeront un cinquième compresseur que les fonctionnaires ajouteront à leur rapport, le 28 septembre 2020. Re-pffffff!

La terrasse du Maïko Sushi (2014) que les propriétaires de la boucherie Mehadrin ont transformée en vulgaire salle des machines en plein air depuis deux ans et demi.

Ces temps-ci, on parle beaucoup des manœuvres prédatrices des compagnies du type Shiller Lavy dont l'élégant slogan creux est L'immobilier repenséOr il s'avère que le clan des Friedman Moskovits ne donne pas que dans le boudin cachère. Il fait aussi dans le bacon

Grâce à sa compagnie à numéro 9378-8263 Québec inc le trio exploite des bâtiments résidentiels et de logements. Et ces messieurs n'iraient pas avec le dos de la cuillère. Ils semblent en connaître un bail sur les rénovictions.

Selon une locataire de l'immeuble, «les propriétaires ne font rien. On a l'impression qu'ils préfèrent payer les amendes... s'ils les paient!» En 2019, cette même dame était franchement découragée. «Nous sommes huit locataires qui nous faisons évincer en juillet. La plupart y habitent depuis plus de 10 ans. Deux ont plus de 75 ans et vivent ici depuis 30 ans.» 

Cette pauvre locataire n'a vraiment pas de chance puisqu'en 2017, des membres d'une autre secte hassidique l'évinçaient une première fois du studio d'artiste qu'elle habitait au 6585 Jeanne-Mance, à Rosemont. À l'époque, David Weinberger, un administrateur de la secte Wiznitz que la conseillère Mindy Pollak connaît bien (elle est elle-même Wiznitz) avait envoyé des lettres d’éviction aux locataires de l'immeuble sous de faux prétextesDans ces deux cas d'éviction, qu'a fait Projet Montréal? On se le demande.

Pour en revenir à l'immeuble de l'avenue Bernard, simplement en consultant le rapport des inspecteurs, on comprend que les propriétaires pourraient faire partie de la famille des Slumlords.

Si au moins les kingpins du mortier entreprenaient des rénovations dignes de ce nom, certains pourraient peut-être se consoler. Pensez-vous! 

En plus des bruyants appareils illégaux qui se trouvent en bordure du trottoir, d'autres, installés de façon non conforme sur le toit, vibrent et rugissent au point de rendre la vie insupportable aux nouveaux locataires qui y ont emménagé en août 2020. 

Le « delicatessen» délinquant précipite la déliquescence du quartier.

L'un se plaint du fait que le système de ventilation propage dans les appartements une forte odeur de viande qui s'incruste. À cela, il faut ajouter un paquet d'autres problèmes comme une pression d'eau anémique qui fait en sorte qu'il faut compter une bonne demi-heure pour remplir une baignoire. En revanche, quand vient le temps de sécuriser leur commerce, les tenanciers n'y vont pas de main morte. Pas moins de cinq caméras de surveillance font le planton (une par compresseur?) en façade . Il faut croire que leur bidoche se vend à prix d'or!  

À 1 400$ par mois, les locataires ne peuvent quand même pas exiger la lune. D'autant moins que lorsque survient une avarie, le proprio fort avenant envoie un employé de sa... boucherie (!) patenter une gogosse qui, si Hashem le veut, tiendra peut-être jusqu'au lendemain. «Ils ne règlent jamais rien. Pour eux, c'est normal que le robinet coule au goutte-à-goutte, qu'il n'y ait pas d'eau chaude, que ça pue.» Serez-vous surpris d'apprendre que ce locataire a été refroidi et qu'il foutra le camp dès juillet?

Bon courage aux prochains! S'ils savaient, les pauvres.



mercredi 31 mars 2021

LE FOND DE TEINT DE PHILIPE


Vous souvenez-vous de la phrase qu’avait prononcée Philipe Tomlinson le 25 octobre 2017? Il avait réuni ses partisans  dans un local de la rue Van Horne. C'était un espace commercial appartenant à un Outremontais à qui il évitera un procès malgré les importants travaux illégaux qu’il a réalisés chez lui. Là, le candidat à la mairie d’Outremont avait laissé tomber ceci :

«On a besoin de trouver une façon, 
lorsque le besoin se refera sentir, 
de contourner ce règlement-là 
qui interdit [les synagogues] à Outremont.»

Aujourd’hui, en année électorale, Tomlinson tente par tous les moyens de faire oublier cette déclaration qui lui est restée comme un bouton au milieu de la face. Un furoncle qui, ajouté à toute une série de manœuvres plus douteuses les unes que les autres, a gangrené son image politique.

Pensons au tour de passe-passe qu’a fait Michael Rosenberg dans l’immeuble du 1260 avenue Bernard. Le 4 avril 2016, un an après avoir obtenu un permis pour aménager un bain rituel et une «salle polyvalente» en face du restaurant Les enfants terribles et du Théâtre Outremont, le magnat de Rosdev a décidé de jouer le tout pour le tout.

Rappelez-vous. Profitant d’une information privilégiée qui semble avoir été ébruitée par
Mindy Pollak, la conseillère de Projet Montréal, Rosenberg a réclamé en catastrophe un agrandissement supplémentaire de 6 087 pi2 pour aménager une synagogue dans l'édifice situé au coin de Bernard et Champagneur. Il a déposé sa demande quelques heures à peine avant que les élus présentent au conseil un avis de motion pour faire interdire tout nouveau lieu de culte sur Bernard. C’était près de cinq fois la superficie que le président de Rosdev avait demandée et obtenue au printemps 2015. 

Mindy et Philipe Tomlinson devaient être fiers de leur complicité. Un peu plus d’un an avant les élections de 2017, cette entourloupette allait certainement permettre à nos deux moineaux de Projet Montréal d’engranger par anticipation de précieux votes hassidiques.

Comme si ce coup fumant n’avait pas suffi, cinq mois plus tard (septembre 2016) Tomlinson est allé déposer lui-même en personne la demande de registre qui permettrait de contester le règlement qui interdirait l’aménagement de nouveaux lieux de culte sur la partie commerciale de l’avenue Bernard. Les Rosenberg, Tomlinson et Cie ont perdu le vote référendaire, mais ces opportunistes calculateurs n’allaient pas se dégonfler pour si peu.

Le 6 février 2019, le maire Tomlinson offre une nouvelle fleur au dirigeant hassidique délinquant. Dans un souci de «poursuivre [ses] efforts de dialogue» avec les sectes ultraorthodoxes et prétextant que le procès pourrait coûter des sous à Outremont, Tomlinson ignore certains avis juridiques qui ne font pas son affaire et décide de mettre un terme à la poursuite qui oppose l’arrondissement à Rosenberg. 

Qu’importe si les locaux contestés ont fait l’objet de travaux illégaux et qu’ils ont forcé les inspecteurs à intervenir pas moins de 52 fois sur le chantier. Grâce à une entente hors cour, le ploutocrate hassidique allait enfin pouvoir aller de l’avant avec sa mégasynagogue de près de 10 000 pi2. Au diable le résultat référendaire qui avait explicitement rejeté tout nouveau lieu de culte sur Bernard.

Comment Diable notre bon maire allait-il s’y prendre pour maquiller toutes les faveurs qu’il a octroyées à Michael Rosenberg? C’est simple. Il va mettre du fond de teint sur la pustule. 


L’idée est géniale. Philipe n’a qu’à sortir un demi-million de la poche des contribuables outremontais pour aménager une magnifique placette juste devant la synagogue controversée.

Fallait y penser. D'ailleurs, il avoue que le projet est dans les cartons depuis 2018. Aussi bien dire que c'est depuis que Rosenberg a déposé sa poursuite contre la ville pour forcer la réalisation de son lieu de culte. Un temple que son coreligionnaire lobbyiste Max Lieberman avait publiquement qualifiée de simple «synagogue dépanneur»! 

À l'été 2019, le maire avait déjà préparé le terrain en faisant aménager une belle saillie de trottoir végétalisée sur l'emplacement même de sa fameuse placette. 

Pour un gars qui ne voulait surtout pas affronter Rosenberg de peur de risquer nos deniers publics (et sa réélection!), ne trouvez-vous pas tout à coup qu'il a la dépense grandiose pour une placette?

Tomlinson parle de 559 000$ pour un projet de quelque 200 m2 qui deviendra ni plus ni moins qu'une
oasis de verdure. Mais attendez. En considérant que la récente saillie de trottoir qu'il a fait aménager occupe déjà un bon tiers de l'espace total de son projet, c'est dire que son verdissement «granitisé» de 133 m2 ne nous reviendra à rien de moins que 4 203 $/ m2. C'est presque deux fois et demi plus cher le mètre carré que pour un appartement en dehors du centre-ville de West Palm Beach et près de huit fois le budget d'aménagement de la place Kate McGarrigle, sur Laurier. Wouppelai!

À gauche, la placette Champagneur, sortie d'urgence du Théâtre Outremont. Au centre et à droite, la place McGarrigle, sortie de détente. De dimensions comparables, les deux offrent un éclairage d'ambiance. La place McGarrigle a même une boîte aux lettres en plus.

À ce prix de pacha, il faudra équiper nos chenillettes de pantoufles à semelles de feutre cirées pour ne pas abimer la surface marbrée lors du déneigement. Heureusement, Philipe Tomlinson nous rassure. En raison des équipements d’Hydro-Québec qui se trouvent juste sous la placette, il sera très difficile de verdir le site. Les cols bleus ne risquent donc pas de piétiner une végétation luxuriante. Bon, ben... On se reprendra ailleurs pour contrer les ilôts de chaleur! Pour finir, avez-vous observé quelque chose de particulier sur la maquette illustrant la future placette Champagneur? Regardez bien.  

La version post-révolution tranquille de Marie de l'Incarnation intégrée dans la maquette de la placette de Projet Montréal.

Pas l'ombre d'un aîné ou d'une vieille riche occidentale colonialo-suprémaciste. Pas même une procession de hassidim en liesse. On se trouve pourtant devant ce qui est en voie de devenir la plus grande synagogue
post-référendaire de l'avenue Bernard.

Ne cherchez pas les marmots ou les mouflets en poussette.Ni les Mercedes stationnées devant la Brasserie Bernard, pas plus que les Dodge Grand Caravan qui filent en direction de Petit chic ou de chez Walters. Pour 200 000$, Tomlinson a affirmé qu'il aura piétonnisé la rue Bernard cet été. Fini les maudits chars polluants!

Mais Projet Montréal n'aura tout de même pas oublié d'y placer une bonne Outremontaise encore plus ensaucissonnée (si c'est Dieu possible!) que le fut notre bonne Marie de l'Incarnation au XVIIe siècle. Si c'est pas du Projet Montréal tout craché, ça!

D'un côté, le Théâtre Outremont, bâtiment patrimonial d'architecture art déco. De l'autre, deux étages commerciaux transformé en lieu de culte intégriste en grande partie illégal (zone en rouge). Vive la convivialité et la bonne entente!

Le 23 mars dernier (photo ci-haut), Pollak, le lobbyiste Feig et Tomlinson arpentaient encore la future place qui l'immortalisera bientôt. On aurait dit qu'ils étaient en train de mettre la dernière main au joyau de la couronne. Peut-être négociaient-ils encore où devraient être placées les statues de marbre du David de Michael... Rosenberg et de son premier serviteur Philipe? Et Mindy, là-dedans? Elle demeurera fidèle au principe théocratique fondamentaliste de la modestie féminine. 

Une chose est sûre. Impossible, ici, de mettre des vitres givrées sur la placette pour empêcher les hormones des adolescents hassidiques de coller au plafond de la boîte crânienne. Notre trio s'entendra peut-être pour une belle grande haie de cèdres pour préserver la chasteté des âmes pures.

Mazel tov*, mon Philipe!


* Bonne chance!

jeudi 28 janvier 2021

LES CADAVRES MAL ENTERRÉS


Ben non, voyons ! On ne peut quand même pas reprocher au maire Tomlinson de s’essayer. Surtout lorsqu’il s’agit de faire des guili-guili à ceux qui constituent son plus précieux bassin d’électeurs. Philipe sait fort bien qu’il est payant de se soumettre aux diktats des dirigeants hassidiques. Ce faisant, il s’assure que les hommes en noir qui craignent Dieu et leurs rabbins se conformeront à la volonté de ces derniers en bourrant les urnes en sa faveur lors des élections qui approchent. 

Le 7 décembre 2020, lorsque Tomlinson a dû rendre son verdict sur une demande de dérogation « mineure » qui permettrait au propriétaire du 375 Querbes d’agrandir sa cuisine, les citoyens du coin ne se faisaient pas trop d’illusions. Après tout, au fil de ses trois années de règne autocratique, Philipe a fait plusieurs fois la preuve qu’il pouvait se moucher avec la réglementation et octroyer les passe-droits qui l’arrangeaient. 


Or, surprise ! Contre toute attente, le maire et son équipe ont semblé ne pas avoir eu la «compassion» qu’implorait pourtant le propriétaire du 375 Querbes. 

Que diable s’est-il passé pour que Projet Montréal-Outremont frustre ainsi ce pauvre propriétaire qui a pourtant ses lettres de noblesse dans sa communauté ? C’est d’autant plus surprenant qu’à peine 18 mois plus tôt, ce même Tomlinson avait accordé au propriétaire du 367 Querbes, son voisin immédiat, une dérogation encore plus criante d’illégalité que celle qu’il vient de lui refuser. 

Comparons. Dans les deux cas, les demandes de dérogation excédaient de beaucoup les normes maximales prescrites dans le règlement de zonage, ce qui d’après le Comité consultatif sur l’urbanisme (CCU) ne faisait qu’aggraver une situation dérogatoire déjà existante. L’article 5.3.1 interdit une telle chose. 

Les deux agrandissements demandés contrevenaient carrément à l’article 7.12.1 du règlement 1177. Celui-ci prévoit que le pourcentage d’occupation au sol dans la zone de ces deux résidences ne peut pas dépasser 45 % de la superficie du terrain. Or dans un cas comme dans l’autre, les nouvelles dérogations propulsaient ce pourcentage à 57 % et 58,5 % ! Dans le monde sportif, on n’appelle plus ça du saut en longueur, mais du saut à la perche ! 

Pour mal faire, aucun des deux demandeurs n’a pu démontrer que le refus de leur accorder une dérogation leur causerait un préjudice sérieux comme l’exige l’article 145.4 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme. Le CCU avait toutes les raisons du monde pour refuser ces dérogations. Autrement dit, n’appelez pas la DPJ. Même sans ces agrandissements, aucun enfant n’aurait été forcé de passer ses nuits dans une souccah de plywood sur le balcon. 

De toute façon, lorsqu’il a acheté sa résidence, la réglementation sur le zonage était en vigueur depuis près de 15 ans ! Le propriétaire savait ce qui l’attentait si, d’aventure, il lui prenait l’envie de fonder une grande famille. Rappelons aussi qu’en 1913, lorsqu’elle a été construite, cette maison, comme bien d’autres du quartier, avaient justement été conçues pour pouvoir accueillir les six, huit, dix enfants de nos propres grands-parents. 

Entre les projets des deux voisins, il y avait tout de même une différence significative : l’accès aux garages. 

Avec l’agrandissement qu’il souhaitait faire, le proprio du 375 n’aurait pas perdu l’usage de son garage. Sa fourgonnette aurait pu continuer d’y entrer allègrement. Par contre, les travaux réalisés par son coreligionnaire du 367 ont littéralement condamné son garage. Notre homme aurait beau troquer une Station wagon contre une Honda Fit, ça ne « fittera » pas dans l’embrasure. Pourtant, l’article 9.1.1 du règlement 1177 est on ne peut plus clair : « Un permis de construction ne peut être émis à moins que n’aient été prévues des cases de stationnement hors-rue ».

Lors d’une assemblée du conseil, nous avons lancé un défi au maire et à son directeur de l’aménagement urbain. S’ils parvenaient à y faire entrer une petite voiture (même une Smart), nous étions prêts à lâcher le morceau. La réponse du maire ? « C’est un terrain privé. On peut pas faire ça ! » Pourtant, les inspecteurs peuvent y aller à leur guise. Voilà comment M’sieur le Maire écrase plusieurs règlements avec sa grosse BM. 



La photo ci-haut vaut 1000 mots. Si le propriétaire du 375 Querbes avait été autorisé à réaliser son agrandissement, voici comment se présenterait l’allée véhiculaire commune aux deux propriétés une fois les travaux complétés. Le 375 aurait conservé l’utilisation de son garage, ce qui n’est plus le cas du 367. Ce dernier, dans les bonnes grâces de Projet Montréal, a eu droit à un passe-droit flagrant. En médaillon, la photo originale prise le 14 septembre 2020. 

Contre toute logique, Tomlinson a donné sa bénédiction à celui des deux voisins mitoyens dont les transgressions à la réglementation municipale étaient les pires. C’est vrai qu’au 367, il s’agissait de quelqu’un de la famille de Michael Rosenberg, mais mettez-vous à la place de l’autre gars. Vous ne seriez pas furieux de ne pas pouvoir jouir des mêmes passe-droits que votre voisin ? C’est ce qu’on appelle créer un précédent. 

Vous vous demanderiez peut-être s’il n’aurait pas mieux valu filer une petite enveloppe brune au maire. Mais voyons donc. Notre maire n’est quand même pas un ripou. On ne saurait dire s’il crache sur les bruns, mais ces temps-ci, s’il avait à choisir, parions qu’il préférerait les votes. 



Selon les plans approuvés par l’arrondissement (voir le médaillon), en élargissant de près de quatre pieds la résidence, une voiture n’a plus la place nécessaire pour entrer dans le garage. On a aussi prévu que plus de la moitié de l’espace devant la porte du garage sera végétalisé. Bref, on condamne doublement un espace de stationnement en dépit de l’article 9.1.1 du règlement 1177 qui l’interdit spécifiquement. 

Devant les fonctionnaires qui se sont penchés sur le dossier (il faut absolument que vous jetiez un oeil sur les différences de traitement entre les deux voisins !), Tomlinson a fait semblant de tomber des nues. 

La limite de couverture au sol de 45 % en vigueur depuis 1992 dans ce secteur de l’arrondissement l’agace souverainement. Il aurait bien voulu trouver une façon de contourner la maudite norme, d’envoyer au diable les critères destinés au maintien d’un minimum d’espaces verts pour préserver la jouissance des cours arrières, assurer la perméabilité du sol et une densité du bâti qui favorise un milieu de vie épanouissant. 

Petit écologiste de façade, Tomlinson rage de ne pas pouvoir utiliser quand ça lui chante l’entourloupette de la dérogation mineure pour « bypasser » les contraintes du règlement de zonage. S’il n’en tenait qu’à lui, le 45 % prendrait le bord demain matin. 

Hélas ! Selon la loi, pour modifier ce pourcentage, Philipe n’aura d’autre choix que de faire faire une analyse rigoureuse du territoire et de tenir une consultation citoyenne sur la question. Mais comme tout le monde sait, les consultations dont il ne peut définir lui-même les paramètres qui lui conviennent, ça ne l’excite pas trop trop. 

Un gars qui veut, c’est un gars qui veut. Mais on se demande un truc. Puisque Mindy Pollak a réussi à faire une belle grosse fleur à son coreligionnaire du 367 Querbes sans aucune justification, pourquoi Tomlinson n’a-t-il pas fait de même pour le pauvre bougre du 375 ? 

Pour y répondre, rappelons-nous que le 9 avril 2018, lorsque Pollak et son maître à penser ont fait voter leur dérogation viciée au conseil, ils étaient convaincus que le bon peuple ne sentirait pas l’odeur de putréfaction qui se dégageait du dossier. 

Malheureusement, le Fleecy à Mindy n’a pas suffi pour camoufler les miasmes des magouilles de Projet Montréal. Au fil des mois suivants et encore aujourd’hui, plusieurs citoyens s’insurgent de ce passe-droit véreux. Bien que Tomlinson n’ait pas (encore!) reculé, le dossier continue de le hanter. 

En ce début d’année électorale, on dirait bien que le maire redoute d’attirer à nouveau les mouches et les asticots avec ses cadavres mal enterrés. 

Après avoir été échaudé par le dossier du 367, et même s’il trépignait d’envie d’accorder la « dérogation » à son voisin, Tomlinson n’a peut-être pas vraiment le goût de risquer une énième controverse. Dans la foulée de ce cas particulier, il y a deux autres éléments troublants dans cette histoire pas nette du tout. 

Nous nous sommes aperçus qu’à peine trois ans après avoir acheté le 367 Querbes et sans jamais l’avoir habité, le propriétaire vient de revendre sa résidence 643 000 $ de plus qu’il ne l’avait payée. Ça fait tout de même une augmentation de valeur de 54,7 %. En 37 mois, ça se prend bien ! Même s'il faut déduire ce qu'il a dû débourser pour faire des rénovations.

On serait curieux de savoir dans quelle proportion le permis d’agrandir qu’on lui a offert en contravention des règlements lui a permis de dégager une si belle plus-value. 

Quoi qu’il en soit, ce sera loin d’être la première fois que des passe-droits semblent profiter à des zamis. Cliquez ici pour vous rafraîchir la mémoire. 

Le cas du 34 Maplewood est particulièrement révoltant.


En dernier lieu, il y a la façon dont Philipe Tomlinson conçoit sa politique partisane qui ne nous dit rien de bon. Il supporte tellement mal de ne pas pouvoir offrir des passe-droits à ses amis, qu’il pourrait bien nous fricoter une petite théorie « inclusiviste » de son cru. On le sent venir avec ses gros sabots de Woke. 

L’idée de devoir annoncer à ses sympathisants qu’ils n’auront pas le choix de déménager s’ils souhaitent vivre dans plus grand lui répugne au plus haut point. Tellement, qu’il ne faudrait pas se surprendre s’il nous disait qu’à cause de NOS règlements « restrictifs », certains de nos concitoyens se sentent exclus, rejetés, brimés et défavorisés. En trois mots, même notre règlement de zonage serait dégoulinant de racisme systémique. Ça promet. 

En attendant, les Outremontais sont encore et toujours forcés de suivre à la trace et de talonner les élus et leur suite. Souvent, ces « dignitaires » nous prennent de haut, persistent dans leur mauvaise foi et deviennent aussi imperméables que du silicone à salle de bains. 

Heureusement, il arrive que les citoyens parviennent non seulement à les débusquer, mais à les coincer dans le fond de leur terrier et à les faire capituler. Quand le miracle opère, croyez-nous, c’est particulièrement jouissif. En voici justement un de ces petits miracles qui s’est produit récemment. 


En 2014, à cette résidence de l’avenue Outremont, c’était la belle vie. Mais en 2018, le laxisme inqualifiable des autorités de l’arrondissement est allé jusqu’à renoncer à exiger du propriétaire qui avait illégalement défiguré sa façade de la reconstruire tel qu’elle était à l’origine. En janvier 2021, nous pouvons enfin vous présenter le résultat d’une belle bataille citoyenne. Vous nous direz si ça n’en valait pas la peine.



mercredi 2 septembre 2020

LES COUPS FOURRÉS DE TOM



«En 2020, qu’un élu à Montréal se mette aussi facilement et ouvertement en conflit d’intérêts, je trouve ça inexcusable»…

Dans La Presse, c’est en ces termes faussement indignés que le maire Philipe Tomlinson s’est réjoui en sourdine de la réprimande que la Commission municipale du Québec (CMQ) a adressée à Jean-Marc Corbeil, le seul conseiller d’opposition à Outremont.

Pour Tomlinson, il est «abracadabrant» qu’un conseiller de district use de son droit de vote dans un dossier alors qu'il est poursuivi par un restaurateur après avoir dit à un ouvrier qu'il faut un permis pour entreprendre des travaux dans le restaurant. Pour cette entorse susceptible de l’entraîner dans une apparence de conflit d’intérêts, le maire réclame des mesures draconiennes et un châtiment exemplaire.

Tomlinson est particulièrement gonflé de jouer les vierges offensées alors que lui et les trois autres conseillères de Projet Montréal venaient de se faire taper sur les doigts par le contrôleur général de la Ville de Montréal pour avoir violé leurs propres règles en déléguant indument à Marie-Claude Leblanc, la directrice de l’administration, le soin de distribuer de l’argent d'un fonds d'urgence pour la COVID-19 à des organismes locaux. Cerise sur le sundae, ces dizaines de milliers de dollars ont été remises à des personnes liées, en l'occurence, Astrid Arumae, David Desbaillets et Max Lieberman, des membres de l'exécutif de Projet Montréal Outremont. Mme Leblanc a même confié 9 700$ aux soins de l’ultraorthodoxe Max Lieberman qui est actuellement accusé en Cour supérieure d’une fraude de 310 668,26 $.  Faut le faire!
 
Astrid Arumae, David Desbaillets et Max Lieberman, des membres de l'exécutif de Projet Montréal Outremont à qui on a confié de jolies sommes.

Dans cette histoire de fonds d’urgence, l’attitude de Tomlinson à l’égard de Jean-Marc Corbeil détonne d’autant plus que le 8 juillet 2020, mis en porte-à-faux, le maire a répété devant caméra (voir l'extrait vidéo) qu’il serait prêt à commettre à nouveau cette illégalité.


La loi, Tomlinson en fait son affaire à sa convenance.
La loi, Tom of Hassleland en fait son affaire... à sa convenance.

Et que dire lorsque Valérie Plante, sa patronne, vote à quatre reprises en faveur de l’achat d’un terrain de près de 84M$ pour un projet de parc alors qu’elle est personnellement poursuivie pour 175M$ par des promoteurs qui s’estiment lésés par le projet auquel elle tient mordicus. Évidemment, Tomlinson n’est pas monté aux barricades pour crier «Au meurtre!». Bien qu’elle soit accusée d’avoir agi «de façon illicite, arbitraire, impulsive, abusive et de manière préjudiciable», personne ne soulèvera le fait que cela pourrait influencer son vote? Qu’il n’y a aucun risque de conflit d’intérêts? Ça pue les deux poids, deux mesures. À moins que dans l'église de Projet Montréal, le dogme proclamé est à l'effet que le libre arbitre de Valérie est infaillible.

Dans la cause qui a amené Jean-Marc Corbeil devant le juge Alain R. Roy, ce dernier relate que M. Corbeil «participe aux échanges, convaincu qu’il est justifié de le faire». Fort de sa conviction, il s’est prononcé sur une demande de permis d’aménagement du restaurant de la rue Van Horne. 

Le conseiller en était d’autant plus persuadé que la résolution que le maire et ses disciples s’apprêtaient à voter en conseil concernait l’ouverture d’un mur extérieur et l’installation d’une porte que le commerçant avait déjà réalisées illégalement au moment des discussions. Pire. L’administration de l’arrondissement a inscrit à l’ordre du jour la demande du propriétaire de l’immeuble alors que les plans définitifs n'étaient même pas déposés au dossier.

Extraits des notes de la Secrétaire substitut d’arrondissement prises lors de la séance préparatoire du 26 juin 2019. Ces notes ont été déposées en preuve au tribunal de la CMQ.
Extraits des notes de la Secrétaire substitut d’arrondissement prises lors de la séance préparatoire du 26 juin 2019. Ces notes ont été déposées en preuve au tribunal de la CMQ.

Le problème remonte à novembre 2018. Corbeil avait constaté que des déchets de démolition jonchaient l’espace public devant le commerce de la rue Van Horne et que des travaux semblaient y avoir été entrepris sans permis. Le conseiller l’a signalé à un ouvrier qui travaillait sur le chantier. La chose est rapidement venue aux oreilles du restaurateur qui, cinq mois plus tard, a entrepris de poursuivre le conseiller et de lui réclamer 14 600 $ pour «préjudice subi».

Voici sur quoi est tombé le conseiller Corbeil, le 7 novembre 2018 sur l'avenue Van Horne.

Même si la poursuite intentée contre M. Corbeil n’était pas reliée à cette histoire de porte illégalement aménagée huit mois après son passage sur le chantier, même si le conseiller ne pouvait en tirer le moindre avantage pécuniaire et même si sa participation minoritaire au vote (1/5) n’avait absolument aucune chance de bloquer l’octroi irrégulier de ce permis, ses accusateurs soutiennent qu’il aurait dû s’abstenir pour éviter de prêter flanc à un soupçon d’apparence de conflit d’intérêts.

Nous pourrions tous facilement souscrire à ce qui semble être une évidence. Mais ce serait peut-être oublier l’article 12 du Code d’éthique des membres du conseil  qui stipule qu’un conseiller placé «contre sa volonté dans une situation de conflit d’intérêts n’enfreint pas le présent code». Pensez-y. Ce n’est quand même pas Corbeil qui a voulu se faire coller une poursuite aux fesses. C’est bien à son corps défendant qu’on lui a réservé une action en justice.

D’ailleurs, pour la petite histoire scabreuse, il faut savoir que ce sont Philipe Tomlinson et son entourage proche qui ont délibérément cherché à nuire à Jean-Marc Corbeil.

Dans le cadre du procès que Corbeil a dû subir devant la CMQ, Joël Simard-Ménard, le directeur de cabinet de Tomlinson, a révélé sous serment au juge Roy que c’est lui qui avait expressément recommandé au commerçant de poursuivre Corbeil. C’est cette intervention du bureau du maire qui a donné le coup d’envoi à cette saga judiciaire orchestrée contre le conseiller de l’opposition à la CMQ.

Si Simard-Ménard, avec la cafardeuse complicité de Tomlinson, n’avait pas encouragé le commerçant à se retourner contre Corbeil, ce dernier n’aurait vraisemblablement jamais été entraîné dans une telle histoire.



Devant la CMQ, le maire, lui-même appelé à la barre, n’a pas hésité à soutenir que Jean-Marc Corbeil s’était fait passer pour un inspecteur de l’arrondissement lorsque le conseiller s’était rendu sur le chantier, le 7 novembre 2018. Du pur ouï-dire de la part de Tomlinson puisqu’il n’était même pas présent sur place lors de la discussion entre l’ouvrier et M. Corbeil.

Ce ragot, Tomlinson ne s’est pas gêné pour le postillonner à tout vent et même publiquement. À la séance du conseil du 2 juillet 2019 (visionnez la scène), alors que la cause de Jean-Marc Corbeil était toujours pendante devant la Cour du Québec, Philipe Tomlinson a proféré la même allégation devant les citoyens présents dans la salle et tous ceux qui suivaient la webdiffusion depuis leur salon : «On le sait! De personnifier un inspecteur qui n’est pas dans votre district, vous ne faites pas ça non plus, M. Corbeil, hein?»

Que le diable emporte le Règlement de régie interne du conseil qui interdit de s’exprimer sur une affaire pendante devant les tribunaux.

On l’a constaté à maintes reprises : Philipe Tomlinson, celui-là même qui préside les assemblées publiques d’Outremont, n’a aucun scrupule à privilégier les règlements de comptes au détriment du règlement municipal.

Ce n’est pas non plus au-dessus des forces de Tomlinson que de mentir.

Le 12 août dernier, sur la page Facebook officielle du maire, une citoyenne se demande comment le commerçant pouvait réclamer des dommages pour un retard dans ses travaux s’il ne dispose pas de permis pour les entreprendre. Tomlinson lui répond alors de but en blanc : «Le commerce avait un permis en règle». Or, c’était totalement faux. Corbeil est intervenu sur le chantier le 7 novembre 2018, alors qu’il a été démontré en cour qu’un permis n’a été délivré que le 14 novembre. Le maire a un sacré front de bœuf! 

Philipe Tomlinson n'hésite pas à mentir, même sur sa page Facebook officielle!


C’est loin d’être la première fois que le maire ment effrontément au bon peuple. Rappelez-vous la saga de l’îlot Saint-Viateur. Le 9 octobre 2018, cuisiné en séance du conseil par une autre citoyenne (voir l'extrait vidéo), Philipe Tomlinson avait nié catégoriquement et à plusieurs reprises que le mandat qu’il avait confié à la firme Brodeur Frenette (et qu’il tenait à garder ultrasecret!) concernait la faisabilité d’implanter une synagogue sur ce terrain public.




Même une fois le fameux rapport rendu public contre son gré, Tomlinson a continué de nier comme un enfant pris sur le fait, la bouche barbouillée de chocolat et un emballage de Whippet chiffonné au fond de ses poches. Lisez ma chronique L’imposture de Projet Montréal

Vous n’avez sûrement pas oublié, non plus, le tour de passe-passe que nous a manigancé notre bon Philipe après le référendum sur les lieux de culte sur l’avenue Bernard. En dépit de la victoire des citoyens qui ne souhaitaient pas de nouveaux lieux de culte sur l'avenue Bernard, Tomlinson a été surpris en train de dévoiler son intention d’accommoder le nabab Rosenberg : «On a besoin de trouver une façon, lorsque le besoin se refera sentir, de contourner ce règlement-là qui interdit [les synagogues] à Outremont.» Écoutez l'enregistrement capté lors d'une assemblée partisane de Projet Montréal, tenue le 25 octobre 2017 au 1465, avenue Van Horne. 

En passant, le 1465 Van Horne, loué pour l’occasion par Projet Montréal, appartient à nul autre qu'au propriétaire du 34 Maplewood, celui-là même qui a fait construire en toute illégalité un muret sur le domaine public. Alors que le délinquant était poursuivi par la ville pour son acte, Tomlinson l’a complaisamment gracié. Mais n'allez surtout pas croire qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de Tomlinson.


Je vous épargne, pour l’instant, de tous ces autres cas d’irrégularités, de passe-droits dans l’octroi ou le suivi de permis, de complaisance électoraliste, de conflits et d’apparences de conflits d’intérêts que nous avons recensés au fil des trois premières années du mandat de Projet Montréal Outremont. 

Écoutez Tomlinson nous rassurer: «Je peux vous dire que les autres conseillers vont poursuivre leurs travaux en toute transparence. Les Outremontais peuvent compter sur nous pour faire la job». Quand on entend Tomlinson le paternaliste tenter de recoudre un hymen à sa formation politique, dites-nous comment ne pas pouffer de rire ou ne pas sombrer dans le cynisme? 

Avec ce que nous savons aujourd'hui, on comprend que le conseiller de l’opposition avait toutes les raisons du monde d’être exaspéré et indigné. Que n’ont pas fait le maire, ses soubrettes de districts et la directrice de l’arrondissement pour lui mettre des bâtons dans les roues? Pour lui nier ou retarder l’accès aux documents qui lui sont indispensables pour prendre des décisions éclairées dans le cadre de ses fonctions? Combien de fois tout ce beau monde ne s’est-il pas montré de mauvaise foi ? Et cette affaire du commerce du 1142 Van Horne n’a pas fait exception.


Pour conclure plus joyeusement, laissons donc Paul Arcand nous dire ce qu’il pense de la désinformation au sein de Projet Montréal. Cliquez
ICI pour l'entendre. Il a tellement une belle façon de rapporter les faits.