jeudi 5 août 2010

LE DÉCLIN DE L'EMPIRE BOBOV

«Le diable est dans les détails», comme on le dit (trop) souvent. Parlons donc d’un « détail » qui a été discuté lors de la rencontre qui s’est tenue le 23 juillet dernier entre trois conseillers de Projet Montréal et sept citoyens dont j’étais.

Lors de cette réunion, un conseiller de Projet Montréal a affirmé que l’administration n’a jamais quantifié le nombre de fidèles qui fréquentent et qui pourraient se regrouper à la synagogue au cœur du litige. « Nulle part dans les documents officiels soumis pour la demande de dérogation, il n’est mentionné que la synagogue ne compte que 30 fidèles. »

Il a tout à fait raison. Dans les documents dévoilés au public, ce chiffre n'apparait nulle part. Mais, attendez donc une seconde. Est-ce à dire que ces trois dizaines de fidèles, les citoyens les ont tout simplement inventés? Ce chiffre n’est pas tombé du ciel comme des langues de feu. Pour en avoir le cœur net , il n’y a rien comme de retourner aux sources.


Dans une interview accordée à TVA, le 8 juillet 2008, M. Moshe Englander, le promoteur bobov du projet d’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison, confirme au journaliste Yves Poirier de LCN que la synagogue ne compte que 30 fidèles et que seuls les Bobov pourront la fréquenter une fois les travaux d’agrandissement complétés.

Ci-contre: M. Englander prenant la poudre d'escampette après s'être fait prendre en compagnie de M. Fisher, son homme de main qui vandalisait nos affiches invitant les résidents à aller signer le registre d'opposition au projet d'agrandissement, le 29 septembre 2008. Cliquer pour zoomer.

Le 9 juillet 2008, dans un article publié dans The Gazette, M. Englander revient à la charge. Il répète au journaliste Jeff Heinrich que ses congénères ne sont que 30 à fréquenter cette synagogue. Mieux. Il ajoute que la communauté bobov ne connaît aucune croissance. Cela voudrait-il dire que la branche bobov ferait 3,1 fois moins d’enfants que toutes les autres sectes hassidiques de Montréal et du reste du monde? Voilà qui est stupéfiant, voire franchement préoccupant. La dynastie hassidique originaire de Bobowa, cette ville galicienne du sud de la Pologne, traînerait-elle une tare héréditaire qui rendrait ses adeptes moins prolifiques que tous les autres ultra-orthodoxes de la planète? Faudra-t-il faire enquête auprès des 50000 Bobov installés à New York? On le leur demandera si jamais ils viennent pendre la crémaillère avec les membres de leur congrégation montréalaise en déclin.

Revenons à nos 30 fidèles. Déjà le 7 juillet 2008, lors de la première soirée d’information publique sur le projet, c’est exactement le chiffre qu’avait avancé Marlène Schwartz, la conseillère en aménagement qui présentait le document « officiel » d’Union Montréal. Le 29 avril 2010, après la saga judiciaire qui a opposé les résidents de la rue Hutchison au régime du maire Tremblay, Mme Schwartz était à nouveau désignée pour refaire la présentation du projet fortement contesté.

Ce soir-là, à la 32e minute de la séance d’information publique, la conseillère en aménagement du Plateau persiste et signe. « J’ai des informations à l’effet que la semaine, il y a entre 10 et 15 personnes à la synagogue. Le week-end, c’est de 25 à 30 personnes et les jours de grandes fêtes, c’est entre 60 et 70 personnes ».

Entre 60 et 70 personnes les jours de fête, vous dites? Et tous ces gens qui entrent et qui sortent de la synagogue en question (photo ci contre), ce sont des fantômes, peut-être? Cliquer sur la photo pour zoomer.

Quelques minutes plus tard, pressée de questions des citoyens, Mme Schwartz change son fusil d’épaule. Tout à coup, elle ne calcule plus en nombre de « personnes », mais plutôt en nombre de « familles ». On apprend alors qu’il est maintenant question de 25 à 30... familles bobov fréquentant cette synagogue. Petite nuance, tout de même, non?

Puis, poussée dans ses derniers retranchements par l’architecte Benoît Dupuis qui en connaît un bail sur ces questions, Marlène Schwartz a fini par cracher le morceau. « La capacité d’accueil est de... 155 personnes ». Dans la salle de la Fraternité des policiers où se tenait la soirée « d’information », on a entendu gonfler la rumeur de mécontentement. Pour une raison inexplicable, le peuple n’apprécie pas toujours se faire remplir. Le pire, c'est que dans cette histoire, ce n'est pas Mme Schwartz qui est à blâmer pour cette minimisation bien orchestrée des répercussions de l'agrandissement proposé. Les dirigeants hassidiques savent très bien embobiner les élus.

Si bien que les administrations municipales du Plateau, tant Union Montréal que Projet Montréal,
ont pris grand soin de nous donner au dixième de mètre près la hauteur de l’immeuble (8,8 mètres), le retrait du mur arrière (1,5 m), la superficie ajoutée du garde-robe d’entreposage (3,5 m2), du vestiaire et du hall d’entrée (21,1 m2), du sous-sol (45,9 m2), du garage en fond de cour (25,7 m2), mais... pas l’ombre d’un chiffre, ni même une grossière approximation sur l’achalandage du lieu de prière.

On comprend aujourd’hui pourquoi les autorités municipales avaient « omis » de mentionner les chiffres dans leurs documents « officiels ». Entre 30 fidèles et 155 personnes, il y a tout un monde qu’il leur fallait taire pour faire gober aux résidents de la rue Hutchison qu’il n’y avait absolument pas lieu de se préoccuper d’une augmentation d’achalandage. Après tout, l’écart entre ce qu’on a tenté de nous faire croire et l’affluence à venir n’est que du cinq pour un!

En passant, expliquez-nous une chose. Si l’idée originale des dirigeants hassidiques était de contenir le nombre de leurs ouailles à une trentaine de dévots, pourquoi M. Mayer Feig et les autres promoteurs du projet ont-ils d’abord déposé un projet plus ambitieux, plus volumineux et qui ne respectait pas « le caractère résidentiel du bâti environnant » comme l’indique le projet actuellement sur la table?

Pourquoi, du même coup, avoir voulu faire percer une deuxième porte d’entrée en façade puisque 60 ans d’usage auraient dû suffire à prouver qu’une seule porte faisait amplement l’affaire... surtout quand on nous parle que d’un achalandage de « 10 à 15 personnes durant la semaine et de 25 à 30 pendant les week-ends »? Et pourquoi M. Englander a-t-il dit dans son entrevue à The Gazette que « more people doesn’t mean more traffic »? Les cœurs sont insondables, mais les langues, les langues, elles, finissent toujours par fourcher.

mardi 27 juillet 2010

LA MAUVAISE CONSEILLÈRE

Vendredi dernier (23 juillet 2010), Richard Bergeron, le chef du parti Projet Montréal conviait des citoyens qui contestent l’agrandissement de la synagogue hassidique du 5363 Hutchison à une rencontre aux bureaux de la 2e opposition, au sous-sol de l’Hôtel de Ville de Montréal.

Flanqué d’Alexander (Alex) Norris, conseiller de la Ville pour le Mile-End et de Richard Ryan, conseiller du district Mile-End, Bergeron a entendu les arguments de sept citoyens du Plateau et de la rue Hutchison qui s’opposent mordicus à cette dérogation. Une dérogation que Projet Montréal — tout comme l’administration précédente d’Union Montréal — souhaite ardemment accorder à la secte ultra-religieuse sur une rue dont le zonage est pourtant strictement résidentiel.

Dans mes prochaines chroniques, j’aborderai les nombreuses questions soulevées lors de cette rencontre de plus de 90 minutes et mettrai en relief les considérations et les questionnements des élus de Projet Montréal, ainsi que les tentatives de compromis qu’ils cherchent à échafauder dans l’espoir de satisfaire au maximum les ultra-religieux sans trop irriter les résidents qui vivent à proximité du lieu de culte.

Dans le cadre de ce premier compte-rendu, je m’attarderai simplement à une remarque qu’a émise Alex Norris à la sortie de cette rencontre.

« Dans 40 ans, prophétise Alex Norris, il y a fort à parier que les hassidim seront majoritaires à Outremont. On n’y peut rien. C’est tout de même moins probable dans le Mile-End. »

Mathématiquement, si chaque hassidim devait effectivement maintenir un taux de fertilité de 6,2 enfants par femme en âge de procréer (voir étude, page 6), cette prédiction pourrait tomber sous le sens.

Alex Norris

Ce qui surprend dans cette déclaration d’un élu municipal qui devrait carburer à la démocratie participative, c’est qu’elle est énoncée sans qu’aucun petit frisson semble lui traverser l’échine une fraction de seconde. Nous comprenons bien qu'une ville, tout comme une société, est en perpétuelle évolution et que son visage change peu à peu. Mais devant un mouvement sectaire, replié volontairement sur lui même, jaloux de son imperméabilité sociale, de sa culture éminemment théocratique et très réfractaire à se soumettre aux lois et règlements votés par l’ensemble des représentants des citoyens, cette absence d’état d’âme d’un élu nous apparaît à tout le moins troublante.

Et ce « On n’y peut rien » qu'il laisse tomber comme par une fatalité inéluctable s’avère aussi effarant que perturbant. La fatalité est certainement la pire des conseillères. Elle démobilise et invite, au mieux, à baisser les bras.

Comment ça, on n’y peut rien? De la part d’un ancien journaliste chevronné et combattif comme il l’a maintes fois prouvé, on reste bouche bée, voire sonné.

Peut-être pourrions-nous lui suggérer de commencer par le commencement, c’est à dire s’atteler à faire appliquer les lois et les règlements municipaux de façon stricte et sans passe-droits pour les intégristes qui grignotent et sapent graduellement et sans relâche les bases mêmes de notre démocratie et notre voisinage. Il sera toujours temps, par la suite, de distribuer les bonbons dérogatoires.

Pour reprendre les choses en main, Alex, il faudrait se retrousser les manches dès maintenant et, surtout, ne pas attendre que les « Craignant D.ieu » (traduction de l’expression hassidim) se mettent à défier nos autorités politiques, policières et juridiques comme ils le font désormais quotidiennement en Israël avec la conviction de détenir la vérité divine.

Toutes les institutions israéliennes et les entreprises privées qui ne répondent pas aux normes de l'ultraorthodoxie sont conspuées violemment par les 10% d'intégristes religieux. Nous reviendrons bientôt sur la rébellion tous azimuts des hassidim d'Israël.

Une des raisons qui explique le vent de fronde grandissant des ultraorthodoxes est le laxisme et la mollesse des autorités israéliennes à leur endroit.
Depuis la création d'Israël,
tous les gouvernements successifs ont été permissifs et se sont pliés aux exigences toujours plus grandes des religieux. On voit aujourd'hui le triste résultat de ce laisser-faire en Israël.

Chez nous, les gouvernements tireront-ils des leçons de l'exemple israélien? Prendront-ils enfin le taureau par les cornes ou se mettront-ils la tête dans le sable en se croisant les doigts pour qu'un climat de révolte sociale ne vienne empoisonner la vie de nos quartiers?


Faut-il voir le germe du racisme chaque fois qu'un citoyen cherche à défendre la société laïque que nous nous sommes efforcés d’édifier depuis 60 ans? Serait-ce une gifle assénée aux survivants de l’holocauste et à leurs descendants que d’exiger que tous les citoyens se conforment minimalement aux normes et aux lois votées par l’ensemble de la population?

Alex, s’il n’était pas décédé il y a deux ans, vous auriez pu poser la question à Yossef (Tommy) Lapid, ce rescapé de la Shoah devenu journaliste, puis ministre de la Justice au sein du Shinouï, le parti libéral, centriste et antireligieux d’Avraham Poraz. Oui, oui, ils se disent bel et bien antireligieux en préconisant des mesures comme la suppression des subventions publiques aux religieux. la création d’un mariage civil (toujours interdit), et la légalisation des mariages entre juifs et non-juifs*. Essayez d'imaginer une seule seconde le scandale que déclencherait une loi québécoise qui interdirait les mariages inter-ethniques, inter-linguistiques ou inter-religieux. Nous ne serions pas sortis du bois.

Jetez donc un œil sur le reportage intitulé Israël: Questions interdites Il a été produit au milieu des années 2000 par France 2. Vous y entendrez Avraham Poraz, le ministre de l'Intérieur israélien dire: "Nous ne pouvons pas accepter que des gens choisissent délibérément de ne pas travailler pour passer leur temps à étudier la Torah. Nous devons mettre ces gens au travail et les convaincre de faire moins d'enfants."

Je ne suis pas en train de vous dire que c'est ce qu'il faut préconiser chez nous, Alex. Seulement... cela vous déculpabiliserait peut-être un peu face aux excès fanatiques des intégristes qui s’implantent à tort et à travers même sur votre territoire et... bien plus près de chez vous que vous ne le pensez.

Cliquer sur la photo ci-contre pour visionner le reportage

N.B.: 2 août 2010 - Vous aurez remarqué que quelqu'un s'est vite empressé de retirer d'Internet le reportage de l'émission Un œil sur la planète que j'avais mis en ligne le 27 juillet dernier. Ce reportage avait valu à ses auteurs le prix Golden chest 2004 au festivalinternational de Plovdiv, en Bulgarie. Ce n'est peut-être pas pour rien que le reportage s'intitulait... Israël: questions interdites !!!



*
Talmud, Eben Haezar 44, 8: Sont nuls, les mariages entre les goyim et les juifs.

dimanche 18 juillet 2010

LA SAINTE ARNAQUE

Vous souvenez -vous de la levée de boucliers qu’avait suscitée l’annonce faite par Gérald Tremblay, le 18 octobre 2006?

Ce jour-là, sans que la moindre consultation publique ait été tenue, le maire de Montréal avait décrété que l’avenue du Parc deviendrait rouge. Elle s’appellerait l’avenue Robert Bourassa.
Aujourd’hui, à la vitesse impressionnante à laquelle les ultrareligieux envahissent cette artère majeure de la ville, parions que l'avenue du Parc sera bientôt rebaptisée Theocracy Avenue ou, loi 101 oblige, l’Avenue du Pa...ssage de la mer Rouge. Tout cela confirme bien l'explosion anarchique du nombre de lieux de culte de toutes confessions que relatait Le Devoir du 12 août 2009.

Dans notre dernière chronique du 3 juillet 2010, nous vous faisions découvrir un lieu de culte
hassidique qui nous était jusqu'alors inconnu. Eh! bien. À peine deux semaines plus tard, un autre citoyen du Mile-End nous a alertés à la suite de nouveaux travaux qui se déroulent dans la ruelle ouest de l'avenue du Parc, entre Bernard et Van Horne. Cela nous force déjà à réviser à la hausse le nombre de synagogues intégristes squattant le Mile-End. Nous en sommes désormais à au moins 24 lieux de culte hassidiques sur moins d'un kilomètre carré, à cheval entre Le Plateau et Outremont.

Aux six derniers lieux de culte ultraorthodoxes à avoir récemment été identifiés dans l'arrondissement du Plateau Mont-Royal, il faut désormais ajouter deux nouvelles adresses marquées du sceau de la sainteté rabbinique.

Commençons par l'immeuble du 5870 avenue du Parc.

Le papier collant placé dans les vitrines de façade est probablement destiné à dissimuler les activités illégales des ultrareligieux. Cette pratique d'obstruction des vitrines est pratiquement devenue une marque de commerce. À tel point que cela ne dupe plus que ceux qui préfèrent ne pas savoir ce qui se trame à l'intérieur.


Par les interstices, toutefois, impossible de rater les livres sacrés ouverts sur les longues tables alignées. Les affichettes en yiddish punaisées sur les murs de gypse viennent confirmer que nous ne nous trouvons pas en présence d’un temple bouddhiste.







Cliquer sur la photo ci-contre pour accéder à la visite guidée de cette nouvelle synagogue






Le nouveau plat de résistance hassidique se concocte aujourd'hui dans les rez-de-chaussée et les sous-sols des deux triplex portant les adresses civiques 5896 à 5906 avenue du Parc.


En façade, c'est le calme plat. Rien n'y parait. Il faut avoir l'œil fin pour remarquer le permis de construction affiché au bas d'une des fenêtres de façade.

Mais si vous faites une marche de santé dans la ruelle derrière les deux immeubles, le secret est rapidement éventé.

Monsieur Jacob Spira, un membre de la communauté hassidique, a demandé et obtenu des autorités du Plateau Mont-Royal de réunir les comptes fonciers des deux triplex et d'aménager un "centre communautaire" en fusionnant les rez-de-chaussée et les sous-sols des deux triplex mitoyens.

L'annexion progressive et en douce d'immeubles mitoyens comme ceux-ci. N'est-ce pas ce qui s'est produit sur la rue Jeanne-Mance et ce qui risque fort de se produire dans quelques années à la synagogue du 5363 Hutchison qui cherche, elle aussi, à prendre de l'expansion?

Comme si cela ne suffisait pas, le permis donne le droit à M. Spira d'agrandir le bâtiment de près de 1 100 pieds carrés par l'arrière. C'est une méchante synagogue d'ultrareligieux qui est en train d'être implantée dans un endroit où le zonage l'interdit spécifiquement.

L'histoire ne dit pas encore si les autorités du Plateau font exprès de se fermer les yeux ou s'ils sont tout simplement naïfs. Une chose est certaine, cependant, les dirigeants hassidiques sont des virtuoses pour contourner les embuches du zonage et hypnotiser les élus et les fonctionnaires municipaux.
Après étude des expériences passées, le jeu des dirigeants hassidiques est très clair. Avant d'aller demander un permis (quand ils se donnent la peine d'en demander un!), ils vérifient d'abord de ce que le zonage permet là où ils ont choisi de s'installer.
Si un lieu de culte y est permis, ils feront une demande pour établir une synagogue. Si, par malheur, il est interdit d'y installer une synagogue, mais qu'un centre communautaire y est autorisé, ils appelleront tout simplement leur synagogue un "centre communautaire". Si le zonage permet un restaurant, mais interdit une synagogue ou un centre communautaire, nos bons religieux diront qu'ils installent un restaurant. Si vous vous en souvenez, c'est exactement ce que les dirigeants hassidiques avaient prétendu lorsqu'ils avaient décidé d'implanter leur
synagogue illégale au coin des rues Lajoie et Durocher. Même Alex Werzberger avait avoué qu'ils avaient usé de fausse représentation pour arriver à leurs fins.

Une fois les fenêtres bien givrées, qui donc aura le culot de les prendre en défaut? Il semble qu'il ne soit pas encore au monde l'inspecteur ou l'élu qui aura le toupet d'enfoncer la porte d'entrée pour dénoncer la sainte arnaque.


Comme à l'habitude, seuls quelques citoyens qui en ont ras le pompon de subir les inconvénients des illégalités qui s'accumulent de façon exponentielle monteront au front pour dénoncer à leurs propres frais ce que les autorités ne sont pas foutues de faire. Mais dites-nous... Le respect de la réglementation municipale, n'est-ce pas pourtant une de leurs grandes raisons d'être?


En attendant, la grande artère de Montréal est en voie de connaître le sort qu'a connu
la 14th Avenue de Boro Park, à New York. Un triste sort, s'il en est.

samedi 3 juillet 2010

LE SEPTIÈME CIEL FISCAL

Le 28 avril 2010, nous vous faisions part d'une étude entreprise pour le compte du Conseil interculturel de Montréal. Nous y apprenions que les arrondissements montréalais délivrent trois fois plus de permis d'aménagement de lieux de cultes «minoritaires» par année qu'il y a dix ans. C'était sans compter les innombrables lieux de culte clandestins. L'étude révélait aussi que plusieurs de ces lieux de culte se trouvent dans des bâtiments délabrés et que la plupart du temps, les arrondissements n'envoient pas d'inspecteur.

Il y a quelques semaines, un résident du Mile-End qui requiert l'anonymat nous a fait parvenir des photos d'un immeuble qu'il qualifiait de "suspect et très bizarre" sur la rue Saint-Urbain.

Cliquer sur la fenêtre barricadée ci-contre pour voir plusieurs photos étonnantes de l'immeuble en question

Sur le site du rôle d'évaluation foncière de Montréal, ce citoyen a "pitonné" l'adresse civique de l'immeuble qui l'intriguait.

À son grand étonnement, il a découvert que le duplex du 5124 Saint-Urbain est un lieu de culte hassidique appartenant à la secte Belz.
Quelle ne fut pas notre surprise à nous d'apprendre que notre carte des synagogues intégristes n'était pas à jour.




Ce n'est plus 21, mais au moins 22 lieux de culte hassidiques que l'on recense désormais sur moins d'un kilomètre carré, à cheval entre Le Plateau et Outremont.

Cliquer sur la photo ci-contre pour obtenir le Guide du parfait petit fervent




Avec autant de lieux de culte intégristes dans moins d'un kilomètre carré, les dirigeants hassidiques pourront bientôt battre le record détenu par la monarchie islamiste du royaume d'Arabie saoudite.

À DJedda, par exemple, on dénombre 36 mosquées intégristes dans un seul kilomètre carré. Il faudra aviser le Guinness!

Cliquer sur la photo pour visionner l'émotion d'une journaliste britannique à l'heure de l'appel des muezzins qui chantent en chœur au crépuscule

Tout ça laisse songeur. Vivrait-on ici même, sans le savoir, au milieu du paradis?

Le 30 juin 2010, Radio-Canada a présenté au Téléjournal un reportage de David Gentile. Le journaliste s'est penché sur la question du "Paradis fiscal" dont profitent à plein les lieux de culte de tout acabit qui prolifèrent partout sur l'île de Montréal. Il nous a appris qu'entre 2004 et 2009, le nombre de
bâtiments qui ont pu profité d'une exemption de taxes municipales est passé de 831 à 1169. Cela représente une augmentation de... 41%!

En tout et partout, cette
indulgence à l'endroit des catholiques, protestants, méthodistes, hindouistes, mormons, scientologues, adventistes du septième jour, témoins de Jéhovas, raeliens, musulmans, bouddhistes, juifs, voudouistes et tutti quanti engendrerait un manque à gagner de 69 millions de dollars par an à la métropole. Une bagatelle par ces temps de vaches grasses, ne trouvez-vous pas?

Même le bunker du 5124 Saint-Urbain qui ressemble davantage à un repère de Hell's Angels qu'à un lieu saint est exempté de taxes. C'est d'autant plus étonnant que des résidents du coin rapportent n'y voir pratiquement jamais l'ombre d'un fidèle. Une descente d'inspecteurs municipaux ne serait pas un luxe. À bon entendeur, salut!

Pour visionner le reportage de David Gentile, cliquer sur la madone ci-contre


Dans notre société qui se veut laïque, ne serait-il pas plus que temps de faire un grand ménage au sein de tous ces "lieux de culte" qui nous vendent le 7e ciel à la fin de nos jours alors qu'eux en profitent de leur vivant?

D'ailleurs,
quand on voit l'état lamentable dans lequel se trouvent plusieurs lieux "sacrés", on se demande parfois de quelle façon ils profitent de cette échappatoire. De toute évidence, c'est ailleurs qu'ils réinvestissent (ou dilapident) leur sacrosaint pécule.

dimanche 27 juin 2010

LA FABRIQUE DE BONASSES


Le 3 décembre 2008, Michelle Courchesne, la ministre de l'Éducation, semblait faire le «V » de la Victoire sur les ondes de Radio-Canada.
Grâce à ses talents de négociatrice, les intégristes ultraorthodoxes s'engageaient à respecter — dans quelques années! — le régime pédagogique et la loi sur l'enseignement privé. «C'est, disait-elle, une ouverture de leur part qui n'avait jamais existé avant."

Quant au fameux cours Éthique et culture religieuse (ECR) qu'elle voulait imposer à tous les enfants des écoles québécoises, Michelle Courchesne assurait qu'il n'y aurait pas d'exemption. Le ministère allait opposer une fin de non-recevoir à toute demande de substitution pour un autre cours que formuleraient des écoles privées.

Mme Courchesne rêvait en couleur. Même Pierre Anctil, amicus curiae de la secte hassidique l’avait averti qu'elle perdait son temps à négocier avec les rabbins un contrat qui les engagerait à respecter le nouveau cours. «C'est impensable pour eux d'enseigner Noël ou Pâques. Ils diraient que cela viole leur conscience.» Comme de fait, les ultraorthodoxes ont continué leur petit bonhomme de chemin comme si de rien n’était. Ils ont laissé à d’autres intégristes le soin de contester ce cours non conforme à leur philosophie orthodoxe.

C’est finalement la direction du collège Loyola, une école secondaire privée catholique de l'ouest de Montréal, qui a choisi de contester l’obligation de dispenser le nouveau cours « laïque » devant la Cour supérieure. Le 18 juin 2010, la Cour
supérieure a tranché. (Cliquer ICI pour visionner le reportage de Radio-Canada).

Dans son jugement, le juge
Gérard Dugré a infligé un camouflet à Mme Courchesne en donnant raison au collège Loyola. Ce dernier n’aura pas à donner le cours d'éthique et de culture religieuse tel que l’exige le gouvernement. L’école secondaire pourra donc dispenser le cours ECR avec une perspective catholique. Voilà qui fera plaisir aux intégristes de tout poil.

Est-ce vraiment une catastrophe? Ceux et celles qui prônent la laïcisation complète de l'école et de la société sont-ils sur le bord de l'apoplexie? Ma foi, pas tant que ça. Même que certains poussent un soupir de soulagement.

Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïque québécois, en profite plutôt pour conseiller au gouvernement Charest de sortir carrément la religion des écoles, d'enterrer le cours controversé et de s'atteler à concocter un programme véritablement laïque. Prenez connaissance de sa critique du nouveau cours.

Marie-Michelle Poisson n'est pas la seule de sa gang, mais pour les fins de cette chronique je m'attarderai sur la critique éclairée de la sociologue Joëlle Quérin.


Le 23 juin 2010, Mme Quérin a profité du jugement en faveur de Loyola pour mettre en pièces le cours ECR dans les pages de La Presse.

Cliquer sur la photo ci-contre pour lire l'article

Auteure
d'une étude sur le cours litigieux pour l'Institut de recherche sur le Québec (IRQ), Mme Quentin estime que le
volet éthique du programme ministériel «vise d'abord à faire accepter la diversité des modes de vie alors que le volet culture religieuse se limite à l'examen des manifestations du religieux qui entourent les élèves, et en particulier des pratiques vestimentaires et alimentaires qu'ils sont tenus de respecter et d'accommoder.»

En deux mots, ce n'est rien d'autre qu'un «cathéchisme multiculturaliste pour fabriquer une génération accommodante».

Joëlle Quérin n'en était pas à sa première sortie publique contre le cours débilitant du ministère de l'Éducation. Le 22 mai 2010, elle a prononcé une allocution sur le sujet (cliquer ICI pour lire le texte de l'allocution ou ICI pour l'entendre) dans le cadre d'un colloque
organisé par le Collectif Citoyen pour l'égalité et la laïcité (CCIEL). Elle y vilipendait encore ce cours qui «vise à ce qu'il n’y ait au Québec aucune culture commune, mais plutôt une diversité de cultures, et à ce que la seule chose qui nous unisse au-delà de cette diversité culturelle soit les Chartes des droits et libertés et quelques règles strictement procédurales qui encadrent la vie publique». Bref, le ECR est un véritable hymne à la « laïcité ouverte ».

Ayoye!
Pour être clair, c'est clair. Voici, une fois encore, que nos bons gouvernements font tout pour diluer la société distincte et ne faire de la culture québécoise qu'un élément parmi tant d'autres qui forment la
«mosaïque canadienne».

Vous aimeriez la voir et l'entendre s'exprimer avec conviction? Facile! Cliquez sur les deux photos ci-dessous. Vous ne perdrez pas votre temps.



Entrevue de Joëlle Quérin avec Mario Dumont, le 10 décembre 2009










Joëlle Quérin interviewée sur LCN par Denise Bombardier, le 19 décembre 2009

vendredi 18 juin 2010

LE LAIT MATERNEL MAUDIT

Le 15 juin 2010, Le Devoir nous apprenait que Montréal connaissait le plus faible taux de crimes haineux au pays. Selon Statistiques Canada, en 2008, Montréal avait été le théâtre de 38 des 1036 crimes haineux répertoriés au Canada. C'est 6,3 fois moins qu'à Vancouver ou à Hamilton. Quoi qu'il en soit, cela demeure tout de même 6,3 fois trop.

À l'échelle du pays, pas moins de 55% de ces crimes sont perpétrés contre des citoyens noirs ou d'origine sud-asiatique (Indiens, Pakistanais).
Par ailleurs, 26% des crimes haineux sont motivés par la religion et 16 % par l'orientation sexuelle. Dans les faits, on constate que des personnes de religion juive sont autant victimes de crimes haineux que les gais. Devant ce constat, qui pourra se vanter de vivre dans une société vraiment civilisée?

Heureusement, les statistiques indiquent que Montréal est moins touchée que le reste du Canada. Pourtant - vous me corrigerez si je me trompe -, il me semble qu'au pays, le Québec est pointé du doigt plus souvent qu'à son tour. Quand on lit certains quotidiens anglophones, les Québécois sont souvent décrits comme ayant plus maltraité les Amérindiens que dans le ROC (Rest of Canada). Idem avec les minorités anglophones, juives, etc. À tel point que nos politiciens sont prêts à se battre la coulpe 6,3 fois plus qu'ailleurs dans "le plus meilleur pays du monde".

C'est Pierre Foglia, à mon sens, qui avait le
mieux déploré ce phénomène à la suite l’incendie, en 2005, de la bibliothèque de l’école Tamuld-Torah unis par Sleiman Elmerhebi, un jeune d'origine arabe. Rappelez-vous, c'est cet acte criminel qui avait poussé le gouvernement Charest à offrir 36 millions de dollars pour subventionner des écoles juives privées. Écoutez Foglia:

"Mais bon Dieu, cela reste un incendie dans la bibliothèque d’une école primaire. Pas une bombe dans un autobus. On a pourtant vu défiler sur les lieux le premier ministre du Canada, celui du Québec, le maire de Montréal... Ne manquait que Kofi Annan. Et pour commenter ce fait divers, ils ont tous emprunté au vocabulaire des génocides, ignoble, odieux ont-ils osé dire, tandis que leurs hôtes évoquaient bien entendu l’évidente montée de l’antisémitisme dans l
a société québécoise... T’imagines si on était tombé sur un réseau de terroristes? Pour le coup, on aurait financé à 100 % les universités de Tel-Aviv."

Deux ans plus tôt, c'était Ghila Sroka, directrice de La Tribune Juive
qui se vidait le coeur en affirmant:

"
Montréal est une ville fasciste et totalitaire où il est de bon ton de s’affirmer et de s’affirmer antisémite". Elle déplorait la montée dans la métropole "d’un nationalisme teinté de fascisme ecclésiastique... courant porté par le triumvirat de la haine que forment les universités, les médias et les syndicats... lieux d’épanouissement d’une judéophobie perverse entretenue par les ennemis d’Israël et des juifs".

Cette fois-là, notre réputation avait été sauvée par François Cardinal et Pierre Bourgault qui l'avait ramassée d'aplomb da
ns sa chronique du Journal de Montréal.

En 2007, c'est Claude Jasmin qui s'est fait traiter d'antisémite après avoir publié une lettre dans un journal local et dans laquelle il décriait l'auto-ghettoïsation des hassidim. Cela lui avait coûté sa candidature péquiste dans la circonscription d'Outremont.


Je ne sais pas ce que le Québec a fait pour que cette étiquette lui colle à la peau comme une honteuse étoile jaune.

Parfois, je me demande si c'est la faute aux Cyniques qui ont joué dans le film IXE-13, du cinéaste Jacques Godbout.

Cliquer sur la photo pour visionner le
film humoristique de Godbout réalisé en 1971



Ça fait pourtant longtemps qu'Adrien Arcand porte l'arme à gauche. C'est sans compter que le fasciste antisémite avait surtout connu la notoriété dans le reste du Canada!

Quoi qu'il en soit, il semble bien que ce n'est pas demain que les choses vont s'arranger. Les accusations d'islamophobie, de racisme, de chauvinisme et d'antisémitisme risquent, au contraire, de se multiplier. Comme l'écrivait Mario Roy dans La Presse du 22 mai 2010, "les dieux gagnent rapidement du terrain, en particulier ceux qui aiment davantage l'intégrisme que la tolérance."

Le dernier acte antisémite dont nous avons eu connaissance se serait produit le 21 mars dernier, dans une synagogue de la rue Durocher, à Outremont.

Quelqu'un se serait introduit durant la nuit par une fenêtre à l'arrière de la synagogue et aurait dessiné deux croix gammées sur l'autel de la synagogue.

Le geste est grossier et dégradant. Dans cette histoire, toutefois, un fait surprend. À en croire les journaux locaux, le ou les malfaiteurs se seraient "contentés" de tracer les deux swastikas avant de filer. Ils n'ont rien saccagé, rien brûlé, rien détruit. Ils n'ont même pas dérobé les boîtes d'aumônes suspendues au mur! Cela est si étonnant que sur le site du journal Vos iz Neias? certains commentateurs se demandent si ce ne serait pas quelqu'un de la communauté hassidique qui aurait pu faire le coup.

Commentateur # 3 : willing to bet that it was an insider(meesheloonee)
Commentateur # 4 : I think you're going too far, I hope you're wrong.
Commentateur # 5 : Its so funny my wife just said the same thing.


En apprenant dans le journal de la communauté juive que le méfait aurait été perpétré avec un marqueur noir se trouvant dans un étui de tefilin, le commentaire de Gefilte Fish (# 8) laisse plus songeur encore: Which goy knows to look in tfilin bags for markers? #3 might have a point. (Quel non-juif pouvait savoir qu'un étui de tefilin renferme des marqueurs?)

Le malaise s'amplifie, mais cela n'empêche pas certains commentaires antiquébécois de s'afficher au grand jour. Selon le commentateur # 6, " Anti-Semitism and Montreal are almost synonymous!... Yidden in Montreal are at the mercy of the "authorities" who nod and wink to these punks and gangsters!

La palme revient à Yoine Cohen, le commentateur # 9. Selon lui, l'antisémitisme des francophones leur est transmis par le lait maternel! Il écrit: Montrealers love hockey and hate Jews! ... Any country that has any sort of Nationalism must by force of history have Anti Semitism as its central program. Yes of course the Frenchies (Francaphones - there you have it! I know the stupid terms) hide their hate under all kinds of masks. But they get it with their mother's milk each and every one of them. I don't know French but I do know how to curse a Jew in French. "mudz taabarneck juives vozetz en cheien" and if my spelling is wrong ... phew the Francois

Comme quoi, en fait de racisme pur et dur, je ne connais pas une seule communauté qui puisse faire de remontrances aux autres.


Trêve de grossièretés. On peut toujours espérer que le ou les profanateurs se fassent épingler. En revanche, même en l'absence de preuves, on peut craindre que l'incident soit officiellement comptabilisé dans la colonne des crimes haineux de la cuvée 2010. On pourra très certainement compter sur Mayer Feig pour le rappeler aux fonctionnaires de Statistiques Canada.

M. Feig était
d'ailleurs furieux que les grands quotidiens de Montréal n'aient pas fait leurs choux gras de cet incident. Il n'a pas perdu de temps à le faire savoir à Thomas Mulcair, le député NPD d'Outremont qui a publié un communiqué de presse et une déclaration d'indignation personnalisée qui était erronée sur les faits. Tout ça, sans même savoir si le vandalisme était le fruit pourri de l'antisémitisme ou d'un acte perpétré à l'interne.
Cliquer sur la photo de M. Mulcair pour prendre connaissance du contenu des deux documents

Certains se sont demandé si M. Feig n'avait pas besoin d'un tel évènement pour faire oublier les récentes accusations de contrebande d'alcool portées contre la synagogue située au 6019 Durocher. Nous ne le saurons probablement jamais.


Pour dédramatiser la chose, sans toutefois la banaliser, il est tout de même stupéfiant d'apprendre que dans ce lieu sacré, les malfrats n'ont trouvé rien de mieux à subtiliser que de vulgaires paquets de... cigarettes! Après l'alcool, certains se seraient-ils recyclés dans les cigarettes? Ah! la diversification. Y'a rien de mieux pour le business,

Sur la photo ci-contre, dix jours après le dépôt des accusations formelles, le trafic d'alcool semble continuer d'être florissant. Cliquer sur la photo pour d'autres images


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3 JUILLET 2010: NOUVELLE TROUBLANTE DIFFUSÉE SUR LA CHAÎNE NEWS 4 DE WASHINGTON

Une étudiante juive habitant sur le campus de l'Université George Washington a affirmé avoir été victime d'une attaque antisémite. Elle avait appelé les autorités policières après avoir trouvé des croix gammées sur la porte de sa chambre. Interrogée par le FBI, elle a fini par avouer être l'auteure du méfait.

Malheureusement, le FBI n'a pas juridiction à Outremont!


Pour visionner le reportage, cliquer sur la photo

mardi 8 juin 2010

LA RUMEUR

Certains d'entre vous se souviendront de la rumeur qui a commencé à courir à Outremont et sur le Plateau au début du mois de mai 2007. Les mauvaises langues laissaient entendre que le restaurant La Grand-Mère Poule de la rue Bernard avait été acheté par la communauté hassidique pour être transformé en synagogue.

Le ragot a pris tellement d'ampleur que le
20 juin 2007, le sujet a rebondi jusque sur la table de la salle du conseil de l'Hôtel de Ville d'Outremont où se tenait la réunion de la fameuse commission sur les relations intercommunautaires.

Dans le cadre de cette réunion à huis clos à laquelle siégeaient les très respectables Louis Moffatt, Jean-Claude Patenaude, Yves Mailhot, Pierre Chapuis, Michael Rosenberg et Alex Werzberger, certains membres n'ont pu s'empêcher de soulever la question.

S'adressant à Michael Rosenberg et à Alex Werzberger (les deux dignitaires hassidiques trônant à la table), quelques membres ont demandé si c'était vrai que la Mère Poule allait être convertie en synagogue.

À l'unisson, sans ciller des yeux, les deux dirigeants de la secte hassidique ont été formels: "Cette rumeur n'est nullement fondée". Cliquer ICI pour lire l'extrait du compte-rendu secret de la réunion du 20 juin et la correction ajoutée le 19 septembre 2007.

Interviewé trois jours plus tôt par L'Express d'Outremont, Alex Werzberger a évité de dire si le nouvel acheteur était ou non un membre de la communauté juive. "J'ai entendu une rumeur... J'ai entendu un nom, mais je ne peux pas dire c'est qui parce que c'est une rumeur." Et il ajoute ne pas savoir qui pourrait fournir de l'information sur l'identité de la personne présumée et ses intentions.

Voilà qui aurait dû rassurer tout le monde. Sauf que...

... en examinant l'acte de vente de la Grand-Mère Poule du 2 mai 2007, on apprend que l'acheteur du restaurant qui nous servait des œufs bénédictine est une compagnie à numéro représentée par M. Aaron Drazin.


Qui est Aaron Drazin? Il est le président de la firme Les Immeubles Crest qui possède et gère quelques millions de pieds carrés d’immeubles dans la région du grand Montréal. M. Drazin fait partie d'une famille qui, depuis plus de cent ans, fait figure de proue dans le domaine immobilier à Montréal.

Cliquer sur le document ci-contre
pour consulter l'acte de vente



Imaginez-vous que par le plus grand des hasards, Michael Rosenberg connait la famille Drazin depuis des lustres.


Le hasard fait d'ailleurs si bien les
choses qu'à peine un an plus tard, soit le 14 août 2008, Aaron Drazin achetait avec Michael Rosenberg le duplex délabré des 6220 - 6222 Hutchison par le truchement des Investissesments Plaza Vanpark Inc. Outre les noms de Michael et Martin Rosenberg, ceux des Aaron et Sam Drazin figurent à l'acte d'achat du duplex.

Cliquer sur le document ci-contre pour consulter l'acte d'achat

Vous auriez peut-être envie de me dire que le fait que Michael Rosenberg et Aaron Drazin aient acheté ensemble un petit duplex miteux un an après que ce dernier ait acquis la Mère Poule ne prouve pas que les deux hommes sont comme cul et chemise. Et vous auriez tout à fait raison de le faire remarquer. Aussi, creusons un peu.

Un des joyaux de l'empire immobilier de Michael Rosenberg est sans doute l'hôtel Crowne Plaza Montréal de l'aéroport Trudeau. Or devinez qui s'occupe des opportunités de location et de développement du Crowne Plaza. Et oui! Aaron, ainsi que Louis Drazin, un autre membre de la famille.

cliquer sur la photo ci-contre

Ça ne vous dit toujours pas depuis combien de temps les deux familles se connaissent intimement.

Pour en avoir le cœur net, il aura simplement fallu faire marcher nos doigts sur le site des décisions des tribunaux du Québec et de prendre connaissance de
la cause Russel Metals Inc contre Rosdev Development Inc. et Louis Drazin.

Les curieux qui auront envie de dévorer ce jugement de la Cour supérieure du Québec ne resteront pas sur leur faim. Ils y apprendront que pour récupérer indument une somme de 150,000 $ placés dans un compte en fidéicommis, Michael Rosenberg, le président de Rosdev n'a pas d'états d'âme particuliers et encore moins de scrupules.

Quoi qu'il en soit, à la page 34 du jugement rendu le 11 décembre 2001 par l'honorable juge Louis Crête, il est prouvé que Michael Rosenberg et Louis Drazin se connaissent depuis environ 1986 et que les familles Rosenberg et Drazin ont des intérêts financiers communs importants.

Avouez que le monde est petit. Si petit, en fait, qu'on pourrait presque dire qu'il est incestueux.

Alors, dites-moi. Les choses étant ce qu'elles sont, croyez-vous encore que nos deux dirigeants de la secte hassidique ont été de bonne foi à l'égard de leurs collègues de la commission
lorsqu'ils ont réfuté la rumeur, le 20 juin 2007? Pensez-vous toujours que Michael Rosenberg et Alex Werzberger n'étaient pas de mèche avec les acheteurs de votre ex petit resto du dimanche matin sacrifié sur l'autel de l'intégrisme? Quand on repense que dans L'Express d'Outremont, Werzberger est allé jusqu'à dire qu'il ne saurait pas qui pourrait nous donner de l'information sur l'acheteur présumé, disons qu'il est gonflé. Arrêtez-le, quelqu'un! On n'a pas encore de poignée dans le dos.

Si vous voulez mon avis, à côté d'eux, les arracheurs de dents ressemblent à des poupons angéliques avec de grands yeux de blanchons.

Pour en avoir la preuve, cliquez sur la photo ci-contre. Vous découvrirez que derrière le papier Kraft qui tapisse les fenêtres de l'ancien restaurant depuis près de trois ans, cette autre école-synagogue talmudique est un incubateur, voire une véritable couveuse à rabbins.

De fait, lors d'une récente descente, les inspecteurs du Plateau Mont-Royal y ont découvert une "école d'enseignement spécialisé". Comprenez qu'il s'agit d'une école ultrareligieuse. Cette "yeshiva" fonctionne évidemment sans permis du ministère de l'Éducation. Mieux. Les fondamentalistes religieux n'ont même pas cru bon demander un certificat d'occupation et un permis de transformation des lieux.

Parions que les autorités municipales les leur accorderont avec un grand sourire serviable malgré les nombreuses infractions aux règlements et le fait que ce coin du Mile-End est devenu une véritable termitière religieuse.
C'est à croire qu'il y a des quotas d'implantation pour tous les types de commerces et d'institutions... sauf pour les écoles clandestines et les lieux de culte intégristes. Quelqu'un finira-t-il par se réveiller à l'Hôtel de Ville?