vendredi 9 octobre 2015

LA FIN DE LA HAINE


Ce que j’ai toujours apprécié chez Lise Ravary, c’est son sens inné de la mesure. Que voilà une femme éprise de justice naturelle et d’équité. Les yeux bandés et la balance à fléau tenue à bout de bras, je la verrais bien dégommer la Lady Justice qui trône devant l’édifice de la Cour suprême.

Lise Ravary à l'émission Second Regard

Je ne lui reproche pas du tout sa prise de position contre la motion unanime de l’Assemblée nationale sur l’islamophobie. Au contraire. Comme elle et Charb, le regretté directeur de Charlie Hebdo qu’elle cite dans sa chronique du 3 octobre dernier, je trouve que le terme «islamophobie» est tout à fait abusif puisqu’il stigmatise l’ensemble des musulmans au lieu des seuls barbus fanatiques.

Ce qui me fait tiquer, c’est le reste de sa chronique. Ça accroche d’abord lorsqu’elle interprète la dernière enquête de Statistique Canada (2013) sur les crimes haineux.

Ravary affirme que la majorité des crimes haineux continue de viser «les Juifs et les Noirs». C’est sûrement par simple habitude de ranger les noms par ordre alphabétique que l’auteure de Pourquoi moi? Ma vie chez les Juifs hassidiques a placé les juifs devant les noirs.

Le Québec a le dos large, mais quand on se compare, on se console.

Dans les faits, non seulement les noirs et les homosexuels ont été victimes de plus de crimes haineux (respectivement 255 et 186) que les juifs (181), mais on observe que les deux premiers groupes ont essuyé beaucoup plus de violence physique que le troisième groupe. Alors que 66 % des homosexuels victimes de crimes haineux et 34 % des noirs dans le même cas ont été meurtris dans leurs chairs, 18 % des victimes juives ont été malmenées. C’est 18 % de trop, certes, mais un petit peu moins dramatique, tout de même. Entre une quenelle et un coup de poing sur la gueule, je sais ce que je choisirais.

On dira qu’en proportion de leur nombre, les juifs sont davantage visés. Je le concède, mais peut-être faudrait-il aussi considérer que les communautés juives sont beaucoup mieux organisées, leurs membres plus sensibilisés et beaucoup plus encouragés à porter plainte.

On le sait, partout où des organismes œuvrent pour que des gens dénoncent des situations abusives, leur nombre augmente sensiblement. À titre d’exemple, sans cette prise en charge, jamais nous n’aurions vu la courbe des cas d’agressions sexuelles augmenter comme cela s’est produit au cours des dernières décennies. À moins que l’on prétende aujourd’hui qu’il y a une hausse exponentielle des cas d’agressions sexuelles ou d’inceste comparativement à il y a 50 ans?

Dans cette même chronique Lise Ravary ne décèle pas de haine envers les musulmans. Elle est catégorique. «De l’inconfort, de l’ignorance, de l’intolérance, de la peur, sans doute. Mais de la haine? Foutaise.» Elle pose alors une question tout à fait pertinente : «Pourquoi “islamophobie” au lieu de racisme?». La chroniqueuse laisse alors Charb répondre pour elle. «Les militants communautaristes qui essaient d’imposer aux autorités judiciaires et politiques la notion d’“islamophobie” n’ont pas d’autre but que de pousser les victimes de racisme à s’affirmer musulmanes

Ma foi du Bon Dieu, Lise. Si je te suis dans ton raisonnement, tu es en train de nous annoncer la fin de la raison d'être d'Adil Charkaoui et du B'nai B'rith. Fini l’islamophobie. Fini l’antisémitisme. Fini la haine. Il ne nous restera plus que le racisme à combattre. Youe! Houe!

samedi 19 septembre 2015

LES SYRIENS D'ABRAHAM



Comme ça, Philippe et Suzanne vont accueillir une famille de réfugiés syriens au Lac-Saint-Jean. Couillard a vraiment le cœur sur la main. «Ça va [nous] permettre d'être un peu aux premières loges pour voir l'évolution de ces dossiers-là», lance-t-il. Dites-moi que je rêve. Il parle comme s’il venait de s’offrir une loge à 35 000 $ au Centre Vidéotron qu’il a inauguré à Québec le même jour. A-t-il vraiment besoin de payer les dépenses de logement, de nourriture et de vêtements d’une famille en détresse pour être capable de suivre la «game»? Ça m’inquiète.

Philippe Couillard à l'inauguration du Centre Vidéotron, le 8 septembre 2015

Remarquez que ça ne serait peut-être pas une mauvaise chose qu’il voit personnellement à ce que «ses réfugiés à lui» apprennent le français, trouvent un emploi et inscrivent leurs enfants à de vraies écoles.

Il semble, cependant, ne pas réaliser qu’il a déjà chez lui des réfugiés bien mal en point. Rescapés in extremis d’une guerre aussi abjecte qu’effroyable, les ultraorthodoxes se sont échoués sur nos côtes il y a plus de six décennies. Après tout ce temps, la très vaste majorité des hommes ne parlent toujours pas le français, plusieurs travaillent s’ils ne sont pas trop occupés à étudier la torah et confinent leurs enfants à des «écoles» ségréguées où Yahvé règne sans partage. Sept heures par jour, six jours par semaine, on leur apprend qu’il y a 6000 ans, au sixième jour de la création, Dieu a placé les dinosaures et les hommes sur terre. Les mathématiques, l’histoire et les sciences? C’est juste bon pour les goys!

Si j’étais Philippe Couillard, j’inviterais François Blais à adopter une famille hassidique. Plutôt que de se scandaliser de voir des enfants québécois être initiés sereinement à la vie démocratique en faisant une chaîne humaine avec papa-maman autour de leurs écoles, on se serait attendu à ce que le ministre de l’Éducation s’indigne outrageusement à la vue de gamins lobotomisés par un régime sectaire dont le dessein est de s’assurer de les garder dépendants de leurs gourous.



Dans un beau CPE de la province, le premier ministre vantait la générosité des Québécois lors des tragédies humanitaires. Il ne pouvait même pas imaginer les dangers que couraient encore récemment les petits hassidim de la garderie du 5614 Avenue du Parc.

Depuis neuf ans, tous les ministres de l’Éducation du Québec ont juré de mettre les récalcitrants au pas. Hélas! à ce jour, ils ont tous fait chou blanc. (lire La contre-attaque des sacrifiés)
 

En 2014, Yves Bolduc a bien bidouillé une entente avec une école illégale en transférant par magie l'éducation des enfants de la secte à leurs parents qui sont aussi démunis qu'eux. Ce qui était écrit dans le ciel est resté un vœu pieux. Il y a dix jours, Radio-Canada nous confirmait ce dont nous nous doutions déjà. Après presque un an, rien n’a été fait en ce sens.

C’est sans parler de toutes ces écoles opérées sans permis du ministère de l’Éducation qui sont régulièrement débusquées à Montréal et ailleurs en province.


Pour mal faire, aujourd’hui même, TVA nous rapporte le cas d’une énième école opérant en toute impunité alors qu’elle ne détient aucun permis du ministère de l’Éducation.

Une autre école illégale dénichée aujourd'hui même dans l'édifice Bovril

De nombreux enfants hassidiques y ont été filmés dans leurs classes alors même que l’immeuble Bovril situé au coin de Van Horne et avenue du Parc subit des travaux majeurs. 

Le jeu politique est tel, qu’aucun parti, aucun gouvernement n’a suffisamment de cran pour appliquer ses beaux principes humanitaires lorsque l’objectif ultime est de prendre ou de conserver le pouvoir. Même quand on sait que les sectes hassidiques au Canada ne comptent que pour 0,1 % de la population, tous les politiciens s’écrasent.
 
Les lobbys hassidiques s’insinuent partout… pour s’assurer, entre autres choses, qu’on ne touche pas à la ségrégation subventionnée et aux privilèges qu’ils veulent préserver, légaux ou non!

Aux petits soins! Jean Charest, en compagnie d’Israel Lowen, un dirigeant de la secte controversée de Boisbriand; le lobbyiste Mayer Feig lors du lancement de la campagne 2013 de Philippe Couillard, à Outremont

Ce qui était vrai à l’époque où Jean Charest avait fait des pieds et les mains pour subventionner à 100 % les écoles ethniques l’est tout autant aujourd’hui sous Philippe Couillard. À leur décharge, il faut bien dire que partout où les sectes hassidiques s’installent, les problèmes sont étrangement identiques et les politiciens, tout aussi avides du vote en bloc qu’elles leur procurent.

À New York, il semble qu’il ne faudra pas trop compter sur le maire Bill de Blasio pour faire respecter le cursus obligatoire au sein des écoles hassidiques délinquantes. Lors de son élection, en 2013, il s’est assuré le soutien de la moitié de la communauté Satmar. De plus, les hauts responsables de la ville et de l’état ont embauché des conseillers hassidiques.

Le directeur adjoint du maire de Blasio aux affaires intergouvernementales est Avi Fink, un résident orthodoxe de Queens. Letitia James, le Défenseur public (Public Advocate) a embauché Yoel Lefkowitz, un Satmar de Williamsburg à titre de coordinateur de sensibilisation communautaire. L’agent de liaison du gouverneur Andrew Cuomo est David Lobl, également un juif orthodoxe.

Dans l’état de New York, les George Pataki, Hillary Clinton, Sheldon Silver, Mario et Andrew Cuomo et autres politiciens ambitieux font tous religieusement escale à Kiryas Joel, pourtant le bled le plus pauvre des États-Unis. Élections obligent, ils veulent tous engranger le vote en bloc des 23 000 habitants de cette ville-ghetto où seuls les disciples du rabbin Aaron Teitelbaum qui lui versent un tribut ont droit de s’y établir.

Les gouverneurs Mario et Andrew Cuomo (père et fils) savent parfaitement ce qu’il faut faire pour engranger les votes ultraorthodoxes de l'état de New York.

Durant son règne (1983 à 1994), alors même que la Cour suprême avait rejeté la création d’un district scolaire pour l’enclave sectaire, le gouverneur Mario Cuomo a mis toute la gomme pour que soit remaniée une nouvelle législation qui a finalement permis à la secte d’obtenir son propre district scolaire. Pourtant, là comme ailleurs, de nombreuses écoles hassidiques refusent obstinément d’enseigner les matières séculières. Il est tout à fait ironique de voir Mario Cuomo (visionner le court vidéo), en pleine campagne électorale (14 octobre 1990) remercier chaleureusement le rabbin loubavitch «for all you do for education».

À New York, toutefois, tous ne font pas dans la flagornerie. Mme Marci A. Hamilton, présidente de la Chaire Paul R. Verkuil en droit public de l’école de droit Benjamin Cardozo, dénonce les risques que courent les enfants dans les communautés juives ultra-orthodoxes. Elle blâme en bonne partie les autorités fédérales, étatiques et locales qui, tout en étant pleinement conscientes de ce qui se passe, détournent le regard au profit de gains électoraux. Mme Hamilton les accuse d'avoir manqué à leur devoir de les protéger.

La professeure Marci A. Hamilton blâme en bonne partie les autorités fédérales, étatiques et locales qui, tout en étant pleinement conscientes de ce qui se passe, détournent le regard

Outre les problèmes d’abus sexuels et de santé découlant de la situation qu’ils subissent, la professeure de l’Université Yeshiva analyse les répercussions des carences éducationnelles sur ces enfants. Elle considère qu’ils sont profondément handicapés. «Les enfants de ces communautés sont pratiquement murés du monde extérieur et ceux qui choisissent de quitter souffrent cruellement de leur manque d’éducation.»

Le tableau que brosse Mme Hamilton est absolument consternant. Mais faut-il désespérer pour autant?

Un politicien a publiquement plaidé en faveur d’une véritable enquête à l’encontre des quelques 40 écoles hassidiques de New York qui n’offrent pas à leurs élèves un enseignement équivalant à celui du secteur public.


Daniel Dromm, conseiller municipal de New York,  plaide en faveur d’une véritable enquête à l’encontre des 40 écoles hassidiques qui n’offriraient pas une éducation digne de ce nom.

Contrairement au département de l’éducation de New York qui se contenterait de demander à ces écoles de fournir les documents tels les horaires et les plans de cours des yeshivas en cause pour déterminer si elles sont conformes à la loi, Daniel Dromm exigerait plutôt  que les inspecteurs se rendent dans ces écoles, qu'ils rencontrent les élèves et qu'ils fassent une enquête approfondie sur ce qui se passe exactement dans ces écoles. Le conseiller municipal qui préside le Comité sur l'éducation de la ville de New York, se dit prêt à de mener sa propre enquête s’il n’est pas satisfait et à exiger des audiences publiques. 

Ce n'est peut-être pas être demain qu’on verra un conseiller municipal exiger la même chose à Montréal. Surtout quand je pense qu’il y a quelques années à peine, Lionel Perez était membre de l’exécutif de l’école Yeshiva Gedola, une des fameuses écoles qui ne respectaient pas le régime pédagogique du ministère de l'Éducation. 

Aujourd’hui, M. Perez est le conseiller de la Ville dans l’équipe Coderre. Bien sûr, le membre du comité exécutif et Responsable de la démocratie et des relations gouvernementales a perdu des alliés en les personnes de Michael Appelbaum et Saulie Zajdel, mais il ne manque pas de ressources, ni de poids dans la communauté intégriste. 

Lionel Perez prenant la parole à l'hôtel de ville de Montréal

Vous souvenez-vous combien Lionel était fier d’être à la première pelletée de terre du Torah and Vocational Institute of Montreal (TAV)  qui prévoyait offrir des programmes universitaires complets sur une base de discrimination religieuse, sexuelle et linguistique? Non, je pense qu'on va devoir tenter de convaincre quelqu'un d'autre de sauver les enfants! 

On va demander à Mindy Pollak, tiens! Je suis sûr que la conseillère hassidique de Projet Montréal ne fermera pas les yeux devant les carences éducationnelles que subissent trop de jeunes sans défense de sa propre communauté.
 
Mindy Pollak, le pantin des autorités sectaires d'Outremont et du Plateau Mont-Royal.

mercredi 19 août 2015

DES MONOLOGUES DU VAGIN AUX MONOLOGUES DU RABBIN?


Depuis de nombreuses années, l’immeuble du 1290, avenue Bernard fait parler de lui, tout comme son propriétaire Michael Rosenberg. Souvenez-vous de cette histoire d'antennes de télécommunications que le rupin hassidique a laissé installer illégalement sur le toit, juste au-dessus des 33 chambres qu’habitent des personnes âgées.

L’administration d’Outremont n’a toujours pas pu forcer le démantèlement de ces antennes qui crachent leurs ondes électromagnétiques. Quant au président de Rosdev, il semble se foutre même des mises en garde fournies sur le site Terre d’Israël, à propos des potentiels effets nuisibles sur la santé humaine. Money talks, hein, Mike !

Dans ce même édifice, déjà avant 2008, des citoyens ont noté un va-et-vient inhabituel à l’entrée de l’immeuble à colonnades. En dépit des fenêtres de façade bouchées avec une pellicule plastique, il avait fallu peu de temps pour comprendre qu’une secte hassidique occupait une partie de l’immeuble qu’elle avait transformée en lieu de culte et d'étude de la Torah.

Depuis un certain temps, ces fenêtres de façade ont été rendues à la lumière du jour et le local talmudique a semblé s’être volatilisé. Pensez donc! 


Disparu, l'ancien lieu de culte? Non. Simplement un peu moins visible

Peut-être dans le but de passer sous le radar des indiscrets, les intégristes du groupe Mifal ha'Shas (enregistré au siège social du groupe Rosdev de Michael Rosenberg) ont cessé de franchir la porte de façade. Ils entrent désormais dans l’édifice en empruntant une petite porte débouchant sur la ruelle arrière. Ils y occupent maintenant un autre espace cultuel, plus discret.

Aperçu de l'endroit où s'est transféré le groupe Mifal ha'Shas, au  sous-sol du 1290 Bernard.

Collée sur la porte du demi-sous-sol qui conduit au lieu de culte, une affichette décourage quiconque voudrait la franchir. On ne sait pas si cet avertissement sert à tenir les inspecteurs municipaux à distance… ou à empêcher les gens d’aller aux toilettes qui sont juste de l’autre côté de cette porte.
 
«Ouvrir la porte déclenche le système d’alarme!!!!»

Comme l'avenue du Parc, l'avenue Bernard est en voie d'être rebaptisée Theocracy Avenue. Outre la synagogue-école-dortoir qui a avalé le restaurant La Grand-mère Poule et la synagogue du 1075 Bernard, les résidents, commerçants et habitués des boutiques, cafés et restaurants de l'artère commerciale seront heureux d'apprendre qu'au moins deux nouveaux locaux reliés au culte intégriste verront bientôt le jour tout près du 1290, Bernard.

À peine quelques dizaines de mètres plus à l'est de la synagogue du 1290, la famille Rosenberg nous réserve deux autres sanctuaires.

Au comptoir de poulet grillé La Fusée qui a fermé ses portes au coin de Champagneur succédera un mikvé, cette piscine rituelle dans laquelle, entre autres, les femmes hassidiques mariées sont tenues de se purifier, sept jours après la fin de leur cycle menstruel.
  
Eh! oui. Le 1260, Bernard Ouest appartient, lui aussi, à ce bon Michael Rosenberg qui s'est fait octroyer un permis de construction pour ce nouveau mikvé de 40 000$.

Cerise sur le Sunday, l'immeuble possède également une entrée qui donne sur la rue Champagneur. Rosenberg s'y s'est fait accorder un certificat d'occupation pour une «salle polyvalente» au rez-de-chaussée du 594, Champagneur.

Ça risque d’être du joli puisqu'une «salle polyvalente», ça ouvre la porte à tous les excès. Au gré de leur humeur, y aménageront-ils tantôt une classe, tantôt une garderie illégale? Et pourquoi pas un dortoir, un coup parti? Toutes les dérives sont possibles puisqu'on leur donne carte blanche. Décidément, les règlements municipaux sont devenus désuets. Il serait grand temps de les revisiter afin de tenir compte des nouvelles réalités sur le terrain.

 
On trouvera désormais une salle polyvalente hassidique et une piscine rituelle ultraorthodoxe (flèches rouges) collées sur le théâtre Outremont, qui, au moment où cette photo a été prise, annonçait les Monologues du vagin. Dans le cercle rouge, les antennes de télécommunications illégales des Rosenberg.

En ce qui concerne le local qui hébergera le mikvé, où seront installées les sorties de ventilation indispensable pour une piscine? Fera-t-on évacuer les vapeurs de chlore et les relents d'humidité par les grandes vitrines de la façade de l'ancienne Fusée? C'est vrai que ça donnerait un petit air de Brooklyn à cette artère qui se fait grignoter à la vitesse grand V. 

Pensez-vous que Raymond Cloutier, le directeur du théâtre Outremont pourra présenter encore longtemps ses Monologues du vagin? Hum! Sans vouloir jouer les prophètes de malheur, au rythme où vont les choses, on se rapproche davantage des monologues du rabbin.

Cloutier qui, le 1er juin 2014, était rempli d'enthousiasme en assistant au premier «bake-off» cachère organisé par les Friends of Hutchison Street y voit-il toujours «un excellent signe des temps»?  

En dépit de ses tentatives de faire de son théâtre un lieu de rapprochement, le directeur de la mythique salle d'Outremont semble passablement désillusionné. Après avoir projeté le film Shekinah, une proprette incursion dans une école pour jeunes filles ultra-orthodoxes, le comédien a avoué que depuis lors, il n'avait rien pu faire d’autre puisque «les hommes et les femmes ne peuvent être assis dans la même salle

Je ne répéterai pas le célèbre cri du coeur qu'avait lancé le poète Claude Péloquin, il y a 46 ans. Je me demande seulement si vous serez nombreux à réclamer à la mairesse Cinq-Mars une mise à jour de la réglementation en matière de zonage et de lieux cultuels lors de la prochaine assemblée du conseil d'Outremont. Après tout, c'est elle qui, en février dernier, avait annoncé qu'elle songeait sérieusement à resserrer sa règlementation encadrant la question des activités religieuses dans les centres communautaires.

La réunion du conseil se tiendra le 8 septembre prochain, au 530, rue Davaar.


lundi 3 août 2015

LE GOULAG DES PHILISTINS


Le 20 juillet dernier, Faigy Mayer se jetait du haut d’un gratte-ciel de Manhattan. Avant d’exécuter son geste funeste, la jeune hassidim de 30 ans avait laissé une note. Six ans après avoir quitté la secte hassidique, elle y relatait les innombrables obstacles contre lesquels elle a buté en tentant de s’extirper de ce goulag religieux qui a empoisonné sa vie.

Faigy Mayer, une femme blessée... à mort

La femme en détresse ne s’est pas limitée à déplorer son sort. Dans sa lettre, Faigy a aussi dénoncé le karma qui accable les garçons dont l’éducation sectaire condamne à une vie étriquée. « À 18 ans, je me suis demandé ce qu’il serait advenu de moi si j’avais été un garçon. » 


Elle estimait que le sort des garçons de sa communauté était encore plus désolant que celui des filles. «Ils ne reçoivent même pas les notions les plus élémentaires de mathématiques, comme les divisions et les fractions… Je me suis demandé ce que je ferais si je devais, un jour, avoir un fils qui serait soumis à la torture d'apprendre le yiddish toute la journée.»*
 

Jeunes étudiants religieux de la secte hassidique de Sainte-Agathe

À New York, comme partout ailleurs où vivent les Craignant Dieu, les méninges de milliers d’enfants des sectes hassidiques continuent d’être passés à la moulinette. Avec le résultat qu’un bon nombre d’entre eux souffriraient de détresse psychologique ou se révéleront incapables de fonctionner en société si, d’aventure, ils parviennent à dénouer la ceinture religieuse qui les entrave.

«Il n’est pas rare qu’ils ne soient même pas en mesure de remplir les formulaires de demande d'aide sociale», affirme Naftuli Moster, cet ancien étudiant d’une école talmudique de New York qui a fondé le Young Adults For a Fair Education (YAFFED), une organisation destinée à promouvoir une éducation séculière au sein des écoles ultraorthodoxes. (lire ma chronique Le démon du WiFi Les démarches de M. Moster et de son organisation semblent commencer à porter leurs fruits. 

Norman Siegel, l'avocat  new yorkais qui défend l'organisation Young Adults For a Fair Education.   Photo:  Jefferson Siegel

Il y a quelques jours à peine, à la suite de nombreuses lettres de parents, d’anciens élèves et d’ex-enseignants, le New York City Department of Education s’apprêterait à enquêter sur 39 écoles privées hassidiques qui ne dispenseraient pas une éducation adéquate dans les disciplines tels l'anglais, les mathématiques et les sciences.

D'autres adolescents soumis au supplice du moulin à prière

On s’en doute, l'article du New York Times et les détracteurs de ces yechivot n’ont pas manqué de faire réagir les dirigeants de ces cloîtres. Pour démentir les prétentions de leurs calomniateurs, certains d’entre eux ont affirmé, sans rire, que leur programme comprend des éléments de sciences et de mathématiques. À preuve, disent-ils, on se sert des étoiles pour déterminer le moment où il faut réciter la prière du matin et des mathématiques pour compter les jours fériés.

Comme le soutiennent d’anciens élèves de ces centre d'étude de la Torah, le but de ces «écoles» n’était pas de leur prodiguer une éducation digne de ce nom, mais bien de les isoler du reste de la société.
 

En Angleterre, il semble qu'un déclic soit en train de se faire. Deux «écoles» orthodoxes du nord de Londres ont été classées comme «insatisfaisantes» par l’Office for Standards in Education. Les leaders hassidiques ont bien évidemment qualifié le département non ministériel de «tyrannique». D’autres écoles ultrareligieuses sentent la soupe chaude, dont la Talmud Torah Chaim Meirim Wiznitz de Stamford Hill qui se bat contre un ordre de fermeture

En Israël aussi, un vent de contestation commence à souffler. Même le rabbin Bezalel Cohen, un ancien diplômé des plus prestigieux établissements éducatifs ultraorthodoxes de Jérusalem a pris conscience de la crise qui sévit dans le domaine de l’éducation au sein de sa société.
 

Le rabbin Cohen a compris en 2010 que les difficultés qu’éprouvait son fils étaient communes à celles de centaines, voire de milliers de jeunes hassidim. Contrairement aux écoles pour filles, les institutions que fréquentent les garçons sont plus réfractaires aux programmes scolaires séculiers. Interviewé par The Times of Israel, Bezalel Cohen déplore que l’objectif fixé pour les garçons soit toujours de produire des «savants de la Torah».

Des savants qui vivent dans un univers conçu pour annihiler tout esprit critique et toute remise en question de la doctrine religieuse. Selon Yosso David, un rescapé d'une de ces yechivot, le but ultime de cette éducation est de ne pas évoluer. À tel point que les miraculé comme lui ne découvrent les dinosaures, les équations et l'anglais qu'après l'âge de 20 ans.

 
Le mal ne date pas d’hier, mais les politiciens d’ici et d’ailleurs s’étaient généralement abstenus d’intervenir auprès des écoles religieuses pour la simple et bonne raison qu’ils ont toujours pu profiter d’un soutien massif de la part de ces communautés.
Le fameux «Fermez les yeux et nous voterons en bloc pour vous!» fait encore recette sur tous les continents.
 
Après des décennies de laisser-faire, neuf ans de promesses non tenues et de fausses menaces, le gouvernement du Québec prouvera-t-il enfin qu'il a vraiment à cœur l’intérêt des enfants? De tous les enfants du Québec? 


Ces dernières semaines, à Montréal, deux nouvelles écoles clandestines ont été débusquées sur les rues Querbes et Beaubien. Lorsqu'il a soutenu avec la langue molle que la situation était inacceptable, le ministre de l'Éducation n'a, hélas!, convaincu personne. 

Le futur premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en 2e année.


Allez! Monsieur Couillard. Souvenez-vous de la chance que les pères de la Révolution tranquille vous ont offerte en vous donnant accès à une éducation digne de ce nom. Un enseignement qui vous a permis de vous cultiver, de vous épanouir, d'exploiter votre plein potentiel et, il faut bien le dire, de vous enrichir au passage. Ne serait-il pas temps que vous redonniez au suivant?



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"When I was 18 or so, I remember wondering about: What if I would have been a boy? A day at Belz school from pre-1-a to the end of high school was divided in half. The two parts of the day were “Yiddish” (the first half), and “English,” the second half. I purposely flunked out of Yiddish as I knew there would be no consequences, as there were separate diplomas for English and Yiddish. In August 2004, at the age of 18, I was accepted to Touro College with only my diploma and no transcripts, as Hasidic schools refuse to provide transcripts. But Hasidic boys aren’t as lucky as Hasidic girls. They do not know simple math, such as division or fractions. That is because their day isn’t divided in two. They have only “Yiddish” all day. I remember wondering what I would do if I would have a son and he would be subjected to the torture of learning Yiddish all day."

vendredi 24 juillet 2015

LES DÉGONFLÉS


Lundi dernier (20 juillet), le journaliste Yves Poirier de TVA nous révélait que les membres d’une secte hassidique ont écopé d’une contravention de 879 $ pour avoir squatté illégalement le deuxième étage d’un immeuble situé au 845, avenue Querbes. 



Lorsqu’ils ont investi cette école clandestine, les administrateurs de la secte se sont bien gardés d’aller chercher un certificat d'occupation auprès des autorités d’Outremont. Même chose auprès du ministère de l'Éducation.

En agissant ainsi, les tenanciers de ce nouveau bouge talmudique ne faisaient vraisemblablement que suivre le conseil de certains gros bonnets de la secte. Ceux-ci leur déconseilleraient de faire une demande de permis ou de dérogation de zonage afin d’éviter que les fonctionnaires ou les résidents du quartier ne s’opposent à leur implantation sauvage.

Ces enfants hassidiques fréquentent l'école illégale du 845 Querbes six jours par semaine.

Avec déjà 613 commandements de la Torah à respecter, ces zélotes se disent probablement qu’ils en ont déjà assez sur les bras sans avoir, en plus, à se bâdrer de respecter la loi des goys.


Selon leur logique, ils n’ont pas intérêt à se manifester. Après tout, s’ils se font prendre, ils ne risquent qu’une ridicule amende. Une sanction qu’ils contesteront probablement devant les tribunaux en criant haut et fort à l’antisémitisme et à la tyrannie ciblée.

Quand on sait qu’en 2010, les écoles privées religieuses juives ont reçu 20,6 millions $ de l’état québécois, la contravention de 879 $ est insignifiante. Si on ventile ces 20 M$ sur les 85 000 Québécois de confession juive (cela équivaut à 243 $ de subvention/par tête de pipe), on réalise que cette amende ne comble même pas les subsides accordés à quatre personnes. Méchante mesure dissuasive, ça, messieurs!

Bien sûr, la mairesse d’Outremont arguera que les écoles sont de juridiction provinciale et qu’elle ne peut rien faire.


Allons donc! Si les illégaux ne décampent pas, les fonctionnaires de l’arrondissement pourraient verbaliser les délinquants chaque mois (ou semaine) que persisterait l’infraction. À coups de 879 $, ils y réfléchiront peut-être. Et si cela ne les dissuade pas, cela aurait au moins l'avantage de renflouer un tant soit peu les coffres de l’arrondissement en ces périodes de disette.

Entre temps, si le sort de ces enfants inadéquatement éduqués préoccupe le moindrement le gouvernement Couillard, il devrait agir illico.


Le 26 mai dernier, François Blais, le ministre de l’Éducation s’était fait interpeller en pleine Assemblée nationale à propos du cas d’une autre école clandestine débusquée le jour même. Il avait alors affirmé que si les faits se confirment, «il [faudra] sortir les enfants de là, car… la situation est inacceptable».

Ce serait la seule solution logique à appliquer. Après tout, le gouvernement a l’obligation légale et morale de protéger ces enfants. 


Hélas! depuis 2006, tous les ministres de l’Éducation qui se sont succédé ont siffloté le même air sans jamais passer aux actes. Voici un cas patent où les bottines ne suivent pas les babines. 

Les Outremontais auraient-ils plus de chance en s’adressant à la députée provinciale de leur circonscription pour faire pression sur le gouvernement Couillard? En tant que catalyseur de la culture avec un grand C, la ministre Hélène David ne peut être qu’une promotrice invétérée de l’éducation des enfants. Et à plus forte raison, s’il s’agit d’enfants qui grandissent dans sa circonscription. 

Or, le 4 juin 2014, le journaliste Benoît Dutrizac nous rappelait sur les ondes de son émission (aller à 4 min 25 s) que la sœur de Françoise avait décliné son invitation d'aborder le dossier des écoles illégales. Elle ne voulait surtout pas toucher à ça. Même pas avec une pôle de 15 pieds!

Heureusement qu'il nous reste Thomas Mulcair, notre élu fédéral dans Outremont.

Avez-vous entendu le discours qu'il a prononcé le 7 juillet dernier dans le cadre de la 36e assemblée générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations? 

Mulcair devant l'Assemblée des Premières Nations, le 7 juillet 2015

Même en anglais, il ne se contredisait pas :

«A new era means no longer accepting that First Nation children receive fewer opportunities when it comes to education. Children can’t be made to wait any longer. We must not fail another generation. A new era starts with recognizing that every community matters, that every school and classroom, that every child matters.»

Mulcair en 1972: Était-ce en prévision du jour où il prendrait à bras le corps le dossier de l'éducation des enfants autochtones qu'il cultivait ce petit look de Warrior Mohawk?

Comme il y a autant d'Amérindiens que de Juifs au Québec (± 87 000), peut-on espérer qu'il appliquera aux jeunes hassidim la révolution de la Nouvelle Ère qu'il promet d'entreprendre en faveur des jeunes autochtones?

Offrira-t-il aux jeunes des sectes hassidiques une éducation de qualité où qu'ils se trouvent? Fera-t-il en sorte de ne pas sacrifier une autre génération de ces enfants à longues rouflaquettes? Ce devrait normalement être 1 000 fois plus facile, puisque ces derniers sont concentrés dans quelques ghettos urbains plutôt qu'éparpillés sur 1,5 million de kilomètres carrés.  

On aimerait bien croire que l'aspirant premier ministre du Canada ne fera pas du deux poids, deux mesures avec la jeunesse du Québec qu'importe son origine, sa couleur, sa langue, sa tradition ou sa religion. Hélas! si le passé est garant du futur, les petits écoliers ultraorthodoxes risquent de ne pas être rescapés de sitôt. 


Il n'y a qu'à voir comment Mulcair bichonne les leaders hassidiques pour comprendre qu'il n'a aucune intention de jeter un pavé, fût-il cachère, dans la mare des intégristes hassidiques. Le NPD, comme les autres, fera passer ses intérêts électoraux bien avant ceux de milliers d'enfants. 

Realpolitik, quand tu nous tiens...