mardi 29 mai 2012

LA PROCHAINE FOIS... PEUT-ÊTRE!

Jeudi après-midi dernier, il faisait un temps magnifique sur le Mile-End. Avec un copain, j’avais décidé d’en profiter et me gâter un peu à la terrasse du Voro, le café-resto méditerranéen au coin de Fairmount et Jeanne-Mance. 

À 16 h 54, alors que nous nous attaquions une entrée de calmar grillé farci de riz phénicien et de chorizo, une immense baleine blanche s’est échouée juste devant nous.

Fallait voir la bête. 56 sièges inclinables, caméra à l'avant pour permettre aux passagers de mieux voir la rue résidentielle (!!) sur les écrans, air conditionné, toilette, compartiments à bagages, microphone sans fil, 56 prises A/C, sans oublier, bien sûr, vidéo, CD / DVD.

C’était un Prévost H3-45 de luxe, immatriculé à New York. Seul à bord, le chauffeur remontait le bitume, plein nord. Le déplacement était suspect (et illégal!), mais pour rien au monde, je n’aurais laissé la proie (dans mon assiette) pour l’ombre (le nuage d’un pot d’échappement).


À gauche: l'autobus interdit sur Jeanne-Mance, à 16h54; à droite: le même autobus sur Fairmount, en provenance de Hutchison, à 17h26.
Pour mal faire, à 17 h 26, alors que je rentrais doucement à la maison la peau du ventre bien tendue, qu’est-ce qui se montre le museau au coin de la rue Hutchison pour venir à ma rencontre sur Fairmount? Ben oui! Ma baleine blanche H3-45, immatriculée 19810 PC. Cette fois, le cétacé métallique avait la panse remplie de Jonas à rouflaquettes.

Grappe de jeunes hassidim devant la synagogue-terminal d'autobus du 5555 Hutchison
Plus de doute, il se passait quelque chose dans le coin. Un de mes voisins qui se stationnait devant chez lui avait déjà composé le 911. Il venait de voir une trâlée d’adolescents et de jeunes hommes hassidiques lestés de valises sur le trottoir faisant face à la synagogue du 5555 Hutchison.

Placés dans la rue sur le côté de la grosse synagogue Yetev Lev située au coin de Saint-Viateur et Hutchison, des 4’’x 4’’ de six pieds de long empêchaient le stationnement à au moins quatre voitures. L’espace public avait tout bonnement été réquisitionné par les religieux pour servir de terminal clandestin aux autobus interdits qui se présentaient l’un après l’autre.
À gauche: les 4" x 4" pour "réserver" l'espace de stationnement; à droite: un jeune hassidim range les 4" x 4" maintenant que l'autobus illégal est arrivé.


Bien qu’ils aient mis pas loin de 45 minutes pour se pointer, les constables Le Beau et Boyer du poste 37 ont tout de même attrapé un de ces autobus en flagrant délit de cargaison.

Stationnés derrière l’autobus, les gyrophares allumés, les deux policiers sont allés à la rencontre du chauffeur de la compagnie Excellent Bus Service. En moins d’une minute, tout était entendu. Ses ouailles à bord, le bus a embrayé et s’est même payé le luxe d’emprunter vers le sud la rue Hutchison pourtant interdite à ce type de véhicule à dix roues.

Les policiers ont actionné leurs gyrophares, mais ont laissé l'autobus partir comme si de rien n'était.
Les policiers ont-ils verbalisé le chauffeur délinquant? Êtes-vous malades? Bien qu’il nous ait avoué être très au fait de la problématique des autobus illégaux sur nos rues résidentielles, le constable Le Beau a choisi de le laisser filer sans émettre de constat d’infraction au contrevenant multirécidiviste. Mieux! Le chauffeur n’a même pas eu d’amende pour avoir omis d’acquitter les droits de stationnement tarifé pour les espaces PL 154 et suivants qu’il a illégalement occupés.

Dire que sur son site Web, Stationnement Montréal indique que le rôle de la tarification du stationnement sur rue est de « faciliter la fréquentation des quartiers institutionnels, commerciaux et d’affaires par les automobilistes en favorisant le partage des places de stationnement ».


Pour nous remettre la face, le constable Le Beau nous a dit : « La prochaine fois que ça arrive, si vous portez plainte et que je suis en service, je leur donnerai une contravention. » Big deal! 

Le chauffeur doit encore se taper les cuisses sur l’Interstate 87. Quant aux responsables de la synagogue du 5555 Hutchison, ils sont, comme à l’habitude, morts de rire et pliés en quatre. Comment pourrait-il en être autrement? Leur stratagème fonctionne depuis des années. C’est un pied de nez aux citoyens avec la bénédiction des autorités municipales. Si c’est pas du Deux poids (lourds!), deux mesures, je me demande bien ce que c’est.

mercredi 23 mai 2012

HISTOIRES D'O... O comme dans Outremont

Pendant que le ministre des Affaires étrangères, John Baird, accorde une subvention de 1 million de dollars à un rabbin hassidique d’Ottawa sans que celui-ci rencontre les critères gouvernementaux, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, se scandalise de l’exposition Sexe : L'expo qui dit tout présentée au Musée des sciences et de la technologie du Canada à Ottawa. (voir ma chronique du 5 décembre 2010)

Pour ajouter l’hypocrisie à la pudibonderie, Timothy Bloedow, l'adjoint du député conservateur Maurice Vellacott, en rajoute. Dans le site internet évangélique Christian Governance qu’il dirige, on exige que le Musée retire cette exposition, à défaut de quoi on exhorte le gouvernement fédéral à cesser de financer l'établissement.

Sous pression, la direction du Musée a retiré une vidéo qui abordait la masturbation. Non, mais… qu’est-ce qu’on en a à branler des états d’âme du gouvernement, des punaises de sacristie, des grenouilles de bénitiers et des mangeurs de balustres de toutes confessions?
 


Thomas Mulcair a crié à la censure et s’est scandalisé de la pruderie des pieux conservateurs. Pourtant, c’est ce même Thomas qui prête main-forte aux intégristes hassidiques chaque fois que cela peut lui rapporter des votes. Et Dieu sait que les ultraorthodoxes sont au moins aussi collets montés que peuvent l’être les fous de Dieu ou d’Allah lorsqu’il est question de sexualité.

Il y a 20 ans, le lobby hassidique avait réussi à convaincre les élus d’Outremont d’adopter un règlement interdisant le port du maillot de bain dans les parcs de la ville. Le règlement avait été contesté par un citoyen qui a eu gain de cause.



La plainte officielle contre les seins de béton
En 1999, c’est Pierre Chapuis (alors directeur du Service de l'aménagement urbain et du patrimoine) qui, à la suite d’une plainte d’un ultra-orthodoxe, obligeait le propriétaire de la croissanterie Le Figaro à faire disparaître les statues grecques qui décoraient sa terrasse. Dans sa lettre, l’ultra-orthodoxe, qui disait parler au nom de la « jewish community in Outremont », souhaitait procurer aux siens « a clean moral lifes » et implorait l’intervention des autorités afin de « Keep Outremont clean ». En gros, cachez ce sein de béton qu’ils ne sauraient voir!



Les deux affiches indécentes
En 2006 et 2007, une boutique bien en vue de la rue Bernard a subi le harcèlement et l’intimidation de membres de la communauté hassidique pour avoir apposé en vitrine deux affiches promotionnelles considérées « indécentes, dégradantes et inacceptables » aux yeux de certains ultrareligieux.  ( Voir notre mémoire pour la commission Bouchard-Taylor, page 57)

Alerte rouge à Outremont
Il y a deux ans, un vendredi soir avant le coucher du soleil, la Sécurité publique d’Outremont a jugé la plainte d’un citoyen à ce point importante qu’elle a dépêché une voiture de patrouille près de la rue Bernard. Un agent a frappé à la porte de cette famille francophone et a sommé la maîtresse de la maison de… retirer de la corde à linge les sous-vêtements féminins qui séchaient dans la cour arrière. « Vous choquez vos voisins, madame. » Pensez donc; des bobettes au vent, un jour de sabbat!

Certains pourraient répliquer que ce qui a pu se passer il y a plus de deux ans relève de l’histoire ancienne et que, depuis lors, les choses ont bien évolué. Nous aimerions bien leur donner raison. Hélas, il semble que plus ça change, plus c’est pareil.


Nous avons appris qu’un autre commerce de la rue Bernard a récemment vécu un incident qui s’apparente à ce qu’avait connu en 2006 et 2007 cette autre boutique située sur la même artère. Cette fois, c’est un rabbin hassidique qui ne supporte pas les posters pourtant aussi inoffensifs que de bon goût qui garnissent la devanture de la boutique.


Puisqu’aucune autre maison ne souhaite parler ouvertement du problème, les propriétaires de ce commerce préfèrent ne pas faire de vagues. Entre temps, la clientèle hassidique semble s’être volatilisée. Qui sait. Peut-être ce rabbin ne lèvera-t-il l’embargo que lorsque les propriétaires se seront recyclés dans la confection de papillotes et téfilines?


S’ils ne craignaient pas les représailles, combien seraient-ils à nous raconter ce genre d’histoires d’O? O, comme dans Orthodoxe!

 
Tiens! Pour finir, un petit conseil pour les administrateurs du Théâtre Outremont.

Si jamais l'envie vous prenait de projeter ce film érotique inspiré du roman de Pauline Réage, ne placez pas cette affiche en vitrine. Vous pourriez recevoir de la visite pas très catholique.

samedi 12 mai 2012

LE TRANSFERT DES POUVOIRS OU LES LIAISONS DANGEREUSES



Les Outremontais à l’oreille fine auront déjà entendu parler des comités consultatifs de l’arrondissement. Outre le comité sur l’urbanisme, l’arrondissement a déjà compté jusqu’à six commissions consultatives : arts et culture — sports, loisirs et vie communautaire — les aînés — environnement et le développement durable — sécurité publique et stationnement — relations intercommunautaires.

Or, tous étaient présidés par un élu du parti au pouvoir qui en définissait l’ordre du jour. Ce qui s’y disait était tellement sensible que les résidents qui souhaitaient y siéger devaient signer rien de moins qu'un engagement de confidentialité.


 Rien de ce qui
allait être soulevé lors de ces audiences à huis clos ne devait transpirer hors des murs capitonnés de l’hôtel de ville. Allo la transparence!

Ana Nunes et Louis Moffatt, le 7 mai 2012 : Les secrets d'État chuchotés à l'oreille de l'ancien président du comité intercommunautaire chargé de satisfaire les demandes des leaders hassidiques
 

Ces commissions n’étaient soumises à aucun règlement et encore moins à un droit de vote. À quoi bon puisque dans certains comités, la majorité des membres semblaient servir de faire-valoir pour quelques lobbyistes bien en vue. Et gare au membre qui avait l’audace de critiquer le mode d’opération de sa chapelle. C’était l’éjection automatique et sans appel. Bonjour la démocratie participative!

Comme il fallait s’y attendre, les critiques, les embrouilles et les apparences de favoritisme ont fini par sortir au grand jour et créer scandale (voir, par exemple, le voyage à New York offert par le Jewish Orthodox Community Council)
.

La patate est devenue tellement chaude qu’en janvier 2010, Cinq-Mars a annoncé la dissolution des six comités consultatifs.


On le sait, une patate chaude en réchauffe toujours une autre. Avec la tension, les exaspérations et la frustration des citoyens qui ont résulté de l’agression contre la conseillère Forget, la mairesse donne l’impression d’être totalement dépassée.

Juste après l’appel au calme qu’elle a lancé lors de l’assemblée du conseil du 7 mai dernier, Cinq-Mars nous a annoncé qu’elle nous mijotait un autre beau petit comité fait sur mesure pour déterminer les normes des fêtes et célébrations communautaires.


Après qu’elle-même et ses prédécesseurs se soient cassé les dents sur la question des relations intercommunautaires, la voici qui récidive en confiant, cette fois, le dossier à la conseillère Ana Nunes.

Cinq-Mars n’a-t-elle encore tiré aucune leçon des crises précédentes? Comme par le passé, non seulement les citoyens sont laissés dans le noir, mais même les membres du conseil n’en seront avisés qu’une fois tout bien ficelé. «Nous présenterons le comité aux membres du conseil lorsqu’il sera prêt à être mis définitivement en application.» Ça c’est de la concertation, mes amis.


Il fallait entendre la nouvelle passionaria nous faire part de sa vision des choses.

Le transfert des pouvoirs

C’est chaussée de gros sabots, qu’Ana Nunes a parlé de son «comité des Sages». Madame a imposé une condition sine qua non. Elle serait la seule maître à bord. C’était à prendre ou à laisser. «C’est moi qui choisirai les gens qui feront partie de ce comité. Je les choisirai d’après leur niveau de connaissance, leur culture, leur intelligence de cœur, leur ouverture et leur reconnaissance parmi leurs pairs.» Beau programme pour quelqu’un qui raconte ne jamais lire les journaux, ni même écouter les nouvelles.


Nunes en a surpris plus d’un dans la salle du conseil lorsqu’elle a indiqué que son nouveau «comité de liaison» sera constitué de citoyens de l’arrondissement, «mais surtout de gens de l’extérieur d’Outremont… Il y a même des gens de l’international qui vont venir donner leur point de vue». Cou’donc! Les ressources intellectuelles font-elles si cruellement défaut à Outremont? Dites-nous pas qu’on va se ramasser avec les ex-commissaires Bouchard et Taylor? Clotaire Rapaille,
tant qu’à y être? Pourquoi ne pas faire appel à Kofi Annan? Il pourrait nous monter un Comité spécial des Vingt-Quatre.

Ana
Nunes ne sait absolument pas nous dire comment ça va fonctionner, mais elle va «recevoir chaque communauté et comprendre leurs besoins». Ça veut dire quoi, chaque communauté? Des résidents avec un nom de famille à consonance italienne constitueront-ils une communauté? Même chose pour les Papageorge, les Nguyen, les Skrutkovskis, les McLaughlan, les Osvepian, les Tremblay?

Que je sache, tout ce beau monde d’Outremont constitue déjà une harmonieuse communauté ouverte et intégrée au grand ensemble québécois. Alors on va échafauder un comité pour accommoder qui? Les hassidim qui veulent continuer de vivre en vase clos et faire les choses quand ils l’entendent et comme bon leur semblent?


Le changement de la garde doit tout de même faire un petit pincement au cœur à Louis Moffatt. En cédant sa place à Ana, Louis renonce définitivement à la deuxième escapade au rabais qu’il devait entreprendre à New York avec Michael
Rosenberg et Mayer Feig les 18, 19, 20 et 21 septembre 2007. Dire que c’est parce que nous avons demandé la destitution de M. Rosenberg à peine 15 jours avant leur second voyage en terre hassidique que Louis avait dû tout annuler en catastrophe (voir les extraits des procès-verbaux).  

Il peut bien encore me regarder de travers quatre ans et demi plus tard.



En parlant de destitution, Louis Moffat fait encore la preuve qu’il n’est vraiment pas à la hauteur de la situation. Lors de la période de questions du 7 mai dernier, j’ai déposé au conseil d’arrondissement une pétition contenant les noms de plus de 250 citoyens d’Outremont qui demandent la destitution de M. Alex Werzberger du comité consultatif d’urbanisme.

Le conseiller Moffatt en a profité pour se mettre les pieds dans les plats. « J’ai parlé ou téléphoné à un bon nombre [de gens] qui l’ont signée. La compréhension qu’ils ont eue et la raison pour laquelle ils signaient cette pétition n’est pas la même que ce que vous promulguez au micro».
Louis, tu es en train de dire aux citoyens de l’arrondissement qu’ils ne sont pas assez intelligents pour lire une pétition, d'en comprendre les enjeux, de faire la part des choses et de prendre position? Oh! Boy. Je pense que je vais te laisser le plaisir de le leur dire toi-même. Je te souhaite bonne chance.

mercredi 25 avril 2012

LA TRAQUÉE ET LES COINCÉS

Le 8 mars dernier, comme vous le savez tous, la conseillère Céline Forget a été victime d’une agression répugnante de la part d’une quarantaine d’hommes hassidiques. Alors que ceux-ci n’ont jamais été inquiétés par les policiers, je viens tout juste d’apprendre sur le site de la conseillère municipale qu’à la suite de cette attaque en règle, un membre de la secte a poussé l’agression encore plus loin. Il a déposé une plainte criminelle contre la femme que lui et ses coreligionnaires ont harcelée et injuriée.

Le comble, c’est que Mme Forget ne l’a appris que le 17 avril, soit 40 jours après l’évènement. Quarante jours, c’est aussi long que le jeûne du Christ dans le désert! À l’âge d’Internet et des téléphones intelligents, c’est une éternité. On se demande bien pourquoi les autorités policières ont tenu si longtemps secrète cette démarche à la principale intéressée. Ils respectaient le carême, peut-être? Écoutez l'entrevue qu'un ancien policier a donné à Benoît Dutrizac, le 14 mars dernier.

Chose certaine, un membre de la secte hassidique ne prendrait pas une telle initiative sans le feu vert de son rabbin ou la directive explicite de ses leaders. 

Hélas, Céline Forget essuie ce type d’intimidation ordurière depuis belle lurette. C’est la huitième fois que des membres de la secte ultraorthodoxe déposent une plainte criminelle contre elle depuis qu’elle a entrepris de faire fermer une synagogue illégale sous son domicile. 

À titre d’exemple, en juillet 2000, alors que Mme Forget était conseillère municipale, un hassidim l’avait accusée d’avoir frappé un de ses coreligionnaires. Après enquête, le procureur avait rejeté la plainte. Le même stratagème a été utilisé en janvier 2005. Cette fois, la méchante Forget aurait frappé une fillette. À la suite d’un procès qui s’est tenu en mars 2006, elle a été innocentée sans même que son avocat ait eu à déballer sa plaidoirie. 

En juillet 2007, croyant enfin pouvoir lui asséner le coup de grâce, Israël Breuer, un bon père de famille hassidique qui la harcèle depuis presque dix ans porte à nouveau plainte contre elle, alléguant qu’elle aurait tenté de l’écraser avec sa voiture. Malheureusement pour lui, Céline Forget avait filmé la scène (cliquer ICI ) et a été acquittée par le juge, en novembre 2008.

Évidemment, c’est sans parler des menaces de mort, des innombrables actes de vandalisme qu’elle a dû subir au fil des ans (cliquer ICI

Anthropologiquement parlant, il est intéressant de noter que peu importe où ils se trouvent (Outremont, New York ou Israël), les zélotes hassidiques qui s’adonnent à l’intimidation utilisent souvent les mêmes méthodes.

Saviez-vous que dans le monde hassidique, cracher en direction de quelqu’un relève de l’insulte suprême? À côté de ça, un doigt d’honneur fait sourire.

Ce n’est donc pas un hasard si, dans les vidéos de l’agression contre elle, on a pu voir deux manifestants anti Forget lui cracher dessus en prenant soin d’émettre un beau Peuuuh! bien sonore. 


Visionnez le montage vidéo montrant d'abord le geste dégradant fait à Mme Forget (soyez attentif; ça ne dure que quatre secondes). Dans cette même vidéo, vous serez témoin du même type d'insulte de la part d'un vieil ultraorthodoxe lors d’une manifestation en Israël. Vous verrez aussi que  même une petite fille peut être victime de ce geste humiliant de la part de fous d'Abraham. Le phénomène est tellement répandu que vous entendrez finalement le premier ministre Netanyahu (photo ci-contre) annoncer publiquement que les policiers allaient sévir contre ceux qui crachent et harcèlent les gens. C’est dire combien la chose n’est pas un geste anodin.

Si cela est tout à fait intolérable, il faut savoir qu’en Israël, les intégristes ultraorthodoxes profèrent les mêmes injures à l'endroit d'autres Juifs israéliens. Le terme «nazi» est très à la mode tant chez nous que là-bas. Voyez par vous mêmes en cliquant ICI. 

De la part d'intégristes endoctrinés jusqu'à l'os, on n'est pas nécessairement surpris, mais quand ce type de grossièretés est proféré par des citoyens considérés «instruits» et habitant Montréal, on est un peu interloqués.

Bien des gens ont été stupéfaits de voir de quelle façon Mme Forget a été prise à partie. « Forget sale, Get out of here! Hund (chienne)! Get lost! Hitler! Nazi! SS!»

Prenez la page Facebook de Friends of Hutchison Street, par exemple, un lieu que Leila Marshy, la gestionnaire du compte, a décrit comme un havre de paix (safe place) non sans d'abord m'avoir traité de trou du cul.

À la suite de l'agression contre Mme Forget, la rédactrice en chef d'une section du magazine culturel The Rover ne se gêne pas pour comparer à des agents de la Stasi certains de ceux qui s'indignent du deux poids, deux mesures dans nos arrondissements.

 

D'autres, aussi raffinés, ont moins de retenue. Je pense à Cameron Skene, par exemple (photo ci-contre).
Technicien à la faculté des beaux-arts de Concordia, celui qui se qualifie d’écrivain et de peintre ne s'embarrasse pas de nuances pour japper toute sa rage sur la page de Mme Marshy: «I hate Outremont Nazis!» 

Je m'en voudrais de vous faire de la peine, citoyens et citoyennes d'Outremont qui acceptez mal le laisser-faire de nos élus, mais l'insulte de cet impétueux Winnipégois vous vise tous et toutes. Vous et moi serions donc des ploucs brasseurs de merde (poo-throwing hicks ).Ce même Cameron Skene a qualifié un de mes camarades et partisans juifs - dont l'arrière-grand-père a été déporté et tué à Auschwitz - de promoteur de haine raciale (race-baiter). Cameron a fait ses études à l'Université de l'Alberta! Qu'est-ce que ça aurait été sinon? 

William Raillant-Clark (photo ci-contre), lui, est légèrement moins grossier. C'est vrai que le Néo-Zélandais (si je ne m'abuse) a fait des études à Paris. 
 
Attaché de presse à l'Université de Montréal et rédacteur en chef de Fuck Yeah Quebec!, William a, lui aussi, commenté l'agression contre Mme Forget sur la page Friends of Hutchison Street:
«The only person who should be temporarily banned from parading in the streets of Outremont is that provocative mad cow.» Et visiblement, la féministe Leila Marshy apprécie:
«you have a lovely way with words, William ;-)»
 
Ah! bon. Une vache folle, la conseillère municipale attaquée par des fanatiques sectaires? Encore heureux que dans son curriculum vitae, l'une de ses recommandations de l'Université de Montréal dit de lui: « William has always replied quickly, courteously and intelligently... »

Il faudra bien que je me fasse à l'idée. S'ils ne sont pas tous des Angryphones, les Friends of Hutchison Street ne sont pas les Peace & Love de la chambre 1742
du Reine Élizabeth. John et Yoko seraient bien chagrinés d'entendre ça.

Il y a une chose qui me chicote. Comment diable expliquer qu'une Leila Marshy et qu'un William Raillant-Clark, deux homosexuels assumés, embrassent fougueusement, totalement et sans aucune nuance la cause d'une secte qui, par ailleurs, voue une haine profonde à l'homosexualité et à ceux qui la vivent? Cela leur semblerait-il plus facile de «dealer» avec des homophobes que d'entendre les arguments de leurs voisins francophones? Penseraient-ils comme notre voisin Josh Dolgin, alias Socalled qui, au lendemain du référendum gagné par les opposants à l'agrandissement de la synagogue de la rue Hutchison, avait eu ce cri du cœur: «Law protects racist majority on this street!»?

Dans le cas de M. Raillant-Clark, je suis d'autant plus dérouté par son incompréhension que je suis tombé sur une interview qu'il a faite dans son Fuck Yeah Quebec.

Tout comme le propriétaire d’une boutique du Village Gay de Montréal,
M. Raillant-Clark en a marre de constater que la Police fait très peu pour éliminer les actes d’incivilité bien trop présents dans son quartier:

«Je ne comprends pas pourquoi la communauté homosexuelle ne jouit pas du même niveau de protection policière que celui rendu aux citoyens du Centre-Ville, du Plateau, d’Outremont, de Westmount... On a l’impression que l’administration concentre tous les marginaux de la ville et de la province ici et les abandonne - le fardeau de la réintégration doit être porté de façon égalitaire à travers notre territoire »
 
Tiens! C'est bizarre. Il peut se permettre de pointer du doigt les pauvres itinérants qui sont des victimes ostracisées et bien involontaires de leurs milieu de vie, de leur santé mentale ou de notre société égocentrique? Il ne veut pas d'un ghetto de
poqués de la robine, de la seringue ou du neurone dans sa cour? Il souhaiterait que le fardeau que représente ces laissés pour contre soient disséminés équitablement à travers l'île de Montréal? Serait-il prêt à préconiser la même chose avec des intégristes religieux?

Ouain! Si je comprends bien, c'est tout à fait politiquement correct de se plaindre des accros à la colle d'avion, mais totalement révoltant de demander aux élus d'agir contre les dirigeants hassidiques qui incitent des accros à la Torah à ne pas respecter les règlements municipaux des goys. Faudra m'expliquer. Il y a une nuance que je n'ai pas saisie.


En attendant, William, allez donc jeter un coup d'oeil sur cette courte vidéo prise en Israël. Vous comprendrez très vite ce que nous réclamons ici, à Montréal. Vous verrez. C'est pas sorcier.

jeudi 12 avril 2012

LES MAUVAISES CRÉANCES



Ce n’est pas d’aujourd’hui que les dirigeants de la secte hassidique Tash donnent de sérieux maux de tête aux élus et à plus de 20 000 citoyens de Boisbriand. Depuis 2005, une partie des 5 000 intégristes étanche sa soif sans se préoccuper de payer la taxe d’eau de 1,5 million de dollars qu’elle doit à la municipalité des Laurentides. (Lisez ma chronique du 29 juin 2011).

Pour recouvrer son dû, la ville a déjà englouti plus de 250 000 $ en frais juridiques. La mairesse de Boisbriand commence à en avoir ras le pompon. Le 6 avril dernier, exaspérée, Marlene Cordato a fait une sortie publique:

«Ça coûte une fortune aux Boisbriannais pour faire respecter leurs droits. Il n’y a pas deux classes de citoyens, ni deux règlements. Tout le monde doit payer ce qu’il consomme. Je pense que c’est dans notre obligation de faire valoir les droits de l’ensemble des citoyens et que le règlement s’applique à l’ensemble des citoyens»

Voilà un discours que Marie Cinq-Mars devrait commencer à répéter tous les soirs avant de glisser sous la couette, non?

Sous la plume de la journaliste Émilie Dubreuil, nous apprenions mercredi qu’à la longue liste d’infractions civiques commises par le clan du grand rabbin Meshulim Feish Lowy s’ajoute un défaut de paiement de taxes scolaires de près de 100 000 $. Décidément, les ultrareligieux des Pays d'en Haut semblent en faire une spécialité.

Ci-contre, Michael Rosenberg cherchant la protection divine du grand rabbin de Boisbriand.








Cliquer
ICI pour voir le grand rabbin de Boisbriand en action









Hélas! Il n’y a pas que la secte Tash qui ait un mauvais dossier de crédit. Même à Outremont la Cossue, certains groupes hassidiques ne sont pas particulièrement réputés pour être de bons payeurs, tout comme ils ne se distinguent pas par leur grand respect des règlements.
Après une longue période passée dans l’illégalité, les membres de la secte Amour pour Israël avaient décidé de déménager leurs pénates au coin des rues Van Horne et Durocher 1040 Van Horne).
Vous souvenez-vous de la rocambolesque saga entourant la construction de leur synagogue?
Entre les interruptions prolongées du chantier, la révocation de permis pour non-respect des normes de construction et le bras de fer juridique qui, rappelons-le, a tout de même coûté 100 000 $ aux citoyens d’Outremont, on aurait pu espérer que la secte Amour pour Israël se fasse oublier pour un bon bout de temps. Hélas, c’était faire preuve de beaucoup de naïveté.

Au fait, saviez-vous que l’imposant immeuble du 1038 - 1048 Van Horne
(voir photo ci-haut) appartient aujourd’hui à un Italien? Si, si! Vous avez bien lu. À un Italiano.
Vous vous demandez sûrement comment il est possible que Franco Diaco soit aujourd'hui propriétaire de cette synagogue intégriste. C’est simple. Il a suffi que les administrateurs d’Amour pour Israël refuse d’acquitter une dette de 11 878,42 $ qu’ils devaient à la firme Celebration Location Bench & Table Rents.
(Cliquer ICI pour constater que chaque année depuis 2004, la secte recevait un avis de vente aux enchères pour défaut de paiement d'impôt foncier)


Déterminé à ne pas se faire entuber, le propriétaire de l’entreprise de location de tables a pris les grands moyens. Il a déposé une hypothèque légale sur l’immeuble. Et tiens, toi!

Un huissier, un avis de vente dans les journaux et un Shérif. Voilà tout ce qu'il a fallu (ou presque!) à ce brave Franco pour faire main basse sur l'immeuble. Lors de la vente aux enchères du bâtiment, qui s'est tenue le 10 mars 2009, le jeune Italien a remporté la mise en allongeant 805 000 $.

Les canailles de la synagogue se sont retrouvées Gros-Jean comme devant. Incrédules devant l’ampleur de leur gaffe, les sectaires ont pris panique. Tant et si bien que Franco Diaco a été convoqué au siège social du Groupe Rosdev par nul autre que son président, l’impayable Michael Rosenberg.
D’après ce que raconte Franco Diaco, le nabab n’était pas vraiment d’humeur à plaisanter. Du haut de sa carrure et fort de sa voix caverneuse, Michael Rosenberg aurait juré que jamais il ne laisserait cet immeuble échapper à ses coreligionnaires hassidiques. Un Italien averti en vaut deux!
Passant de la parole de Rosenberg aux actes, Amour pour Israël a saisi (une fois de plus!) la justice pour demander l’annulation du décret de vente en justice de l’immeuble. Malgré les multiples communications, tant verbales qu’écrites, et malgré les nombreuses significations de procédures judiciaires par huissier, la congrégation a plaidé n'avoir jamais eu connaissance des procédures judiciaires entreprises contre elle.

Après avoir entendu la preuve, le juge Sylvain Coutlee de la Cour du Québec a conclu que la version d'Amour pour Israël ne tenait pas debout. Dans son jugement rendu le 12 février 2012, l'honorable Juge a donc débouté la secte et reconfirmé les droits de propriété de M. Diaco sur la synagogue et les logements qui se trouvent aux étages supérieurs. C'est Michael Rosenberg qui doit fulminer.

Évidemment, même mort, un intégriste religieux ne peut se résigner à voir sa synagogue passer aux mains d'un goy impur. Aussi, c'est sans grand étonnement que nous avons appris qu'à la mi-mars, Amour pour Israël a choisi d'en appeler du jugement. Et c'est reparti pour une autre joute légale.

L'histoire en court (cour?) se corse. Mais Franco ne semble pas du genre à se donner au premier venu.
Nous, comme lui, avons bien hâte d'en voir le dénouement.

mercredi 4 avril 2012

LA MÉMOIRE DES NOMS OU L'AMNÉSIE DE MARIE


« S’il y avait des excuses à demander à la communauté hassidique, je ne saurais exactement à qui m’adresser [puisque] je ne connais pas les leaders [par leur] nom. »


Voilà la réponse aussi invraisemblable que déjantée que Marie Cinq-Mars a donnée à un citoyen qui, lors de la séance du conseil de lundi soir dernier, voulait savoir si la mairesse allait demander aux dirigeants de la communauté hassidique de formuler des excuses pour l’agression du 8 mars dernier contre la conseillère indépendante Céline Forget. La pauvre mairesse ne sait plus comment s’y prendre pour faire croire au bon peuple qu’elle ne mange pas dans leur main.
Ça fait douze ans que Cinq-Mars est une élue d’Outremont, qu’elle fraye avec les principaux dirigeants hassidiques et leur concocte de beaux accommodements sur mesure. Et elle a le toupet de dire devant une salle pleine de citoyens qu’elle ne connaît pas les leaders de la secte hassidique par leur nom? C’est probablement parce qu’elle a l’habitude de les appeler par leur « petit » nom.

Depuis de nombreuses années, ils ne se comptent pourtant que sur trois doigts d’une main. À Outremont, la Sainte Trinité ultraorthodoxe est composée de Michael Rosenberg, Alex Werzberger et Mayer Feig. Ce n’est pourtant pas sorcier.

Qu’elle le veuille ou non, Marie n’a pas le choix de connaître Michael.

1) Elle était déjà en poste à l’arrondissement lorsque le tout puissant dirigeant hassidique a imposé la loi de l’erouv à Outremont après avoir poursuivi la Ville devant les tribunaux.

2) Michael Rosenberg a également siégé pendant des années à la tristement célèbre commission consultative permanente d’Outremont sur les relations intercommunautaires. Cliquer ICI pour prendre connaissance de son dossier de destitution)

3) Comment la mairesse aurait-elle pu oublier que c’est le même hassidim-in-chief qui avait invité le directeur de l’arrondissement Pierre Chapuis, le conseiller Louis Moffatt, un lieutenant de police, le directeur de la Sécurité publique et bien d’autres à aller faire une belle virée de deux jours à New York. Il leur avait même payé la traite en les conviant à son hôtel new-yorkais 4 étoiles.

Werzberger, lui, ne pèse peut-être pas aussi lourd que Rosenberg, mais il a toujours su travailler très fort dans les coins d’ombre.

1) C’est lui qui se vante des « deals » de tolérance négociés avec la mairesse et l’arrondissement.

2) Souvent convié à l’ex commission sur les relations intercommunautaires, il dressait, avec son coreligionnaire Rosenberg, la liste d’épicerie des demandes de passe-droits exigées pour les activités ultrareligieuses de la secte.

3) Grâce à l’appui de Marie Cinq-Mars, le dirigeant et lobbyiste hassidique siège depuis dix ans au Comité consultatif d'urbanisme (CCU) d’Outremont. (Cliquer ICI pour consulter son dossier de destitution). Jusqu’à tout récemment, Cinq-Mars présidait le CCU et y rencontrait inévitablement ce Werzberger qu’elle donne tout à coup l’impression de ne plus vouloir connaître.

Quant à Feig, il est l’émissaire et le chargé de mission des deux autres. Il a ses entrées au bureau de la mairesse après les heures d’ouverture de l’hôtel de ville. C’est lui qu’on dépêche aux assemblées du conseil lorsqu’il faut souiller la réputation d’une conseillère indépendante qui ne s’en laisse pas imposer, même à 40 contre 1. C’est encore lui qu’on charge de dénigrer un blogueur qui dérange la tradition d’impunité que les nababs hassidiques croyaient détenir par droits acquis ou… divins.

C’était du grand guignol d’entendre Cinq-Mars dans la salle du conseil demander à Mayer Feig s’il comprenait le français. Elle voit Mayer depuis plus longtemps que celui-ci ne connaît ses propres sept enfants. Elle sait aussi bien que moi qu’il ne peut baragouiner un traître mot de français. D’ailleurs, au cours de cette même soirée, alors qu’un ex-candidat à la mairie d’Outremont posait au micro une question sur la gare de triage, Mayer, assis tout près de moi, m’a demandé si le gars était en train de parler de la fête du Pourim. Pardon?

Lors de cette soirée, les citoyens présents ont pu mesurer l’authenticité de l’acte de contrition qu’a prononcé M. Feig. Lui que l’on voit en train de diriger ses troupes dans les vidéos mis en ligne (photo ci-contre) prétend déplorer le « very unfortunate incident » qu’a subi la conseillère Céline Forget aux mains de ses coreligionnaires.

Après avoir reconnu que ses ouailles avaient utilisé des mots inappropriés à l’encontre de Mme Forget, le naturel est vite revenu au galop. Feig s’est empressé de donner la charge à fond de train contre la conseillère Forget. Il fallait entendre le commentaire grossier et dégradant qu'il a émis en apercevant Mme Forget sortir de la salle de toilette pendant l'assemblée. Mépris des femmes, vous dites?

Les dirigeants de la secte n'ont jamais digéré que Mme Forget ait réclamé et obtenu la fermeture d'une synagogue illégalement établie sous le logement qu’elle habitait.

Au cours des 14 dernières années, des fier-à-bras de la secte l'ont harcelée, menacée de mort, vandalisée à répétition et poursuivie abusivement devant les tribunaux à au moins trois reprises.

Les autorités municipales n’ont jamais levé le petit doigt à la suite de toutes ces exactions. Les autorités policières sont restées cantonnées au Dunkin Donuts. Il aura fallu que les hassidim s’auto incriminent en plaçant leurs propres méfaits en ligne pour que la société civile comprenne enfin l’abjection de la situation et son caractère intolérable.
Pas en reste, les dirigeants hassidiques n'ont jamais sonné la fin de la récréation pour leurs délinquants. Au contraire. Devant deux citoyens qui étaient membres de la fameuse commission sur les relations intercommunautaires, un de ces dirigeants hassidiques a même eu l’audace de dire qu’en ce qui le concerne, Céline Forget n’avait même pas ce qu’elle méritait.

Et on s’étonne à la mairie que la pression monte?
Cliquer ICI pour entendre l'entrevue que Céline Forget a accordée à Benoît Dutrizac sur les débordements de la séance du conseil.
Dans les beaux Pays d'en Haut aussi, les ultrareligieux sont à couteau tiré avec les autorités laïques et les citoyens. Pourtant, c'est bizarre, là-bas, il n’y a pas de Forget pour les harceler, ni de Lacerte pour les intimider. Sans ces deux-là, ça se peut quasiment pas que le diable soit aux vaches. Et pourtant...

Avez-vous lu, cette semaine, l'article de La Presse sur la guérilla juridique menée par les hassidim contre la municipalité de Boisbriand? C'est absolument révoltant.

Au lieu de retourner s’empiffrer au Wolf & Lamb Steakhouse au coin de la 5e Avenue et la 48e Rue, la gang à Cinq-Mars devrait plutôt s’offrir une petite virée de reconnaissance à Boisbriand, en passant par Val-Morin qui en a drôlement bavée, elle aussi.

Cinq-Mars et Moffatt verraient à quoi ça ressemble des élus qui se tiennent debout devant une petite clique asociale qui veut faire sa loi et marcher impunément sur la tête de tout le monde.

Comme me le disait un vieux chum pas plus tard qu’hier : « Ce n’est pas un comité pour négocier les lois avec les sectes dont on aurait besoin. C’est un comité Outremont-Boisbriand que ça nous prendrait pour trouver des moyens efficaces pour mettre au pas les dirigeants hassidiques délinquants et les forcer à respecter les lois comme tout le monde ».

Maudite bonne idée! Invitons donc les maires de Boisbriand et de Val-Morin dans le cadre d’un colloque public pour discuter de la cohabitation et de la non-cohabitation avec les sectes hassidiques. Tant qu'à y être, on pourrait aussi convier les maires de Saint-Adolphe d'Howard, de Sainte-Adèle et de plein d'autres petites municipalités aux prises avec le même problème avec des fanatiques religieux.

jeudi 29 mars 2012

LA DÉMOCRATIE « I OWE YOU »

«Il faut être très très très prudent quand on reprend des propos à valeur politique». Marie Cinq-Mars n’aurait pas pu mieux dire dans l'entrevue qu'elle vient d'accorder à L'Express d’Outremont. Pour une fois, elle sait de quoi elle parle.
Après une douzaine d’années en politique active, dont dix sous la bannière d’Union Montréal, des propos à valeur et à saveur politique, notre bonne mairesse en a tenu à la tonne. La partisanerie, le clientélisme, le favoritisme, le déni et le mensonge n’ont plus de secret pour elle. Nous devrions la remercier de mettre les citoyens en garde… contre sa propre personne.
Cinq-Mars ne pourra pas accuser l’animateur Jean-Luc Mongrain de convoiter son poste aux prochaines élections municipales. Il n’est donc pas un de ces méchants opposants politiques auquel elle réfère avec dédain et mépris.
Or, le 14 mars dernier, avez-vous entendu ce qu’a dit l’animateur vedette à son émission qui traitait de la difficile cohabitation entre les citoyens d’Outremont et les hassidim?
«Quand tu commences ton élection et ta campagne avec une garantie de 2500 votes [hassidiques] dans les urnes, tu as des IOU, c'est-à-dire que tu dois retourner l’ascenseur. » (Ça vaut le coût de visionner le clip d’un peu plus d’une minute)

Dans cette même entrevue au journal local, si elle ne manque pas d’air, Cinq-Mars ne brasse pourtant que du vent. Elle invite ses opposants à «profiter du système démocratique pour se présenter devant les citoyens lors d'élections.» N’est-ce pas exactement ce qu’a fait Céline Forget? Cette dernière s’est fait élire on ne peut plus démocratiquement. Cela a-t-il empêché la mairesse de tenir des propos «malveillants» à l’égard de la conseillère indépendante, de la conspuer et de prétendre qu’elle est menteuse? Quant aux Lacerte, Joncas, Chelin et Girouard qu’elle pointe du doigt, n’ont-ils pas justement fondé un parti politique?

Faudrait qu’elle sache ce qu’elle veut! Elle ne peut pas à la fois déblatérer sur les citoyens parce qu’ils ne sont pas élus et vilipender ceux qui se font élire parce qu’ils ne sont pas demeurés de simples citoyens. Et puis, en passant, qu’elle nous montre donc le règlement qui spécifie qu’il faut être élu pour avoir le droit de s’exprimer, de revendiquer ses droits et de dénoncer le laxisme d’une première dame d’arrondissement qui fait l’autruche? On ne paye peut-être pas suffisamment de taxes pour exiger d’être équitablement servis?

Non seulement Cinq-Mars se met-elle la tête dans le sable jusqu’au coccyx, mais elle est d’une mauvaise foi grossièrement opportuniste. Pour faire diversion, elle n’hésite pas à faire ricocher sur ses fonctionnaires les critiques qui lui sont adressées à elle.

Ce n’est pas l’intégrité des fonctionnaires que les citoyens mettent en doute, mais les ordres et les directives qu’ils reçoivent «d'En-Haut». Dans l’entrevue qu’elle a accordée à Michel Desautels, elle a dit très distinctement «Nous avons autorité sur la Sécurité publique» Ça peut-tu être plus clair que ça? Les agents de la Sécurité publique font bien ce qu’elle leur demande de faire. Si la «boss d’Outremont» leur demande de fermer l’œil sur des accrocs aux règlements, les pauvres n’auront d’autre choix que d’obtempérer. On ne peut quand même pas les blâmer d'obéir à leur boss!

Marie Cinq-Mars ne se contente pas de prôner le laxisme. À des fins purement électoralistes, elle est prête à déboulonner des règlements de l’arrondissement. Même ceux qu’elle a elle-même contribué à adopter.

Un exemple? Le 17 juillet 2000, Marie Cinq-Mars, alors conseillère sous l’administration Unterberg, avait voté l’abolition de l’article 18.11 du règlement de stationnement. Grâce à cette abolition, finis les passe-droits de stationnement pour les fêtes religieuses. Or, le 4 octobre 2010, qu’a fait la mairesse? Elle a déposé un avis de motion pour rétablir les privilèges de stationnement. Les Lexus et Jaguar des lobbyistes hassidiques pourraient ainsi recouvrer l’impunité perdue.

Remarquez qu’Alex Werzberger, le président de la Coalition d'organisations hassidiques d'Outremont, n’avait pas attendu cet avis de motion pour permettre à ses ouailles de stationner là où les autres n’ont pas le droit. Le 25 janvier 2007, Werzberger n’avait eu aucune gêne à affirmer à L’Express d’Outremont qu’il s’agît d’un «deal réglé depuis cinq ou six ans».

Pour vous, un «deal» révélé en 2007 est de l’histoire ancienne? OK. En décembre 2009, il y a eu le reportage de Radio-Canada nous apprenant qu’une directive avait été donnée par l’hôtel de ville de ne pas déneiger les rues de tout un secteur d’Outremont pendant le Sabbat. Ça aussi c’est trop vieux? Pas de problème. Un pacte secret frais d’à peine trois semaines vous convient-il davantage?

Alors que la mairesse jure faire «appliquer sévèrement la réglementation à tous les citoyens, de façon équitable» et que son conseiller Louis Moffatt affirme que les élus ne font pas de passe-droits aux hassidim, ce même Alex Werzberger a avoué à la journaliste Émilie Dubreuil que les hassidim avaient «une entente tacite avec les autorités» pour faire circuler leurs autobus illégaux dans les rues résidentielles de l’arrondissement.

Qui ment ici? Les citoyens? De deux choses l’une. Ou bien Marie Cinq-Mars nous remplie comme des cocos de Pâques ou alors c’est le lobbyiste Werzberger - que Cinq-Mars et Moffatt vénèrent comme une icône - qui nous trompe. Dans tous les cas, la mairesse mérite les accusations de complaisance et de laxisme. Quant aux aveux du pope ultraorthodoxe, Marie Cinq-Mars n’aura pas le choix. Si elle maintient qu’elle n’accorde pas de faveurs aux hassidim, elle devra changer de cible, se retourner vers M. Werzberger et conclure que ses propos sont des allégations fausses et extrêmement graves. Il ne lui restera plus qu’à destituer le lobbyiste qui siège au Comité consultatif d’urbanisme.

Je convie tous les citoyens et citoyennes d’Outremont qui se scandalisent de la petite politique mesquine de la mairesse et du traitement dégradant qui a été réservé à la conseillère Céline Forget lors de la fête du Pourim, de venir protester vivement à la séance du conseil d’arrondissement qui se tiendra lundi prochain, 2 avril, à 19 h, au 530 avenue Davaar (derrière l’hôtel de ville, au coin du chemin de la Côte Ste-Catherine). Si vous souhaitez poser une question à la mairesse,
il faut vous inscrire à partir de 18h30.

Pour finir sur une bonne rigolade, lisez ce que le conseiller Louis Moffatt a trouvé à dire à propos de l'agression contre la conseillère Forget:

«Moi aussi, il m’arrive d’être attaqué, invectivé par certains opposants. C’est inacceptable.»

Ah! bon. Louis, l'armoire à glace du conseil, a été attaqué? Aurait-il marché sur un nid de fourmis noires?