dimanche 17 juin 2012

LE COMITÉ "ANA-NOUS-NIAISE" - PARTIE I


En cinq ans d’assistance aux séances du conseil d’Outremont, je ne compte plus le nombre de fois où Marie Cinq-Mars a disjoncté en pleine assemblée publique. À côté d’elle, la conseillère Ana Nunes dégageait un flegme tout en rondeurs.

Au cours des quelque 50 séances auxquelles j’ai participé, je n’avais jamais vu Mme Nunes sortir les griffes en public ou grimper dans les rideaux. Avec ses yeux de velours et son sourire langoureux, on aurait pu la surnommer Ana la Douce.

Ça, c’était avant qu’elle accepte (à ses conditions, S.V.P. !) la présidence du nouveau comité consultatif sur les relations inter-communautaires, le 7 mai dernier 

Depuis lors, le chat est sorti du sac et Nunes s’est transformée en lionne autocrate. 

Lors de la période de questions du 4 juin dernier, Nunes a répondu de façon cinglante, sèche et méprisante aux citoyens qui cherchaient à comprendre sur quelles bases allaient être choisis les membres du nouveau comité. Arrogante et vaniteuse, elle a remballé tout le monde en trois coups de fouet :

— «C’est moi qui les ai choisis selon mes critères à moi.» 

— «Je n’ai pas à vous expliquer leurs compétences.» 

— «Si vous n’êtes pas contents, partez-vous en un comité.» 


La véritable nature d'Ana la Douce
Dans la salle du conseil, les résidents de l’arrondissement ont assisté à la naissance d’Ana la Dominatrix.

Publiquement, la conseillère du district Jeanne-Sauvé s’était toujours gardée de jouer les boss de bécosse, mais des citoyens bénévoles qui ont siégé au Comité consultatif sur l'environnement et le développement durable sous sa houlette discrétionnaire nous avaient pourtant déjà avertis des crisettes dont elle est capable.

Comme ça, Ana Nunes refuse de dévoiler les compétences des gens qu’elle a choisis pour son comité nébuleux? C’est son problème. Mais comme la nature a horreur du vide, nous n’avons d’autre choix que de vous présenter nous-mêmes les membres de ce nouveau comité consultatif. 


Galanterie oblige, nous commencerons aujourd'hui par une
Leila Marshy lors de sa cabale référendaire
toute nouvelle recrue. Il s'agit de Mme Leila Marshy

Si l’objectif du Comité Ana Nunes était d’amorcer une
réflexion destinée à favoriser un apaisement des relations intercommunautaires dans l’arrondissement, la nomination de Leila Marshy est de très très mauvais augures.

Mme Marshy est rédactrice en chef des rubriques littérature, vidéo et podcasting du webzine The Rover.

Résidante de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal depuis quelques années, elle ne rate pas une occasion de se dépeindre comme étant «half-Palestinian, half-Newfie». Peut-être espère-t-elle que cela lui procure une couche  de crédibilité
téflon lorsqu’elle défend les intérêts des leaders hassidiques?

Au cours des trois années qui ont précédé le vote référendaire du 19 juin 2011, Mme Marshy s’est illustrée par son absence. Elle n’a assisté à aucune des deux soirées d’information publique du 7 juillet 2008 et du 29 avril 2010 sur le projet d’agrandissement, pas plus qu’aux séances du conseil d’arrondissement du Plateau où il en a été question. Elle a été tout aussi invisible lors du processus référendaire du 29 septembre 2008. Ce n’est que deux semaines avant la tenue du vote référendaire de 2011 que la féministe militante s’est révélée (réveillée?), prenant publiquement fait et cause pour les dirigeants fondamentalistes qui réclamaient l’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison.

Le 14 juin 2011 (cinq jours avant le référendum), Marshy s’épanchait dans The Gazette, qualifiant de xénophobes, d’anti-immigrants et de bigots ceux et celles qui sont en défaveur de l’agrandissement du lieu de culte.

Dans un dépliant de son cru distribué au porte-à-porte, elle accumulait faussetés, clichés alarmistes, allégations diffamatoires, en plus de prétendre qu’un non au référendum «prouverait que nous sommes, collectivement, intolérants et craintifs, que nous avons l'esprit fermé et que nous tournons le dos à l'avenir». Pour elle, le « nous sommes » réfère d’abord et par-dessus tout aux francophones.

Le 21 juin 2011, deux jours après avoir perdu son référendum, Leila Marshy créait la page Facebook Friends of Hutchison Street. Quel bilan y dressait-elle de la défaite référendaire? «We now officially have more tolerance for the sex shop down the street than for an insular well-meaning community in our midst».

À la suite de l'agression du 8 mars 2012 contre la conseillère Céline Forget, Marshy ne s’est pas gênée pour comparer à des agents de la Stasi certains de ceux qui s'indignent du deux poids, deux mesures dans nos arrondissements.


Gestionnaire responsable de sa page Facebook, Leila Marshy a non seulement permis à un certain  William Raillant-Clark
de publier un commentaire qualifiant Mme Forget de «provocative mad cow». Elle le félicite : «You have a lovely way with words, William ;-)». Elle n’a aucun problème à laisser Cameron Skeene, un de ses « amis », éructer des commentaires aussi déjantés que fêlés du style : «I hate Outremont Nazis!» et «I could do without the xenophobic nimbyism [NIMBY – Pas dans ma cour] a lot of this neighbourhood's residents seem to feel».

Ces «intolérants», «bigots», «bornés» et «rétrogrades» que dénoncent Leila Marshy et ses disciples ne sont pas seulement destinées à ceux et celles d’entre vous qui avez voté contre l’agrandissement de la synagogue bobov de la rue Hutchison. À leurs yeux, ces qualificatifs dégradants s’appliquent à tous les citoyens qui dénoncent ou désapprouvent le laxisme des autorités municipales à l’égard des dirigeants d’une secte qui croient pouvoir faire tout ce qu’ils veulent comme ils l’entendent, sans se soucier des règles établies démocratiquement et applicables à tous.

Vous n’êtes pas encore tout à fait convaincus que Leila Marshy n’est en fait que l’émissaire au service du lobbyiste hassidique Mayer Feig? 
Leila Marshy et son mentor Mayer Feig
  
Avez-vous entendu parler du rassemblement que Leila  a personnellement organisé à la bibliothèque Mile End, le 6 mai dernier? Il s’agissait d’une campagne de relations publiques destinée à redorer le blason de la communauté hassidique. Je ne vous demande évidemment pas de me croire sur parole. Lisez vous-même l’article publié le 17 mai 2012 en première page du Shalom Toronto qui se décrit comme le «largest Online Jewish Israeli Community website Newspaper in the greater Toronto». Leila Marshy y avoue candidement que « The goal of the meeting was a public relations exercise». 

Marshy et  Feig, lors de leur exercice de relations publiques du 6 mai 2012
Qu’avons-nous besoin de plus pour affirmer qu’avec une telle « nomination », ce nouveau comité sur les relations inter-communautaires est nécrosé avant même d’avoir tenu sa première réunion d’initiés?  

C'est ça qui favorisera le rapprochement des communautés d'Outremont?

Vous croyez avoir tout vu? Attendez de découvrir le pedigree de certains des autres membres du nouveau Comité Ana Nunes que nous pourrions d’ores et déjà rebaptiser Comité Ana-Nous-Niaise !  


Vous aimeriez un petit avant-goût qui vous laissera un arrière-goût? 

Sachez dès maintenant que Mme Nunes a aussi nommé sur son comité de «sages» des types comme Nahed Koussa, conseiller spécial au cabinet de Gérald Tremblay et - n'ayons peur de rien - nul autre que Graham Carpenter, le directeur de bureau de comté (Riding Office Manager) de Thomas Mulcair. Faut le faire! Y'a pas d'erreur, nous sommes sur la bonne voix pour l'harmonie à Outremont.

samedi 9 juin 2012

LA PRIME À LA DÉLINQUANCE



Michelle Courchesne a toujours eu la réputation d’avoir de la pogne. Y a-t-il quelque chose de plus redoutable qu'un pit-bull avec du Polygrip? Il n’y a qu’à voir comment la ministre de l’Éducation a maté les étudiants qui se battent depuis février dernier contre l’augmentation des frais de scolarité. 

Vous ne voulez pas marcher au doigt et à l’oeil, gang de petits morveux? Enweye la loi 78 dans les dents. Vous allez prendre votre trou à coups de matraques, de bombes assourdissantes, de poivre de Cayenne et de contraventions salées. Puis après ça, on va vous faire cracher votre juste part en même temps que votre palette cassée.

Ce qu’on aime de Courchesne, c’est qu’elle administre sa médecine équitablement à tout le monde. Le Deux poids, deux mesures, elle ne connaît pas. À preuve, rappelez-vous l’histoire des écoles religieuses illégales.

Ça faisait 30 ans que certaines écoles ultraorthodoxes recevaient des subventions du gouvernement sans respecter le régime pédagogique du ministère de l’Éducation. Le 6 juin 2009, sur les ondes de Radio-Canada, la ministre annonçait à René Homier-Roy que la récréation était finie.


Après s'être fait taper deux fois sur les doigts par le vérificateur général à propos des garderies et des équipements sportifs, Michelle Courchesne est à nouveau prise en flagrant délit de farniente à propos des écoles clandestines.

Les rabbins récalcitrants avaient intérêt à se tenir le corps raide et les papillotes molles s’ils ne voulaient pas voir le robinet du pipeline de subventions se fermer. Ils avaient jusqu’en septembre 2009 pour s’engager à embaucher des enseignants qualifiés, offrir des services (subventionnés) en français, sans oublier de mettre des stéroïdes dans les cours de maths, de géographie et de biologie épouvantablement rachitiques.

Or que vient-on d’apprendre dans Le Devoir et sur les ondes de 98,5 FM ? Que ces écoles récalcitrantes n’avaient pas perdu leurs subventions! Pire. Le pactole était plus généreux que jamais. Par exemple, la prime à la délinquance offerte à l'Académie Beth Tziril, une école ultraorthodoxe de Boisbriand, a vu sa subvention augmenter de 164 000 $, soit une hausse de plus de 31 % entre 2007 et 2011.

Madame Courchesne! Madame Courchesne! Vous qui administrez de façon si intègre, si neutre et si objective
… Que devraient faire de plus nos cégépiens et nos universitaires pour obtenir à leur tour une belle grosse subvention pour payer leurs études? N’ont-ils pas fait la preuve qu’ils pouvaient, eux aussi, être des délinquants modèles? Comment ? Ils ne votent pas du bon bord ? Woups ! J'avoue que c'est un argument massue, pour ne pas dire... matraque!

vendredi 1 juin 2012

APPELEZ LE 911

Véritable sous-produit de partisanerie politique, Marie Cinq-Mars a dû trouver jouissive ma chronique de mardi dernier à propos des autobus intercités illégaux sur le territoire du Plateau.

Pour une fois que je n’étais pas sur son dos à elle et que je matraquais la police du Plateau, la bonne mairesse d’Outremont allait pouvoir couler des jours tranquilles et arborer son sourire en coin de dame patronnesse.

Malheureusement, le plaisir de Cinq-Mars n’aura été que de très courte durée.

Pas plus tard qu’hier soir, un peu après l’heure du souper, une résidente ainsi qu'un avocat de très bonne réputation m’ont fait parvenir des photos prises sur le coup de 18 h,  rue Van Horne. 


Juste devant l’épicerie des Frères Young, entre les rues Outremont et Wiseman, un gros autobus de la firme Monsey Tours faisait le plein de passagers hassidiques comme si de rien n’était.

Sur le trottoir, hommes, femmes et enfants se pressaient devant la soute à bagages de l’autobus new-yorkais immatriculé 35752 BA.

30 mai 2012: l'autobus clandestin, sa localisation sur Van Horne  et quelques uns de ses passagers.
Pendant que tout ce beau monde se préparait à prendre la direction des « States », une femme s’est rendue au poste de police 24, juste au coin de Wiseman et Van Horne. Elle s’est adressée à l'agente Guillaume et lui a demandé d'envoyer une patrouille pour intercepter l’autobus illégal.

Très cool, l'agente Guillaume lui dit qu’il n’y a pas de quoi faire tout un plat : « On ne donnerait qu'un avis d'infraction et puis, de toute façon, je n'ai pas d'agent disponible ».

La résidente lui fait remarquer qu’il doit sûrement y avoir un agent dans le poste puisqu’il y a une voiture de police juste devant. Dans l’entrefaite, l'agente Couture arrive et confirme que c’est bien sa voiture qui se trouve devant le poste. La dame lui demande si elle ne pourrait pas aller verbaliser l’autobus avant qu’il ne disparaisse.


L'autobus intercités passe devant la voiture du poste 24
Vous savez ce que lui a répondu l’agente Guillaume? « Si vous n’êtes pas contente, madame, vous pouvez aller dans une cabine téléphonique et appeler le 911. » Peu de temps après, le fameux autobus est passé devant la voiture de police qui, elle, était stationnée juste devant le poste 24. Farewell my friends !

Avec un tel zèle, vous demandez-vous toujours pourquoi ce petit manège des autobus clandestins fonctionne en toute impunité depuis plus de dix ans? (Lire l'article de Fabrice de Pierrebourg)

Ces autobus destinés au groupe sectaire se sentent tellement au-dessus de leurs affaires qu’ils ne se bâdrent même plus d’aller cueillir leurs zélotes entre chien et loup au fin fond du chemin Bates. Ils agissent au grand jour et pratiquement au nez et à la barbe des policiers du poste 24.

Pourquoi en serait-il autrement? La mairesse et les autorités policières sont tellement accommodantes. Pas de danger qu’elles les forcent à aller prendre le bus au terminus Berri-UQAM comme tous les autres citoyens de l’île de Montréal. Ben voyons donc. Berri, c’est pour les impies !


Ça me rappelle cette histoire de la Sécurité publique (SP) d'Outremont.  qui, appelée pour un autre cas d'autobus clandestin sur Van Horne, s'était pointée sur les lieux, le 9 décembre 2009. 

Dans le registre d'appel (cliquer ICI pour le consulter), il a été écrit: «L'autobus a quitté lorsque le patrouilleur est arrivé et il s'agissait d'une autobus scolaire». 
9 décembre 2009: la patrouille de la Sécurité publique d'Outremont sur les lieux de la plainte
 Ah! bon. C'est ça que vous appelez un autobus scolaire? Quand on ne veut pas donner de contravention, ça passe toujours mieux de prétendre qu'il s'agit d'un autobus jaune. Après tout, la nuit, c'est bien connu, tous les chats sont gris... et les souris dorment.

Je comprends mieux pourquoi, à l'époque, Marie Cinq-Mars avait refusé de nous dire si l'autobus avait été verbalisé.

mardi 29 mai 2012

LA PROCHAINE FOIS... PEUT-ÊTRE!

Jeudi après-midi dernier, il faisait un temps magnifique sur le Mile-End. Avec un copain, j’avais décidé d’en profiter et me gâter un peu à la terrasse du Voro, le café-resto méditerranéen au coin de Fairmount et Jeanne-Mance. 

À 16 h 54, alors que nous nous attaquions une entrée de calmar grillé farci de riz phénicien et de chorizo, une immense baleine blanche s’est échouée juste devant nous.

Fallait voir la bête. 56 sièges inclinables, caméra à l'avant pour permettre aux passagers de mieux voir la rue résidentielle (!!) sur les écrans, air conditionné, toilette, compartiments à bagages, microphone sans fil, 56 prises A/C, sans oublier, bien sûr, vidéo, CD / DVD.

C’était un Prévost H3-45 de luxe, immatriculé à New York. Seul à bord, le chauffeur remontait le bitume, plein nord. Le déplacement était suspect (et illégal!), mais pour rien au monde, je n’aurais laissé la proie (dans mon assiette) pour l’ombre (le nuage d’un pot d’échappement).


À gauche: l'autobus interdit sur Jeanne-Mance, à 16h54; à droite: le même autobus sur Fairmount, en provenance de Hutchison, à 17h26.
Pour mal faire, à 17 h 26, alors que je rentrais doucement à la maison la peau du ventre bien tendue, qu’est-ce qui se montre le museau au coin de la rue Hutchison pour venir à ma rencontre sur Fairmount? Ben oui! Ma baleine blanche H3-45, immatriculée 19810 PC. Cette fois, le cétacé métallique avait la panse remplie de Jonas à rouflaquettes.

Grappe de jeunes hassidim devant la synagogue-terminal d'autobus du 5555 Hutchison
Plus de doute, il se passait quelque chose dans le coin. Un de mes voisins qui se stationnait devant chez lui avait déjà composé le 911. Il venait de voir une trâlée d’adolescents et de jeunes hommes hassidiques lestés de valises sur le trottoir faisant face à la synagogue du 5555 Hutchison.

Placés dans la rue sur le côté de la grosse synagogue Yetev Lev située au coin de Saint-Viateur et Hutchison, des 4’’x 4’’ de six pieds de long empêchaient le stationnement à au moins quatre voitures. L’espace public avait tout bonnement été réquisitionné par les religieux pour servir de terminal clandestin aux autobus interdits qui se présentaient l’un après l’autre.
À gauche: les 4" x 4" pour "réserver" l'espace de stationnement; à droite: un jeune hassidim range les 4" x 4" maintenant que l'autobus illégal est arrivé.


Bien qu’ils aient mis pas loin de 45 minutes pour se pointer, les constables Le Beau et Boyer du poste 37 ont tout de même attrapé un de ces autobus en flagrant délit de cargaison.

Stationnés derrière l’autobus, les gyrophares allumés, les deux policiers sont allés à la rencontre du chauffeur de la compagnie Excellent Bus Service. En moins d’une minute, tout était entendu. Ses ouailles à bord, le bus a embrayé et s’est même payé le luxe d’emprunter vers le sud la rue Hutchison pourtant interdite à ce type de véhicule à dix roues.

Les policiers ont actionné leurs gyrophares, mais ont laissé l'autobus partir comme si de rien n'était.
Les policiers ont-ils verbalisé le chauffeur délinquant? Êtes-vous malades? Bien qu’il nous ait avoué être très au fait de la problématique des autobus illégaux sur nos rues résidentielles, le constable Le Beau a choisi de le laisser filer sans émettre de constat d’infraction au contrevenant multirécidiviste. Mieux! Le chauffeur n’a même pas eu d’amende pour avoir omis d’acquitter les droits de stationnement tarifé pour les espaces PL 154 et suivants qu’il a illégalement occupés.

Dire que sur son site Web, Stationnement Montréal indique que le rôle de la tarification du stationnement sur rue est de « faciliter la fréquentation des quartiers institutionnels, commerciaux et d’affaires par les automobilistes en favorisant le partage des places de stationnement ».


Pour nous remettre la face, le constable Le Beau nous a dit : « La prochaine fois que ça arrive, si vous portez plainte et que je suis en service, je leur donnerai une contravention. » Big deal! 

Le chauffeur doit encore se taper les cuisses sur l’Interstate 87. Quant aux responsables de la synagogue du 5555 Hutchison, ils sont, comme à l’habitude, morts de rire et pliés en quatre. Comment pourrait-il en être autrement? Leur stratagème fonctionne depuis des années. C’est un pied de nez aux citoyens avec la bénédiction des autorités municipales. Si c’est pas du Deux poids (lourds!), deux mesures, je me demande bien ce que c’est.

mercredi 23 mai 2012

HISTOIRES D'O... O comme dans Outremont

Pendant que le ministre des Affaires étrangères, John Baird, accorde une subvention de 1 million de dollars à un rabbin hassidique d’Ottawa sans que celui-ci rencontre les critères gouvernementaux, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, se scandalise de l’exposition Sexe : L'expo qui dit tout présentée au Musée des sciences et de la technologie du Canada à Ottawa. (voir ma chronique du 5 décembre 2010)

Pour ajouter l’hypocrisie à la pudibonderie, Timothy Bloedow, l'adjoint du député conservateur Maurice Vellacott, en rajoute. Dans le site internet évangélique Christian Governance qu’il dirige, on exige que le Musée retire cette exposition, à défaut de quoi on exhorte le gouvernement fédéral à cesser de financer l'établissement.

Sous pression, la direction du Musée a retiré une vidéo qui abordait la masturbation. Non, mais… qu’est-ce qu’on en a à branler des états d’âme du gouvernement, des punaises de sacristie, des grenouilles de bénitiers et des mangeurs de balustres de toutes confessions?
 


Thomas Mulcair a crié à la censure et s’est scandalisé de la pruderie des pieux conservateurs. Pourtant, c’est ce même Thomas qui prête main-forte aux intégristes hassidiques chaque fois que cela peut lui rapporter des votes. Et Dieu sait que les ultraorthodoxes sont au moins aussi collets montés que peuvent l’être les fous de Dieu ou d’Allah lorsqu’il est question de sexualité.

Il y a 20 ans, le lobby hassidique avait réussi à convaincre les élus d’Outremont d’adopter un règlement interdisant le port du maillot de bain dans les parcs de la ville. Le règlement avait été contesté par un citoyen qui a eu gain de cause.



La plainte officielle contre les seins de béton
En 1999, c’est Pierre Chapuis (alors directeur du Service de l'aménagement urbain et du patrimoine) qui, à la suite d’une plainte d’un ultra-orthodoxe, obligeait le propriétaire de la croissanterie Le Figaro à faire disparaître les statues grecques qui décoraient sa terrasse. Dans sa lettre, l’ultra-orthodoxe, qui disait parler au nom de la « jewish community in Outremont », souhaitait procurer aux siens « a clean moral lifes » et implorait l’intervention des autorités afin de « Keep Outremont clean ». En gros, cachez ce sein de béton qu’ils ne sauraient voir!



Les deux affiches indécentes
En 2006 et 2007, une boutique bien en vue de la rue Bernard a subi le harcèlement et l’intimidation de membres de la communauté hassidique pour avoir apposé en vitrine deux affiches promotionnelles considérées « indécentes, dégradantes et inacceptables » aux yeux de certains ultrareligieux.  ( Voir notre mémoire pour la commission Bouchard-Taylor, page 57)

Alerte rouge à Outremont
Il y a deux ans, un vendredi soir avant le coucher du soleil, la Sécurité publique d’Outremont a jugé la plainte d’un citoyen à ce point importante qu’elle a dépêché une voiture de patrouille près de la rue Bernard. Un agent a frappé à la porte de cette famille francophone et a sommé la maîtresse de la maison de… retirer de la corde à linge les sous-vêtements féminins qui séchaient dans la cour arrière. « Vous choquez vos voisins, madame. » Pensez donc; des bobettes au vent, un jour de sabbat!

Certains pourraient répliquer que ce qui a pu se passer il y a plus de deux ans relève de l’histoire ancienne et que, depuis lors, les choses ont bien évolué. Nous aimerions bien leur donner raison. Hélas, il semble que plus ça change, plus c’est pareil.


Nous avons appris qu’un autre commerce de la rue Bernard a récemment vécu un incident qui s’apparente à ce qu’avait connu en 2006 et 2007 cette autre boutique située sur la même artère. Cette fois, c’est un rabbin hassidique qui ne supporte pas les posters pourtant aussi inoffensifs que de bon goût qui garnissent la devanture de la boutique.


Puisqu’aucune autre maison ne souhaite parler ouvertement du problème, les propriétaires de ce commerce préfèrent ne pas faire de vagues. Entre temps, la clientèle hassidique semble s’être volatilisée. Qui sait. Peut-être ce rabbin ne lèvera-t-il l’embargo que lorsque les propriétaires se seront recyclés dans la confection de papillotes et téfilines?


S’ils ne craignaient pas les représailles, combien seraient-ils à nous raconter ce genre d’histoires d’O? O, comme dans Orthodoxe!

 
Tiens! Pour finir, un petit conseil pour les administrateurs du Théâtre Outremont.

Si jamais l'envie vous prenait de projeter ce film érotique inspiré du roman de Pauline Réage, ne placez pas cette affiche en vitrine. Vous pourriez recevoir de la visite pas très catholique.

samedi 12 mai 2012

LE TRANSFERT DES POUVOIRS OU LES LIAISONS DANGEREUSES



Les Outremontais à l’oreille fine auront déjà entendu parler des comités consultatifs de l’arrondissement. Outre le comité sur l’urbanisme, l’arrondissement a déjà compté jusqu’à six commissions consultatives : arts et culture — sports, loisirs et vie communautaire — les aînés — environnement et le développement durable — sécurité publique et stationnement — relations intercommunautaires.

Or, tous étaient présidés par un élu du parti au pouvoir qui en définissait l’ordre du jour. Ce qui s’y disait était tellement sensible que les résidents qui souhaitaient y siéger devaient signer rien de moins qu'un engagement de confidentialité.


 Rien de ce qui
allait être soulevé lors de ces audiences à huis clos ne devait transpirer hors des murs capitonnés de l’hôtel de ville. Allo la transparence!

Ana Nunes et Louis Moffatt, le 7 mai 2012 : Les secrets d'État chuchotés à l'oreille de l'ancien président du comité intercommunautaire chargé de satisfaire les demandes des leaders hassidiques
 

Ces commissions n’étaient soumises à aucun règlement et encore moins à un droit de vote. À quoi bon puisque dans certains comités, la majorité des membres semblaient servir de faire-valoir pour quelques lobbyistes bien en vue. Et gare au membre qui avait l’audace de critiquer le mode d’opération de sa chapelle. C’était l’éjection automatique et sans appel. Bonjour la démocratie participative!

Comme il fallait s’y attendre, les critiques, les embrouilles et les apparences de favoritisme ont fini par sortir au grand jour et créer scandale (voir, par exemple, le voyage à New York offert par le Jewish Orthodox Community Council)
.

La patate est devenue tellement chaude qu’en janvier 2010, Cinq-Mars a annoncé la dissolution des six comités consultatifs.


On le sait, une patate chaude en réchauffe toujours une autre. Avec la tension, les exaspérations et la frustration des citoyens qui ont résulté de l’agression contre la conseillère Forget, la mairesse donne l’impression d’être totalement dépassée.

Juste après l’appel au calme qu’elle a lancé lors de l’assemblée du conseil du 7 mai dernier, Cinq-Mars nous a annoncé qu’elle nous mijotait un autre beau petit comité fait sur mesure pour déterminer les normes des fêtes et célébrations communautaires.


Après qu’elle-même et ses prédécesseurs se soient cassé les dents sur la question des relations intercommunautaires, la voici qui récidive en confiant, cette fois, le dossier à la conseillère Ana Nunes.

Cinq-Mars n’a-t-elle encore tiré aucune leçon des crises précédentes? Comme par le passé, non seulement les citoyens sont laissés dans le noir, mais même les membres du conseil n’en seront avisés qu’une fois tout bien ficelé. «Nous présenterons le comité aux membres du conseil lorsqu’il sera prêt à être mis définitivement en application.» Ça c’est de la concertation, mes amis.


Il fallait entendre la nouvelle passionaria nous faire part de sa vision des choses.

Le transfert des pouvoirs

C’est chaussée de gros sabots, qu’Ana Nunes a parlé de son «comité des Sages». Madame a imposé une condition sine qua non. Elle serait la seule maître à bord. C’était à prendre ou à laisser. «C’est moi qui choisirai les gens qui feront partie de ce comité. Je les choisirai d’après leur niveau de connaissance, leur culture, leur intelligence de cœur, leur ouverture et leur reconnaissance parmi leurs pairs.» Beau programme pour quelqu’un qui raconte ne jamais lire les journaux, ni même écouter les nouvelles.


Nunes en a surpris plus d’un dans la salle du conseil lorsqu’elle a indiqué que son nouveau «comité de liaison» sera constitué de citoyens de l’arrondissement, «mais surtout de gens de l’extérieur d’Outremont… Il y a même des gens de l’international qui vont venir donner leur point de vue». Cou’donc! Les ressources intellectuelles font-elles si cruellement défaut à Outremont? Dites-nous pas qu’on va se ramasser avec les ex-commissaires Bouchard et Taylor? Clotaire Rapaille,
tant qu’à y être? Pourquoi ne pas faire appel à Kofi Annan? Il pourrait nous monter un Comité spécial des Vingt-Quatre.

Ana
Nunes ne sait absolument pas nous dire comment ça va fonctionner, mais elle va «recevoir chaque communauté et comprendre leurs besoins». Ça veut dire quoi, chaque communauté? Des résidents avec un nom de famille à consonance italienne constitueront-ils une communauté? Même chose pour les Papageorge, les Nguyen, les Skrutkovskis, les McLaughlan, les Osvepian, les Tremblay?

Que je sache, tout ce beau monde d’Outremont constitue déjà une harmonieuse communauté ouverte et intégrée au grand ensemble québécois. Alors on va échafauder un comité pour accommoder qui? Les hassidim qui veulent continuer de vivre en vase clos et faire les choses quand ils l’entendent et comme bon leur semblent?


Le changement de la garde doit tout de même faire un petit pincement au cœur à Louis Moffatt. En cédant sa place à Ana, Louis renonce définitivement à la deuxième escapade au rabais qu’il devait entreprendre à New York avec Michael
Rosenberg et Mayer Feig les 18, 19, 20 et 21 septembre 2007. Dire que c’est parce que nous avons demandé la destitution de M. Rosenberg à peine 15 jours avant leur second voyage en terre hassidique que Louis avait dû tout annuler en catastrophe (voir les extraits des procès-verbaux).  

Il peut bien encore me regarder de travers quatre ans et demi plus tard.



En parlant de destitution, Louis Moffat fait encore la preuve qu’il n’est vraiment pas à la hauteur de la situation. Lors de la période de questions du 7 mai dernier, j’ai déposé au conseil d’arrondissement une pétition contenant les noms de plus de 250 citoyens d’Outremont qui demandent la destitution de M. Alex Werzberger du comité consultatif d’urbanisme.

Le conseiller Moffatt en a profité pour se mettre les pieds dans les plats. « J’ai parlé ou téléphoné à un bon nombre [de gens] qui l’ont signée. La compréhension qu’ils ont eue et la raison pour laquelle ils signaient cette pétition n’est pas la même que ce que vous promulguez au micro».
Louis, tu es en train de dire aux citoyens de l’arrondissement qu’ils ne sont pas assez intelligents pour lire une pétition, d'en comprendre les enjeux, de faire la part des choses et de prendre position? Oh! Boy. Je pense que je vais te laisser le plaisir de le leur dire toi-même. Je te souhaite bonne chance.

mercredi 25 avril 2012

LA TRAQUÉE ET LES COINCÉS

Le 8 mars dernier, comme vous le savez tous, la conseillère Céline Forget a été victime d’une agression répugnante de la part d’une quarantaine d’hommes hassidiques. Alors que ceux-ci n’ont jamais été inquiétés par les policiers, je viens tout juste d’apprendre sur le site de la conseillère municipale qu’à la suite de cette attaque en règle, un membre de la secte a poussé l’agression encore plus loin. Il a déposé une plainte criminelle contre la femme que lui et ses coreligionnaires ont harcelée et injuriée.

Le comble, c’est que Mme Forget ne l’a appris que le 17 avril, soit 40 jours après l’évènement. Quarante jours, c’est aussi long que le jeûne du Christ dans le désert! À l’âge d’Internet et des téléphones intelligents, c’est une éternité. On se demande bien pourquoi les autorités policières ont tenu si longtemps secrète cette démarche à la principale intéressée. Ils respectaient le carême, peut-être? Écoutez l'entrevue qu'un ancien policier a donné à Benoît Dutrizac, le 14 mars dernier.

Chose certaine, un membre de la secte hassidique ne prendrait pas une telle initiative sans le feu vert de son rabbin ou la directive explicite de ses leaders. 

Hélas, Céline Forget essuie ce type d’intimidation ordurière depuis belle lurette. C’est la huitième fois que des membres de la secte ultraorthodoxe déposent une plainte criminelle contre elle depuis qu’elle a entrepris de faire fermer une synagogue illégale sous son domicile. 

À titre d’exemple, en juillet 2000, alors que Mme Forget était conseillère municipale, un hassidim l’avait accusée d’avoir frappé un de ses coreligionnaires. Après enquête, le procureur avait rejeté la plainte. Le même stratagème a été utilisé en janvier 2005. Cette fois, la méchante Forget aurait frappé une fillette. À la suite d’un procès qui s’est tenu en mars 2006, elle a été innocentée sans même que son avocat ait eu à déballer sa plaidoirie. 

En juillet 2007, croyant enfin pouvoir lui asséner le coup de grâce, Israël Breuer, un bon père de famille hassidique qui la harcèle depuis presque dix ans porte à nouveau plainte contre elle, alléguant qu’elle aurait tenté de l’écraser avec sa voiture. Malheureusement pour lui, Céline Forget avait filmé la scène (cliquer ICI ) et a été acquittée par le juge, en novembre 2008.

Évidemment, c’est sans parler des menaces de mort, des innombrables actes de vandalisme qu’elle a dû subir au fil des ans (cliquer ICI) 

Anthropologiquement parlant, il est intéressant de noter que peu importe où ils se trouvent (Outremont, New York ou Israël), les zélotes hassidiques qui s’adonnent à l’intimidation utilisent souvent les mêmes méthodes.

Saviez-vous que dans le monde hassidique, cracher en direction de quelqu’un relève de l’insulte suprême? À côté de ça, un doigt d’honneur fait sourire.

Ce n’est donc pas un hasard si, dans les vidéos de l’agression contre elle, on a pu voir deux manifestants anti Forget lui cracher dessus en prenant soin d’émettre un beau Peuuuh! bien sonore. 


Visionnez le montage vidéo montrant d'abord le geste dégradant fait à Mme Forget (soyez attentif; ça ne dure que quatre secondes). Dans cette même vidéo, vous serez témoin du même type d'insulte de la part d'un vieil ultraorthodoxe lors d’une manifestation en Israël. Vous verrez aussi que  même une petite fille peut être victime de ce geste humiliant de la part de fous d'Abraham. Le phénomène est tellement répandu que vous entendrez finalement le premier ministre Netanyahu (photo ci-contre) annoncer publiquement que les policiers allaient sévir contre ceux qui crachent et harcèlent les gens. C’est dire combien la chose n’est pas un geste anodin.

Si cela est tout à fait intolérable, il faut savoir qu’en Israël, les intégristes ultraorthodoxes profèrent les mêmes injures à l'endroit d'autres Juifs israéliens. Le terme «nazi» est très à la mode tant chez nous que là-bas. Voyez par vous mêmes en cliquant ICI. 

De la part d'intégristes endoctrinés jusqu'à l'os, on n'est pas nécessairement surpris, mais quand ce type de grossièretés est proféré par des citoyens considérés «instruits» et habitant Montréal, on est un peu interloqués.

Bien des gens ont été stupéfaits de voir de quelle façon Mme Forget a été prise à partie. « Forget sale, Get out of here! Hund (chienne)! Get lost! Hitler! Nazi! SS!»

Prenez la page Facebook de Friends of Hutchison Street, par exemple, un lieu que Leila Marshy, la gestionnaire du compte, a décrit comme un havre de paix (safe place) non sans d'abord m'avoir traité de trou du cul.

À la suite de l'agression contre Mme Forget, la rédactrice en chef d'une section du magazine culturel The Rover ne se gêne pas pour comparer à des agents de la Stasi certains de ceux qui s'indignent du deux poids, deux mesures dans nos arrondissements.

 

D'autres, aussi raffinés, ont moins de retenue. Je pense à Cameron Skene, par exemple (photo ci-contre).
Technicien à la faculté des beaux-arts de Concordia, celui qui se qualifie d’écrivain et de peintre ne s'embarrasse pas de nuances pour japper toute sa rage sur la page de Mme Marshy: «I hate Outremont Nazis!» 

Je m'en voudrais de vous faire de la peine, citoyens et citoyennes d'Outremont qui acceptez mal le laisser-faire de nos élus, mais l'insulte de cet impétueux Winnipégois vous vise tous et toutes. Vous et moi serions donc des ploucs brasseurs de merde (poo-throwing hicks ).Ce même Cameron Skene a qualifié un de mes camarades et partisans juifs - dont l'arrière-grand-père a été déporté et tué à Auschwitz - de promoteur de haine raciale (race-baiter). Cameron a fait ses études à l'Université de l'Alberta! Qu'est-ce que ça aurait été sinon? 

William Raillant-Clark (photo ci-contre), lui, est légèrement moins grossier. C'est vrai que le Néo-Zélandais (si je ne m'abuse) a fait des études à Paris. 
 
Attaché de presse à l'Université de Montréal et rédacteur en chef de Fuck Yeah Quebec!, William a, lui aussi, commenté l'agression contre Mme Forget sur la page Friends of Hutchison Street:
«The only person who should be temporarily banned from parading in the streets of Outremont is that provocative mad cow.» Et visiblement, la féministe Leila Marshy apprécie:
«you have a lovely way with words, William ;-)»
 
Ah! bon. Une vache folle, la conseillère municipale attaquée par des fanatiques sectaires? Encore heureux que dans son curriculum vitae, l'une de ses recommandations de l'Université de Montréal dit de lui: « William has always replied quickly, courteously and intelligently... »

Il faudra bien que je me fasse à l'idée. S'ils ne sont pas tous des Angryphones, les Friends of Hutchison Street ne sont pas les Peace & Love de la chambre 1742
du Reine Élizabeth. John et Yoko seraient bien chagrinés d'entendre ça.

Il y a une chose qui me chicote. Comment diable expliquer qu'une Leila Marshy et qu'un William Raillant-Clark, deux homosexuels assumés, embrassent fougueusement, totalement et sans aucune nuance la cause d'une secte qui, par ailleurs, voue une haine profonde à l'homosexualité et à ceux qui la vivent? Cela leur semblerait-il plus facile de «dealer» avec des homophobes que d'entendre les arguments de leurs voisins francophones? Penseraient-ils comme notre voisin Josh Dolgin, alias Socalled qui, au lendemain du référendum gagné par les opposants à l'agrandissement de la synagogue de la rue Hutchison, avait eu ce cri du cœur: «Law protects racist majority on this street!»?

Dans le cas de M. Raillant-Clark, je suis d'autant plus dérouté par son incompréhension que je suis tombé sur une interview qu'il a faite dans son Fuck Yeah Quebec.

Tout comme le propriétaire d’une boutique du Village Gay de Montréal,
M. Raillant-Clark en a marre de constater que la Police fait très peu pour éliminer les actes d’incivilité bien trop présents dans son quartier:

«Je ne comprends pas pourquoi la communauté homosexuelle ne jouit pas du même niveau de protection policière que celui rendu aux citoyens du Centre-Ville, du Plateau, d’Outremont, de Westmount... On a l’impression que l’administration concentre tous les marginaux de la ville et de la province ici et les abandonne - le fardeau de la réintégration doit être porté de façon égalitaire à travers notre territoire ». 
 
Tiens! C'est bizarre. Il peut se permettre de pointer du doigt les pauvres itinérants qui sont des victimes ostracisées et bien involontaires de leurs milieu de vie, de leur santé mentale ou de notre société égocentrique? Il ne veut pas d'un ghetto de
poqués de la robine, de la seringue ou du neurone dans sa cour? Il souhaiterait que le fardeau que représente ces laissés pour contre soient disséminés équitablement à travers l'île de Montréal? Serait-il prêt à préconiser la même chose avec des intégristes religieux?

Ouain! Si je comprends bien, c'est tout à fait politiquement correct de se plaindre des accros à la colle d'avion, mais totalement révoltant de demander aux élus d'agir contre les dirigeants hassidiques qui incitent des accros à la Torah à ne pas respecter les règlements municipaux des goys. Faudra m'expliquer. Il y a une nuance que je n'ai pas saisie.


En attendant, William, allez donc jeter un coup d'oeil sur cette courte vidéo prise en Israël. Vous comprendrez très vite ce que nous réclamons ici, à Montréal. Vous verrez. C'est pas sorcier.