jeudi 27 septembre 2012

LA GUERRE DU KIPPOUR

Hier, jour du Yom Kippur, Marvin Rotrand, Michael Applebaum et Lionel Perez, ont pu passer la journée à leurs synagogues respectives et demander pardon à Dieu pour les offenses qu’ils ont commises à l’encontre de leurs prochains. Comme tout bon croyant juif, les trois élus municipaux du parti de Gérald Tremblay se sont abstenus de boire et de manger, de se laver, de se frictionner le corps, de porter des chaussures en cuir et d’avoir des relations intimes. Avec un peu de chance, Dieu les aura inscrits dans le livre de la Vie. 

N’empêche qu’ils ont eu chaud. Samedi dernier, Anie Samson, la leader de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Montréal avait contesté la décision de l'administration du maire Gérald Tremblay d'ajourner les travaux dès 17h, mardi, afin de permettre à trois élus de confession juive de participer à la plus importante fête du calendrier juif.
Messieurs Rotrand, Applebaum et Perez, d'Union Montréal ont bien failli ne pas pouvoir demander pardon à Dieu
Selon Mme Samson, cela n'avait pas de sens de pénaliser l’ensemble du conseil pour trois élus qui souhaitaient pratiquer leur foi. En guise d’accommodement, elle avait proposé que les trois fidèles prennent congé sans être pénalisés financièrement malgré leur absence.

Il n’en fallait pas plus pour que Marvin Rotrand se sente outragé. Il ne s’est pas seulement senti visé personnellement. Il a qualifié cette proposition d’insulte à tous les Juifs de Montréal. Il exigeait des excuses. Un peu plus et il demandait à la conseillère de Vision Montréal de célébrer le Jour du Grand Pardon avec lui!

Atteint dans sa foi profonde, Marvin Rotrand a soutenu que depuis plus de 30 ans, toutes les administrations ont toujours respecté les fêtes des principales religions représentées sur le territoire de Montréal. Est-ce à dire, M. Rotrand, que c’est plus important de respecter la foi d’un groupe parce qu’il est plus nombreux qu’un autre?

Si on suit le raisonnement du conseiller de Snowdon, on ne suspendrait pas les travaux du conseil pour un élu municipal vietnamien qui souhaiterait aller célébrer la fête du Têt,  la seule journée de l’année où l’esprit de ses ancêtres repasse sur terre? Me semble d'entendre Rotrand lui dire:
«Sorry, mon coco. Ta croyance n'est pas au top du hit-parade montréalais des cultes».  

À Montréal, selon Statistique Canada, la distribution des appartenances religieuses va comme suit : catholiques, 74,5%;  protestants, 6,2%;   musulmans, 3%;  orthodoxes chrétiens, 2,8%;  juifs, 2,6%. Suivent les bouddhistes (1,1%), les hindous (0,7%) et les sikhs (0,2%). Avec un «score» d’à peine 2,6%, peut-on vraiment parler de religion principale? Et à 1,1%, s’agit-il d'un culte marginal?

Il me semble que ce n’est pas le poids relatif des religions qui devrait être le barème pour déterminer de la tenue ou de la suspension des travaux du gouvernement municipal. Comme l’a bien dit Louise Harel, la chef de Vision Montréal, «l'Hôtel de Ville doit être une institution laïque, même si les conseillers ont tout le loisir de pratiquer leur foi». Même mon ami Julius Grey soutient qu'il est contre cet accommodement collectif (voir le reportage de TVA)

Le pire de toute cette histoire n’est pas tellement la montée de lait de Marvin Rotrand, mais bien la réaction répugnante de Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal et de son poulain de Rosemont, François Limoges.


Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, et son conseiller François Limoges: plus rapides que le B'Nai Brit
Écoutez-moi Limoges lors d’un point de presse : «Si Vision Montréal est assez désespéré pour sortir quelque chose d'aussi populiste, qui vise — on ne mâchera pas nos mots — à réveiller un sentiment antisémite pour marquer des points et passer dans le journal, c'est déplorable pour eux». Et Richard Bergeron n’a rien trouvé rien de mieux que d’abonder dans le même sens. Tirer plus vite que le B’nai Brit, faut le faire!

L’accusation est non seulement révoltante, mais obscène. Ces deux gars-là se prennent-ils pour des Wiesenthal? Ils font des procès d’intention à des adversaires politiques uniquement pour se faire du capital auprès d'une communauté. Et Bergeron a le culot d’ajouter qu’il ne fait pas de petite politique. Il en connaît un bail sur la «basse partisanerie potentiellement explosive».  Luc Ferrandez doit pas être trop fier de son «cheuf». On le comprend, le pauvre.


Si je n’avais qu’un petit conseil à donner à Richard Bergeron, ce serait justement de prendre grand soin de mâcher ses mots pour ne pas s’étouffer avec. 

Daniel Sanger à un party des Friends of Hutchison St
L’accusation d’antisémitisme est une grenade qui se dégoupille tellement facilement. Qu’il le demande à Daniel Sanger, un de ses attachés politiques. Il en a fait l’expérience personnelle en juin 2011. 

Sanger, un ancien journaliste controversé
qui a déjà prétendu que la capitale nationale du Québec avait été le théâtre d’un nettoyage ethnique (Saturday Night Review, mars 2000), n’a jamais caché son parti pris pour la secte hassidique dans l’affaire du référendum sur l’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison. Dans son entourage, on raconte qu’il peste contre les francophones qui ont voté contre cet agrandissement.

Or, au lendemain de la défaite des ultraorhtodoxes, la virulente Leila Marshy a publié dans le magazine en ligne The Rover, un article intitulé Democracy has a Downside où elle crache son fiel contre ces mêmes francophones empêcheurs de prier en rond.

Dans un commentaire placé au bas de l’article, l’attaché politique de Projet Montréal félicite Marshy, rectifie certains faits, mais commet l’erreur de faire un tout petit reproche à certains membres de la communauté hassidique en écrivant : «J’espère que les hommes [hassidiques] vont commencer à conduire leurs fourgonnettes de façon plus responsable». 


Il n’en fallait pas davantage pour qu’un certain hassidim s’identifiant comme S. Binet lui dise sa façon de penser : «ton commentaire malicieux n’est guère mieux que ce que fait P. Lacerte». Et vlan dans les dents. Probablement pour la première fois de sa vie, Sanger se faisait pratiquement traiter d’antisémite. Il l’a certainement pris dur, le pauvre homme. 

S’il était intelligent pour deux cennes, Sanger conseillerait à ses amis de Projet Montréal de faire très gaffe avant de traiter quelqu’un d’antisémite. Mais peut-être est-ce trop lui demander.

En dépit du blâme que lui avait adressé le Conseil de presse du Québec pour sa déformation des faits et l'inexactitude de son information, Daniel Sanger semble avoir conservé ses préjugés tenaces.

Personnellement, je suggèrerais à tous ceux qui ne pensent pas avant de parler de faire le test Suis-je antisémite? placé sur Youtube. C'est très révélateur et ça éviterait à plusieurs d'avoir l'air con.

jeudi 20 septembre 2012

L'INTÉGRITÉ SANS FAILLE



Ce matin, quelque 7600 citoyens électeurs d’Outremont seront ravis d’apprendre que le fichier de la liste électorale qui contient les informations permettant de les identifier est rangé dans un endroit sécuritaire et bien protégé. Au moment où on se parle, ces données sensibles pourraient même se trouver dans le coffre-fort d’une synagogue ultraorthodoxe de l’arrondissement.

Alors que dans son discours d’assermentation de lundi dernier, la nouvelle première ministre affirmait que ses troupes auraient bientôt «la responsabilité d’aider de toute façon possible nos concitoyens dans chacune de nos circonscriptions», Michel Lefaivre, vice-président, affaires politiques et programme du Parti Québécois d’Outremont n'avait pas attendu ce mot d'ordre avant d'aider certains de ses concitoyens.

Michel Lefaivre, dans la poche de Max Lieberman

Hier soir (19 septembre 2012), lors d’une réunion de l'exécutif du parti qui se déroulait à Outremont, M. Lefaivre s'est vanté d’avoir fourni une partie de la liste électorale de sa circonscription à un groupe de dirigeants hassidiques. Il aurait posé ce geste alors que la campagne électorale battait son plein.

Les ultraorthodoxes n’ont même pas eu besoin de recourir aux agents de la GRC pour lui voler cette liste. Le vice-président la leur aurait remise de son plein gré. C'est du moins ce qu'il a révélé à son exécutif éberlué. À certains qui se sont insurgé contre le geste, loin de se repentir, l'intéressé aurait persisté et signé. Si c'était à refaire, il le referait.

La loi électorale interdit pourtant formellement à quiconque «d’utiliser, de communiquer ou de permettre que soit communiqué, à d’autres fins que celles prévues par les lois électorales, un renseignement relatif à un électeur sans le consentement de la personne visée». Les 7600 électeurs vivant dans le quadrilataire formé des rues Hutchison, Stuart, Laurier et Van Horne auraient-ils donné leur bénédiction pour ce «deal»?

L’histoire ne dit pas si les nouveaux gardiens de cette précieuse liste l’avaient réclamée en contrepartie d’une promesse de voter pour le parti souverainiste, mais de toute évidence certains stratèges péquistes qui rêvent en couleur  voyaient en cet appel du pied divin une planche de salut. Après tout, la fin justifie les moyens, n'est-ce pas? Et puis, Lieberman aurait confié à Lefaivre que le Parti Libéral aussi leur donnait accès à leurs listes électorales.

Le soir de l’élection, l’équipe péquiste d’Outremont était réunie
20.02.2011: Max Lieberman intimidant la conseillère Céline Forget
au Massilia, le bistro marseillais de l’avenue du Parc. Or, outre les inconditionnels du soccer et du rugby qu’on y retrouve habituellement, un des porte-parole de la secte hassidique y swignait la bacaisse, la kippa toute de travers. Un peu plus, Max Lieberman aurait troqué le châle de prière pour la ceinture fléchée. On raconte même que la candidate péquiste semblait ravie de l’enthousiasme de ce cher Max. C'est vrai qu'il baragouine à peine le français, mais son sourire Pepsodent, sa bonhommie contagieuse et sa conversion apparente à l'article 1 du programme du PQ compensait largement son handicap.

Au lendemain de la victoire minoritaire du PQ, Max Lieberman se serait même donné la peine de téléphoner à Michel Lefaivre pour lui annoncer, tout excité, que c’était la première fois qu’il votait PQ et qu’il était encore plus fier de l’avoir fait alors que c’est une femme qui en portait les couleurs. Avouez que c’est touchant. 

 À tu et à toi avec certains souverainistes d’Outremont, la taupe hassidique travaillait le terrain depuis un bon bout de temps. Le 25 juin 2009, Lieberman avait trouvé le tour de se faire photographier dans Le Devoir lors du défilé de la Saint-Jean. Il y a deux ans, Lieberman distribuait les sourires lors de la fête de la Saint-Jean organisée au parc Joyce par la SSJB. 

Il y a quelques jours, un reportage du journaliste Alain Gravel, nous faisait entendre Ben Soave, un ex-enquêteur de la GRC spécialiste de la mafia calabraise implantée à Toronto. Il révélait que les politiciens ontariens étaient très naïfs. 


Si ça peut consoler la classe politique ontarienne, disons-leur que leurs homologues québécois sont au moins aussi innocents qu’eux. Même qu’ils sont d’une crédulité abyssale. Voir si les intégristes ultraorthodoxes qui ne veulent rien savoir du français et qui refusent même de se conformer au programme du ministère de l’Éducation vont voter pour un parti qu’ils qualifient souvent comme xénophobe, raciste et antisémite. 

Il faut vraiment être cons comme la lune ou vouloir vivre d’espoirs déçus pour penser que les dirigeants intégristes juifs ont fait autrement que Salam Elmenyawi, le président du Conseil musulman de Montréal qui, le 15 août dernier, tout en accusant le PQ de propager le racisme, la haine et la discrimination, invitait les électeurs à boycotter le PQ.

Si ça peut mettre un peu de baume sur les partisans péquistes, rappelons-leurs que pour gagner ne serait-ce qu’un vote, tous les partis politiques sont prêts à piétiner leurs principes et leur
«intégrité sans faille» comme la qualifie Mme Marois. PQ, PLQ, PLC, NPD, PC, Union Montréal, Vision Montréal, Projet Montréal, nous les avons tous vus à quatre pattes devant les communautés intégristes.
 
Comment disait-elle ça, Pauline Marois, lors de l’assermentation? «Bientôt, nous aurons la responsabilité d’adopter les lois qui vont régir la vie de tous les Québécois.» Bravo! Mais ne pourrait-on pas commencer par faire respecter les lois déjà en vigueur? C’est une bonne question à poser au Directeur général des élections, non ?

dimanche 9 septembre 2012

LE MARCHÉ DE DUPES


Pas besoin de remonter à Mathusalem pour prouver l’existence de lignes d’autobus hassidiques illégales sur le territoire d’Outremont et du Plateau. Juste ces derniers mois, nous avons documenté plusieurs cas de trafic clandestin de passagers vers New York sur les rues Van Horne, Hutchison et Saint-Viateur. En 2009, le quotidien Rue Frontenac avait même publié un reportage sur cette problématique.

Cela fait des années que les citoyens se plaignent des gros autobus qui sillonnent allègrement nos rues résidentielles. Pire. Ces mastodontes au diesel n’ont aucune hésitation à squatter nos rues pour en faire des terminus illégaux.


Le terminus Rosenberg, à la synagogue du 5253 Hutchison
Amenez-en du trafic, des bouchons de fourgonnettes stationnés en double de jour comme de nuit pour décharger ou faire monter les lourdes valises des passagers pressés qui grouillent autour des soutes à bagages. Où y’a de la gêne, y’a pas de plaisir, n’est-ce pas? 
 
Une fois encore, nos gourous théocrates font la preuve qu’ils n’en ont rien à cirer des autorités d’arrondissements. Voyez un peu.


Le 15 janvier 2004, les plus hautes autorités de la communauté hassidique d’Outremont, Alex Werzberger en tête, signaient avec la ville d’Outremont une entente leur accordant officiellement le droit d’aménager un arrêt d’autobus devant l’école Talmud Torah D’chassisei, située au 6508 Durocher, dans le secteur Atlantic (cliquer ICI pour situer l’emplacement). 


Grâce à ce pacte, les ultraorthodoxes pourraient, en toute sécurité et sans contrevenir aux règlements municipaux, faire la navette entre Montréal et New York dans de gros autobus intercités.

Les conditions de l'entente demandées par Outremont
C’est Pierre A. Chapuis qui a paraphé l’entente au nom d’Outremont. En échange d’un engagement des autorités hassidiques de ne plus opérer de terminus sauvages sur Van Horne et sur les rues résidentielles, Chapuis (à l'époque, directeur de la Ville) ferait installer un système d’éclairage adéquat devant l’école et s'engageait à procéder (à nos frais!) au déneigement du débarcadère durant les mois d’hiver.

Bien qu’il était stipulé noir sur
La parole des théocrates: de la bouillie pour les chats!
blanc que cette entente devait
lier toute la communauté hassidique et malgré le fait que les Alex Werzberger, Solomon Spitzer, Ernest Kiszner et Jacob Feldman promettaient d'en respecter les termes en tout temps et de mettre tout en œuvre pour que l’ensemble de leurs ouailles en fasse autant, on connaît la suite.

Pour les dirigeants hassidiques, cette entente ne valait guère plus que le papier sur lequel il s'y engageaient.


Chapuis, à la droite de Marie Cinq-Mars aux assemblées du conseil



 Dear Alex, il faut bien reconnaître que tu es un sacré fourbe. Avoue que c’est pas Chapuis qui va t’apprendre à faire des grimaces. 
 

lundi 3 septembre 2012

LE COMITÉ ANA-NOUS-NIAISE, SUITE ET FIN



Élue au conseil d’arrondissement d’Outremont en 2005 sous la bannière du bon Gérald Tremblay, Ana Nunes aura mis sept longues années avant de trouver son chemin de Damas.

S’il faut la croire, ce n’est qu'en avril 2012 qu’elle a «ressenti l’impasse entre les communautés ethniques d’Outremont». Depuis sa révélation, Ana Nunes s’est autoproclamée présidente du nouveau comité consultatif sur les relations intercommunautaires et s’est arrogé le pouvoir absolu de désigner qui bon lui semblait pour l’entourer.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Ana ne se prend pas pour une queue de cerise. D’entrée de jeu, elle nous a assuré que son comité aurait de la classe, du panache. Elle nous l’a présenté comme un groupe intellectuel qui aurait une approche philosophique. Le tout serait un «espace de parole évolutif».

Hélas! Au cours de l’été, sa balloune s’est un peu dégonflée. Nous avons appris qu’une des personnes qu’elle y avait nommée «pour sa grande autorité et son articulation proactive» (ça se meut comment, dites-moi, une articulation proactive?) s’est désistée pour des raisons personnelles. Ainsi, M. Paul-Guy Duhamel ne siégera pas au sein de cet aréopage savant.

Heureusement, tous les druides de Nunes n’ont pas encore déserté. Outre les Leila Marshy, les Nahed Koussa et Graham Carpenter, les Mindy Pollak, Francine Unterberg et Claudio Zanchettin que nous vous avons déjà présentés, quatre autres citoyens ont été nommés à ce comité. Il s’agit de Mme Katherine Leigh Frohlich, M. Guy Archambault, M. Denis Demers et M. François Dupin.


Katherine (Kate) Leigh Frohlich
Mme Kate Frohlich
Comment parler de cette nouvelle résidente d’Outremont, sans d’abord faire état de son impressionnant parcours académique? Après avoir décroché avec distinction un baccalauréat en sciences politiques à McGill, la Winnipegoise d’origine juive ashkénaze s’est attaquée à une maîtrise et à un doctorat en santé publique de l’Université de Montréal.

Qui donc a approché cette chercheuse de haut niveau de l’UdeM pour siéger à ce comité manipulé à la fois par le clan d’Union Montréal et certains dirigeants ultraorthodoxes? Ana Nunes? Cela nous surprendrait. Nous avons une autre piste bien plus intéressante.

En 2003, Mme Frohlich a coécrit et publié un article scientifique dans le Canadian Medical Association Journal traitant du lien entre la pauvreté et la morbidité infantile. Or, dans le cadre de ce travail de recherche, Mme Frohlich et ses collègues ont, entre autres, fouillé la question de la durée de l’allaitement dans le cas d’une mère fumeuse. Or, qui est la vice-présidente de la Fondation canadienne de l'allaitement? Ce n’est nulle autre que la femme de notre bon conseiller municipal Louis Moffatt, le béni-oui-oui des dirigeants intégristes hassidiques d’Outremont! Ça ne s’invente pas. Bien sûr, il est possible que ce ne soit là que pure coïncidence, mais...

Mais pourquoi diable cette professeure agrégée qui gravite dans les hautes sphères du département de médecine sociale et préventive de l’UdeM a-t-elle accepté de siéger à cette table ronde très controversée? Passionnée par les questions d’épidémiologie sociale et les inégalités sociales de santé, aurait-elle été interpellée par l’inquiétante épidémie d’hépatite qui avait frappé de plein fouet la communauté hassidique d’Outremont en 1997-1998? C’est vrai qu’avec une prévalence de 42 fois supérieure à celle du Québec en général, cette épidémie, apparemment passée sous silence dans les médias, a de quoi appâter une autorité en ces matières.

Kate Frohlich a aussi eu l’indicible bonheur de rencontrer la fondatrice du groupuscule pro-intégriste Friends of Hutchison Street. Le 25 avril dernier, Mme Frohlich a même 
salué sur Facebook l’initiative de Leila Marshy d’organiser à la Bibliothèque Mile-End un «friendly get-together» avec son mentor, le lobbyiste hassidique Mayer Feig. 


C’est sans surprise qu’Alex Norris — l’inénarrable conseiller de Projet Montréal — a qualifié de «genuine exchange of information and insights» ce pur exercice de relations publiques hassidiques. Sur place, pourtant, même M. David Pinto, un sympathique monsieur juif réformiste de Hampstead a qualifié cette rencontre de véritable « fuzzy wuzzy ». En bon québécois, on pourrait traduire cela par du pelletage de nuage. «Nous n’étions pas là pour entendre des gens vanter la qualité de vie du quartier et nous dire combien c’est génial d’habiter un endroit plein de toutes sortes de groupes ethniques et de religions, raconte M. Pinto. Nous voulions aborder des problématiques bien spécifiques, mais les gens qui étaient là n’avaient aucunement l’intention de parler de ces problèmes.»

La très cartésienne chercheuse manitobaine saura-t-elle résister au credo multiculturaliste qui semble animer tant de nos compatriotes anglophones? Saura-t-elle comprendre l’indignation d’un grand nombre de ses concitoyens qui dénoncent le laisser-faire et les passe-droits que les élus municipaux accordent au lobby intégriste pour des considérations bassement électoralistes? Seul l’avenir nous le dira. 


Guy Archambault


Est-ce parce que la situation lui est soudainement apparue à ce point critique et explosive que Nunes a choisi de nommer M. Archambault au sein de son état major? En tout cas, si la situation devait se morpionner sur le territoire d’Outremont ou du Plateau, Ana Nunes pense peut-être que l’ancien directeur adjoint pour les Balkans — Direction de l'Europe du Sud — au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international saurait sur quel bouton appuyer.

Après avoir jonglé avec l’OTAN, l’OSCE, le Conseil de sécurité de l’ONU, les vétos russes et chinois, les salons feutrés et ronflants de la diplomatie, Guy Archambault déroulera-t-il la langue de bois des diplomates de carrière ou mettra-t-il la pression qu’il faut sur les dirigeants intégristes afin qu'ils respectent enfin les règlements et l’ensemble des citoyens?


Denis Demers

Ingénieur et consultant forestier installé à Outremont, Denis
Demers tisse probablement des liens avec Nunes en raison de leurs intérêts professionnels respectifs. Rappelons que la présidente du nouveau comité sur les relations intercommunautaires est responsable du développement durable de l’arrondissement. Pas plus tard que le 12 mai dernier, M. Demers formait un tandem avec Nunes lors de la distribution de compost et échange de boutures entre citoyens.

On est tout de même en droit de se demander en quoi leurs accointances écologiques ont pu amener Ana Nunes à choisir M. Demers sur ce comité. Serait-ce, par hasard, parce que certains hassidim ont démontré une certaine propension à abattre sans raison des arbres mûrs sur le fief de Marie Cinq-Mars? À moins que ce soit parce que la mairesse (qui s’est déjà vantée d’avoir transplanté 100 arbres) a vu crever tous les arbres qu’elle a fait planter sur le tronçon outremontais de l’avenue Laurier? Nous ne doutons aucunement des compétences forestières et transversales de ce membre en règle de la Société Internationale d'Arboriculture, mais nous aimerions bien savoir s’il pourrait avoir des raisons (autres qu’un altruisme humanitaire) d’acquiescer à la politique du laisser-faire et de l'accommodement des élus en place. À suivre.



François Dupin
Même s’il avoue n’avoir jamais senti l'appel de la toge,

Me François Dupin
M.François Dupin célèbre cette année sa 22e année à titre de juriste pour le Curateur public du Québec. Dans une autre vie, il avait fondé une clinique juridique au YMCA/Avenue du Parc dédiée d’abord aux immigrants.

Au fil du temps, il a glissé des questions de droits aux préoccupations éthiques, puis bioéthiques. L'inaptitude mentale, l’intervention auprès d'une personne déficiente intellectuelle ou ayant des problèmes de santé mentale sont devenues son champ d’expertise. En 2009, le Barreau du Québec lui décerne le titre d’Avocat Émérite.


Membre du Comité permanent du droit des personnes du Barreau du Québec et membre du Comité santé mentale et justice, il a participé à des commissions parlementaires en plus de donner de nombreuses conférences.


Comment s’est-il retrouvé à la table du Comité d’Ana Nunes? Il semble bien, cette fois encore, qu’il y ait du Louis Moffatt là-dessous. Qu’est-ce qui peut nous le faire croire? Le 31 mai 2011, par exemple, le conseiller Moffatt a présidé la Table sur les orientations des célébrations du 375e de Montréal. C’est à lui qu’il était revenu de choisir neuf citoyens d’Outremont afin qu’on les sonde sur les activités qui pourraient être adéquates pour ces célébrations. Or, Me Dupin faisait partie des invités de Moffatt, aux côtés, évidemment de l’incontournable Francine Unterberg.


Ce jour-là, à notre coûteux Centre communautaire intergénérationnel, la question des moyens de rapprochement entre les diverses communautés à Outremont, incluant la communauté hassidique, a été à l’ordre du jour. 

Qu’est-il ressorti de cette réunion? Il a été proposé de réunir les diverses communautés de l’arrondissement autour d’un même projet. On a pensé rassembler un groupe de jeunes artistes [rappeurs, musiciens, associations] autour d’un projet musical ou artistique. La mise sur pied d’un grand repas communautaire a aussi été proposée. Il semble toutefois qu’ils aient oublié de spécifier qu’il faudrait alors nécessairement que la bombance soit cachère. Quant à la musique, faudra-t-il uniquement se rabattre sur le Klezmer de Socalled? 

 Je vous le dis, c’est pas gagné d'avance pour le Comité Nunes-Moffatt-Union Montréal. Ça ne le sera pas davantage pour la fameuse version Outremont des célébrations du 375e.

lundi 9 juillet 2012

LE COMITÉ "ANA-NOUS-NIAISE" - PARTIE III

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? C’est de toute évidence ce que s’est dit Marie Cinq-Mars lorsqu’elle a décidé, le 2 avril dernier, d’imposer un moratoire sur les fermetures temporaires de rues pour les processions religieuses sur le territoire outremontais. À titre de présidente du nouveau comité consultatif sur les relations intercommunautaires, Ana Nunes semble, elle aussi, partisane de la complexification des règlements.

Le 18 juin, Nunes a demandé à son comité de se pencher sur le problème des parades et des processions religieuses. Il fallait plancher sur un projet de règlement destiné à encadrer ce type de manifestations.


Mais pourquoi diable un nouveau règlement? Un citoyen a demandé à la conseillère Nunes de justifier la pertinence de cette démarche. Celle-ci aurait été incapable d’expliquer ce qu’elle souhaitait régler avec ce projet de règlement.

Faut-il s’en étonner? Après tout, l’arrondissement dispose déjà des règlements sur les nuisances, le bruit, la circulation et le stationnement. Le seul problème, c’est que les autorités municipales ne veulent surtout pas les faire appliquer … pour ne pas indisposer les leaders hassidiques qui les élisent. 


Fallait-il vraiment mobiliser un « comité de sages » pour ajouter au règlement actuel un couvre-feu aux évènements religieux? Faut croire qu’ils s’attendent à ce que ça coince sérieusement avec les leaders ultraorthodoxes.

Pour lubrifier au maximum les négociations avec les dirigeants sectaires, Ana Nunes n’a pas lésiné sur le choix des membres du comité. Nous vous avons déjà exposé les « compétences » des Leila Marshy, Graham Carpenter et Nahed Koussa. Il nous reste encore à vous présenter les pedigrees des Mindy Pollak, Francine Unterberg, Claudio Zanchettin, François Dupin, Paul-Guy Duhamel, Guy Archambault et Denis Demers.

Limitons-nous aujourd’hui aux cas des Mindy Pollak, Francine Unterberg et Claudio Zanchettin.

Dans le cas de Mme Mindy Pollak, Nunes n’a eu d’autre avenue que de lui inventer le titre de « vulgarisatrice des mœurs hassidiques ». Qu’aurait-elle pu ajouter au sujet de cette jeune femme hassidique, sinon que de dire que depuis la perte du référendum de la rue Hutchison cette dernière est clairement associée à la campagne de relations publiques destinée à redorer le blason de la communauté ultraorthodoxe.


Leila Marshy et Mindy Pollak soutenues activement par le conseiller du Plateau Alex Norris (Projet Montréal)


Ce n’est donc pas un hasard si depuis septembre 2011, Mindy et Elka Pollak (sa mère) se sont acoquinées avec Leila Marshy, le faire-valoir du lobbyiste hassidique Mayer Feig. 

Les trois promotrices de la cause hassidiques sont désormais inséparables lorsqu’il est impérieux de mousser la communauté ultraorthodoxe. À tel point, que Mme Susan Purcell, une commentatrice a eu cette réflexion sur la page Friends of Hutchison Street de Leila Marshy : « There always seems to be, like, one Hasidic family at these events», ce à quoi Leila Marshy a répondu : « Elka Pollak is one of the original Friends of Hutchison people, so you've probably seen her picture here more than once. » Faut-il vraiment ajouter quelque chose?

Passons maintenant à Mme Francine Unterberg et M. Claudio Zanchettin.

Mme Unterberg et M. Zanchettin ont au moins deux choses en commun. L’un et l’autre ont siégé ensemble à l’ancien comité consultatif sur les relations intercommunautaires qui a été dissous dans la polémique, le 11 janvier 2010.

Par ailleurs, la mère de l’ancien maire d’Outremont (Jérôme Unterberg) et Claudio Zanchettin ont tous deux participé au très controversé voyage à New York offert au rabais en juin 2005 par le JOCC et le richissime Michael Rosenberg qui — le hasard faisant bien les choses — siégeait avec eux à cette commission.

Tout comme Louis Moffatt (alors pressenti conseiller municipal d’Outremont), Edison Ramirez (l’actuel directeur de la Sécurité publique d’Outremont) et d’autres membres de cette commission, les Unterberg et Zanchettin ont bénéficié d’une nuitée à l’hôtel new-yorkais quatre étoiles de ce même Michael Rosenberg. Bref, un séjour d’une fin de semaine défrayée aux deux tiers par le JOCC et M. Rosenberg (voir le détail en cliquant ici).

Si quelques rares personnes qui ont pris part à ce voyage ont écrit aux élus et aux autres membres siégeant à cette commission pour manifester leur inconfort à propos des largesses du lobby hassidique, ni Mme Unterberg, ni M. Zanchettin, ni aucun autre participant à cette escapade controversée ne se sont donné la peine de remettre en question les faveurs accordées.


Bien au contraire, tant Mme Unterberg que M. Zanchettin ont manifesté leur intérêt pour entreprendre dans les mêmes conditions un deuxième séjour (plus long!) à New York. Hélas! devant le scandale soulevé par le premier pèlerinage à New York, le second périple qui devait avoir lieu du 18 au 21 septembre 2007 a avorté in extremis. Il ne se concrétisera jamais, bien que les élus d’Outremont ont toujours affirmé que les choses avaient été faites dans le respect total de l’éthique et des règles de l’art. Le malaise était lourd comme une dalle de béton qui s’effondre.
L'ombre de Marie Cinq-Mars n'est jamais loin 
derrière Mme Unterberg

Que dire de plus à propos de Francine Unterberg sinon qu’elle
est partout! La bénévole olympique a été secrétaire à la Société d'histoire d'Outremont, présidente du Comité de jumelage d’Outremont, vice-présidente de la Table de concertation des aînés d’Outremont, vice-présidente à la consultation publique sur l’industrie du taxi à Montréal et j’en passe.

Elle est aussi intervenue lors de la consultation sur le projet de Charte montréalaise des droits et responsabilités des citoyens. Elle s’interrogeait, entre autres, sur l’orientation laïque que pourrait adopter la charte et s’inquiétait du pouvoir d’intervention que pourrait avoir l’ombudsman dans les conflits de nature religieuse entre les citoyens et les autorités municipales. Faut-il se surprendre qu’elle soit favorable aux «accommodements religieux» que dispensent à gogo les Cinq-Mars, Moffatt et compagnie?

En ce qui concerne Claudio Zanchettin, il faut savoir qu’il a
Claudio Zanchettin, la forte gueule du groupe
enseigné la philosophie au Collège Montmorency. Celui qui a siégé au conseil d’administration de la Ligue des droits et libertés a aussi œuvré à titre de conférencier. Par exemple, en 2004, il a donné une conférence intitulée «D’Athènes à Kaboul : Religion et rationalité – Liberté et laïcité». Il se demandait alors s’il fallait, dans nos sociétés modernes occidentales, reléguer les religions dans le domaine du privé ou leur faire une place dans la sphère de la vie publique. Il posait aussi la question à savoir si on devait tolérer ou combattre le fondamentalisme religieux.

On pourrait déduire qu’en acceptant de siéger tant à l’ancien qu’au nouveau comité, M. Zanchettin a répondu à ses propres questionnements, d’autant plus qu’à l’époque de notre demande de destitution de M. Roseberg dudit comité, le philosophe et ses collègues avaient estimé, lors de leur réunion du 31 octobre 2007, que les 40 signataires de cette requête en destitution n’avaient soutenu rien de moins qu’une
«démarche immorale». Ayoye! Mais au fond, fallait-il se surprendre de ce verdict sans appel quand on sait que quelques minutes plus tôt, Louis Moffatt avait pris soin d’encenser M. Rosenberg présent à la réunion en lui attribuant entre autres le mérite pour les « progrès extraordinaires » en matière de dialogue avec la communauté hassidique?

Cela dit, rendons à César ce qui appartient à César. Claudio Zanchettin n’est pas perçu comme un Yes Man par certains de ses collègues qui le décrivent plutôt comme une «forte gueule».


Le 3 juin 2010, par exemple, Zanchettin a cosigné, sous la bannière des Artistes pour la paix, une lettre adressée à Stephen Harper dans laquelle il demandait à l’ONU
«une enquête impartiale sur l’arraisonnement meurtrier de la flottille de paix par la marine israélienne». Il exigeait aussi d’Israël «la levée du blocus de la Bande de Gaza» et priait également le gouvernement canadien de «travailler aux côtés de l’ONU au succès de la conférence 2012 voulant assurer un Moyen-Orient sans armes nucléaires». Mais ça, peut-être ne s’en est-il pas vanté à Michael Rosenberg.

Nous laissons à chacun le soin de soupeser le tout. Vous devriez pouvoir vous faire une tête sur la valeur de ce groupe de travail lorsque nous aurons terminé de vous présenter ses autres membres dans la prochaine chronique sur le Comité Ana-Nous-Niaise.


En attendant, vous pouvez tous venir faire un tour à la séance du conseil d'Outremont qui se tient ce soir (lundi 9 juillet 2012), à 19h, au 530, avenue Davaar. L'entrée est gratuite... si vous ne tenez pas compte de votre compte de taxes! 

lundi 25 juin 2012

LE COMITÉ "ANA-NOUS-NIAISE" - PARTIE II



Quel naïf je suis! Dans ma dernière chronique (17 juin), j’avançais qu’avec la nomination de Mme Leila Marshy, ce nouveau comité sur les relations intercommunautaires était nécrosé avant même d’avoir tenu sa première réunion d’initiés.

À ce moment-là, nous ne  savions pas que la conseillère Ana Nunes avait secrètement réuni
son «comité des sages» avant que la liste des membres soit entérinée par les élus municipaux. C'est en lisant L’Express d’Outremont que nous avons appris que tout ce beau monde s'était déjà réuni le 22 mai dernier. Ça, messieurs, dames, c'est ce qu’on appelle démarrer sur des chapeaux de roue avant que le coup de départ ne soit donné.

Que dire de la hauteur qu’Ana Nunes souhaite donner à son comité?


Pour élever le débat à un niveau d’humanisme ghandiesque, elle raconte au journaliste avoir choisi «des gens de cœur ». Mieux! Pour que leurs cogitations ne soient contaminées par le fruit pourri de « l’émotivité », la présidente Nunes a souhaité recruter des citoyens résidants au-delà des limites d’Outremont. 

En ce sens, la nomination de Leila Marshy répond pile-poil à ce critère puisqu’elle habite du côté est de la rue Hutchison, soit à… neuf mètres de la frontière d’Outremont, et à quelques maisons de la synagogue qui souhaitait prendre de l’expansion. À n’en pas douter, cela donne à Mme Marshy « l'œil externe pour sortir de l’émotivité » que souhaitait tant Ana Nunes.

En cette période où les allégations de népotisme, de favoritisme et de partisanerie politique grouillent comme des asticots affamés, Nunes a pris grand soin de placer son comité consultatif à l’abri de toutes critiques.


Pour cela, elle a eu la bonne idée de s’adjoindre les services de M. Nahed Koussa, un conseiller spécial sur les communautés interculturelles auprès du cabinet du bon maire Gérald Tremblay. Nunes a également nommé à son comité M. Graham Carpenter, directeur de campagne (Riding Office Manager) de Thomas Mulcair. Avec un tel aréopage, les citoyens d’Outremont peuvent être assurés de la neutralité du nouveau comité.
 

M. Nahed Koussa: du Guinness des records au cabinet de Gérald Tremblay. 
Originaire de Syrie, Nahed Koussa est le premier Arabe inscrit dans le Livre Guinness des records après avoir réalisé, à Paris, en 1988, la plus petite aquarelle au monde (1,7 X 2,4 mm) 


Formé à l’Institut national agronomique Paris-Grignon et à la Sorbonne-Paris 1, le détenteur d’un Diplôme d'Agronomie Approfondie récoltera, en 1999, un autre record Guinness en
L'hymne national canadien sur un grain de riz
écrivant, à la main, le plus long texte sur un (formation oblige) grain de riz. Il ne lui aura fallu que 15 grains de 3,3 mm pour copier l’hymne national canadien, syrien et plusieurs versets d’un poète libanais. 
L'évangile selon Koussa

En 2002, il offre au Pape Jean-Paul II le plus petit Évangile au monde (15 X 19 mm), rédigé en araméen (la langue de Jésus Christ) et en arabe, sur papier de cigarette. Un 3e record Guinness.

Selon les renseignements figurants au registre des entreprises de Revenu Québec, M. Koussa est le secrétaire de Gestion Elian Koussa, une entreprise oeuvrant dans les domaines de l’import-export et d’agences de spectacles et d'artistes.

Après avoir reçu les Prix du Gouvernement Syrien (tout un honneur, que d'être vénéré par le régime Al- Assad!), du Gouverneur Général du Canada (1998) et de la Gouverneure Générale du Canada (2008), il ne fait pas de doute que l’ingénieur-sociologue-écrivain-artiste peintre a un sens inné du réseautage, de la mise en scène (et en valeur). 


D’ailleurs, sur sa page LinkedIn, il se décrit comme un spécialiste en relations publiques, en relations intercommunautaires, en immigration et multiculturalisme canadien.

Grâce à sa propension pour le communautarisme (subventionné?), M. Koussa a eu une formidable opportunité de se faire la main. 


Avant de devenir conseiller spécial au cabinet de Gérald Tremblay en juillet 2011, Nahed Koussa a agi pendant deux ans (janvier 2009 à janvier 2011) à titre de Conseiller régional principal du Ministre de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney.

Il y a trois
jours à peine, on nous rappelait dans La Presse que depuis l’élection des conservateurs, en 2006, Kenney « a passé d’innombrables fins de semaine à courtiser les communautés ethnoculturelles des grands centres urbains en se rendant d’un festival ethnique à l’autre… en espérant que ces communautés … décident d’appuyer le Parti conservateur ».
Kenney flattant dans le sens du poil des électeurs convoités.

Et on sait que les conservateurs ne pêchent pas à la mouche lorsqu’il s’agit d'écumer les bancs de fondamentalistes religieux à des fins électoralistes, comme ci-contre, au sein des intégristes hassidiques de Boisbriand.

L’entrée de M. Koussa dans l’entourage du maire Tremblay fait partie de ce que certains hauts fonctionnaires municipaux ont qualifié de «take over» des conservateurs sur la politique montréalaise
. (lire l'article percutant dans Le Devoir)


M. Koussa, entouré de femmes et de fillette voilées, en février 2012
Pour ne vous donner qu’un exemple de ce que se farcit M. Koussa depuis qu’il bosse à la Ville de Montréal, jetez un œil à la commémoration de la naissance «de la meilleure des créatures», le prophète Mahomet, organisée le 9 février 2012 par l’Association des Projets Charitables Islamiques


«Tous réunis par amour pour le prophète», les Nahed Koussa,  Jean-Marc Fournier, Gilles Vaillancourt, Barbara Pisani (conseillère principale régionale au cabinet de Jason Kenney) et bien d'autres encore, ont assisté à un haletant concours de mémorisation du Coran organisé par l’Académie Culturelle de Laval avant de se laisser conter que l’islam est «la seule religion qui convient à toutes les époques». (cliquer sur l'image ci-haut pour entendre le discours de l'imam )

_____________________________________________________________________


Passons maintenant à Graham Carpenter, l'autre personnage qu'est allée chercher la très subtile conseillère d'Union Montréal pour donner de l'épaisseur politique à son comité «humaniste».


Graham Carpenter
Ancien travailleur de la construction à Saint-Sauveur-des-Monts, Carpenter (quel nom prédestiné!) est un ami de toujours de la famille Mulcair.

De 2004 à 2006, Carpenter a été attaché politique de Thomas Mulcair alors que ce dernier occupait le poste de ministre de l'Environnement au sein du gouvernement libéral de Jean Charest.


Lorsque le bouillant Mulcair a claqué la porte du Parti libéral, Graham lui est demeuré fidèle. Thomas en a fait son directeur de bureau de comté
(Riding Office Manager).

Jusqu'à la campagne électorale de 2008, le NPD a combattu la droite religieuse qui soutenait Stephen Harper. Mais, les choses ont bien changé depuis. Comme le rappelle Marci Macdonald, dans son livre intitulé The Armageddon Factor, The Rise of the Christian Nationalism in Canada, les néo-démocrates (idem pour les libéraux) ont effectué un virage à 180º et jouent de l'encensoir à qui mieux mieux pour plaire aux églises et sectes de tout acabit.



Au référendum de juin 2011, Mulcair a donné sa bénédiction aux ultrareligieux. 
Pensons à Thomas Mulcair qui, après avoir été publiquement réprimandé par le puissant Michael Rosenberg, est allé faire amende honorable pendant une heure dans la synagogue de la secte Bobov du 5363 Hutchison. C'était quelques jours à peine avant le vote référendaire sur l'agrandissement du lieu de culte.

Encore si les Mulcair et Carpenter faisaient du pied aux élites modérées des différentes communautés. Pensez-vous?
Le lobbyiste ultraorthodoxe Feig collé à Mulcair
Les fanatiques, c'est bien plus payant pour les politiciens. Il suffit de promettre de petits passe-droits pour s'assurer qu'ils vous soutiendront en bloc.


Graham Carpenter n'est pas né de la dernière pluie. Le vote communautaire le fait saliver autant que son chef et tous les autres politiciens. 

Aussi, le 6 mai dernier, il n'aurait pas voulu rater l'occasion de faire une apparition remarquée à la campagne de relations publiques tenue à la bibliothèque Mile End pour redorer le blason de la communauté hassidique. Graham n'a eu que de bons mots pour louanger le travail de Leila Marshy. Oui! Oui! Leila Marshy qui siège à ses côtés au comité «Ana-Nous-Niaise».

Avec les conseils que fourniront à Marie Cinq-Mars les Koussa, Marshy et Carpenter, les citoyens d'Outremont peuvent dormir tranquilles. La liste d'épicerie des leaders intégristes sera longue et... honorée.

Pour une visite guidée de ce site, cliquer sur le bouton rouge
En chinois, on appelle ça un comité «loadé». Par chez nous, on dirait que c'est un comité bidon et tendancieux.