lundi 3 septembre 2012

LE COMITÉ ANA-NOUS-NIAISE, SUITE ET FIN



Élue au conseil d’arrondissement d’Outremont en 2005 sous la bannière du bon Gérald Tremblay, Ana Nunes aura mis sept longues années avant de trouver son chemin de Damas.

S’il faut la croire, ce n’est qu'en avril 2012 qu’elle a «ressenti l’impasse entre les communautés ethniques d’Outremont». Depuis sa révélation, Ana Nunes s’est autoproclamée présidente du nouveau comité consultatif sur les relations intercommunautaires et s’est arrogé le pouvoir absolu de désigner qui bon lui semblait pour l’entourer.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Ana ne se prend pas pour une queue de cerise. D’entrée de jeu, elle nous a assuré que son comité aurait de la classe, du panache. Elle nous l’a présenté comme un groupe intellectuel qui aurait une approche philosophique. Le tout serait un «espace de parole évolutif».

Hélas! Au cours de l’été, sa balloune s’est un peu dégonflée. Nous avons appris qu’une des personnes qu’elle y avait nommée «pour sa grande autorité et son articulation proactive» (ça se meut comment, dites-moi, une articulation proactive?) s’est désistée pour des raisons personnelles. Ainsi, M. Paul-Guy Duhamel ne siégera pas au sein de cet aréopage savant.

Heureusement, tous les druides de Nunes n’ont pas encore déserté. Outre les Leila Marshy, les Nahed Koussa et Graham Carpenter, les Mindy Pollak, Francine Unterberg et Claudio Zanchettin que nous vous avons déjà présentés, quatre autres citoyens ont été nommés à ce comité. Il s’agit de Mme Katherine Leigh Frohlich, M. Guy Archambault, M. Denis Demers et M. François Dupin.


Katherine (Kate) Leigh Frohlich
Mme Kate Frohlich
Comment parler de cette nouvelle résidente d’Outremont, sans d’abord faire état de son impressionnant parcours académique? Après avoir décroché avec distinction un baccalauréat en sciences politiques à McGill, la Winnipegoise d’origine juive ashkénaze s’est attaquée à une maîtrise et à un doctorat en santé publique de l’Université de Montréal.

Qui donc a approché cette chercheuse de haut niveau de l’UdeM pour siéger à ce comité manipulé à la fois par le clan d’Union Montréal et certains dirigeants ultraorthodoxes? Ana Nunes? Cela nous surprendrait. Nous avons une autre piste bien plus intéressante.

En 2003, Mme Frohlich a coécrit et publié un article scientifique dans le Canadian Medical Association Journal traitant du lien entre la pauvreté et la morbidité infantile. Or, dans le cadre de ce travail de recherche, Mme Frohlich et ses collègues ont, entre autres, fouillé la question de la durée de l’allaitement dans le cas d’une mère fumeuse. Or, qui est la vice-présidente de la Fondation canadienne de l'allaitement? Ce n’est nulle autre que la femme de notre bon conseiller municipal Louis Moffatt, le béni-oui-oui des dirigeants intégristes hassidiques d’Outremont! Ça ne s’invente pas. Bien sûr, il est possible que ce ne soit là que pure coïncidence, mais...

Mais pourquoi diable cette professeure agrégée qui gravite dans les hautes sphères du département de médecine sociale et préventive de l’UdeM a-t-elle accepté de siéger à cette table ronde très controversée? Passionnée par les questions d’épidémiologie sociale et les inégalités sociales de santé, aurait-elle été interpellée par l’inquiétante épidémie d’hépatite qui avait frappé de plein fouet la communauté hassidique d’Outremont en 1997-1998? C’est vrai qu’avec une prévalence de 42 fois supérieure à celle du Québec en général, cette épidémie, apparemment passée sous silence dans les médias, a de quoi appâter une autorité en ces matières.

Kate Frohlich a aussi eu l’indicible bonheur de rencontrer la fondatrice du groupuscule pro-intégriste Friends of Hutchison Street. Le 25 avril dernier, Mme Frohlich a même 
salué sur Facebook l’initiative de Leila Marshy d’organiser à la Bibliothèque Mile-End un «friendly get-together» avec son mentor, le lobbyiste hassidique Mayer Feig. 


C’est sans surprise qu’Alex Norris — l’inénarrable conseiller de Projet Montréal — a qualifié de «genuine exchange of information and insights» ce pur exercice de relations publiques hassidiques. Sur place, pourtant, même M. David Pinto, un sympathique monsieur juif réformiste de Hampstead a qualifié cette rencontre de véritable « fuzzy wuzzy ». En bon québécois, on pourrait traduire cela par du pelletage de nuage. «Nous n’étions pas là pour entendre des gens vanter la qualité de vie du quartier et nous dire combien c’est génial d’habiter un endroit plein de toutes sortes de groupes ethniques et de religions, raconte M. Pinto. Nous voulions aborder des problématiques bien spécifiques, mais les gens qui étaient là n’avaient aucunement l’intention de parler de ces problèmes.»

La très cartésienne chercheuse manitobaine saura-t-elle résister au credo multiculturaliste qui semble animer tant de nos compatriotes anglophones? Saura-t-elle comprendre l’indignation d’un grand nombre de ses concitoyens qui dénoncent le laisser-faire et les passe-droits que les élus municipaux accordent au lobby intégriste pour des considérations bassement électoralistes? Seul l’avenir nous le dira. 


Guy Archambault


Est-ce parce que la situation lui est soudainement apparue à ce point critique et explosive que Nunes a choisi de nommer M. Archambault au sein de son état major? En tout cas, si la situation devait se morpionner sur le territoire d’Outremont ou du Plateau, Ana Nunes pense peut-être que l’ancien directeur adjoint pour les Balkans — Direction de l'Europe du Sud — au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international saurait sur quel bouton appuyer.

Après avoir jonglé avec l’OTAN, l’OSCE, le Conseil de sécurité de l’ONU, les vétos russes et chinois, les salons feutrés et ronflants de la diplomatie, Guy Archambault déroulera-t-il la langue de bois des diplomates de carrière ou mettra-t-il la pression qu’il faut sur les dirigeants intégristes afin qu'ils respectent enfin les règlements et l’ensemble des citoyens?


Denis Demers

Ingénieur et consultant forestier installé à Outremont, Denis
Demers tisse probablement des liens avec Nunes en raison de leurs intérêts professionnels respectifs. Rappelons que la présidente du nouveau comité sur les relations intercommunautaires est responsable du développement durable de l’arrondissement. Pas plus tard que le 12 mai dernier, M. Demers formait un tandem avec Nunes lors de la distribution de compost et échange de boutures entre citoyens.

On est tout de même en droit de se demander en quoi leurs accointances écologiques ont pu amener Ana Nunes à choisir M. Demers sur ce comité. Serait-ce, par hasard, parce que certains hassidim ont démontré une certaine propension à abattre sans raison des arbres mûrs sur le fief de Marie Cinq-Mars? À moins que ce soit parce que la mairesse (qui s’est déjà vantée d’avoir transplanté 100 arbres) a vu crever tous les arbres qu’elle a fait planter sur le tronçon outremontais de l’avenue Laurier? Nous ne doutons aucunement des compétences forestières et transversales de ce membre en règle de la Société Internationale d'Arboriculture, mais nous aimerions bien savoir s’il pourrait avoir des raisons (autres qu’un altruisme humanitaire) d’acquiescer à la politique du laisser-faire et de l'accommodement des élus en place. À suivre.



François Dupin
Même s’il avoue n’avoir jamais senti l'appel de la toge,

Me François Dupin
M.François Dupin célèbre cette année sa 22e année à titre de juriste pour le Curateur public du Québec. Dans une autre vie, il avait fondé une clinique juridique au YMCA/Avenue du Parc dédiée d’abord aux immigrants.

Au fil du temps, il a glissé des questions de droits aux préoccupations éthiques, puis bioéthiques. L'inaptitude mentale, l’intervention auprès d'une personne déficiente intellectuelle ou ayant des problèmes de santé mentale sont devenues son champ d’expertise. En 2009, le Barreau du Québec lui décerne le titre d’Avocat Émérite.


Membre du Comité permanent du droit des personnes du Barreau du Québec et membre du Comité santé mentale et justice, il a participé à des commissions parlementaires en plus de donner de nombreuses conférences.


Comment s’est-il retrouvé à la table du Comité d’Ana Nunes? Il semble bien, cette fois encore, qu’il y ait du Louis Moffatt là-dessous. Qu’est-ce qui peut nous le faire croire? Le 31 mai 2011, par exemple, le conseiller Moffatt a présidé la Table sur les orientations des célébrations du 375e de Montréal. C’est à lui qu’il était revenu de choisir neuf citoyens d’Outremont afin qu’on les sonde sur les activités qui pourraient être adéquates pour ces célébrations. Or, Me Dupin faisait partie des invités de Moffatt, aux côtés, évidemment de l’incontournable Francine Unterberg.


Ce jour-là, à notre coûteux Centre communautaire intergénérationnel, la question des moyens de rapprochement entre les diverses communautés à Outremont, incluant la communauté hassidique, a été à l’ordre du jour. 

Qu’est-il ressorti de cette réunion? Il a été proposé de réunir les diverses communautés de l’arrondissement autour d’un même projet. On a pensé rassembler un groupe de jeunes artistes [rappeurs, musiciens, associations] autour d’un projet musical ou artistique. La mise sur pied d’un grand repas communautaire a aussi été proposée. Il semble toutefois qu’ils aient oublié de spécifier qu’il faudrait alors nécessairement que la bombance soit cachère. Quant à la musique, faudra-t-il uniquement se rabattre sur le Klezmer de Socalled? 

 Je vous le dis, c’est pas gagné d'avance pour le Comité Nunes-Moffatt-Union Montréal. Ça ne le sera pas davantage pour la fameuse version Outremont des célébrations du 375e.

lundi 9 juillet 2012

LE COMITÉ "ANA-NOUS-NIAISE" - PARTIE III

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? C’est de toute évidence ce que s’est dit Marie Cinq-Mars lorsqu’elle a décidé, le 2 avril dernier, d’imposer un moratoire sur les fermetures temporaires de rues pour les processions religieuses sur le territoire outremontais. À titre de présidente du nouveau comité consultatif sur les relations intercommunautaires, Ana Nunes semble, elle aussi, partisane de la complexification des règlements.

Le 18 juin, Nunes a demandé à son comité de se pencher sur le problème des parades et des processions religieuses. Il fallait plancher sur un projet de règlement destiné à encadrer ce type de manifestations.


Mais pourquoi diable un nouveau règlement? Un citoyen a demandé à la conseillère Nunes de justifier la pertinence de cette démarche. Celle-ci aurait été incapable d’expliquer ce qu’elle souhaitait régler avec ce projet de règlement.

Faut-il s’en étonner? Après tout, l’arrondissement dispose déjà des règlements sur les nuisances, le bruit, la circulation et le stationnement. Le seul problème, c’est que les autorités municipales ne veulent surtout pas les faire appliquer … pour ne pas indisposer les leaders hassidiques qui les élisent. 


Fallait-il vraiment mobiliser un « comité de sages » pour ajouter au règlement actuel un couvre-feu aux évènements religieux? Faut croire qu’ils s’attendent à ce que ça coince sérieusement avec les leaders ultraorthodoxes.

Pour lubrifier au maximum les négociations avec les dirigeants sectaires, Ana Nunes n’a pas lésiné sur le choix des membres du comité. Nous vous avons déjà exposé les « compétences » des Leila Marshy, Graham Carpenter et Nahed Koussa. Il nous reste encore à vous présenter les pedigrees des Mindy Pollak, Francine Unterberg, Claudio Zanchettin, François Dupin, Paul-Guy Duhamel, Guy Archambault et Denis Demers.

Limitons-nous aujourd’hui aux cas des Mindy Pollak, Francine Unterberg et Claudio Zanchettin.

Dans le cas de Mme Mindy Pollak, Nunes n’a eu d’autre avenue que de lui inventer le titre de « vulgarisatrice des mœurs hassidiques ». Qu’aurait-elle pu ajouter au sujet de cette jeune femme hassidique, sinon que de dire que depuis la perte du référendum de la rue Hutchison cette dernière est clairement associée à la campagne de relations publiques destinée à redorer le blason de la communauté ultraorthodoxe.


Leila Marshy et Mindy Pollak soutenues activement par le conseiller du Plateau Alex Norris (Projet Montréal)


Ce n’est donc pas un hasard si depuis septembre 2011, Mindy et Elka Pollak (sa mère) se sont acoquinées avec Leila Marshy, le faire-valoir du lobbyiste hassidique Mayer Feig. 

Les trois promotrices de la cause hassidiques sont désormais inséparables lorsqu’il est impérieux de mousser la communauté ultraorthodoxe. À tel point, que Mme Susan Purcell, une commentatrice a eu cette réflexion sur la page Friends of Hutchison Street de Leila Marshy : « There always seems to be, like, one Hasidic family at these events», ce à quoi Leila Marshy a répondu : « Elka Pollak is one of the original Friends of Hutchison people, so you've probably seen her picture here more than once. » Faut-il vraiment ajouter quelque chose?

Passons maintenant à Mme Francine Unterberg et M. Claudio Zanchettin.

Mme Unterberg et M. Zanchettin ont au moins deux choses en commun. L’un et l’autre ont siégé ensemble à l’ancien comité consultatif sur les relations intercommunautaires qui a été dissous dans la polémique, le 11 janvier 2010.

Par ailleurs, la mère de l’ancien maire d’Outremont (Jérôme Unterberg) et Claudio Zanchettin ont tous deux participé au très controversé voyage à New York offert au rabais en juin 2005 par le JOCC et le richissime Michael Rosenberg qui — le hasard faisant bien les choses — siégeait avec eux à cette commission.

Tout comme Louis Moffatt (alors pressenti conseiller municipal d’Outremont), Edison Ramirez (l’actuel directeur de la Sécurité publique d’Outremont) et d’autres membres de cette commission, les Unterberg et Zanchettin ont bénéficié d’une nuitée à l’hôtel new-yorkais quatre étoiles de ce même Michael Rosenberg. Bref, un séjour d’une fin de semaine défrayée aux deux tiers par le JOCC et M. Rosenberg (voir le détail en cliquant ici).

Si quelques rares personnes qui ont pris part à ce voyage ont écrit aux élus et aux autres membres siégeant à cette commission pour manifester leur inconfort à propos des largesses du lobby hassidique, ni Mme Unterberg, ni M. Zanchettin, ni aucun autre participant à cette escapade controversée ne se sont donné la peine de remettre en question les faveurs accordées.


Bien au contraire, tant Mme Unterberg que M. Zanchettin ont manifesté leur intérêt pour entreprendre dans les mêmes conditions un deuxième séjour (plus long!) à New York. Hélas! devant le scandale soulevé par le premier pèlerinage à New York, le second périple qui devait avoir lieu du 18 au 21 septembre 2007 a avorté in extremis. Il ne se concrétisera jamais, bien que les élus d’Outremont ont toujours affirmé que les choses avaient été faites dans le respect total de l’éthique et des règles de l’art. Le malaise était lourd comme une dalle de béton qui s’effondre.
L'ombre de Marie Cinq-Mars n'est jamais loin 
derrière Mme Unterberg

Que dire de plus à propos de Francine Unterberg sinon qu’elle
est partout! La bénévole olympique a été secrétaire à la Société d'histoire d'Outremont, présidente du Comité de jumelage d’Outremont, vice-présidente de la Table de concertation des aînés d’Outremont, vice-présidente à la consultation publique sur l’industrie du taxi à Montréal et j’en passe.

Elle est aussi intervenue lors de la consultation sur le projet de Charte montréalaise des droits et responsabilités des citoyens. Elle s’interrogeait, entre autres, sur l’orientation laïque que pourrait adopter la charte et s’inquiétait du pouvoir d’intervention que pourrait avoir l’ombudsman dans les conflits de nature religieuse entre les citoyens et les autorités municipales. Faut-il se surprendre qu’elle soit favorable aux «accommodements religieux» que dispensent à gogo les Cinq-Mars, Moffatt et compagnie?

En ce qui concerne Claudio Zanchettin, il faut savoir qu’il a
Claudio Zanchettin, la forte gueule du groupe
enseigné la philosophie au Collège Montmorency. Celui qui a siégé au conseil d’administration de la Ligue des droits et libertés a aussi œuvré à titre de conférencier. Par exemple, en 2004, il a donné une conférence intitulée «D’Athènes à Kaboul : Religion et rationalité – Liberté et laïcité». Il se demandait alors s’il fallait, dans nos sociétés modernes occidentales, reléguer les religions dans le domaine du privé ou leur faire une place dans la sphère de la vie publique. Il posait aussi la question à savoir si on devait tolérer ou combattre le fondamentalisme religieux.

On pourrait déduire qu’en acceptant de siéger tant à l’ancien qu’au nouveau comité, M. Zanchettin a répondu à ses propres questionnements, d’autant plus qu’à l’époque de notre demande de destitution de M. Roseberg dudit comité, le philosophe et ses collègues avaient estimé, lors de leur réunion du 31 octobre 2007, que les 40 signataires de cette requête en destitution n’avaient soutenu rien de moins qu’une
«démarche immorale». Ayoye! Mais au fond, fallait-il se surprendre de ce verdict sans appel quand on sait que quelques minutes plus tôt, Louis Moffatt avait pris soin d’encenser M. Rosenberg présent à la réunion en lui attribuant entre autres le mérite pour les « progrès extraordinaires » en matière de dialogue avec la communauté hassidique?

Cela dit, rendons à César ce qui appartient à César. Claudio Zanchettin n’est pas perçu comme un Yes Man par certains de ses collègues qui le décrivent plutôt comme une «forte gueule».


Le 3 juin 2010, par exemple, Zanchettin a cosigné, sous la bannière des Artistes pour la paix, une lettre adressée à Stephen Harper dans laquelle il demandait à l’ONU
«une enquête impartiale sur l’arraisonnement meurtrier de la flottille de paix par la marine israélienne». Il exigeait aussi d’Israël «la levée du blocus de la Bande de Gaza» et priait également le gouvernement canadien de «travailler aux côtés de l’ONU au succès de la conférence 2012 voulant assurer un Moyen-Orient sans armes nucléaires». Mais ça, peut-être ne s’en est-il pas vanté à Michael Rosenberg.

Nous laissons à chacun le soin de soupeser le tout. Vous devriez pouvoir vous faire une tête sur la valeur de ce groupe de travail lorsque nous aurons terminé de vous présenter ses autres membres dans la prochaine chronique sur le Comité Ana-Nous-Niaise.


En attendant, vous pouvez tous venir faire un tour à la séance du conseil d'Outremont qui se tient ce soir (lundi 9 juillet 2012), à 19h, au 530, avenue Davaar. L'entrée est gratuite... si vous ne tenez pas compte de votre compte de taxes! 

lundi 25 juin 2012

LE COMITÉ "ANA-NOUS-NIAISE" - PARTIE II



Quel naïf je suis! Dans ma dernière chronique (17 juin), j’avançais qu’avec la nomination de Mme Leila Marshy, ce nouveau comité sur les relations intercommunautaires était nécrosé avant même d’avoir tenu sa première réunion d’initiés.

À ce moment-là, nous ne  savions pas que la conseillère Ana Nunes avait secrètement réuni
son «comité des sages» avant que la liste des membres soit entérinée par les élus municipaux. C'est en lisant L’Express d’Outremont que nous avons appris que tout ce beau monde s'était déjà réuni le 22 mai dernier. Ça, messieurs, dames, c'est ce qu’on appelle démarrer sur des chapeaux de roue avant que le coup de départ ne soit donné.

Que dire de la hauteur qu’Ana Nunes souhaite donner à son comité?


Pour élever le débat à un niveau d’humanisme ghandiesque, elle raconte au journaliste avoir choisi «des gens de cœur ». Mieux! Pour que leurs cogitations ne soient contaminées par le fruit pourri de « l’émotivité », la présidente Nunes a souhaité recruter des citoyens résidants au-delà des limites d’Outremont. 

En ce sens, la nomination de Leila Marshy répond pile-poil à ce critère puisqu’elle habite du côté est de la rue Hutchison, soit à… neuf mètres de la frontière d’Outremont, et à quelques maisons de la synagogue qui souhaitait prendre de l’expansion. À n’en pas douter, cela donne à Mme Marshy « l'œil externe pour sortir de l’émotivité » que souhaitait tant Ana Nunes.

En cette période où les allégations de népotisme, de favoritisme et de partisanerie politique grouillent comme des asticots affamés, Nunes a pris grand soin de placer son comité consultatif à l’abri de toutes critiques.


Pour cela, elle a eu la bonne idée de s’adjoindre les services de M. Nahed Koussa, un conseiller spécial sur les communautés interculturelles auprès du cabinet du bon maire Gérald Tremblay. Nunes a également nommé à son comité M. Graham Carpenter, directeur de campagne (Riding Office Manager) de Thomas Mulcair. Avec un tel aréopage, les citoyens d’Outremont peuvent être assurés de la neutralité du nouveau comité.
 

M. Nahed Koussa: du Guinness des records au cabinet de Gérald Tremblay. 
Originaire de Syrie, Nahed Koussa est le premier Arabe inscrit dans le Livre Guinness des records après avoir réalisé, à Paris, en 1988, la plus petite aquarelle au monde (1,7 X 2,4 mm) 


Formé à l’Institut national agronomique Paris-Grignon et à la Sorbonne-Paris 1, le détenteur d’un Diplôme d'Agronomie Approfondie récoltera, en 1999, un autre record Guinness en
L'hymne national canadien sur un grain de riz
écrivant, à la main, le plus long texte sur un (formation oblige) grain de riz. Il ne lui aura fallu que 15 grains de 3,3 mm pour copier l’hymne national canadien, syrien et plusieurs versets d’un poète libanais. 
L'évangile selon Koussa

En 2002, il offre au Pape Jean-Paul II le plus petit Évangile au monde (15 X 19 mm), rédigé en araméen (la langue de Jésus Christ) et en arabe, sur papier de cigarette. Un 3e record Guinness.

Selon les renseignements figurants au registre des entreprises de Revenu Québec, M. Koussa est le secrétaire de Gestion Elian Koussa, une entreprise oeuvrant dans les domaines de l’import-export et d’agences de spectacles et d'artistes.

Après avoir reçu les Prix du Gouvernement Syrien (tout un honneur, que d'être vénéré par le régime Al- Assad!), du Gouverneur Général du Canada (1998) et de la Gouverneure Générale du Canada (2008), il ne fait pas de doute que l’ingénieur-sociologue-écrivain-artiste peintre a un sens inné du réseautage, de la mise en scène (et en valeur). 


D’ailleurs, sur sa page LinkedIn, il se décrit comme un spécialiste en relations publiques, en relations intercommunautaires, en immigration et multiculturalisme canadien.

Grâce à sa propension pour le communautarisme (subventionné?), M. Koussa a eu une formidable opportunité de se faire la main. 


Avant de devenir conseiller spécial au cabinet de Gérald Tremblay en juillet 2011, Nahed Koussa a agi pendant deux ans (janvier 2009 à janvier 2011) à titre de Conseiller régional principal du Ministre de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney.

Il y a trois
jours à peine, on nous rappelait dans La Presse que depuis l’élection des conservateurs, en 2006, Kenney « a passé d’innombrables fins de semaine à courtiser les communautés ethnoculturelles des grands centres urbains en se rendant d’un festival ethnique à l’autre… en espérant que ces communautés … décident d’appuyer le Parti conservateur ».
Kenney flattant dans le sens du poil des électeurs convoités.

Et on sait que les conservateurs ne pêchent pas à la mouche lorsqu’il s’agit d'écumer les bancs de fondamentalistes religieux à des fins électoralistes, comme ci-contre, au sein des intégristes hassidiques de Boisbriand.

L’entrée de M. Koussa dans l’entourage du maire Tremblay fait partie de ce que certains hauts fonctionnaires municipaux ont qualifié de «take over» des conservateurs sur la politique montréalaise
. (lire l'article percutant dans Le Devoir)


M. Koussa, entouré de femmes et de fillette voilées, en février 2012
Pour ne vous donner qu’un exemple de ce que se farcit M. Koussa depuis qu’il bosse à la Ville de Montréal, jetez un œil à la commémoration de la naissance «de la meilleure des créatures», le prophète Mahomet, organisée le 9 février 2012 par l’Association des Projets Charitables Islamiques


«Tous réunis par amour pour le prophète», les Nahed Koussa,  Jean-Marc Fournier, Gilles Vaillancourt, Barbara Pisani (conseillère principale régionale au cabinet de Jason Kenney) et bien d'autres encore, ont assisté à un haletant concours de mémorisation du Coran organisé par l’Académie Culturelle de Laval avant de se laisser conter que l’islam est «la seule religion qui convient à toutes les époques». (cliquer sur l'image ci-haut pour entendre le discours de l'imam )

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Passons maintenant à Graham Carpenter, l'autre personnage qu'est allée chercher la très subtile conseillère d'Union Montréal pour donner de l'épaisseur politique à son comité «humaniste».


Graham Carpenter
Ancien travailleur de la construction à Saint-Sauveur-des-Monts, Carpenter (quel nom prédestiné!) est un ami de toujours de la famille Mulcair.

De 2004 à 2006, Carpenter a été attaché politique de Thomas Mulcair alors que ce dernier occupait le poste de ministre de l'Environnement au sein du gouvernement libéral de Jean Charest.


Lorsque le bouillant Mulcair a claqué la porte du Parti libéral, Graham lui est demeuré fidèle. Thomas en a fait son directeur de bureau de comté
(Riding Office Manager).

Jusqu'à la campagne électorale de 2008, le NPD a combattu la droite religieuse qui soutenait Stephen Harper. Mais, les choses ont bien changé depuis. Comme le rappelle Marci Macdonald, dans son livre intitulé The Armageddon Factor, The Rise of the Christian Nationalism in Canada, les néo-démocrates (idem pour les libéraux) ont effectué un virage à 180º et jouent de l'encensoir à qui mieux mieux pour plaire aux églises et sectes de tout acabit.



Au référendum de juin 2011, Mulcair a donné sa bénédiction aux ultrareligieux. 
Pensons à Thomas Mulcair qui, après avoir été publiquement réprimandé par le puissant Michael Rosenberg, est allé faire amende honorable pendant une heure dans la synagogue de la secte Bobov du 5363 Hutchison. C'était quelques jours à peine avant le vote référendaire sur l'agrandissement du lieu de culte.

Encore si les Mulcair et Carpenter faisaient du pied aux élites modérées des différentes communautés. Pensez-vous?
Le lobbyiste ultraorthodoxe Feig collé à Mulcair
Les fanatiques, c'est bien plus payant pour les politiciens. Il suffit de promettre de petits passe-droits pour s'assurer qu'ils vous soutiendront en bloc.


Graham Carpenter n'est pas né de la dernière pluie. Le vote communautaire le fait saliver autant que son chef et tous les autres politiciens. 

Aussi, le 6 mai dernier, il n'aurait pas voulu rater l'occasion de faire une apparition remarquée à la campagne de relations publiques tenue à la bibliothèque Mile End pour redorer le blason de la communauté hassidique. Graham n'a eu que de bons mots pour louanger le travail de Leila Marshy. Oui! Oui! Leila Marshy qui siège à ses côtés au comité «Ana-Nous-Niaise».

Avec les conseils que fourniront à Marie Cinq-Mars les Koussa, Marshy et Carpenter, les citoyens d'Outremont peuvent dormir tranquilles. La liste d'épicerie des leaders intégristes sera longue et... honorée.

Pour une visite guidée de ce site, cliquer sur le bouton rouge
En chinois, on appelle ça un comité «loadé». Par chez nous, on dirait que c'est un comité bidon et tendancieux.

dimanche 17 juin 2012

LE COMITÉ "ANA-NOUS-NIAISE" - PARTIE I


En cinq ans d’assistance aux séances du conseil d’Outremont, je ne compte plus le nombre de fois où Marie Cinq-Mars a disjoncté en pleine assemblée publique. À côté d’elle, la conseillère Ana Nunes dégageait un flegme tout en rondeurs.

Au cours des quelque 50 séances auxquelles j’ai participé, je n’avais jamais vu Mme Nunes sortir les griffes en public ou grimper dans les rideaux. Avec ses yeux de velours et son sourire langoureux, on aurait pu la surnommer Ana la Douce.

Ça, c’était avant qu’elle accepte (à ses conditions, S.V.P. !) la présidence du nouveau comité consultatif sur les relations inter-communautaires, le 7 mai dernier 

Depuis lors, le chat est sorti du sac et Nunes s’est transformée en lionne autocrate. 

Lors de la période de questions du 4 juin dernier, Nunes a répondu de façon cinglante, sèche et méprisante aux citoyens qui cherchaient à comprendre sur quelles bases allaient être choisis les membres du nouveau comité. Arrogante et vaniteuse, elle a remballé tout le monde en trois coups de fouet :

— «C’est moi qui les ai choisis selon mes critères à moi.» 

— «Je n’ai pas à vous expliquer leurs compétences.» 

— «Si vous n’êtes pas contents, partez-vous en un comité.» 


La véritable nature d'Ana la Douce
Dans la salle du conseil, les résidents de l’arrondissement ont assisté à la naissance d’Ana la Dominatrix.

Publiquement, la conseillère du district Jeanne-Sauvé s’était toujours gardée de jouer les boss de bécosse, mais des citoyens bénévoles qui ont siégé au Comité consultatif sur l'environnement et le développement durable sous sa houlette discrétionnaire nous avaient pourtant déjà avertis des crisettes dont elle est capable.

Comme ça, Ana Nunes refuse de dévoiler les compétences des gens qu’elle a choisis pour son comité nébuleux? C’est son problème. Mais comme la nature a horreur du vide, nous n’avons d’autre choix que de vous présenter nous-mêmes les membres de ce nouveau comité consultatif. 


Galanterie oblige, nous commencerons aujourd'hui par une
Leila Marshy lors de sa cabale référendaire
toute nouvelle recrue. Il s'agit de Mme Leila Marshy

Si l’objectif du Comité Ana Nunes était d’amorcer une
réflexion destinée à favoriser un apaisement des relations intercommunautaires dans l’arrondissement, la nomination de Leila Marshy est de très très mauvais augures.

Mme Marshy est rédactrice en chef des rubriques littérature, vidéo et podcasting du webzine The Rover.

Résidante de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal depuis quelques années, elle ne rate pas une occasion de se dépeindre comme étant «half-Palestinian, half-Newfie». Peut-être espère-t-elle que cela lui procure une couche  de crédibilité
téflon lorsqu’elle défend les intérêts des leaders hassidiques?

Au cours des trois années qui ont précédé le vote référendaire du 19 juin 2011, Mme Marshy s’est illustrée par son absence. Elle n’a assisté à aucune des deux soirées d’information publique du 7 juillet 2008 et du 29 avril 2010 sur le projet d’agrandissement, pas plus qu’aux séances du conseil d’arrondissement du Plateau où il en a été question. Elle a été tout aussi invisible lors du processus référendaire du 29 septembre 2008. Ce n’est que deux semaines avant la tenue du vote référendaire de 2011 que la féministe militante s’est révélée (réveillée?), prenant publiquement fait et cause pour les dirigeants fondamentalistes qui réclamaient l’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison.

Le 14 juin 2011 (cinq jours avant le référendum), Marshy s’épanchait dans The Gazette, qualifiant de xénophobes, d’anti-immigrants et de bigots ceux et celles qui sont en défaveur de l’agrandissement du lieu de culte.

Dans un dépliant de son cru distribué au porte-à-porte, elle accumulait faussetés, clichés alarmistes, allégations diffamatoires, en plus de prétendre qu’un non au référendum «prouverait que nous sommes, collectivement, intolérants et craintifs, que nous avons l'esprit fermé et que nous tournons le dos à l'avenir». Pour elle, le « nous sommes » réfère d’abord et par-dessus tout aux francophones.

Le 21 juin 2011, deux jours après avoir perdu son référendum, Leila Marshy créait la page Facebook Friends of Hutchison Street. Quel bilan y dressait-elle de la défaite référendaire? «We now officially have more tolerance for the sex shop down the street than for an insular well-meaning community in our midst».

À la suite de l'agression du 8 mars 2012 contre la conseillère Céline Forget, Marshy ne s’est pas gênée pour comparer à des agents de la Stasi certains de ceux qui s'indignent du deux poids, deux mesures dans nos arrondissements.


Gestionnaire responsable de sa page Facebook, Leila Marshy a non seulement permis à un certain  William Raillant-Clark
de publier un commentaire qualifiant Mme Forget de «provocative mad cow». Elle le félicite : «You have a lovely way with words, William ;-)». Elle n’a aucun problème à laisser Cameron Skeene, un de ses « amis », éructer des commentaires aussi déjantés que fêlés du style : «I hate Outremont Nazis!» et «I could do without the xenophobic nimbyism [NIMBY – Pas dans ma cour] a lot of this neighbourhood's residents seem to feel».

Ces «intolérants», «bigots», «bornés» et «rétrogrades» que dénoncent Leila Marshy et ses disciples ne sont pas seulement destinées à ceux et celles d’entre vous qui avez voté contre l’agrandissement de la synagogue bobov de la rue Hutchison. À leurs yeux, ces qualificatifs dégradants s’appliquent à tous les citoyens qui dénoncent ou désapprouvent le laxisme des autorités municipales à l’égard des dirigeants d’une secte qui croient pouvoir faire tout ce qu’ils veulent comme ils l’entendent, sans se soucier des règles établies démocratiquement et applicables à tous.

Vous n’êtes pas encore tout à fait convaincus que Leila Marshy n’est en fait que l’émissaire au service du lobbyiste hassidique Mayer Feig? 
Leila Marshy et son mentor Mayer Feig
  
Avez-vous entendu parler du rassemblement que Leila  a personnellement organisé à la bibliothèque Mile End, le 6 mai dernier? Il s’agissait d’une campagne de relations publiques destinée à redorer le blason de la communauté hassidique. Je ne vous demande évidemment pas de me croire sur parole. Lisez vous-même l’article publié le 17 mai 2012 en première page du Shalom Toronto qui se décrit comme le «largest Online Jewish Israeli Community website Newspaper in the greater Toronto». Leila Marshy y avoue candidement que « The goal of the meeting was a public relations exercise». 

Marshy et  Feig, lors de leur exercice de relations publiques du 6 mai 2012
Qu’avons-nous besoin de plus pour affirmer qu’avec une telle « nomination », ce nouveau comité sur les relations inter-communautaires est nécrosé avant même d’avoir tenu sa première réunion d’initiés?  

C'est ça qui favorisera le rapprochement des communautés d'Outremont?

Vous croyez avoir tout vu? Attendez de découvrir le pedigree de certains des autres membres du nouveau Comité Ana Nunes que nous pourrions d’ores et déjà rebaptiser Comité Ana-Nous-Niaise !  


Vous aimeriez un petit avant-goût qui vous laissera un arrière-goût? 

Sachez dès maintenant que Mme Nunes a aussi nommé sur son comité de «sages» des types comme Nahed Koussa, conseiller spécial au cabinet de Gérald Tremblay et - n'ayons peur de rien - nul autre que Graham Carpenter, le directeur de bureau de comté (Riding Office Manager) de Thomas Mulcair. Faut le faire! Y'a pas d'erreur, nous sommes sur la bonne voix pour l'harmonie à Outremont.

samedi 9 juin 2012

LA PRIME À LA DÉLINQUANCE



Michelle Courchesne a toujours eu la réputation d’avoir de la pogne. Y a-t-il quelque chose de plus redoutable qu'un pit-bull avec du Polygrip? Il n’y a qu’à voir comment la ministre de l’Éducation a maté les étudiants qui se battent depuis février dernier contre l’augmentation des frais de scolarité. 

Vous ne voulez pas marcher au doigt et à l’oeil, gang de petits morveux? Enweye la loi 78 dans les dents. Vous allez prendre votre trou à coups de matraques, de bombes assourdissantes, de poivre de Cayenne et de contraventions salées. Puis après ça, on va vous faire cracher votre juste part en même temps que votre palette cassée.

Ce qu’on aime de Courchesne, c’est qu’elle administre sa médecine équitablement à tout le monde. Le Deux poids, deux mesures, elle ne connaît pas. À preuve, rappelez-vous l’histoire des écoles religieuses illégales.

Ça faisait 30 ans que certaines écoles ultraorthodoxes recevaient des subventions du gouvernement sans respecter le régime pédagogique du ministère de l’Éducation. Le 6 juin 2009, sur les ondes de Radio-Canada, la ministre annonçait à René Homier-Roy que la récréation était finie.


Après s'être fait taper deux fois sur les doigts par le vérificateur général à propos des garderies et des équipements sportifs, Michelle Courchesne est à nouveau prise en flagrant délit de farniente à propos des écoles clandestines.

Les rabbins récalcitrants avaient intérêt à se tenir le corps raide et les papillotes molles s’ils ne voulaient pas voir le robinet du pipeline de subventions se fermer. Ils avaient jusqu’en septembre 2009 pour s’engager à embaucher des enseignants qualifiés, offrir des services (subventionnés) en français, sans oublier de mettre des stéroïdes dans les cours de maths, de géographie et de biologie épouvantablement rachitiques.

Or que vient-on d’apprendre dans Le Devoir et sur les ondes de 98,5 FM ? Que ces écoles récalcitrantes n’avaient pas perdu leurs subventions! Pire. Le pactole était plus généreux que jamais. Par exemple, la prime à la délinquance offerte à l'Académie Beth Tziril, une école ultraorthodoxe de Boisbriand, a vu sa subvention augmenter de 164 000 $, soit une hausse de plus de 31 % entre 2007 et 2011.

Madame Courchesne! Madame Courchesne! Vous qui administrez de façon si intègre, si neutre et si objective
… Que devraient faire de plus nos cégépiens et nos universitaires pour obtenir à leur tour une belle grosse subvention pour payer leurs études? N’ont-ils pas fait la preuve qu’ils pouvaient, eux aussi, être des délinquants modèles? Comment ? Ils ne votent pas du bon bord ? Woups ! J'avoue que c'est un argument massue, pour ne pas dire... matraque!

vendredi 1 juin 2012

APPELEZ LE 911

Véritable sous-produit de partisanerie politique, Marie Cinq-Mars a dû trouver jouissive ma chronique de mardi dernier à propos des autobus intercités illégaux sur le territoire du Plateau.

Pour une fois que je n’étais pas sur son dos à elle et que je matraquais la police du Plateau, la bonne mairesse d’Outremont allait pouvoir couler des jours tranquilles et arborer son sourire en coin de dame patronnesse.

Malheureusement, le plaisir de Cinq-Mars n’aura été que de très courte durée.

Pas plus tard qu’hier soir, un peu après l’heure du souper, une résidente ainsi qu'un avocat de très bonne réputation m’ont fait parvenir des photos prises sur le coup de 18 h,  rue Van Horne. 


Juste devant l’épicerie des Frères Young, entre les rues Outremont et Wiseman, un gros autobus de la firme Monsey Tours faisait le plein de passagers hassidiques comme si de rien n’était.

Sur le trottoir, hommes, femmes et enfants se pressaient devant la soute à bagages de l’autobus new-yorkais immatriculé 35752 BA.

30 mai 2012: l'autobus clandestin, sa localisation sur Van Horne  et quelques uns de ses passagers.
Pendant que tout ce beau monde se préparait à prendre la direction des « States », une femme s’est rendue au poste de police 24, juste au coin de Wiseman et Van Horne. Elle s’est adressée à l'agente Guillaume et lui a demandé d'envoyer une patrouille pour intercepter l’autobus illégal.

Très cool, l'agente Guillaume lui dit qu’il n’y a pas de quoi faire tout un plat : « On ne donnerait qu'un avis d'infraction et puis, de toute façon, je n'ai pas d'agent disponible ».

La résidente lui fait remarquer qu’il doit sûrement y avoir un agent dans le poste puisqu’il y a une voiture de police juste devant. Dans l’entrefaite, l'agente Couture arrive et confirme que c’est bien sa voiture qui se trouve devant le poste. La dame lui demande si elle ne pourrait pas aller verbaliser l’autobus avant qu’il ne disparaisse.


L'autobus intercités passe devant la voiture du poste 24
Vous savez ce que lui a répondu l’agente Guillaume? « Si vous n’êtes pas contente, madame, vous pouvez aller dans une cabine téléphonique et appeler le 911. » Peu de temps après, le fameux autobus est passé devant la voiture de police qui, elle, était stationnée juste devant le poste 24. Farewell my friends !

Avec un tel zèle, vous demandez-vous toujours pourquoi ce petit manège des autobus clandestins fonctionne en toute impunité depuis plus de dix ans? (Lire l'article de Fabrice de Pierrebourg)

Ces autobus destinés au groupe sectaire se sentent tellement au-dessus de leurs affaires qu’ils ne se bâdrent même plus d’aller cueillir leurs zélotes entre chien et loup au fin fond du chemin Bates. Ils agissent au grand jour et pratiquement au nez et à la barbe des policiers du poste 24.

Pourquoi en serait-il autrement? La mairesse et les autorités policières sont tellement accommodantes. Pas de danger qu’elles les forcent à aller prendre le bus au terminus Berri-UQAM comme tous les autres citoyens de l’île de Montréal. Ben voyons donc. Berri, c’est pour les impies !


Ça me rappelle cette histoire de la Sécurité publique (SP) d'Outremont.  qui, appelée pour un autre cas d'autobus clandestin sur Van Horne, s'était pointée sur les lieux, le 9 décembre 2009. 

Dans le registre d'appel (cliquer ICI pour le consulter), il a été écrit: «L'autobus a quitté lorsque le patrouilleur est arrivé et il s'agissait d'une autobus scolaire». 
9 décembre 2009: la patrouille de la Sécurité publique d'Outremont sur les lieux de la plainte
 Ah! bon. C'est ça que vous appelez un autobus scolaire? Quand on ne veut pas donner de contravention, ça passe toujours mieux de prétendre qu'il s'agit d'un autobus jaune. Après tout, la nuit, c'est bien connu, tous les chats sont gris... et les souris dorment.

Je comprends mieux pourquoi, à l'époque, Marie Cinq-Mars avait refusé de nous dire si l'autobus avait été verbalisé.

mardi 29 mai 2012

LA PROCHAINE FOIS... PEUT-ÊTRE!

Jeudi après-midi dernier, il faisait un temps magnifique sur le Mile-End. Avec un copain, j’avais décidé d’en profiter et me gâter un peu à la terrasse du Voro, le café-resto méditerranéen au coin de Fairmount et Jeanne-Mance. 

À 16 h 54, alors que nous nous attaquions une entrée de calmar grillé farci de riz phénicien et de chorizo, une immense baleine blanche s’est échouée juste devant nous.

Fallait voir la bête. 56 sièges inclinables, caméra à l'avant pour permettre aux passagers de mieux voir la rue résidentielle (!!) sur les écrans, air conditionné, toilette, compartiments à bagages, microphone sans fil, 56 prises A/C, sans oublier, bien sûr, vidéo, CD / DVD.

C’était un Prévost H3-45 de luxe, immatriculé à New York. Seul à bord, le chauffeur remontait le bitume, plein nord. Le déplacement était suspect (et illégal!), mais pour rien au monde, je n’aurais laissé la proie (dans mon assiette) pour l’ombre (le nuage d’un pot d’échappement).


À gauche: l'autobus interdit sur Jeanne-Mance, à 16h54; à droite: le même autobus sur Fairmount, en provenance de Hutchison, à 17h26.
Pour mal faire, à 17 h 26, alors que je rentrais doucement à la maison la peau du ventre bien tendue, qu’est-ce qui se montre le museau au coin de la rue Hutchison pour venir à ma rencontre sur Fairmount? Ben oui! Ma baleine blanche H3-45, immatriculée 19810 PC. Cette fois, le cétacé métallique avait la panse remplie de Jonas à rouflaquettes.

Grappe de jeunes hassidim devant la synagogue-terminal d'autobus du 5555 Hutchison
Plus de doute, il se passait quelque chose dans le coin. Un de mes voisins qui se stationnait devant chez lui avait déjà composé le 911. Il venait de voir une trâlée d’adolescents et de jeunes hommes hassidiques lestés de valises sur le trottoir faisant face à la synagogue du 5555 Hutchison.

Placés dans la rue sur le côté de la grosse synagogue Yetev Lev située au coin de Saint-Viateur et Hutchison, des 4’’x 4’’ de six pieds de long empêchaient le stationnement à au moins quatre voitures. L’espace public avait tout bonnement été réquisitionné par les religieux pour servir de terminal clandestin aux autobus interdits qui se présentaient l’un après l’autre.
À gauche: les 4" x 4" pour "réserver" l'espace de stationnement; à droite: un jeune hassidim range les 4" x 4" maintenant que l'autobus illégal est arrivé.


Bien qu’ils aient mis pas loin de 45 minutes pour se pointer, les constables Le Beau et Boyer du poste 37 ont tout de même attrapé un de ces autobus en flagrant délit de cargaison.

Stationnés derrière l’autobus, les gyrophares allumés, les deux policiers sont allés à la rencontre du chauffeur de la compagnie Excellent Bus Service. En moins d’une minute, tout était entendu. Ses ouailles à bord, le bus a embrayé et s’est même payé le luxe d’emprunter vers le sud la rue Hutchison pourtant interdite à ce type de véhicule à dix roues.

Les policiers ont actionné leurs gyrophares, mais ont laissé l'autobus partir comme si de rien n'était.
Les policiers ont-ils verbalisé le chauffeur délinquant? Êtes-vous malades? Bien qu’il nous ait avoué être très au fait de la problématique des autobus illégaux sur nos rues résidentielles, le constable Le Beau a choisi de le laisser filer sans émettre de constat d’infraction au contrevenant multirécidiviste. Mieux! Le chauffeur n’a même pas eu d’amende pour avoir omis d’acquitter les droits de stationnement tarifé pour les espaces PL 154 et suivants qu’il a illégalement occupés.

Dire que sur son site Web, Stationnement Montréal indique que le rôle de la tarification du stationnement sur rue est de « faciliter la fréquentation des quartiers institutionnels, commerciaux et d’affaires par les automobilistes en favorisant le partage des places de stationnement ».


Pour nous remettre la face, le constable Le Beau nous a dit : « La prochaine fois que ça arrive, si vous portez plainte et que je suis en service, je leur donnerai une contravention. » Big deal! 

Le chauffeur doit encore se taper les cuisses sur l’Interstate 87. Quant aux responsables de la synagogue du 5555 Hutchison, ils sont, comme à l’habitude, morts de rire et pliés en quatre. Comment pourrait-il en être autrement? Leur stratagème fonctionne depuis des années. C’est un pied de nez aux citoyens avec la bénédiction des autorités municipales. Si c’est pas du Deux poids (lourds!), deux mesures, je me demande bien ce que c’est.