dimanche 22 janvier 2012

NOTRE HOMME À MONTRÉAL

Jeudi dernier, en lisant Le Devoir, j'ai failli m'étouffer. La journaliste Kathleen Lévesque nous révélait que le spectre cauchemardeux de Dimitri Soudas, l'ancien directeur des communications de Stephen Harper, hantait l'Hôtel de Ville de Montréal. Le nom de ce mercenaire de l'extrême droite conservatrice était évoqué pour occuper le poste de directeur général à la Ville, vacant depuis la démission de Louis Roquet, juste avant Noël. Une telle nomination viserait à accentuer la mainmise du réseau conservateur sur l'administration montréalaise.

Pincez-nous! Pour se maintenir en poste, Gérald Tremblay a-t-il besoin de voir l'hôtel de Ville encore plus noyauté par les apparatchiks
traditionalistes de certaines communautés? N'y a-t-il pas déjà suffisamment de marionnettistes pour tirer les ficelles au bout desquelles est suspendu le maire pantin? Si Tremblay devait rajouter une couche bleu allianciste à Union Montréal, il n'aura plus le choix de parler de l'admistration Applebaum - Tremblay. Selon la journaliste du Devoir, la décision sera vraisemblablement discutée demain (lundi), quelques heures avant la tenue de l'assemblée mensuelle du conseil municipal.

Passons sur les
«liens étroits» qu'entretiennent Applebaum et le faucon conservateur Saulie Zajdel. À l'élection municipale de 2009, un représentant de la communauté hassidique est venu s'ajouter au lobby ultrareligieux. Lionel Perez s'est fait élire sous la bannière d'Union Montréal dans le district Darlington de Côte-des-Neiges — Notre-Dame-de-Grâce.
À l'époque, la relative discrétion de Me Perez avait fait en sorte qu'il était passé sous l'écran radar. À tel point que nous n'avions même pas su l'identifier sur la photo du 20 octobre 2009 publiée sur Theshteeble, le site d'une communauté juive qui le décrivait comme «Our man Lionel».
Lionel Perez, fortement impliqué dans la communauté hassidique, était donc de cette rencontre secrète et inavouable avec le maire Tremblay. Nous vous le présentons aujourd'hui officiellement comme le # 9 sur cette photo que nous avons sortie des boules à mites le 11 janvier dernier à la suite des révélations de TVA sur l'étrange subvention de 20 000$ que la Coalition d'organisations hassidiques d'Outremont (COHO) a touché en pleine campagne électorale pour «combattre la pauvreté dans l'arrondissement».

Dans le cadre de ce reportage, M. Alex Werzberger, le porte-parole hassidique, avait affirmé que cet argent aurait permis à des gens de la communauté ultraorthodoxe de se lancer en affaires. Il est intéressant de remarquer que Lionel Perez est un avocat spécialisé en droit corporatif et co-fondateur de
CorporationCentre.ca, une entreprise offrant, en ligne, toute une panoplie de services d'aide au démarrage de PME.

Par ailleurs,
au sein d'Union Montréal, M. Perez occupe le poste de vice-président de la commission sur l'examen des contrats. Or que nous apprend un ancien organisateur conservateur interviewé par Kathleen Lévesque? Que la mise en place d'un réseau d'influence du Parti conservateur pourrait servir à «être dans la circulation des contrats». Ayoye! Évidemment, comme on dit dans les films, toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé ne serait que purement fortuite.

Peut-on affirmer que M. Perez a des accointances avec le régime Harper? Nous n'avons pas de preuves de cela. On sait cependant que son coreligionnaire Michael Rosenberg (# 2) photographié à ses côtés (voir ci-haut) est, à la fois,
un des contributeurs assidus au financement du parti du maire de Montréal, Gérald Tremblay et un pilier politique du Parti Conservateur dans Outremont (cliquez ICI et écoutez le reportage diffusé au téléjournal de Radio-Canada).
Toute cette nouvelle effervescence nous a permis d'allumer et de faire des rapprochements que nous n'avions jamais pensé faire en 2007 lorsque les administrateurs de la synagogue du 5253 Hutchison étaient parvenus, sous de fausses représentations, à prendre possession de l'appartement du 2e étage pour le transformer en soi-disant «salle de prière».
Dans la soirée du 1er septembre 2007 et durant toute la journée du lendemain, nous avions assisté à une course contre la montre des administrateurs de la synagogue de la famille Rosenberg. Il fallait terminer l'aménagement du 2e étage avant l'inauguration qui aurait lieu le surlendemain.
Pour superviser l'arrivée et le montage de 12 lourdes bibliothèques à l'étage, un individu bien particulier avait fait son apparition.
Portant kippa et tsitsit sous son gaminet XXL, un homme court et particulièrement ventripotent avait fait le pied de grue durant toute la soirée et la journée du lendemain. Nous croyons aujourd’hui qu’il s’agissait de nul autre que Lionel Perez.

Cliquer sur la photo et voyez deux prises de vue

Certains soutiendront qu'il n'est pas possible qu'un avocat se prête au jeu des concierges-contremaîtres. La remarque est tout à fait pertinente, mais quand on se souvient que l'homme est un lobbyiste de la communauté hassidique d'Outremont et que le service est rendu à la famille du puissant Michael Rosenberg, la besogne prend un tout autre sens.
Mais est-ce bien notre homme?
Il est vrai que ces dernières années, M. Perez a connu une métamorphose qui ferait envie à n'importe quelle chrysalide qui rêve devenir papillon. Mais voyez par vous même. Observez les détails et même la monture des lunettes. Maintenant, dites-nous qu'il ne s'agit pas de notre homme... à Montréal.

mercredi 11 janvier 2012

LA MANNE ÉLECTORALE

Vous vous en souviendrez peut-être. Le 1er novembre 2009, jour du scrutin municipal, l'attaché de presse de Gérald Tremblay affirmait à ruefrontenac.com que le maire avait assisté à une célébration à la synagogue de la Congrégation Amour pour Israël le 28 octobre, mais il avait nié qu'il y avait eu une rencontre privée entre les leaders de la secte hassidique et le maire.

À la suite de cette dénégation formelle, je m'étais fait un devoir et un plaisir de publier cette photo «incriminante» montrant Gérald Tremblay (# 3) posant dans cette même synagogue aux côtés des dirigeants Michael Rosenberg (# 2), Alex Werzberger (# 4) et le porte-parole Mayer Feig (# 5), le... 20 octobre 2009!

C
e n'était pas la première fois, mais bien la deuxième fois en à peine une semaine que le maire avait ressenti le besoin pressant d'aller engranger des votes auprès de ses partisans intégristes d'Outremont.

À l'époque, j'avais écrit sur mon blogue:
«Qu'ont-ils pu exiger des élus en panique en échange du plein de votes hassidiques?».

Ce n'est que mardi soir, en écoutant le TVA Nouvelles que nous avons peut-être eu un début de réponse à cette question. Le journaliste Yves Poirier nous apprenait que
la Coalition d'organisations hassidiques d'Outremont (COHO) a touché 20,000$ en 2009, quelques semaines (sinon quelques journées) seulement avant le jour des élections, pour
«combattre la pauvreté dans l'arrondissement». La pauvreté, hein?

Pour dissiper tous les doutes, qui pouvait-on trouver de mieux qu'Alex Werzberger, le président de l'organisme qui a reçu cette somme à la fin de la campagne électorale?

Aux dires du porte-parole hassidique, cet argent aurait permis à des gens de la communauté ultraorthodoxe de se lancer en affaires. Et c'est sans ciller des yeux que M. Werzberger (photo ci-contre) a invité le journaliste à aller filmer la boulangerie Cheskie qui aurait profité d'une partie de cette somme.

Attendez! Cheskie aurait reçu sa part du 20,000$ en 2009 pour démarrer son entreprise qui a pignon sur rue depuis... 2004? Faudra m'expliquer ça. Peut-on démarrer son entreprise rétroactivement, maintenant? En passant, rappelons que le propriétaire de la célèbre boulangerie habite une cossue résidence de l'avenue Wiseman évaluée à 935,000$!


Lorsque le journaliste demande à M. Werzberger si des entreprises ont vu le jour grâce à ce programme, le président du COHO semble vaciller:
«Oui, ça existe.» Combien d'entreprises? Hésitant le dirigeant Satmar lance un chiffre qu'il semble sortir de nulle part: «Ummmmm! 20, 25». On repassera pour la précision du responsable de cette somme que le conseil exécutif de la ville lui a confiée. En clair, si M. Werzberger dit vrai, cela voudrait dire que les «nouveaux» entrepreneurs religieux auraient reçu 800 beaux dollars chacun pour se lancer en affaires dans la vie. Méchant boost pour une entreprise qui démarre, non?

C'est la conseillère municipale indépendante du district Joseph Beaubien d'Outremont, Céline Forget (cliquer ICI pour accéder à son site), qui a soulevé le doute sur la démarche par laquelle ce 20,000$ aurait été accordé à la COHO en pleine campagne électorale. Mme Forget en dit plus long lors d'une entrevue accordée mercredi à l'émission Dutrizac. Cela vaut la peine de l'écouter.

On y apprend qu'en pleine campagne électorale de 2009,
l'organisme de M. Werzberger a reçu une subvention quatre fois plus importante qu'en 2010 et 2011. Par ailleurs, dans les documents obtenus par le truchement de la loi de l'accès à l'information, nous ne trouvons aucune trace d'un compte-rendu permettant de savoir de quelle façon les deniers publics ont été dépensés par la COHO. Ça laisse perplexe.

Il reviendra maintenant au vérificateur général de statuer sur la légitimité du processus de cette subvention accordée à même nos impôts. Ah! Seigneur. Encore un autre dossier à suivre.

lundi 2 janvier 2012

LA GRANDEUR D'ÂME DES RADICAUX

En Israël, ces derniers temps, le moins que l'on puisse dire, c'est que le torchon brûle entre les sectes ultraorthodoxes et la population laïque.

Le 27 décembre 2011, après avoir appris à la télévision que
Naama Margolese, une petite fille de huit ans était terrorisée par des intégristes hassidiques, plus de 3 000 Israéliens laïcs sont descendus dans les rues de Beit Shemesh pour dénoncer l'intimidation faite aux femmes et les mesures prises par les fanatiques religieux pour instaurer la ségrégation des sexes dans les lieux publics. Depuis,
la ville est au centre d’un débat national sur l’extrémisme religieux.


L'enfant se faisait cracher dessus et traiter de pute par des hommes ultrareligieux qui l'accusaient de ne pas être vêtue suffisamment modestement pour se rendre à l'école. La situation a même forcé l'intervention publique du premier ministre Netanyahu.
Cliquer sur la photo de la jeune Naama pour visionner le reportage télévisé qui a fait scandale. Comme s'il n'y avait pas suffisamment d'huile sur le feu, le 31 décembre, une autre secte hassidique en mal de provocation a semé l'émoi en organisant une manifestation qualifiée d'odieuse et d'ignoble par l'ensemble de la population juive.

Nous connaissons tous cette photo dramatique du petit garçon du ghetto de Varsovie, mains en l'air sous la menace d'une mitraillette allemande.

Eh! bien,
avant-hier soir, des milliers de fanatiques ultraorthodoxes ont défilé bruyamment dans Jérusalem en arborant l'étoile jaune. Certains revêtaient la tenue rayée des déportés des camps d'extermination nazis.

Cliquer sur la photo de l'enfant à l'étoile jaune pour visionner le reportage CHOC du journaliste Charles Enderlin
Vous ne le croirez peut-être
pas, mais ces hassidim manifestaient en soutien à l’un des leurs condamné à une peine de prison. Le pauvre intégriste avait pourtant simplement mis le feu à un magasin de musique qui ne lui plaisait pas!

J'entends déjà les
Thomas Mulcair, Gérald
Tremblay, Marie Cinq-Mars, Alex Norris arguer que ce qui se passe au sein des communautés hassidiques d'Israël ne les concerne pas et que, de toute façon, les dirigeants hassidiques du Mile End et d'Outremont n'ont rien en commun avec les «Craignant Dieu» antisionistes d'Israël.

Vraiment? Ont-ils oublié les histoires des hommes hassidiques montréalais qui refusaient d'apprendre à conduire avec une évaluatrice ou d'être interpellés par une femme policière? Au risque de faire perdre leur belle innocence à Thomas, Gérald, Marie et
Alex, nous sommes forcés de leur apprendre que même à Montréal, nos bons leaders hassidiques manifestent eux-mêmes pour des causes tout aussi indéfendables que celle de leur congénère pyromane de Jérusalem.

Vous ne nous croyez pas? Pas plus tard que le 23 novembre 2011, une de ces manifestations de soutien pour le moins controversées s'est tenue ici même sur la rue Hutchison. Selon le compte-rendu de l'événement, au-delà de 2000 personnes se sont réunies au 6600, rue Hutchison dans une grande salle baptisée Espace Réunion.

Que pouvaient bien faire là 2000 hassidim? Ils y faisaient leur
Pidyon Shvuyim. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce commandement de la Torah, le Pidyon Shvuyim est le devoir «imposé» aux croyants juifs de libérer tout Juif qui serait détenu par des Gentils (non-juifs).
Le 23 novembre dernier, ce n'était pas pour n'importe quel Juif que nos concitoyens hassidiques faisaient une levée de fonds.

Tout ce beau monde re
muait ciel et terre pour faire libérer Sholom Rubashkin, un «vibrant pilier» d'une communauté ultraorthodoxe des États-Unis tombé en disgrâce après avoir été récemment déclaré coupable de 86 chefs d'accusation de fraude pour des dizaines de millions de dollars et condamné à 27 ans de prison.


Cliquer sur la photo pour de l'information provenant d'un site opéré par
© Yehudim Neged Chabad (Jews Against Chabad)
La famille Rubanshkin est par ailleurs tristement célèbre pour la maltraitance des animaux de ses abattoirs cachers de Postville (Iowa), et pour les abus et la négligence à l'égard de ses employés. C'est, bien sûr, sans compter les condamnations pour parjure et on en passe.

Bref, nos autorités hassidiques ont été touchées par la guigne qui s'est abattue sur leur malheureux coreligionnaire.

Évidemment, un tel
Torah-thon, ça se prépare un peu d'avance. Déjà, le 26 septembre 2011, Simcha Rubashkin, le fils du célèbre fraudeur concoctait le rallye au restaurant Pizza Pita, de Montréal en compagnie d'un loubavitch et d'un satmar de la métropole.

La veille de l'événement, soit le 22 novembre 2011, les hautes instances du lobby hassidique d'Outremont mettaient la touche finale à la grande collecte du lendemain soir.
Dans le grand salon de la résidence de l'homme d'affaires Jack Gestetner sur l'avenue de l'Épée, devinez quel personnage connu du Montréal hassidique s'activait fébrilement pour la juste cause. Ben oui! C'était nul autre que notre bon ami Mayer Feig.

Avec ses compagnons sectaires, Mayer devait extirper des mains de la justice non-juive ce pauvre
Rubashkin qui avait eu le malheur de se faire attraper en plein délit de concupiscence.

Cliquer sur la photo ci-contre pour voir d'autres prises de vue et commentaires de disciples hassidiques

Mayer, tous les amis de la rue Hutchison te souhaitent bonne chance dans ta démarche pour faire libérer ce pieux homme que tu sembles avoir en si haute estime.
On reconnait bien là ton sens aigu de la justice et ta grande dévotion pour ton prochain.Mais j'y pense, Mayer. Tu ne ferais pas un petit Pidyon Shvuyim pour me déprendre des griffes d'un non-gentil qui se croit tout permis? Je savais que je pouvais compter sur toi.