vendredi 30 juin 2017

LA RUELLE À MINDY



Les magnolias ont fini de flamboyer. Les lilas n’embaument plus. L’été est arrivé. Et avec lui, l’haleine fétide des couches-culottes entrebâillées, les sacs-poubelle éventrés comme autant de bars ouverts. Des escadrons de mouches lourdes et molles s’enivrent au jus de pourriture qui noircit l’asphalte. C’est la saison des pique-niques pestilentiels dans nos ruelles.

Dépôts sauvages dans la ruelle Hutchison/Parc, en février et il y a deux jours.
Tout ça, en dehors des jours permis.
Amoncellement de sacs d'ordures dans la ruelle Hutchison/Parc, derrière la synagogue
du 384 Bernard O. Le tout, sans respecter le règlement et ce, trois semaines d'affilée
en juin 2017
Ruelle Hutchison/Parc, derrière la synagogue du 5555 Hutchison. Entre mai 2009 et juin
2017, pas de progrès. Les ultraorthodoxes déposent encore leurs ordures sans
se soucier des jours où cela est autorisé.
 

Le problème du dépôt sauvage des ordures ménagères et des rebuts de construction n’est pas nouveau dans les boyaux du Mile-End et d’Outremont. Des citoyens écoeurés de vivre au milieu de ces dépotoirs urbains s’en plaignent année après année. Et pourtant, chaque printemps, c’est l’éternel recommencement. Les immondices réapparaissent, tenaces comme l’agrile du frêne, repoussantes comme des rats d’égout.

Que font nos arrondissements pour éradiquer ces brasseries artisanales de lixiviat? Il y aurait bien une «police» sanitaire chargée de retrouver les propriétaires délinquants de ces fientes emballées, mais a-t-elle vraiment envie de renifler les fonds de sacs Glad pour épingler les contrevenants? Il est tellement plus facile d’apposer une note gentillette invitant les fautifs à respecter les horaires de dépôt et de cueillette des ordures.


Dans la ruelle Hutchison/Parc, une semaine après avoir été balancé sur un tas de 
poubelles, un sac de recyclage s'y trouve toujours.Tout cela, sans conséquences pour
les délinquants.

Heureusement, il arrive que des résidents aussi exaspérés que remplis de bonnes intentions décident de prendre les choses en main.

C’est le cas, par exemple des membres de la coop Notre-Dame-De-Fatima sur l’avenue du Parc. Ces citoyens du Plateau Mont-Royal ont décidé de s’attaquer à l’insalubrité de leur ruelle qui, on ne peut se le cacher, a des allures de dépotoir à ciel ouvert.

Le tronçon de ruelle que les résidents veulent assainir et reconquérir
 
Leur «timing» est bon, car Projet Montréal (PM) est en campagne électorale. Il semble bien que le parti veut tirer profit de l’initiative des citoyens. Et pourquoi pas? En plus d’une ruelle propre et sécuritaire pour les enfants, on leur laisse entendre qu’elle pourrait même devenir verte.

Pour pousser plus loin le concept, le groupuscule des Friends of Hutchison Street (cofondé, ne l’oublions pas, par Mindy Pollak, conseillère de PM dans Outremont) a proposé aux riverains d’en faire un projet de ruelle verte… interculturel! Qui peut être contre la vertu?

Le 30 avril dernier, une grande corvée de «nettoyage communautaire» a donc été organisée. Ce n’est pas l’ouvrage qui manquait dans cette ruelle mal aimée. L’histoire ne dit pas combien de centaines de kilos de détritus ont été ramassés ce jour-là, mais la collecte a certainement été impressionnante.

Tout un chacun a mis la main au râteau. Certains, apparemment, avec un peu plus
de vigueur, d’enthousiasme et de zèle que d’autres.

De toute évidence, Mindy Pollak n’a pas souvent joué à «52 Ramasse». Chaussée de ses gants de chevrette, elle faisait plutôt meneuse de claques. Mais comme on dit, c’est l’intention qui compte.

Le plus important reste toutefois à venir. Ce n’est que le 1er octobre prochain, à quelques semaines à peine du jour des élections municipales, qu’une demande de création de ruelle verte sera déposée à l’arrondissement du Plateau Mont-Royal. On ne peut que souhaiter que le projet se réalise et essaime.

Mais rien n’est encore coulé dans le… compost et les résidents ont tout intérêt à maintenir la pression.

Non seulement Projet Montréal déboute presque la moitié des projets qui lui sont soumis année après année, mais en plus, il privilégie les ruelles qui offrent le plus grand potentiel de verdissement. Or, ce tronçon-ci n’a pas été particulièrement choyé par la nature.

Comme si le défi n’était pas déjà suffisamment grand, les membres de la communauté hassidique ont rajouté une couche de difficulté au projet. Il est hors de question qu’ils participent à cette ruelle verte si la circulation automobile n’y est pas autorisée. Comme l’a si bien dit une résidente impliquée dans le projet de verdissement : «On a encore des croûtes à manger avant d’arriver à un résultat [comme la ruelle verte Sainte-Famille de Milton-Parc].» Elle ne croyait pas si bien dire. 

Friends of Hutchison n’en est pas à son premier projet d’embellissement. En 2014, après d’innombrables plaintes concernant l’absence d’entretien de plusieurs jardins de façade appartenant à des résidents de la communauté hassidique, la conseillère Pollak a entrepris de «traiter ce problème en donnant un coup de main» à ses coreligionnaires qui manquent de «connaissances, de temps ou d’argent pour soigner un jardin». Elle s’est donc attaquée à trois terrains de façade sur Hutchison, sa propre rue.

Publicité de Mindy Pollak faite autour d'une initiative de jardinage sur Hutchison.
 
Avec quatre de ses partisans politiques, trois pelles, du paillis de cèdre, des pierres plates et quelques plantes offertes généreusement, Mindy allait enfin pouvoir faire taire les critiques, «une graine à la fois !».

Le jour même, l’aménagement des trois terrains bichonnés était du plus bel effet. On aura tout de même remarqué que, hormis quelques petites filles, les principaux bénéficiaires de ce «coup de main» n’ont pas participé activement à cet exercice de jardinage. Mindy aurait mieux fait de s’inspirer des enseignements de Confucius et leur apprendre à bêcher, plutôt que de leur donner un buisson !

La preuve en est qu’après douze mois, les traces de leur grand dévouement n’étaient plus que tristes vestiges. Et au bout de deux ans, les mauvaises herbes avaient entièrement repris leurs droits et effacé toute mémoire de l’aménagement horticole. Tout cela sans que leurs légataires s’en soucient le moins du monde. Dommage!

Le désintéressement manifeste des résidents de cette propriété de la rue Hutchison
a eu facilement raison du projet d'embellissement qui leur avait été offert gratuitement.

Si jamais les résidents de la coop et leurs voisins finissent par obtenir l'aval des autorités du Plateau pour aménager leur ruelle verte, il leur faudra être d'une grande vigilance s'ils ne veulent pas que ce soient toujours les mêmes qui s'éreintent pour s'assurer de la pérennité de leur petit jardin d'éden. 

Avec six synagogues qui débouchent dans leur tronçon de ruelle, le festival des assiettes jetables, comme l'appelle Lise Ravary dans son bouquin Ma vie chez les juifs hassidiques, risque de demeurer monnaie courante.


Deux mois après la grande corvée des résidents de la coop, 
c'est à nouveau «la fête des assiettes jetables» dans leur tronçon de ruelle.
 
Quand on voit la façon dont certains «entretiennent» leur propre cour arrière où ils laissent jouer leurs enfants, faut-il s'étonner qu'ils ne se soucient guère de l'état des ruelles?

À gauche: ruelle jonchée de détritus de toutes sortes.
À droite, dans la cour: trampoline éventré, pneus usés, vieilles chaises, tabourets 
renversés, boîtes de carton, résidus de rénovation, quelques jouets et une bicyclette. 
Il s'agit du tronçon de ruelle où habite Mindy Pollak.
Espaces de jeux pour les enfants de cette ruelle Hutchison/Parc

Ragoutant des deux côtés de la clôture, non?


À coup sûr, il faudra encore beaucoup d'éducation, de patience et de résilience pour que le message passe dans tous les foyers et qu'il devienne agréable de jouir de nos ruelles. Lâchez pas, la Coop!

Mais j'y pense. Mindy Pollak est une conseillère d'Outremont! Que fait-elle au Plateau à concocter de beaux projets durant une année électorale? N'est-elle pas payée pour travailler pour les citoyens d'Outremont qui l'ont élue? C'est d'autant moins compréhensible qu'Outremont n'a pas une seule ruelle que l'on pourrait décemment qualifiée de «verte». 

Il y a quelques années, c'est cette même Pollak qui dénonçait une conseillère d'Outremont qui avait mis son nez dans un projet du Plateau. Comme disait mon père quand j'étais jeune et que j'avais fait un coup pendable: «Enweye! Marche à maison!». 
 

mercredi 21 juin 2017

LES LIEUX DE CULTE OCCULTES



Faites-vous partie des quelque 200 000 personnes à vous être rendus, comme moi, au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pour profiter de l’exposition Chagall : couleur et musique? Comment? Vous planifiez y aller la semaine prochaine? Pauvres de vous. Elle s’est terminée la semaine dernière. C’est vraiment platte, parce qu’il s’agissait de la plus importante exposition jamais consacrée à Marc Chagall au pays

J’ai bien pris quelques photos (voir ci-contre) de certaines des 340 œuvres du célébrissime artiste né Chagalov, en Biélorussie, mais ça ne peut rendre justice au génie de ce grand créateur.

Comme je n’aime pas vous voir vous morfondre, je voudrais bien faire quelque chose pour vous consoler.

Tiens! J’ai une idée. Que diriez-vous si je vous amenais voir de vrais rabbins performants live, derrière la vitrine d’un lieu de culte qui a toutes les apparences d’un local désaffecté? 

Le 5293, avenue du Parc n’a aucune affiche annonçant de quoi il en retourne à l’intérieur, mais pour qui a déjà vu neiger, l’apparence négligée de la façade en dit long sur ce qui s’y trame

Depuis 2014, la secte Belz occupe l'ancien bar restaurant Le Parc des Princes sur l'avenue du Parc

Toute la façade est protégée des regards étrangers par de longues toiles blanches installées de l’intérieur. Autres signes distinctifs : l’une des deux grandes vitrines est fracassée et l’endroit a l’air franchement déserté ou en perpétuelle rénovation. Cette façon de se dérober est pratiquement la marque de commerce de plusieurs lieux de culte occultes des hassidim.


Ça fait un sacré bout de temps que les leaders hassidiques avaient un œil sur l’édifice. Déjà en 2011, un citoyen m’avait écrit pour me faire part d’un fait dont il avait été témoin dans la nuit du 12 au 13 novembre:



Puis le lundi 13 octobre 2014, un autre citoyen m’a écrit à propos de ce même endroit en me disant ceci :

«Ave Parc, il y a un commerce qui n'affiche aucune enseigne, nom ou quoi que ce soit pour s'identifier et c'est souvent fermé... Mais l'autre jour, c'était ouvert et je suis entré pour voir...Le gars au bar m'a dit que c'est un lounge pour hassidiques seulement. Est-ce légal de faire un commerce qui nous exclut ??? En plus, l'endroit est beau avec de palmiers et des lampes type marocaines et de grands rideaux...! Tu connais cet endroit, côté est, entre St-Viateur et Fairmount ? Regarde cet article (2012) on dirait que c'est le lieu dont je te parle...Ça a du changer car le barman m'a bien dit que c'était Hasidic seulement.»


 Un bar religieux? Interdit aux peuples non élus? Avouez que c’est intrigant d’apprendre que des membres de la secte Belz ont pris possession des lieux en 2014 pour une telle activité.

Cela est d’autant plus étrange que ce matin même, j’ai reçu un document provenant de la Direction du développement du territoire et des travaux publics de l’arrondissement du Plateau.

De 2012 à 2017, le commerce a connu des hauts et des bas. Hélas, ça c'est mal fini... et pour longtemps!

En réponse à une demande d’accès à l’information, l’arrondissement me remettait copie du certificat d’occupation qu’il avait délivré au Belz Avreichim Community Center pour que la secte puisse y implanter une nouvelle synagogue. Le certificat est daté du… 18 avril 2016! C’est dire que le groupe Belz a utilisé le local sans autorisation ni permis pendant au moins un an et demi. Sans qu’aucun inspecteur, aucun fonctionnaire, ni élu ne se pose de questions, ne demande de comptes ou n’émette de contraventions. La belle vie, quoi!

À gauche, janvier 2017: on alterne prières et amuse-gueule Yehuda; au centre et à droite, mai 2017: teffilins sur le front et au niveau du coeur; un grand talit de laine sur la tête et les épaules.

Quand je vois ça, je ne peux m’empêcher de repenser à Christine Gosselin. L’élue de Projet Montréal sur le Plateau est du genre à donner des leçons à ses vis-à-vis d’Outremont. Ça la démange encore plus quand ça sent les élections. Il y a quelques mois, opportuniste à souhait, Gosselin écrivait ceci sur sa page Facebook : 

«Si Outremont était mieux géré à tous les égards, il y aurait beaucoup moins de frictions entre les membres de la communauté [hassidique] et leurs voisins. Au Plateau on est bien placés pour le savoir, le Mile End comporte aussi une importante population hassidique, et les problèmes de cohabitation sont traités de manière intelligente, comme les autres problèmes de cohabitation. Y a toujours des solutions, des compromis possibles, de terrains d’entente. Il est grand temps qu’Outremont se dote de personnes compétentes et sérieuses pour l’administrer. Sinon, Outremont continuera de fournir du matériel à Infoman.»


À l’entendre, Christine Gosselin nous arrangerait tout ça d’un coup de cuiller à pot. Oh Yeah?

Mettez-en qu’elle est bien placée pour comparer Outremont avec le Plateau. Les hassidim ne constituent même pas 1,8 % de la population de l’arrondissement de Luc Ferrandez. C’est 11 fois moins qu’à Outremont dont le territoire est deux fois plus petit! Même ainsi, les lobbyistes hassidiques donnent de sérieux maux de tête aux élus du Plateau. Luc Ferrandez m’a même déjà avoué avoir mal digéré l’arrogance baveuse de Max Lieberman lors d’une de ces fameuses rencontres à portes closes qu’exigent les dirigeants hassidiques.

Au cours de toutes ces années au pouvoir, les Christine Gosselin et Alex Norris qui sont pourtant scotchés aux lobbyistes hassidiques n’ont même pas été capable de convaincre les ultrareligieux ne serait-ce que de désencrasser les vitrines de leurs synagogues taudis.

Les dirigeants hassidiques leur tiennent d’autant plus la dragée haute qu’ils savent que tous ces élus sont prêts à se coucher par terre en petite boule et faire trois roulades dans la boue s'il le faut pour avoir leurs votes. Quant à la population goy, les lobbyistes hassidiques s’en moquent encore plus. Ils n’ont rien à foutre du mécontentement des citoyens qui, c’est ben maudit, revendiquent une certaine qualité de vie et un environnement urbain convivial et stimulant. C’est à croire que pour maintenir la cohésion du groupe, les «Craignants Dieu» ont un besoin atavique de maintenir une dose de tension avec la population environnante.

Pour finir, Projet Montréal peut bien prétendre que les règlements d’Outremont sont trop rigides. Le 4 juin 2013, le maire du Plateau clamait sur sa page Facebook qu'il fallait «plus exiger [de la communauté hassidique] pour mieux accueillir». Un peu plus tard, Projet Montréal a proposé «une voie du compromis». L’interdiction des lieux de culte ne concernerait plus que les rez-de-chaussée.

On voit aujourd’hui où ce vœu pieux a mené. Uniquement sur le tronçon de l’avenue du Parc entre Saint-Viateur et Fairmount, Projet Montréal a donné sa bénédiction à la création de deux nouvelles synagogues… au rez-de-chaussée! Celle dont il a été question aujourd’hui et une autre, au 5446-5448 avenue du Parc qui, en plus du rez-de-chaussée, s’est répandue au 2e étage. Et il faut voir le souci esthétique et le respect du monde extérieur dont ils font preuve. C’est à vous lever le cœur.


Depuis deux ans, la façade incomplète de la synagogue  du 5446-5448 du Parc est laissée en friche à deux pas de la bibliothèque Mordecai-Richler. Le pauvre, s'il voyait ça, il se retournerait dans sa tombe.

Oui, y’a pas d’erreur. Projet Montréal a la pogne qu’il faut pour faire du ménage à Outremont!!!  Surtout qu'hier encore (20 juin 2017), Philipe Tomlinson, le candidat pressenti par Projet Montréal pour la mairie d'Outremont, a convié Max Lieberman pour une assemblée de cuisine en compagnie de Valérie Plante et d'une délégation d'activistes et de supporteurs inconditionnels des leaders hassidiques. Ça promet!


Oh! Avant d'oublier. La synagogue qui a pris la place du restaurant La grand-mère poule au coin de Bernard et Hutchison (côté Plateau!) fête ses 10 ans de rénovations.

Félicitations! Mazel Tov! Et «Many happy returns!»

10 ans de mépris, ça se fête!

jeudi 1 juin 2017

THIS FALL IN OUTREMONT!




En fin de semaine dernière, les membres de Projet Montréal se sont réunis en congrès pour adopter le programme du parti en vue des élections municipales du 5 novembre prochain. Au bout de 13 ans, le parti fondé par Richard Bergeron — et dont a hérité Valérie Plante — compte 17 élus parmi les 65 membres du conseil municipal de la métropole.

Personnellement, j’accuse un faible pour le travail qu’ont pu faire Luc Ferrandez et François Croteau à titre de maires du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie. J’ai été particulièrement sensible à leurs préoccupations écologiques et urbanistiques. Si j’habitais le Plateau, même si je suis en désaccord avec Ferrandez sur quelques sujets épineux, je voterais pour lui.

Mais voilà. Outremont n’est pas le Plateau et quand on voit les mouvements de troupes de Projet Montréal au sein de notre arrondissement, il y a lieu de se poser de sérieuses questions.

Le 19 mai dernier, dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de Montréal, Mme Rani Cruz racontait à qui voulait bien l’entendre que Philipe Tomlinson sera le candidat de Projet Montréal à la mairie d’Outremont et qu’elle-même sera sa directrice de campagne. Ça promet!


Philipe Tomlinson, aspirant à la mairie d'Outremont pour Projet Montréal, en compagnie de Mindy Pollak.

Au fil des dernières années, Tomlinson, qui a été le conseiller politique de la conseillère hassidique Mindy Pollak, a toujours été réfractaire à des modifications de règlements qui auraient été susceptibles de déplaire à certains leaders hassidiques.

Tout récemment, Philipe Tomlinson s’est farouchement opposé à l’interdiction des nouveaux lieux de culte sur la portion commerciale de l’avenue Bernard. C’est son droit le plus strict et on ne le lui reprochera pas. Mais avant, pendant et après le référendum de l’avenue Bernard, ni lui, ni aucun élu de son parti n’ont rappelé à l’ordre ou pris leurs distances avec les gens qui, dans son entourage et dans celui de Mindy Pollak ont systématiquement qualifié les tenants du OUI de xénophobes, d’antisémites, de racistes et autres insultes du même acabit.
  
À titre d’exemple, Elizabeth Ball, une militante très proche de Mindy Pollak qui n’a de cesse de clamer l’harmonie universelle entre tous les voisins, n’a pourtant pas hésité à s’en prendre de façon vulgaire à Mme Nanci Murdock, une résidente de la rue Champagneur qui a dénoncé les illégalités qui se produisaient sur le chantier de la future synagogue controversée au coin de l’avenue Bernard.

Quelle ne fut pas la surprise de Mme Murdock de voir apparaître des allusions sexuelles la concernant sur la page Les résidents d’Outremont pour une rue Bernard commerciale qu’elle avait mise en ligne sur Facebook.

Appuyée par Leila Marshy, qui mettait en doute la façon dont Mme Murdock avait eu accès à des documents reliés à la synagogue litigieuse, Elizabeth Ball a insinué que la citoyenne avait obtenu ces documents en échange de faveurs sexuelles offertes à la conseillère indépendante Céline Forget. Ça vole bas.

Elizabeth Ball et ses insinuations de bas étages

Moins libidineux, mais pas plus acceptable, certains membres du Committee for Pluralism within Outremont Schools*  (dont fait partie Tomlinson !) ne donnent pas leur place. Parmi ce groupe sélect constitué à 90 % d’anglophones, d’aucuns ne se gênent pas pour cracher leur mépris à l’encontre des citoyens francophones qui ont voté OUI au référendum de l’avenue Bernard. 

Je pense, entre autres, à Rani Cruz. Oui! Oui ! Celle-là même qui prétend au titre de directrice de campagne de Philipe Tomlinson. Sur sa page Facebook, Mme Cruz s’est fait un devoir de partager le torchon de Mike Cohen (le directeur du Bureau québécois de B'nai Brith Canada) qu’il a intitulé «Outremont : Where Intolerance Never Sleeps».


Rani Cruz se définit comme une «Transplanted vancouverite in Montreal». Pour elle, la carte de la xénophobie semble être une excellente stratégie pour torpiller l’adversaire.
 
Cruz n’est pas la seule de sa gang. Souvenez-vous de Claire Trottier, cette résidente qui, le 9 janvier dernier, avait réclamé que le conseil d’arrondissement déplace la Kermesse Soleil du samedi au dimanche pour ne pas condamner les hassidim à être abandonnés sur le bord du chemin (lire ma chronique Le clan des Tzadikim).
C’est cette même femme qui, au lendemain du référendum, n’avait pu s’empêcher de dénoncer sur Facebook cette «victory for intolerance, ignorance, and fear». 




Le plus étonnant, c’est encore ce qu’a vécu Mme Nora Chénier-Jones durant la période référendaire. Interviewée dans le magazine en ligne Faith in Canada, cette jeune femme noire qui est née et qui a grandi à Outremont a raconté au journaliste que parce qu’elle avait mis un peu trop de temps à se faire une idée sur l’à-propos de permettre de nouvelles synagogues sur l’avenue Bernard, elle s’était fait traiter d’intolérante et de raciste par certaines personnes qui militaient contre la nouvelle interdiction. «It’s not that I think the Hasidic community should not have synagogues. I just wasn’t sure about synagogues on Bernard Avenue. And because I took a long time to take a stance on this issue I was called a bigot and a racist.» (lire l’article de Gideon Strauss)

Début de l'article de Gideon Strauss. Nora Chénier-Jones en compagnie de Jennifer Dorner, Mindy Pollak et Sarah Dorner

Pas rancunière pour deux sous, Mme Chénier-Jones finira par pencher du côté de celles et ceux qui se sont insurgés contre le nouveau règlement. Son nom a d’ailleurs circulé pour une candidature au poste de conseiller de Projet Montréal dans Outremont. Elle milite aujourd’hui au sein du fameux Committee for Pluralism within Outremont Schools.

Des membres de ce committee montent aux barricades et, tous crocs dehors, crient leur indignation rageuse et hystérique pour une coiffe indienne portée par une enseignante du primaire accueillant ses nouveaux petits élèves. En revanche, elles n’ont absolument rien à redire sur l’éducation lamentable et la ségrégation frisant l’eugénisme des écoles ultraorthodoxes de leur propre arrondissement. C’est, entre autres, le cas des sœurs Jennifer et Sarah Dorner qui prêchent l’amour du voisin… pourvu qu’il adhère inconditionnellement à leur idéologie ultraradicale de gaugauche multiculturaliste. Trouvez l’erreur !



La dénonciation par Jennifer Dorner d'une enseignante du primaire de l'école Lajoie lors de la première journée d'école des enfants.

Avec tous ces militants du ROC (Rest of Canada ) dans l’arrondissement francophone d’Outremont, on se demande si Projet Montréal ne se prépare pas plutôt à faire campagne dans Côte-Saint-Luc ou dans le West Island! Lors de leur congrès de la fin de semaine, il aurait peut-être été plus juste pour les militants de rebaptiser le parti Montreal Project!

À Outremont, lors des élections de l'automne, l'accent de Projet Montréal tombera vraisemblablement avec les feuilles!

D’ailleurs, qui saurait nous énumérer les idées mises de l’avant par l’équipe Projet Montréal – Outremont au cours des quatre années où Mindy Pollak a siégé au conseil d’arrondissement?

C’est vrai que Projet Montréal vient de s’octroyer le crédit d'un projet de placette sur l’avenue Van Horne... sauf que dans les faits, ni Projet Montréal, ni Mindy Pollak n'ont participé activement aux travaux du comité de citoyens présidé par Céline Forget, la candidate indépendante du district Joseph-Beaubien! Pollak ne s'est présentée qu'à deux des six réunions sur la question. D’ailleurs, les imposteurs viennent de se faire démasquer dans le journal Métro.




Projet Montréal  s'adonnerait-il lui aussi à de l'appropriation culturelle?


En voyant Marie Plourde, conseillère de Projet Montréal sur le Plateau Mont-Royal «liker» ce twitt usurpateur, je me suis rappelé avoir rencontré par hasard l’été dernier Mme Plourde en compagnie de Luc Ferrandez devant le Bilboquet. 

Confiant au maire du Plateau mon insatisfaction à l’égard de Mindy Pollak, Ferrandez a eu cette réplique dont il a le secret : «Je ne sais pas ce que tu peux lui reprocher. Elle n’a rien fait !» Un à zéro pour Luc.

Mais puisque je ne peux pas prouver l'existence de cette conversation, je laisserai à Mme Suzanne Simard le soin d’exprimer devant caméra son total mécontentement à propos de l’inefficacité de la conseillère Pollak.

Lors de la période de questions du 9 janvier 2017, Mme Simard qui est membre du comité sur le transport actif et vice-présidente du sous-comité vélos, a dénoncé le fait qu’au cours des six derniers mois, Mindy Pollak, qui est tout de même la présidente du Comité sur le transport actif, n’a jamais daigné répondre ne serait-ce qu’à un seul des innombrables appels téléphoniques et courriels qu’elle lui a laissés pour faire avancer les dossiers dont elle avait la charge. 

En raison de ce qui semble un désintéressement total de Mindy Pollak pour ce dossier qui lui a pourtant été confié, Mme Simard n’a eu d’autre recours que de s’en plaindre publiquement au conseil. (écouter son intervention)
 
En dépit de l’inefficacité de la conseillère Pollak, Mme Simard garde le sourire.

C’est vrai que la conseillère Pollak n’a pas particulièrement à cœur de favoriser le transport actif. Elle fait tout ce qu’elle peut pour que les autobus scolaires de sa communauté puissent continuer longtemps à tricoter et détricoter allègrement sur toutes nos rues résidentielles.

En cela, Philipe Tomlinson a tout fait pour que le dossier des autobus scolaires hassidiques ne soit pas discuté au conseil d’arrondissement. L’aspirant maire a toujours refusé d’admettre que le grand nombre d’autobus scolaires qui circulent sur nos rues résidentielles (une moyenne de 55 par jours!) constituent un problème.

C’est pourtant le même homme qui, dans sa dernière biographie de campagne électorale, prétendait vouloir mettre toute son énergie à défendre et à promouvoir ce qui compte le plus pour les résidents, soit la qualité de vie! C’est sans parler du leitmotiv de Projet Montréal qui a mené une lutte de tous les instants contre la circulation motorisée sur les rues résidentielles du Plateau.

Décidément, les cinq prochains mois s'annoncent intéressants. Qui sait de quel côté les dés tomberont le 5 novembre prochain? 

Le plus génial pour les lobbyistes hassidiques, c'est qu'ils n'ont même plus à se montrer le portrait pour faire avancer leurs causes. Les théocrates font faire la job par des «démocrates» qu'ils «flusheront» une fois la masse critique atteinte. Faut le faire, quand même!

 

Comité de promotion du pluralisme au sein des écoles d’Outremont, dans sa traduction française