mercredi 3 mai 2017

L'INTOLÉRANCE: LA TACHE ORIGINELLE DES QUÉBÉCOIS


Ces dernières années, pour justifier leurs politiques ségrégationnistes, les porte-parole hassidiques ont eu recours à une analogie pas piquée des vers. Ils comparent leur détermination à protéger leur langue, leur culte et leur culture à celle des Québécois francophones.


Au sein de Projet Montréal, la conseillère hassidique Mindy Pollak s’est servie de cet argument fallacieux à quelques reprises lors des assemblées du conseil d’Outremont. À ce que je sache, le Québec est une société de droit tandis que les hassidim ne forment qu'une communauté très restrictive.

Pendant la controverse sur le programme d’enseignement à la maison pour les enfants hassidiques, Abraham Ekstein, le représentant d’une école illégale, a tenu, lui aussi, à nous rappeler que nous nous sommes dotés de lois pour préserver notre identité en Amérique du Nord et que le «combat millénaire*» des juifs hassidiques s’apparente à celui du Québec. Il revendique donc le même droit de transmettre leurs valeurs de génération en génération et ne tolère pas que l’on place un mot. Quant à Cheskie Weiss, le cofondateur du blogue intégriste OutremontHassid, il soutient que ses coreligionnaires respectent notre culture francophone et il exige que nous en fassions tout autant.
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 * Millénaire? Allons donc. Montréal célébrait déjà ses 100 ans d’existence 
au moment où le Baal Shem Tov « inventait » le hassidisme en Europe. 
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Il est touchant d’entendre les messagers messianiques prétendre éprouver du respect pour notre langue et notre culture. Surtout quand la très vaste majorité des membres de leurs communautés intégristes établies ici n’est pas foutue de baragouiner trois mots dans la langue de Molière. Comme d’autres, ils ont fait preuve d’une profonde aversion tant pour la Loi sur la langue officielle de Robert Bourassa que pour la Charte de la langue française de Camille Laurin.

Remarquez qu’il en faudrait bien davantage pour les empêcher de faire comme bon leur semble. À preuve, aujourd’hui, ces yiddishophones atterrissent dans la cour du English Montreal School Board en empruntant tout bonnement la bretelle de contournement pourtant réservée à certains élèves anglophones. Nous aimerions bien qu’on nous explique en quel honneur ce groupe allophone peut se prévaloir de cette passerelle.


René Lévesque est mort! Vive René Lévesque! Le tout discret Hersber Hirsch déguisé pour le Pourim. Est-ce un cas d'appropriation culturelle?

Depuis plus de 40 ans, la défense du fait français et le nationalisme québécois sont constamment associés à du repli sur soi, de l’étroitesse d’esprit, de l’intolérance, du racisme, de la xénophobie, et, bien sûr, de l’antisémitisme grégaire. Par contre, les sectes hassidiques, elles, peuvent revendiquer et promouvoir de façon totalement décomplexée une insularité scellée sous vide. Après tout, il leur faut combattre les risques de contamination par la société environnante comme s’il s’agissait d’une maladie nosocomiale.

Étrangement, leurs revendications sectaires ne leur valent pas d’être taxés de populistes indécents, intolérables, voire fascisants. Pourtant, s’il existe des formes variées de discrimination au Québec (comme absolument partout sur la planète!), elles ne sont en rien comparables au sentiment de supériorité et à l’apartheid ethno religieux promulgué par les dirigeants hassidiques. 

À la différence des martyrs islamistes à qui on fait miroiter 72 vierges paradisiaques, Joey Tanny, un ancien ultraorthodoxe juif, racontait récemment dans le magazine The Walrus qu’il a «grandi en pensant que, lorsque le Messie viendra, il y aurait 72 gentils (des non-juifs, des goys) qui tiendraient chacun de [ses] tzitzit » (les franges qui pendent au bout des châles de prières). On lui a aussi raconté qu’il y avait une obligation de secourir une personne en détresse… seulement si elle était juive! 

Il nous faudrait aussi nous accommoder de la ségrégation des confessions et du tabou infranchissable des mariages mixtes. Ainsi, s’ils avaient un jour la lubie d’épouser un de nos enfants (l’horreur de l’horreur chez les ultras, dixit Lise Ravary), les rejetons des Feig, Hershcovich, Lieberman ou Pollak seraient ostracisés, répudiés, voire carrément mis au ban de leurs communautés.

Si le Québec francophone appliquait un interdit équivalant, les Gilles Vigneault et Yvon Deschamps, deux ardents défenseurs de la souveraineté du Québec et de la langue française, auraient été voués aux gémonies pour avoir osé épouser des «anglaises», des filles de la Conquête! Quelle infamie, n’est-ce pas?

Justement, quelques jours après le référendum sur les nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, j’ai été saisi par la naïveté contradictoire de certains propos de l’activiste pro hassidique Sarah Dorner. Dans A letter to my Hasidic neighbours in Outremont qu’elle a publiée sur Internet, la professeure agrégée de Polytechnique nous raconte une anecdote.

Sa fille, qui s’était fait offrir une bague jouet par un petit voisin hassidique, lui a demandé si elle pourrait un jour épouser un garçon ultraorthodoxe. Dorner, légèrement embarrassée, confesse à ses lecteurs : «It’s not a question with a simple answer». Ouain. Je comprends que ce n’est pas simple de lui dire «Oublie ça, ma puce, tu n’es qu’une shiksa, une apikorus** ». Surtout lorsque l’on combat fougueusement le moindre reliquat de préjugés et toutes les formes de discrimination possible et imaginable, cette question toute naturelle d’une enfant oblige sa mère à faire des contorsions dignes du Grand cirque chinois! 
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** Termes yiddish:  shiksa: femme non-juive; apikorus: hérétique
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Pouvez-vous vous imaginer un seul instant quel serait l’opprobre si la société québécoise décrétait un interdit de convoler avec un noir, une arabe, un hindou? Les ultraprogressistes nous qualifieraient de sales aryens, de suprémacistes haineux, d’avortons du KKK.
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Mais ils n’ont pas besoin de cas aussi grossiers pour donner libre cours à leurs propres préjugés. Ils sont sur la même longueur d’onde que Mike Cohen, le directeur du Bureau québécois de B'nai Brith Canada qui qualifie Outremont d’endroit «où l’intolérance ne dort jamais».

Ces bonnes âmes immaculées n’ont rien à redire non plus lorsque la déjantée Sharon Freedman, membre du conseil d’administration de ce même B’nai Brith, accuse la mairesse et le conseil d’Outremont d’être des «hardcore French [that] refuse any English». Un demi-siècle après la disparition de Lionel Groulx, ils lui font toujours une traque acharnée.

Sur Friends of Hutchison Street, la page Facebook cofondée par Mindy Pollak, la conseillère ultraorthodoxe de Projet Montréal, on y lit toujours des commentaires comme celui de Phyllis Carter, placé le 1er février 2017


 

Sur la page Facebook mise en ligne par des résidents d’Outremont favorables à une interdiction de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, Jodie Duffield, une spécialiste des communications formée dans des universités australiennes et anglaises, ne mâche pas ses mots à l’égard des «chrétiens blancs». Elle vole tête baissée à la défense du multirécidiviste Michael Rosenberg. «Son seul véritable crime, clame-t-elle, est d’être juif. » Ça a le mérite d’être clair.


  
Le très yiddishophile Pierre Anctil  a beau soutenir que l'antisémitisme n’a pas été plus prédominant au Québec qu’ailleurs au Canada, rien n’y fait.

Même si Steven Lapidus, chargé de cours à l'Institut d'études juives canadiennes de l'Université Concordia, affirme que nous ne verrons jamais les enfants hassidiques aller jouer dans la maison de leurs petits voisins non hassidiques, c’est peine perdue.

Qu’importe aussi si sa collègue anthropologue Jessica Roda avoue que la communauté hassidique d’Outremont est encore plus fermée sur elle-même que celle de New York (aller à 14 min 10 sec du reportage de Danny Braün), il semble bel et bien que nous soyons la basse caste condamnée à porter éternellement la tache originelle de l’intolérance. (cliquer ICI pour la suite du reportage de Danny Braün)

Mais en cette époque où Régine Debrosse, chercheuse postdoctorale en psychologie à l'Université Northwestern (Illinois), nous apprend qu’on peut désormais être raciste sans le savoir, faut-il vraiment s’étonner que les termes utilisés pour parler de discrimination se radicalisent? Les minorités visibles s’éclipsent au profit des minorités «racisées», la discrimination devient systémique et le racisme, institutionnel. 

Récemment, Normand Baillargeon dénonçait la nouvelle vague de rectitude politique, la boursouflure des indignations morales des ultraprogressistes qui oeuvrent au musellement des universités. 

Aux États-Unis, ce bâillonnement de la liberté d’expression prend une ampleur particulièrement préoccupante. Par exemple, aux universités Yale (Connecticut), du Missouri et au collège Amherst (Massachusetts), des étudiants luttent respectivement contre les «auteurs blancs décédés» afin de «décoloniser» le programme de littérature anglaise, pour obtenir la démission du président de l’université qui n’aurait pas eu une politique d’inclusion des minorités suffisamment «active» après les émeutes de Ferguson ou pour exiger des «excuses de la direction» pour «l’héritage institutionnel de la suprématie blanche». (lire l'article publié sur le site Pour une école libre au Québec) 

Pour le maintien et le renforcement de leur apartheid, les leaders ultraorthodoxes n’auraient pu espérer trouver meilleurs alliés que ce regroupement d’anglophones très éduquées (lire ma chronique Le clan des Tzadikim) qui, pour certaines d’entre elles, ont fréquenté ce type de campus où elles pouvaient s’initier à l’art martial de la censure et du conformisme bienséant tout en réclamant que les campus soient un «safe place» où elles seraient à l’abri de tout ce qui dérange leurs sensibilités à fleur de peau.

Je comprends aujourd’hui à quoi voulait en venir Mindy Pollak lorsqu’elle a décrété avec Leila Marshy que «the Friends of Hutchison Street is a safe place». Tout comme je saisis mieux de qui le groupe des «Dorner sisters» s’est inspiré pour s’insurger contre le port d’une coiffe amérindienne pour célébrer la rentrée scolaire d’enfants de six ans ou de tel ou tel déguisement d’Halloween qui serait «culturally offensive», voire une appropriation culturelle révoltante.


Sarah  et Jennifer Dorner. Elles étaient en compagnie de la conseillère de Projet Montréal Mindy Pollak lors d’une activité dans une école d’Outremont. Elles portent le T-shirt de leur comité sur la rectitude universelle.

En soi, l’idée de sensibiliser son entourage à la diversité n’est pas du tout détestable. Elle a même ses mérites. Mais puisque ces activistes souhaitent faire un vibrant éloge du multiculturalisme, il est pour le moins incongru que le logo de leur Comité de promotion du pluralisme au sein des écoles d’Outremont (voir photo ci-dessus) arbore le nom de l’arrondissement en yiddish, en arabe et en agnier (mohawk) tout en ignorant totalement les Grecs, les Chinois, les Ukrainiens, les Haïtiens et les Italiens d’Outremont. Ils comptent pour des prunes, peut-être? Shocking!

À moins que l’appellation amérindienne soit un message subliminal. Après tout, Tiohtiake signifie bel et bien «L'endroit où le groupe se sépare»! Un nom franchement prédestiné pour les ténors hassidiques qui ont choisi de venir bivouaquer ici!

Une chose est sûre. Nos puristes ne sont pas prêtes d’atteindre le Nirvana. Contrairement au traitement qu'elles ont réservé aux enseignantes d'une école primaire portant la plume, elles fument le calumet de la paix avec les ultraorthodoxes qui se déguisent en cow-boys lors de la fête de Pourim. Pire, elles font très très attention de ne pas les froisser en évitant même de regarder dans la direction de leurs écoles religieuses illégales. Pas question de faire des chichis simplement pour des enfants qui seront empêchés de s’émanciper comme ont pu le faire nos donneuses de leçons.

Adolescents hassidiques célébrant Pourim affublés de chapeaux de cow-boys sous le regard complice du Satmar Max Lieberman.

C’est sans parler de Jodie Duffield. Non seulement a-t-elle complété un bac en littérature anglaise (souvenez-vous… à Yale, l’étude de Shakespeare est perçue comme une forme de discrimination !), mais, la pauvre, s’est fait surprendre sur Facebook en train de souffler dans un didgeridoo. Heureusement, une copine l’a vertement sermonnée.


«Women can’t play the didge, Jodie, it’s completely disrespectful to Aboriginal people ! See Nicole Kidman.» (visionner la vidéo)



Woups!  La gaffe, toi! On lui souhaite la bienvenue dans le club des pestiférés!

dimanche 19 mars 2017

LE MULTIRÉCIDIVISTE


Depuis que le conseil d’arrondissement d’Outremont a annoncé, en janvier 2015, son intention d’entreprendre une réflexion sur la pertinence de permettre l’établissement de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard, rumeurs et désinformation se sont propagées à qui mieux mieux.

Tant avant qu’après la tenue du référendum du 19 novembre 2016, des médias réputés sérieux ont fait concurrence aux réseaux sociaux pour propager des nouvelles inexactes, quand elles n’étaient pas carrément fausses.

Je pense, par exemple, à ce reportage de Radio-Canada dans lequel on affirmait, au lendemain du vote référendaire, que «le résultat [du référendum] bloque un projet de synagogue… pour lequel un permis avait été accordé». La tendance étant aux faits dits alternatifs, la société d’État ne voulait peut-être pas être en reste.

Contrairement à ce que racontait Radio-Canada, l’arrondissement d’Outremont n’a jamais bloqué le projet de synagogue pour lequel il avait donné son aval.

Fort de ce permis émis par Outremont le 19 juin 2015, Michael Rosenberg, le propriétaire de l’immeuble a obtenu (et conservé) le droit de transformer en lieu de culte le sous-sol et le rez-de-chaussée (1636 pi2 si on se fie à ses dires) qu’occupait l’ancien club Passeport Vidéo, au 594 Champagneur. Le19 octobre 2015, l’arrondissement lui a même octroyé un permis de construction (no C-43489) pour I' exécution de travaux dans l’enceinte du futur lieu de culte.

C’est sans parler de cet autre permis qu’Outremont lui avait déjà délivré le 25 mai 2015 pour l’édification d’un bain rituel purificateur (mikveh) qui occuperait l’espace du restaurant Poulet fusée, au coin de Bernard et Champagneur.

Michael Rosenberg, le PDG de la multinationale Rosdev, poursuit la Ville pour qu'on lui permette de pratiquement quintupler la superficie de la synagogue de l'avenue Bernard pour laquelle il avait demandé et obtenu un permis au printemps 2015.
 
Cliquer ICI pour voir la nouvelle mise à jour de son reluisant dossier. 

Hélas! En avril 2016, soit près d’un an après la délivrance du permis pour l’aménagement du lieu de culte et plus d’un mois après que le conseil d'arrondissement eut adopté une première version d’un règlement visant à supprimer l'usage communautaire sur l’avenue Bernard, Rosenberg se ravise.

Du jour au lendemain, il réclame un agrandissement supplémentaire de 6087 pi2 pour sa synagogue. C’est près de cinq fois la superficie qu’il avait demandée et obtenue au printemps 2015.

En vert, sur la façade de l'immeuble donnant sur la rue Champagneur, les espaces accordés en mai et juin 2015 par l'arrondissement d'Outremont pour accueillir la synagogue et le mikveh. En rouge,  les espaces contestés pour l'agrandissement de la synagogue que le promoteur hassidique a demandé près d'un an plus tard.
 
 

 
En vert, sur la façade de l'immeuble donnant sur l'avenue Bernard, l'espace accordé pour le bain rituel. En rouge, les espaces contestés pour l'agrandissement de la synagogue.
 
Ce n’est pas par hasard que Rosenberg a fait sa demande d’agrandissement le 4 avril 2016. C’était tout juste quelques heures avant que ne soit déposé à la séance du conseil l’avis de motion destiné à l’adoption du nouveau règlement sur les lieux de culte. En agissant ainsi, le promoteur a manifestement cherché à prendre de vitesse la Ville qui avait entamé depuis belle lurette le processus de révision du règlement de zonage.

À peine avait-il déposé sa troisième demande de permis que le grand spécialiste des entourloupettes violait vraisemblablement les termes des permis qu’il avait obtenus, en plus d’entreprendre des travaux dans la partie de l’immeuble pour lesquels il n’avait même pas de permis.

Dès avril 2016 et pendant des mois, il semble que des «jobbeurs» (la Commission de la construction du Québec a pris ce dossier en main) aient été engagés pour faire des travaux de démolition dont certains n’auraient pas été autorisés.

Les anciens bureaux du groupe Sutton ont été complètement dégarnis sans permis. Photo tirée d'un reportage de TVA

Ainsi, outre le fait que les ouvriers ont utilisé de la machinerie au diésel sans aération adéquate et entrepris d’enlever des matériaux contenant de l’amiante sans respecter aucune norme de sécurité, le local qui abritait les bureaux du courtier immobilier Sutton a été complètement dégarni en toute illégalité, le 3e permis n’ayant pas été accordé. Les gicleurs ont été rendus inopérants sans même qu’une protection antifeu adéquate ait été mise en place pour protéger les appartements qui se trouvent aux étages supérieurs. 

L'été dernier, pendant plus d’un mois et demi, alors que l’immeuble était habité, le système d’alarme de l’édifice a été débranché. Au rez-de-chaussée, des dalles de béton auraient été enlevées sans autorisation, causant apparemment un affaiblissement de la structure de l’immeuble. 

C'est du côté sud-est de l'immeuble que la structure semble avoir le plus souffert des travaux effectués sans autorisation. Photo tirée d'un reportage de TVA

C’est le 21 décembre 2016, le jour même où les inspecteurs de l’arrondissement ont officiellement ordonné la fermeture du chantier délinquant, que Rosenberg a déposé une poursuite contre la Ville de Montréal pour la forcer à lui délivrer ce troisième permis de construction que l’arrondissement ne lui a pas accordé. Si ce n'est pas la preuve que Radio-Canada avait tort de prétendre qu’Outremont bloquait un projet pour lequel un permis avait été délivré, je ne sais pas ce que c'est.

Il sera fort intéressant de voir de quel côté penchera la Cour supérieure. Mais même si un jugement devait lui être favorable, Rosenberg ne pouvait, entre temps, exécuter les travaux pour lesquels il est sans permis. 

Pas barré à 40, le président de la multinationale Rosdev a pourtant choisi de défier les règlements et tenté d’imposer sa loi. Le 26 décembre 2016, soit cinq jours après que son chantier ait été formellement fermé par les inspecteurs, Rosenberg a fait reprendre les travaux comme si de rien était.

Ce jour-là, les pompiers sont appelés sur le chantier et ordonnent aux ouvriers de quitter les lieux. Ces derniers obtempèrent, mais selon les locataires, dès le lendemain (27 décembre) les «jobbeurs» s’activaient de plus belle.

Peu de temps après que les inspecteurs aient ordonné la cessation des travaux, l'affichette a été enlevée et les «jobbeurs» ont réinvesti le chantier comme si de rien n'était.

Cette façon de faire de Michael Rosenberg est tout à fait conforme à son habitude. Le potentat avait agi exactement de la même façon durant les années de travaux illégaux qu’il avait entrepris à sa synagogue du 5253 Hutchison, entre 2003 et 2009. Cliquer ICI pour prendre connaissance d'une petite partie du dossier Rosenberg. Vous verrez que la similitude dans sa façon d'opérer est frappante.

Pour le dossier complet du multirécidiviste, cliquer ICI

À plusieurs reprises, entre 2003 et 2009, Rosenberg a contrevenu aux avis de fermeture de chantier de sa synagogue du 5253 Hutchison.

À l'époque (comme aujourd'hui!), se croyant tout permis, lui et ses hommes avaient joué au chat et à la souris avec les autorités, défié les ordonnances de fermetures de chantier, en plus de recourir à des «jobbeurs» à qui il a fait exécuter des travaux sans détenir de permis. Il profitait allègrement du temps des fêtes de Noël, période pendant laquelle les inspecteurs et l’administration municipale sont en congé. 

Il aura fallu la diffusion par TVA d'un reportage sur ce qui ne tournait pas rond sur le chantier pour que Michael Rosenberg consente enfin à rencontrer les locataires de l’immeuble alors que ces derniers demandaient une telle rencontre depuis des mois. Rosenberg leur aurait laissé entendre que tout se passait normalement et qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.
Vue aérienne de l'immeuble pour l'évaluation approximative des superficies.

À qui lui demande, lors de cette réunion, ce qu’il adviendra des bureaux du groupe Sutton, le promoteur raconte que cet espace ne sera pas transformé en synagogue, mais en salles de réunions commerciales. 

Pourtant, dans la poursuite qu’il avait déposée deux mois plus tôt, le PDG de Rosdev réclame bel et bien 6087 pi2 supplémentaires aux 1636 pi2 qu'il a déjà pour sa synagogue. Et ce serait sans parler de la superficie dont il dispose pour son local de bain rituel que nous évaluons à environ 900 pi2 (on refuse de nous dévoiler ses dimensions). Tout compte fait, on arriverait à au moins 8 600 pi2 d'espace réservé uniquement à des activités religieuses. 

Quand on sait que les deux premiers étages de l'immeuble représentent autour de 9 000 pi2, on est en droit de se demander s'il restera encore de l’espace pour y installer ne serait-ce qu'un comptoir de crème glacée grand comme un confessionnal au rez-de-chaussée de cet édifice qui se trouve au cœur du centre récréo-culturel d’Outremont.

Dire que le 18 novembre 2015, Michael Rosenberg avait réuni une vingtaine de commerçants de l’avenue Bernard au restaurant La Muse pour leur dire que pas plus de 30 ou 40 de ses coreligionnaires viendraient y faire leurs ablutions le matin. Le promoteur hassidique leur avait même garanti qu’aucune femme ne serait autorisée à utiliser le bain rituel.

Fiou ! Que des hommes! Voilà enfin une bonne nouvelle pour les commerçants.

samedi 18 février 2017

L'ART D'EXPLOITER UN MASSACRE


Il y a une dizaine de jours, des imbéciles ont eu la très brillante idée de dessiner des croix gammées sur les capots enneigés de quelques voitures stationnées en bordure de la rue Hutchison. Un geste aussi con que déplorable qui a été repris par CTV, Global News, The Gazette et La Presse. Il n’y avait pas mort d’homme, mais dans le contexte actuel, ces signes tracés dans la neige n’allaient certainement pas passer inaperçus.

Le 12 février, des activistes ultraorthodoxes ont publié sur leur site Outremont Hassid, un article rédigé par Leila Marshy. Il s’agit d’une pièce d’anthologie. 

Le hasard faisant bien les choses, ce petit lynchage médiatique bien orchestré se produit deux jours pile après que Projet Montréal ait tenu une réunion préparatoire à la prochaine campagne électorale de Mindy Pollak, sa conseillère hassidique dans Outremont. 

Se souvenant qu’en 2013, j’avais bien failli remporter l’élection dans le district Claude-Ryan d’Outremont à titre de candidat indépendant, Projet Montréal craint peut-être que cette fois, je la coiffe au poteau. D’ailleurs, Leila Marshy ne s’en cache même pas. «Il y a trop d’enjeux en 2017, dit-elle, pour continuer de permettre ce genre d’absurdités.» Les absurdités étant, bien sûr, mon militantisme.

Cette attaque survient également quatre jours après qu’un reportage télévisé nous ait révélé que Michael Rosenberg, le promoteur de la nouvelle synagogue qui aura pignon sur rue sur l’avenue Bernard (coin Champagneur) s’est (encore!) fait pincer par les inspecteurs municipaux en train d’y effectuer des travaux sans permis.


Après toute la polémique sur l’interdiction des nouveaux lieux de culte sur l’avenue commerciale, nous aurions pu croire que les leaders hassidiques se seraient gardé une petite gêne, au moins le temps que la poussière du référendum retombe. Pensez donc! Pour faire diversion, l’occasion était trop bonne de me diffamer (je pèse mes mots!)

Avant même d’entamer sa diatribe, Leila Marshy déforme déjà les faits en s’arrogeant le titre de fondatrice de l’association Les Amis de la rue Hutchison. Or c’est faux.

Depuis le lancement de cette page Facebook, en juin 2011, Mindy Pollak et Leila Marshy n’ont eu de cesse de clamer sur toutes les tribunes (journaux, radio, télé, etc.) qu’elles en sont les cofondatrices. L’omission n’est pas fortuite. Quand on souhaite exécuter un opposant et que l’on prévoit utiliser des méthodes, disons, de basses oeuvres, on prend les mesures qu’il faut pour protéger sa reine et lui éviter d’être éclaboussée. Voilà que d’un simple coup de plume, Mindy Pollak n’est plus cofondatrice de la page Facebook.

Elle m’attaque d’abord par le biais d’une image (photo 1) qui m’immortalise dans une pose suggérant l’agression. C’est de bonne guerre. Quand on décide de s’impliquer et de débattre à visière levée d’enjeux publics, il faut s’y attendre et cela ne me choque pas.
 
Ces quatre prises de vue ne sont pas de moi. Je remercie les Friends of Hutchison Street pour ces beaux témoignages.

Cela dit, sachez tout de même que cette image est un polaroïd d’une fraction de seconde dans le cadre d’un évènement qui aura duré près de deux heures.

Au cours de ce « get together » qui s’est tenu le 6 mai 2012 (et non en juin comme le prétend Marshy), on peut également me voir pris à partie par un opposant véhément (photo 2), puis échangeant une bonne poignée de main avec un de mes voisins de palier ultraorthodoxe (photo 3) et me payant une pinte de bon sang… même avec la mère de Mindy Pollak (photo 4).

Il me semblait alors essentiel de faire entendre notre voix. Après tout, il s’agissait de la première réunion organisée par ce groupe. À la fin de la réunion, comme on me refusait de reprendre le micro, j'ai tenté de dire à l’auditoire (voir la vidéo de huit secondes) qu’il leur serait illusoire d’espérer créer des ponts entre les différentes communautés s’ils s’obstinaient à ne pas tenir compte du point de vue et des griefs de la majorité francophone. Le dicton yiddish ne dit-il pas «Mit eyn tokhes ken men nit tantsn af tsvey khasenes!»?* 
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*  «Un derrière seul ne peut danser à deux mariages ou si vous préférez, «It takes two to tango!» 
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On voit aujourd’hui où a mené ce déni total et ce refus catégorique d’aborder les problématiques pourtant bien réelles soulevées par de nombreux citoyens d’Outremont qu’elle et ses amis de la rue Hutchison qualifiaient (et qu’ils qualifient toujours!) de xénophobes haineux et obtus.

Leila Marshy ne résiste pas à la tentation de faire des amalgames vicieux. «La dernière élection américaine, dit-elle, semble avoir autorisé le monde entier à être raciste, intolérant, méchant et stupide. Le récent massacre à la mosquée de Québec et même les croix gammées sur les voitures d’Outremont cette semaine en témoignent.» Quelle récupération grossière et ultra démagogique d’évènements tragiques!

Hélas, c’était écrit dans le ciel que les intégristes et les pseudoprogressistes de tout crin allaient profiter de ce carnage pour tenter de bâillonner ceux et celles qui mènent des combats légitimes en les accusant d’être porteurs du germe de la peste xénophobe et du fascisme.

Avec quelle aisance Marshy distribue-t-elle les anathèmes contre ceux qui ne marchent pas dans ses traces sacrées! Le fait de dénoncer les comportements délinquants comme celui que j’ai évoqué plus haut me vaudrait un jour le titre de Boucher d’Outremont?

Marshy me qualifie publiquement de «fomentateur de haine». Je lui conseille ardemment d’aller lire l’article 319 (1) et (3) du Code criminel canadien et à réfléchir sérieusement à l’accusation qu’elle me porte. Si elle persiste, je lui suggérerais de faire un pas de plus en se rabattant sur l’article 318 du même code. Il traite de l’encouragement au génocide.

Par ailleurs, en matière civile, ses propos sont de la pure diffamation. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle. Accusé de diffamation par Michael Rosenberg, son fils Martin et leur acolyte Alex Werzberger, la Cour supérieure a retourné mes poursuivants comme des crêpes. L’honorable juge qui présidait le procès a statué on ne peut plus clairement et sans aucune réserve que le contenu de mon blogue est socialement utile, que ma démarche d'enquête est diligente, que mes sources d'information sont valables et que mes propos ne sont pas haineux. Même les trois juges de la Cour d’appel du Québec ont recalé Julius Grey qui avait eu la bonne idée de porter leur cause perdue en appel.

Après être passé deux fois plutôt qu’une dans le fin tamis purificateur de l’appareil judiciaire, je ne me laisserai certainement pas intimider par ces élucubrations apocalyptiques. Et on ne parviendra pas à me faire taire en tentant de me faire porter le blâme et l’odieux de l’éventuel geste fou d’un fêlé de la trempe d’un Bissonnette.

Le reste du brûlot diffamatoire de Leila Marshy est tout aussi fallacieux, chafouin et perfide. Prétendre qu’elle et ses amis viennent tout juste de prendre la décision de me combattre est pure bouffonnerie. Depuis 2011, les cofondatrices de Friends of Hutchison Street, leurs amis et leurs mentors hassidiques n’ont eu de cesse de prétendre que les faits que je rapporte dans mon blogue ne sont que «calumny, misinformation, outright lie and intimidation», que mon travail est «Mcarthy-Pinochet-Nazi propaganda». On me qualifie de Goebbel, SS, Jew hater et j’en passe!

Les allégations sont légion, aussi ridicules, par exemple, que cette affirmation clownesque de Marshy voulant que je «puni[s] sauvagement» les élues qui accorderaient des «concessions» à la communauté hassidique. J’ai orchestré un coup d’État sanglant, peut-être?

Il y a pire que les allégations loufoques. Son texte est un ramassis de faussetés, de demi-vérités tronquées, de suppositions tendancieuses et malhonnêtes quand il ne s’agit pas d’inventions pures et simples.

Je la mets au défi de présenter le début du commencement d'une preuve de ce qu’elle avance. Où ai-je prétendu que les voisins qui désirent nouer le dialogue avec les hassidiques sont des lobbyistes payés? Où? Qu’ai-je écrit dans ma chronique du 22 janvier 2017 qui soit mensonger? Je veux savoir. Ne serait-ce que pour faire amende honorable et me confondre en excuses. Dites-moi quels journalistes j’aurais accusés d’avoir subi un lavage de cerveau? 

Je ne perdrai pas mon temps à débattre de son opinion à propos de mon statut professionnel ou de mes qualités journalistiques. Non seulement cela est-il totalement « irrelevant », comme on dit dans la langue de Shakespeare, mais jamais, au cours de ces neuf années de militantisme citoyen, n’ai-je prétendu, ni de près, ni de loin, agir à titre de journaliste.

Quant à son appréciation de mes caricatures, je ne lui contesterai pas le droit d’aimer ou de détester. Au cas où Marshy ne l’aurait pas remarqué, toutefois, ma dernière caricature remonte à il y a pratiquement trois ans (22 mars 2014), soit exactement quatre jours après que mes poursuivants aient été déboutés en Cour d’appel du Québec.

Le hasard faisant bien les choses, cette chronique de 2014 traitait justement d’un sujet toujours d’une brûlante actualité en ce moment, soit le port de signes religieux au sein de l'appareil de l'État. À l'époque, comme aujourd’hui, Philippe Couillard soutenait qu’on n'a pas à légiférer sur les libertés tant que le problème n'existe pas. Nous sommes bien avancés aujourd’hui, n’est-ce pas?

Mon antagoniste revient également sur la campagne électorale de 2013. Elle affirme que lorsque je me suis porté candidat, j’aurais suspendu mon blogue et créé un nouveau site Web «très anodin et totalement nettoyé de toute trace de mes obsessions». Une fois de plus, elle démontre qu’elle n'est qu'une vulgaire adepte des «faits alternatifs» dont raffole Donald Trump.

Entre février (moment où j’ai annoncé ma candidature  pour briguer le poste de conseiller municipal) et novembre 2013, j’ai publié pas moins de 16 chroniques sur mon blogue. N’importe qui ayant accès à Internet peut le vérifier sur le champ. Au plus fort de la campagne électorale, je n’ai pas eu le temps d’écrire sur mon blogue, mais il n’a jamais été suspendu.

Quant à l’allégation gratuite de Marshy voulant que j’aie mené ma campagne en «faisant semblant de ne [m’]intéresser qu’au renouvellement urbain et à la plantation d’arbres», je rappelle que bien avant que je n’imagine me présenter un jour à des élections, j’ai mis en ligne sur mon blogue au moins cinq chroniques traitant de problématiques concernant les arbres et les ruelles vertes à Outremont. Par ailleurs, je ferai remarquer à Leila qu’en même temps que j’alimentais mon blogue, j’ai publié sur mon site électoral une chronique sur la question du bannissement des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique.

Je termine sur une dernière photo que publie Leila Marshy sur laquelle j’apparais avec la légende «Lacerte harcèle un hassid, mai 2013». Or, elle n’était même pas présente sur les lieux au moment où les faits se sont produits. Ce qu’elle affirme n’est rien d’autre que du ouï-dire.

La réalité est tout autre. Le 31 mai 2013, c’est à la demande expresse (voir le courriel) de la journaliste Caroline d’Astous (La Presse) que je l’ai accompagnée sur le terrain avec son photographe. Mme d’Astous souhaitait voir «la prolifération des lieux de culte sur le Plateau Mont-Royal». Je l'ai guidée comme je l'ai fait pour Richard Bergeron et l'équipe de Projet Montréal, le 5 août 2010.



Nous voyant venir (le photographe était particulièrement bien équipé en matière de quincaillerie numérique), trois hassidim qui ne souhaitaient pas nous voir nous promener dans la ruelle (elles sont privées, sur le Plateau?) se sont mis à nous filmer (photo de gauche) et à nous interpeller. Ils étaient particulièrement agressifs à mon endroit. J’ai alors sorti mon appareil, ce qui m’a permis d’immortaliser leur comportement.

À la lecture de son texte et après avoir mis à l’épreuve la rigueur de son argumentaire, son souci du détail et sa grande intégrité, je me demande qui tente de «façonner le monde à son image»?

À vous de juger.