mercredi 8 mai 2013

LE LAXISME ÉRIGÉ EN SYSTÈME - PARTIE II


Vous avez vu ce qui arrive quand une administration municipale n’est même pas foutue de faire respecter sa propre réglementation de zonage. On doit s'en remettre à un juge pour qu'il tranche à nos frais et en lieu et place de ceux que nous avons justement élus pour veiller au grain.

Après plus de 30 ans d’inertie coupable, nos traîne-savates ont permis à des religieux qui ont délibérément violé le zonage résidentiel de faire indirectement ce qu’ils n’avaient pas le droit de faire directement. 


Louis Moffatt, le conseiller transfuge d'Union Montréal
Pas de saint danger que Louis Moffatt, le conseiller transfuge d’Union Montréal, fasse davantage qu’un constat de pissou. «Il arrive, avait-il dit à Radio-Canada, que les hassidim nous mettent devant les faits accomplis.» Un aveu digne d’une carpette et qui restera sans suite. 


Il faut dire que Moffatt a eu un sacré bon mentor. Dans le cas
de la synagogue du 1030 – 1032 Saint-Viateur, comme dans celui de la synagogue illégale du 1055 au 1067 Lajoie (coin Durocher), Alex Werzberger savait depuis toujours qu’elles violaient le zonage. 

Werzberger, promoteur de la technique du fait accompli, pavoise devant la synagogue du 1030 Saint-Viateur.


Qu’importe. Fidèle à lui-même, le président de la Coalition d’organisations hassidiques d’Outremont a toujours soutenu qu’à force d’obstination, de chantage et de harcèlement, les élus finissent toujours par capituler.

Pensez-vous qu’en prenant acte de ce jugement, les élus d’Outremont et du Plateau vont changer leur mauvaise habitude de se faire complices après le fait? On le souhaiterait bien, mais ça n’a vraiment pas l’air parti pour ça.

Quand on sait qu’à Projet Montréal, les Richard Bergeron et Alex Norris ne veulent absolument rien savoir de modifier la réglementation qui permettrait de mieux encadrer la prolifération anarchique de lieux de culte illégaux sur l’avenue du Parc, il ne faut pas se conter d’histoires.

Prenons l’exemple de la synagogue du 5253 Hutchison. Cela fait depuis 2008 que nous dénonçons haut et fort le fait que les administrateurs de ce lieu de culte ont obtenu frauduleusement un permis pour aménager une salle de prière dans le logement locatif du deuxième étage prétendument habité par le rabbin de la synagogue.


Méchant rabbin, avouez!
Or, en dépit des preuves photographiques montrant qu’aucun rabbin n’y habitait, malgré les témoignages de riverains et des nombreuses protestations écrites et téléphoniques adressées tant aux élus qu’au chef de division du service des Permis et inspections du Plateau (M. Pierre-Paul Savignac) personne n’a jamais levé le petit doigt. D’une administration à l’autre, les élus se sont avérés de véritables chie-en-culotte.
 
Même Luc Ferrandez, le maire qui n’a pourtant pas la réputation d’être un béni-oui-oui a tout récemment fait le dos rond lorsque je lui ai rappelé que cette histoire de rabbin fantôme n’avait été qu’une grossière entourloupette destinée à court-circuiter le processus de dérogation. Un processus pourtant obligatoire pour quiconque souhaite entreprendre des travaux ou régulariser de travaux réalisés de bonne foi alors qu’ils ne satisfont pas à toutes les dispositions des règlements d'urbanisme.


Comme ses prédécesseurs d’Union Montréal, le maire Ferrandez s’est défilé en utilisant des arguments cousus de fil blanc. «Tu me demandes de corriger un permis qui a été donné il y a six ans par la précédente administration.», m’a-t-il dit, comme si c’était demander la lune. 


Si seulement le maire faisait un vrai ménage
Je n’arrive pas à croire que Ferrandez pourrait faire comme la clique d’Outremont qui a pratiqué l’aveuglement volontaire pendant 30 ans avant de se faire dire par le juge qu’ils ont trop niaisé avec la puck pour que les choses puissent être corrigées.
 
Après cette première esquive, Luc Ferrandez a tenté une autre justification. «Quand des gens investissent dans des lieux après avoir obtenu un permis, il n’y a rien à faire, même si le permis a été accordé par erreur». Woe minute ! On ne parle pas ici d’une erreur attribuable aux fonctionnaires de la ville. Au contraire, c’est l’administrateur de la synagogue qui a menti impunément dans le but d’obtenir un permis auquel il n’avait pas droit. Méchante différence.

Depuis quand faudrait-il s’apitoyer sur un filou qui, après avoir cherché à flouer le système, risquerait de perdre quelques milliers de dollars mal investis? Avez-vous vu quelqu’un brailler lorsque La Presse nous a appris que la luxueuse tour de condos de 14 étages que devait habiter l'ex-maire Gilles Vaillancourt risquait d’être démolie parce qu’elle a été construite en infraction des règlements de zonage? Pas moi.

C’est vrai que dans le dossier de la synagogue du 5253 Hutchison, les inspecteurs du Plateau n’ont presque rien à se mettre sous la dent. À peine de gros travaux effectués sans permis, trois arbres matures coupés sans permis, quatre ou cinq épisodes de non-respect des ordonnances de fermeture de chantier illégal, tentative de corruption d’un inspecteur municipal, perte d’un logement locatif sur cette rue zonée strictement résidentielle et quelques autres vétilles du genre.

Va-t-il encore falloir que les citoyens recourent aux tribunaux pour forcer la ville à mettre ses culottes et entreprendre les procédures nécessaires pour retirer un permis obtenu frauduleusement ? Parions que c
ette fois, les citoyens n’attendront pas 2037 avant de réagir.

Messieurs, dames de Projet Montréal, relisez donc le jugement de l’honorable André Prévost de la Cour supérieure. Après cela, vous pourrez toujours essayer de nous convaincre que votre inaction sera la meilleure chose à faire.

lundi 29 avril 2013

L'AVEU



L'aveu de Leila Marshy dans le Toronto Star de dimanche

Comment oublier la saga du référendum  de la rue Hutchison qui a connu son dénouement le 19 juin 2011? À peine quelques jours plus tôt, nous avions été témoins d’un véritable phénomène de génération spontanée.

Au fin fond du sous-sol du 5363 Hutchison s'était développé en accéléré une créature sans ascendants. Un cyborg venu de nulle part débarquait sur le Web et s’autoproclamait Friends of Hutchison Street en déclamant la formule «We are everyone who seeks peace, harmony, dialogue, adventure».

Cette poignée de pseudo-néoGandhi n’aura pas perdu de temps pour dévoiler sa vraie nature. Leurs voisins et voisines qui n’adhéraient pas à leurs schèmes de pensée allaient vite être déclarés émules de l’Office de la langue française, des Patriotes, des Adrien Arcand, Lionel Groulx, Hitler, Pinochet.


Pour nous être objectés à l’agrandissement du lieu de culte en zone résidentielle, les Friends nous qualifieront de «nasty little bigots», de «slack-jawed droolers», de «Stasi agents» et d’autres sobriquets affectueux du même acabit. Cela ressemble étrangement à la façon de faire des membres du CRITIQ, ce groupe d'anglophones enragés qui, en fin de semaine dernière, a invectivé Julius Grey après qu'il ait eu le malheur de dire que «le Québec est une des provinces du Canada où les droits civiques sont les mieux respectés». 

Depuis presque deux ans, Leila Marshy et les dirigeants hassidiques qui opèrent la page Facebook de Friends of Hutchison Street ont pratiqué le déni systématique. Aux actes de délinquance documentés que nous révélions, ils criaient Au meurtre! À les entendre, ce que nous dénoncions n’était qu’affabulations, mensonges et intimidation.
 
Puis est survenu un évènement aussi inattendu qu’improbable. Dimanche dernier, en page A 6, le Toronto Star a publié un article intitulé Worlds collide for Outremont’s Hassidic population


Sous la plume chatouilleuse du journaliste Dylan C. Robertson, Leila Marshy a finalement craché le morceau. Pour la première fois depuis qu’elle a entrepris sa croisade sur Facebook, la résidente de la rue Hutchison a admis que «some Hassidic neighbours break numerous rules». Vaut mieux tard que jamais, n’est-ce pas?

Que les leaders de la communauté hassidique tentent de défier les règlements et placer les autorités devant le fait accompli, c'est une chose. C'en est une autre que de voir les élus se prosterner devant les intégristes religieux au point de renoncer à faire respecter les règlements applicables à tous les autres citoyens. Pitoyable. Et les Cinq-Mars de Montréal veulent se faire réélire en novembre prochain?

lundi 22 avril 2013

LE LAXISME ÉRIGÉ EN SYSTÈME - PARTIE I


Jeudi dernier, le 18 avril 2013, l’honorable André Prévost de la Cour supérieure a rendu un jugement dans la cause Ville de Montréal c. Congrégation Munchas Elozer Munkas. Le dénouement était attendu depuis fort longtemps. Il s’agissait du cas d’un duplex résidentiel qui a été illégalement transformé en synagogue, au 1030 -1032, rue Saint-Viateur.


Même si ce changement de vocation a été fait en contravention flagrante du règlement de zonage et bien que les activités de culte dans cet immeuble étaient (et sont toujours) incompatibles avec la réglementation municipale, le magistrat a donné raison aux contrevenants. Il a invoqué des «circonstances exceptionnelles» lui permettant d’utiliser le pouvoir discrétionnaire que lui confère l’article 227 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU).

Nous pourrions décrier la décision du juge de la Cour supérieure et la façon qu’a utilisée la secte hassidique pour bafouer la réglementation en vigueur, mais, entre vous et moi, ce jugement ne m’étonne pas le moins du monde. 


Comprenez-moi bien. Je ne remets pas en cause la bonne foi du juge Prévost, pas plus que je ne pourrais le soupçonner d’avoir une dent contre les élus municipaux. Le juge a simplement constaté ce que nous dénonçons depuis de nombreuses années. Dans ce dossier, comme dans plusieurs autres, nos élus ont fait et continuent de faire preuve d’un laxisme et d’un laisser-faire scandaleux.


Croyez-le ou non, bien que les dirigeants de la secte n’avaient pas le droit de convertir cet immeuble d’habitation en synagogue, les autorités d’Outremont leur ont octroyé (en juillet et en septembre 1980) deux permis. L’un pour enlever un mur de division, l’autre pour creuser le sous-sol. La congrégation en avait alors profité pour y construire un bain rituel.

Dans son jugement, le juge Prévost s'étonne du comportement de la ville.  «Outremont, dit-il, a connaissance de la contravention d’usage par dérogation depuis au moins 1980. L’aménagement d’un bain rituel au sous-sol laisse peu de doute à ce sujet, surtout pour une ville qui compte plusieurs synagogues sur son territoire».

Comme il n’y a jamais deux sans
trois, en 1984, la ville d’Outremont a émis un troisième permis pour la réparation de mur extérieur de l’immeuble. Cette fois, la congrégation a installé une toiture amovible pour aménager une soukka. Tout ça, sous les yeux bienveillants des inspecteurs. 


Cela est d’autant plus étonnant, qu’en 1982, la ville d’Outremont avait porté des accusations en Cour municipale contre le propriétaire de l’immeuble pour avoir établi un lieu de prière dans un bâtiment d’habitation situé en zone résidentielle. Même que le 16 juin 1982, le juge Adrien Paquette avait reconnu le bien-fondé de la ville et condamné le propriétaire à 50 $ d’amende. 


En janvier 1983, comme il en avait la possibilité,  ce propriétaire hassidique a porté ce jugement en appel en Cour supérieure. C’est là que ça se morpionne sérieusement.

Au début de l’audition de l’appel, l’avocat de la ville d’Outremont a contesté le droit d’appel du propriétaire. Bien que le juge de l'époque ait rejeté la requête de la Ville, il avait pris la peine d’inviter la municipalité à compléter sa preuve et à revenir à la charge. Devinez quoi! La Ville ne s’est jamais remontré la binette en cour.


Ce comportement laisse à nouveau le juge Prévost songeur: «Pourquoi [la Ville] a-t-elle décidé de ne pas offrir de preuve devant la cour supérieure afin que soit maintenu un jugement qui confirmait l’usage illégal de l’immeuble? Quel message la ville lançait-elle alors à la congrégation ?»

Le message, il est le même depuis 30 ans.
«Faites ce que vous voulez, on ferme les yeux.» Le mot d'ordre aux inspecteurs et aux fonctionnaires: «Pas touche!»

Comme Choquette, Pomminville et Unterberg, l'ancien maire Harbour et son héritière, Marie Cinq-Mars, ont tout fait pour que le dossier soit relégué aux oubliettes. Même ce bon Pierre Chapuis, à l’époque, directeur du Service de l’aménagement urbain et du patrimoine a fait semblant de tomber des nues lorsqu’il a écrit aux contrevenants qu’il souhaitait les rencontrer

Comme les travaux à la synagogue ont été effectués au vu et au su des inspecteurs, le juge Prévost estime improbable que les autorités de la ville n’aient pas été informées de ces travaux par les inspecteurs. Il constate que Montréal connait la situation depuis au moins 29 ans et conclue que la Ville a accommodé la communauté durant toutes ces années.

Mieux. Le juge rappelle qu'en 1987, la communauté urbaine de Montréal est même allée jusqu'à accorder une exemption de taxes foncières pour l’immeuble en raison de sa vocation de culte. Une petite enveloppe brune avec ça?

Quitter un parti pestiféré pour se refaire une virginité?
 Il aura fallu bien des périodes de questions houleuses aux
assemblées du conseil d'arrondissement d'Outremont avant que les citoyens ne viennent à bout de l'entêtement de la mairesse et qu'elle ne refile la patate chaude au contentieux de la Ville.

Après neuf années passées au sein du parti Union Montréal, Cinq-Mars en avait appris des tours de passe-passe. Aussi, avant de laisser aux avocats de la Ville la besogne d’entreprendre une poursuite contre la synagogue illégale, la mairesse n'a pas pris de chance.

Lors de la séance du conseil du 6 septembre 2011, Cinq-Mars a fait adopter un projet de règlement qui lui aurait éventuellement permis de contourner le jugement tant redouté par les leaders hassidiques. Si  le tribunal avait décrété la fermeture de la synagogue illégale, il aurait suffi qu'un changement d’usage soit accordé pour légaliser le lieu de culte. 

Mais cette fois-ci, la mairesse n'aura pas besoin de peser sur le bouton. Le juge s'en est occupé.

mardi 16 avril 2013

NUÉE DE SYNAGOGUES ANNONCÉE SUR L'AVENUE DU PARC


Le 7 septembre 2010, le parti Projet Montréal avait annoncé l'adoption d'un règlement visant à faire disparaître les panneaux publicitaires du territoire de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal. Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron et le conseiller de ville Alex Norris avaient fait le serment de s’attaquer à cette pollution urbaine géante. «À force de voir les affiches publicitaires dans le paysage urbain, expliquait alors Richard Bergeron, les citoyens ne se rendent plus compte de leur laideur.»

Hélas, nous ne lancerons pas de fleurs à ces deux élus de Projet Montréal. Pourquoi donc? Pour la simple et bonne raison qu’ils font manifestement preuve d’une détermination à deux vitesses. 


 Alors qu’ils attaquent de front Astral Média , cet acteur majeur de la télévision, de la radio et de l’affichage extérieur au pays, Bergeron et Norris ferment délibérément les yeux sur les lieux de culte qui poussent à la vitesse grand V sur l’avenue du Parc, entre les rues Bernard et Van Horne.

La ragoutante synagogue illégale du 6080 du Parc
Contre toute logique, ces deux opportunistes politiques défendent bec et ongles ces synagogues ultraorthodoxes aux allures de coquerons insalubres. Non seulement ces cambuses défigurent et polluent le paysage urbain, mais elles bafouent le règlement de zonage en vigueur. Un règlement qui, s'il autorise l’établissement de centres communautaires, interdit les lieux de culte sur ce tronçon de l’avenue du Parc.

Savez-vous que les administrateurs des trois quarts de ces synagogues squattent cette portion de l’avenue du Parc sans même détenir un permis d’occupation? Quant à la minorité de ceux qui ont fait une demande de permis, ils l’ont obtenu grâce à un subterfuge. Ils ont ouvert des synagogues en les faisant passer pour des centres communautaires. Vous ne me croyez pas? Ce n’est pas moi qui le dis. Ce sont les leaders hassidiques eux-mêmes qui l’ont admis aux élus du Plateau, il y a de cela quelques semaines à peine.

Conscient du problème grandissant et dans l’espoir de reprendre un certain contrôle sur la prolifération anarchique de lieux de cultes illégaux (cliquez pour les apprécier), le maire du Plateau, Luc Ferrandez, a récemment souhaité procéder à une modification du règlement de zonage.


Il a proposé que les lieux de culte (toutes confessions confondues) et les centres communautaires soient obligatoirement soumis à une procédure qui forcerait les administrateurs de ces projets à soumettre une demande de dérogation. Cela permettrait à l’arrondissement d’étudier les projets et de s’assurer que les objectifs du Plan d’urbanisme soient respectés (parements extérieurs, architecture, appareils de climatisation, aménagement paysager, etc.)

Comment pensez-vous qu’a été accueillie la proposition du maire Ferrandez par les dirigeants hassidiques? Conviés à une rencontre à l’hôtel de ville du Plateau, les Alex Werzberger, Mayer Feig et Max Lieberman ont crié Au meurtre! Ils ont fait comprendre au maire qu’ils pourraient bien continuer de mettre les autorités municipales devant le fait accompli.

Le conseiller Alex Norris, dans tout ça? Bien qu’il sache que les dirigeants hassidiques agissent encore et encore dans l’illégalité, il est férocement en désaccord avec l’idée de Ferrandez de modifier le règlement. Faudrait surtout pas ennuyer le trio hassidique. Et encore moins en campagne électorale, n’est-ce pas? C’est pourtant ce même Norris qui, le 17 novembre 2011, écrivait un commentaire sur mon blogue affirmant qu’«Il est totalement faux que notre administration n'ose pas sévir en cas de manquement aux règlements par des membres de la communauté hassidique». Il peut aller raconter ça à d'autres. 


L’initiative du maire ne manquait pas d’intérêt. Mais, devant l’opposition farouche des principaux intéressés et de certains élus de son propre parti, Luc Ferrandez a tenté de faire passer la pilule en proposant de légaliser quatre des synagogues présentement illégales sur ce petit bout de l’avenue du Parc.

Un groupe de citoyens dont je faisais parti a été invité à donner son avis sur le projet. Hélas, incapable de consentir à cette amnistie que nous considérions être une prime à la délinquance, nous n’avons pu soutenir la proposition du maire Ferrandez. Si bien que le projet de modification au règlement de zonage a été retiré de l’ordre du jour du 8 avril dernier. Luc Ferrandez nous aura avertis. Il nous prédit une nuée de centres communautaires sur l'avenue du Parc dans les prochains mois. Plus de dix, s'il faut l'en croire.

Les Norris, Werzberger, Feig et Lieberman doivent être aux anges. Bien qu’elles soient en contravention du zonage, leurs synagogues du 5830, 5870, 5896 à 5906 et 6082 avenue du Parc risquent fort de l’échapper belle, comme d'habitude. 


Nous avons trois questions pour vous, Messieurs Bergeron et Norris, qui affirmez sévir lorsque des gens contreviennent au règlement de zonage :

1) Qu’attendez-vous pour décréter la fermeture des lieux de culte qui n’ont aucun permis d’occupation et qui, de plus, ne respectent pas le zonage?

2) Maintenant que les dirigeants hassidiques ont avoué vous avoir trompés sur l’usage des lieux qu’ils ont investis, pourquoi ne révoquez-vous pas les permis qui ont été malhonnêtement obtenus?


6201 Parc: Occupé un an avant la délivrance du permis
3) Est-ce pour les récompenser de leur comportement exemplaire que vous venez de leur délivrer de nouveaux permis leur permettant d’occuper 5000 m2 de plancher pour une école (talmudique?), une garderie et une bibliothèque/centre communautaire dans le magnifique édifice Bovril du 6201 Parc, au coin de Van Horne? 

En passant, saviez-vous qu’ils utilisaient déjà cet immeuble il y a plus d’un an? Comment? Vous vous en foutez. Ah!  d'accord. Ça a le mérite d'être clair.

samedi 6 avril 2013

LE BAPTÊME DU FEU



Normand Proulx va se souvenir longtemps de sa première journée de travail à titre de directeur de l’arrondissement d’Outremont. C'était il y a 12 jours, le 25 mars 2013.

Il n'était pas encore 8 h, ce lundi matin là, que la mairesse Cinq-Mars lui avait déjà refilé la première patate chaude de son nouveau mandat : «dealer» avec la cérémonie de la crémation du pain de la communauté hassidique d’Outremont qui faisait déjà rage devant le tout nouveau complexe d’habitation du 950, rue Champagneur.
 

Entre la volonté des leaders hassidiques et les femmes enceintes du 950 Champagneur, le choix de Cinq-Mars a été facile.
Marie Cinq-Mars devait être particulièrement excitée de mettre à l’épreuve M. Proulx qui, il faut le dire, possède une expertise en «développement de mécanismes de concertation du milieu». 

Pauvre homme! Il n’avait pas encore eu le temps de «puncher» au bureau qu’il se trouvait déjà coincé entre la mollesse sans nom de la première dame d’Outremont et la servilité de Pierre Chapuis, son prédécesseur par intérim.

Certains des 140 nouveaux résidents du 950 Champagneur avaient pourtant pris la peine de demander à l’avance aux autorités municipales que la crémation se fasse ailleurs que sous leurs fenêtres. 


Lors de la séance du conseil du 2 avril dernier, Marie Cinq-Mars a avoué qu’en dépit de toute une série de pourparlers et d’une entente avec les dirigeants de la communauté hassidique concluant que la cérémonie se ferait du côté du secteur Atlantic (au coin des rues Durocher et Beaubien), les leaders ultrareligieux n’ont fait qu’à leur tête. «Ils ne nous ont pas écoutés. On avait le choix de laisser l’évènement se tenir ou d’appeler les pompiers pour qu’ils sortent les boyaux d’arrosage, ce qui n’aurait peut-être pas été la chose à faire.» Dans ce qui a probablement été son premier discours public, Normand Proulx a acquiescé : «Ça aurait jeté de l’huile sur le feu!»


Trois conteneurs et quatre heures et demie du fumigation
 Entre la volonté des ultraorthodoxes butés et les femmes enceintes du 950 Champagneur incommodés par la fumée, Cinq-Mars n’a pas mis de temps à choisir. Même qu’il apparaît clair, aujourd’hui, qu’elle avait déjà capitulé devant les leaders hassidiques au cours de la fin de semaine précédente. 






   
À preuve, quelques heures seulement avant la crémation, les grilles du terrain que les autorités avaient désigné pour la tenue de l’évènement (au coin de Beaubien et Durocher) sont restées cadenassées. En revanche, le terrain interdit était, lui, déneigé de frais et l’espace, accessible à tous. 

On peut dire que Normand Proulx aura vraiment eu son baptême du feu. Bienvenue à Outremont, M. le Directeur!

mercredi 27 mars 2013

LE CUL-DE-SAC

Jeudi dernier (21 mars), Pierre Chapuis, le directeur de l'arrondissement d'Outremont, a rencontré le directeur du Chaverim, le service d'assistance d'urgence de la communauté ultraorthodoxe. De quoi a-t-il été question? De l'endroit où devrait se tenir la cérémonie de la crémation du pain dans le cadre de la Pâque juive.

La lettre de Chapuis : sans équivoque
Le lendemain, M. Chapuis a écrit au directeur du Chaverim pour l'informer officiellement que la cérémonie devra avoir lieu sur un terrain au coin des rues Durocher et Beaubien.

Il faut croire que la décision de l'arrondissement n'a pas plu aux dirigeants hassidiques, car le 24 mars, la veille de l'évènement, le site Web ultraorthodoxe Bill 613 annonçait à ses ouailles que la cérémonie se déroulerait plutôt en bordure de la rue Champagneur, dans le cul-de-sac au nord de la rue Ducharme. Au Diable, les autorités municipales!

Pour sa part, la conseillère du district Joseph-Beaubien soutient que c'est la mairesse Cinq-Mars qui aurait cédé sous la pression des dirigeants intégristes.

Dans un cas comme dans l'autre, ça ne va vraiment pas.

Ce même 25 mars, à Boisbriand, la communauté hassidique semble, elle aussi, n'avoir de comptes à rendre à personne. Il n'y a qu'à voir les sacs de plastique qui brûlent et les gros sacs de poubelle que l'on s'apprête à balancer dans le brasier dans le cadre de la célébration du pain.

Boisbriand, le 25 mars 2013
Boisbriand, le 25 mars 2013 - La fumée noire? Habemus plasticam!


mardi 19 mars 2013

L'ACTE DE CONTRITION SÉNATORIAL



Bernard Trépanier, alias Monsieur 3 %, sera en vedette cette semaine à la Commission Charbonneau. Tout le monde se trémousse déjà sur son fauteuil de salon à l’idée de voir l’ancien directeur du financement du parti de l’ex-maire Gérald Tremblay ouvrir son coffre-fort.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’argentier d’Union Montréal avait des relations. Remarquez qu’il n’est pas le seul à avoir un carnet d’adresses qui ressemble à un bottin de téléphone VIP.

Prenez le sénateur Leo Housakos, par exemple. Même Tony Accurso misait sur son influence pour obtenir la nomination de Robert Abdallah à la tête du Port de Montréal. Accurso n’était qu'un de ceux qui lui faisait de beaux yeux.

Le 28 novembre 2012, l’enquêteur Érick Roy, de l'escouade Marteau, a raconté devant la Commission Charbonneau qu’en 2007 et 2008, Housakos (pas encore nommé sénateur par Stephen Harper) avait eu le loisir de rencontrer de grosses pointures au très sélect club 357c. L’enquêteur Roy parle de tête-à-tête avec Bernard Poulin, président du groupe d'ingénieurs SM, avec l'entrepreneur Paolo Catania, sans oublier, bien sûr, Monsieur 3 %.
 

C’est ce même Housakos qui, au printemps 2006, était intervenu auprès du chef de cabinet du ministère des Travaux publics pour intercéder en faveur d’un «allié important». Cet «ami politique qui allait aider les conservateurs dans la communauté juive» n’était nul autre que Michael Rosenberg.

Le puissant propriétaire du Groupe Rosdev était alors au centre d’une grosse bataille immobilière avec le ministère des Travaux publics dans laquelle il risquait de perdre deux gros complexes gouvernementaux. En jouant au lobbyiste, Leo Housakos voulait s’assurer que Rosenberg soit «bien traité par le gouvernement». (Visionner le reportage du téléjournal de Radio-Canada)

Si je ramène cet épisode sur le tapis, c’est que je suis tombé sur la lettre du sénateur Housakos dans La Presse du 11 mars dernier sous le titre «Une politique trompeuse». Leo y dénonçait le multiculturalisme non seulement comme étant une stratégie politique du Parti Libéral des années 1960 pour acheter le vote ethnique, mais il estimait que cette politique avait contribué à la formation de ghettos dans les grandes villes comme Montréal et Toronto. C'est Julius Grey qui a dû faire une syncope

J’ai été passablement surpris par ces propos, mais lorsqu’il a poussé la note jusqu’à déplorer que même le gouvernement Harper avait adopté cette stratégie «de profilage de la population canadienne basé sur la race, la couleur et la religion», j’ai failli m’étouffer à mon tour.


Le sénateur conservateur a-t-il réellement fait un acte de contrition ? Que ce soit au municipal, au provincial ou au fédéral, en connaissez-vous des politiciens qui ne racolent pas jusqu’au dernier groupuscule d’intégristes religieux pour des raisons électoralistes? Housakos a fait un vœu pieux, à moins qu'il ait simplement versé des larmes de crocodile.

samedi 9 mars 2013

LE MESSAGE DE THOMAS AUX MÉDIAS



On connait l'adage qui dit que la meilleure défense, c'est l'attaque. Plusieurs porte-parole hassidiques s'y adonnent allègrement.

Lors de la séance du conseil du 4 mars dernier, Mayer Feig, administrateur du Jewish Orthodox Community Council (JOCC) ne s'est pas privé pour fustiger les élus. Indigné du fait que le conseil d'Outremont ait refusé de suspendre son règlement sur la circulation des autobus dans les rues de l'arrondissement pour les célébrations de Pourim, M. Feig l'a accusé d'avoir anéanti 30 ans de bonne entente «We’ve had agreements with the city for thirty years which you have broken up.»

Venu prêter main-forte à son coreligionnaire, un responsable de la synagogue Amour pour Israël a renchéri en utilisant l'arme de la victimisation:
«Au cours des dix dernières années, pas moins de 20 nouvelles lois ont été promulguées contre notre communauté»*. On aurait dû s'en douter. Union Montréal a toujours été un méchant repère d'antisémites, n'est-ce pas?

Aussi grotesques que puissent être ces accusations, les dirigeants intégristes s'en font une spécialité. Ils savent qu'elles peuvent avoir un effet aussi neutralisant sur les goys que la kryptonite, sur Superman. 

Le 31 janvier dernier, Max Lieberman, un porte-parole hassidique reconnu pour ses positions particulièrement virulentes, faisait partie du groupe d'une vingtaine d'ultraorthodoxes qui rencontrait Thomas Mulcair.

Mulcair en opération charme avec Max Lieberman

Lors de cette audience privée auprès du chef du NPD, M. Lieberman a dénoncé avec ses acolytes la ligne éditoriale soi-disant tendancieuse et partiale de L'Express d'Outremont.

Lieberman et Cie ont même accusé l'hebdomadaire de ne rapporter que les faits qui sont défavorables à la communauté hassidique.

Pas satisfaits que le téléjournal de CTV, La Presse et le Journal de Montréal aient moussé la prestation d'un orchestre ultraorthodoxe à la cafétéria d'une résidence pour personnes âgées, les dirigeants intégristes se sont dits outrés que le journal de quartier n'ait pas fait état de cet évènement.

Le plus étonnant de toute cette affaire fut la réaction de Thomas Mulcair. Selon Zvi Hershcovich, un rabbin loubavitch qui tient depuis moins de deux mois un blogue destiné à la communauté ultraorthodoxe de Montréal, «[Mulcair] acquiesçait pour dire qu'en ne rapportant pas l'évènement, [L'Express d'Outremont] avait démontré qu'il entretenait un préjugé évident.»**
 
Alex Werzberger à la Une 
de L'Express d'Outremont
Ah! bon? C'est étrange, car depuis des années, les propos, commentaires et diatribes des lobbyistes hassidiques parsèment régulièrement les pages des journaux locaux. Mieux! Ils ne sont pas relégués dans les pages des petites annonces, mais fort bien en vue. Combien de fois n'avons-nous pas vu trôner les têtes des Alex Werzberger et Mayer Feig dans leurs pages?


L'Express d'Outremont: Mulcair remettant à Mayer Feig
 la médaille en l’honneur du jubilé de la reine Elizabeth











 











Max Lieberman, un des porte-parole 
les plus radicaux de la secte hassidique
satmar d'Outremont
Max Lieberman n'en est pas à ses premières accusations d'antisémitisme à l'encontre de journalistes, d'élus municipaux et de citoyens. 

Il n'y a pas si longtemps, Lieberman avait servi de telles accusations à l'animateur Jean-Luc Mongrain (cliquer ICI pour voir l'extrait vidéo) en le menaçant de poursuites.

Tout récemment, ce même pur et dur aurait lancé des propos du même acabit à la figure de certains élus qui songeaient à faire des aménagements dans la réglementation municipale. A-t-on besoin de ce genre d'intimidateurs dans une société démocratique? Je vous le demande. 
 
* «In the last ten years, twenty new laws were passed in which our community was the target.»


** «He agreed that the fact that they were there but didn’t report shows an obvious bias and agenda on their part.»

mardi 26 février 2013

LA PROLONGATION


Le 14 mars 2012, Jean-Luc Mongrain avait interviewé Alex Werzberger à la suite de l'agression qu'avait subie la conseillère municipale Céline Forget lors de la fête de Pourim. Si Sitting Bull avait pu entendre parler le dirigeant hassidique, il aurait certainement dit : «Visage pâle langue fourchue». Et il aurait eu bien raison.

Fidèle à lui-même, l'inénarrable dirigeant hassidique avait démontré sa capacité à mentir sans cligner des yeux. Et deux fois plutôt qu'une. Non seulement avait-il affirmé à Mongrain qu'une synagogue qui ne détient pas de permis n'est pas illégale, mais il avait juré devant la caméra que la fête de Pourim ne durait qu'une journée. Écoutez-moi ce court échange:

Werzberger : «Pourim, c’est une fois par année, de 10 h le matin jusqu’à 5, 6, 7 h l’après-midi.» 
Mongrain : «Il paraît que ça dure deux jours.» 
Werzberger : «Non, non. C’est une journée.» 
Mongrain : «Lacerte me dit que ça dure deux jours.» 
Werzberger : «Lacerte, c’est pas la première fois qu’il change un peu le cours de l’histoire.»

Comment ça s'appelle, déjà, un gars qui nie la réalité?

Malheureusement pour M. Werzberger, même des membres associés à son clan le contredisent. 

Dans le feuillet explicatif qu'il a distribué de porte en porte la veille des célébrations, le groupuscule Friends of Hutchison Street a clairement spécifié que Pourim allait avoir lieu «les 23 et 24 février 2013». Mais, il en faudrait bien davantage pour faire perdre la face à ce bon Alex.

En passant, j'aurais une question pour vous, Alex. Pourim fonctionne-t-il sur le même principe que le hockey que je regardais dans ma jeunesse? Peut-il y avoir des prolongations? 


Je vous demande ça non seulement parce que vos autobus illégaux ont circulé jusque tard dans la nuit, mais aussi parce qu'à l'heure du souper, aujourd'hui (25 février), un paquet de fidèles de votre propre secte célébraient en grande pompe en se trémoussant au beau milieu de la rue Hutchison. Des amplificateurs crachaient une musique tellement entraînante (cliquer ICI pour voir la vidéo) que l'envie de danser nous prenait depuis la rue Laurier.


Du balcon du dortoir, une espèce de DJ hassidique albinos (voir la flèche) haranguait la foule de jeunes hommes qui dansaient à qui mieux mieux, bloquant littéralement la rue Hutchison, au coin de Saint-Viateur. Vive l'heure de pointe... et le Pourim étiré sur trois jours!

P.S.: En passant, M. Werzberger, au département des objets perdus de la rue Hutchison, vous pourrez venir récupérer cet autobus scolaire et cette fourgonnette qui semblent avoir été oubliés par certains de vos festivaliers.