samedi 20 avril 2019

LA VOYOUCRATIE - Partie 2


Dans la poursuite qu’ils m’avaient collée aux fesses en septembre 2008, Michael Rosenberg et son fils Martin se décrivaient comme «des hommes d'affaires très considérés». (well respected businessmen) Michael trouvait mes dénonciations particulièrement odieuses à son égard, lui qui estimait «consacrer temps et énergie à la création d'harmonie (sic!) et de compréhension entre les différentes communautés (resic!) qui coexistent à Montréal ». Excusez-moi une seconde, je m’étouffe!

Les citoyens d’Outremont qui auront vu comment a manœuvré le «respectable» homme d’affaires pour tenter de s’arroger à la sauvette le droit d’implanter une synagogue de 10 000 pi2 sur l’avenue Bernard se demanderont s’il s’agit bien du même homme.



Martin et Michael Rosenberg, deux citoyens «respectables»


Au rayon de l’acoquinage, du grenouillage politique, des coups fourrés, de la délinquance, de l’hypocrisie et de la mauvaise foi, les Rosenberg en connaissent un bail.

À elle seule, la saga de l’îlot Saint-Viateur soulève la suspicion sur des tractations secrètes qui auraient amené Projet Montréal à permettre qu’une synagogue s’installe sur ce terrain public. Les soupçons qu’un accord de coulisse ait pu intervenir entre les promoteurs immobiliers ultraorthodoxes et Projet Montréal sont devenus encore plus accablants le 27 février dernier.

Ce soir-là, à la sortie du Théâtre Outremont où le maire Tomlinson avait tenté de faire gober au bon peuple qu’il n’avait pas le choix d’avaliser l’implantation d’une nouvelle synagogue sur l’avenue Bernard, des citoyens se sont retrouvés face à face avec M. Rosenberg qui leur a avoué qu’il souhaitait depuis longtemps pouvoir aménager une synagogue sur l’îlot Saint-Viateur. 


Des fonctionnaires de l’arrondissement ne sont nullement surpris par cet aveu. Depuis que le Club de curling a fermé ses portes en 2006, ils soutiennent eux-mêmes que cela fait une bonne dizaine d’années que la famille Rosenberg cherche la façon de pouvoir y ériger un lieu de culte pour une des sectes hassidiques.

Le maire peut bien jurer du contraire, le rapport Brodeur Frenette est on ne peut plus explicite sur les intentions inavouées de l’administration Projet Montréal. Ses démentis ne sont absolument plus crédibles.

Pour en revenir aux membres de la dynastie Rosenberg, s’ils en étaient à leurs premières violations des règlements municipaux, certains pourraient avoir envie de passer l’éponge.

C’est d’ailleurs ce que s’est empressé de faire Projet Montréal depuis qu’il a été élu à Outremont. Outre la «passe» de la nouvelle synagogue du 1260 Bernard, Tomlinson et ses trois conseillères ont décidé, le 9 octobre 2018, de faire une autre courbette devant le magnat de l’immobilier. 


Bien que Michael Rosenberg ait fait installer des antennes de télécommunication sur le toit de l’immeuble du 1290 Bernard en contravention flagrante du règlement de zonage, le 9 octobre 2018, Projet Montréal a ordonné au contentieux de la Ville de Montréal de se désister de cette poursuite (voir document page 8)  et de clore le dossier. Contrairement aux élus, les antennes illégales, elles, resteront debout!

L'ordre du jour contenant l'ordonnance de désistement des poursuites contre Rosenberg.

Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est que Michael Rosenberg montre tout son mépris à l’égard des élus, des fonctionnaires, des inspecteurs municipaux et des citoyens.

À lui seul, le chantier de la synagogue controversée du 1260 Bernard a forcé l’arrondissement à interrompre les travaux illégaux à plusieurs reprises, sans parler des accrocs à la sécurité des résidents de l’immeuble. Depuis 2016, les inspecteurs ont été forcés d’intervenir pas moins de 52 fois sur le chantier. Ce qui n’a pas empêché le président de Rosdev de dire, en entrevue: «Ils ne savent pas de quoi ils parlent.». Oh yesss?


1260 Bernard: murs lézardés et étages complètement dégarnis... avec pas de permis!

Hélas, en matière de rénovations sauvages, de délinquance et de négligence, la mauvaise réputation de Rosenberg n’est plus à faire. Pour s’en convaincre, pas besoin de se rendre en Ontario où, en 2010, son gigantesque complexe de L’Esplanade Laurier était qualifié par le Business Journal comme «l’un des plus décrépits du centre-ville d’Ottawa».

Il suffit d’un simple tour d’horizon dans un rayon de moins de 700 m au sein de notre propre quartier pour constater combien le promoteur immobilier s’est surpassé au fil des ans pour se foutre du peuple et des élus avec sa légendaire arrogance.

En 2010, comme si ça ne lui suffisait pas d’emmerder les fonctionnaires de la capitale canadienne, Michael Rosenberg faisait aussi suer les élus du Plateau et le voisinage avec, entre autres, un de ses immeubles au coin des rues Van Horne et du Parc.

En plus d’être une plaie lépreuse dans le quartier, l’immense bâtiment de quatre étages laissé à l’abandon attirait graffiteurs et ados en mal d’aventures périlleuses. Radio-Canada nous avait appris qu'en à peine deux ans, les fonctionnaires de l’administration de Luc Ferrandez avaient dû émettre six avis de non conformité à son encontre. Quant aux inspecteurs, ils avaient été forcés d’intervenir pas moins d’une trentaine de fois.


1) L’édifice dont les fenêtres doivent être changées  2) Enfin, on dirait que les fenêtres s'en viennent 3) Eh, non! Tout a été démoli.

Après avoir demandé une autorisation (une fois n’est pas coutume!) pour faire remplacer les portes et fenêtres de cet édifice industriel, le seigneur des taudis s’était littéralement payé la tête des élus de Projet Montréal. 

Ne se souciant guère du fait que sa demande ait requis à la fois l’argent des contribuables, le temps et l’expertise de plusieurs experts qui ont étudié, puis approuvé le projet, le président de Rosdev a laissé pourrir son immeuble pendant quatre années supplémentaires avant de le… démolir. Il avait même berné Alex Norris, le conseiller de la Ville pourtant reconnu pour être très empathique vis-à-vis des leaders hassidiques.

Quelques années plus tôt, Rosenberg & Son avaient sérieusement ambitionné sur le matza béni à leur synagogue familiale du 5253 Hutchison. De 2003 à 2008, ils ont mis les fonctionnaires, les pompiers et les policiers sur les dents, en plus d’exaspérer les habitants de cette rue résidentielle.


À la synagogue de la famille Rosenberg, c'est le jeu du chat et de la souris. Les inspecteurs ferment le chantier à plusieurs reprises pour se rendre compte que chaque fois, les Rosenberg passent derrière eux pour arracher les ordonnances. À droite, quelques jours après une nouvelle fermeture de chantier, les jobbeurs en profitent pour travailler la veille du Jour de l'An alors que les inspecteurs sont en congé.

À l’époque, comme aujourd’hui, Michael et Martin Rosenberg se foutaient des règlements municipaux comme de leurs premières couches. À quatre ou cinq reprises, père et fils ont bafoué les ordonnances de fermeture de chantier placardées sur leur synagogue par les inspecteurs qui s’y sont rendus des dizaines de fois. Le 21 décembre 2004, le responsable du chantier illégal (son nom n’est pas révélé dans le rapport d’inspection) a même cherché à corrompre un inspecteur en lui offrant une somme d’argent s’il fermait les yeux.


Extrait de la page 7 du rapport d'inspection concernant les travaux illégaux à la synagogue du 5253 Hutchison

Au fil des ans, Michael et Martin Rosenberg ont eu la brillante idée de commettre une partie de leurs délits devant ma fenêtre de salon. Je les en remercierai éternellement. D'autant plus qu'après avoir menti éhontément sur leur implication dans les travaux illégaux qu'ils exécutaient impunément, l'Honorable juge Claude Dallaire de la Cour supérieure du Québec leur a administré une dégelée magistrale dans un jugement de toute beauté que je vous recommande.

Extrait du jugement: [291] Selon la preuve dont disposait le défendeur, il était justifié d’affirmer que Michael Rosenberg était en apparence plus impliqué dans les rénovations de la synagogue du 5253 Hutchison qu’il ne voulait bien le faire croire. Il en va de même pour son fils Martin. C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle en arrive la juge Ouimet[4]. Comment expliquer autrement qu’ils y soient filmés, donnant des instructions aux ouvriers qui y font des travaux s’ils n’ont rien à faire avec cet endroit?

Le plus extraordinaire dans l’histoire, c’est qu’à cette époque, Michael Rosenberg siégeait au Comité consultatif permanent des relations intercommunautaires d'Outremont.

Non, mais, pensez-y deux minutes. Ce multirécidiviste (avec foi, mais sans loi!) faisait partie de ces «sages» chargés à la fois de multiplier les occasions de rapprochement entre les différentes communautés, de concevoir des campagnes d'information visant à favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les différentes communautés ethniques, culturelles et religieuses sur le territoire, d’étudier les demandes d'accommodements raisonnables et, tenez-vous bien, d’organiser des conférences, sur les valeurs qui gouvernent chacune des communautés. Allô, les valeurs! 


Sinon, tout va très bien, Madame la Rebbetzin*. Enfin, presque. Quelque chose tique encore dans le projet du nouveau campus Outremont qui prend forme sur l'ancienne assise de la gare de triage.

Nous avons appris que Michael Rosenberg se ferait encore tirer l'oreille pour l'expropriation d'un immeuble qui lui appartient. D'ici à ce que la Ville trouve un terrain d'entente avec lui, les travaux de construction de l'Avenue Thérèse-Lavoie-Roux sont stoppés indéfiniment entre la rue Hutchison et l'Avenue du Parc. 

L'immeuble appartenant à Rosdev qui doit être rasé pour permettre à l'Avenue Thérèse-Lavoie-Roux de déboucher sur l'Avenue du Parc. À droite, en pointillés rouges, le tronçon problématique entre Hutchison et Parc.

Cela dit, les consommateurs de matsoth, ces pains sans levure consommés pendant la Pâque juive, n'ont rien à craindre. Il n'y aura pas de pénurie cette année puisque pour les manutentionnaires hassidiques, c'est business as usual. Assis sur leurs chariots-élévateurs, ils entreposent la précieuse denrée dans l'immeuble litigieux qui, pour l'instant, a toujours pignon sur rue en plein milieu de l'Avenue Lavoie-Roux.

Joyeuses Pâques à tous et toutes! 


* Rebbetzin: l'épouse d'un rabbin en yiddish

 

dimanche 3 mars 2019

LA VOYOUCRATIE - Partie 1


Le 27 février dernier, si vous étiez parmi les quelque 120 citoyens à assister à la séance d’information formatée par Philipe Tomlinson, vous avez peut-être été sensible à son invitation au dialogue. Le maire qui déteste supposément la désinformation, les accusations et le conflit dit souhaiter désamorcer les tensions avec nos voisins hassidiques. Comment? «Il faut créer des opportunités de rapprochements», dit-il.

On ne peut pas être contre la vertu, mais dites-nous une chose. Qui sont ces voisins hassidiques avec lesquels nous pouvons communier? Au Théâtre Outremont, on en a compté tout au plus une dizaine, dont une seule femme.

La moitié des hassidim présents étaient des visages archiconnus de la communauté. Outre Martin Rosenberg et son grand-père David (le fondateur de la multinationale milliardaire Rosdev), on pouvait apprécier la présence de Max Lieberman, de Mayer Feig et de Sam Muller, trois lobbyistes intégristes hyperactifs. 


Il manquait bien Hersber Hirsch au spectacle, mais Alain Picard, ancien journaliste devenu relationniste utilitaire de la secte a eu la brillante idée de remplacer l'ancien fraudeur par sa... sœur! C'est elle qui a tant ému le public en livrant son vibrant hommage à la culture québécoise et à sa si belle langue nationale. J'ai appris, ce soir-là, que l'on pouvait être lobbyiste de sang comme d'autres sont frères de sang!

S’il suffisait, pour entreprendre un dialogue, de tendre la main et de se frotter à ces agents politiques qui se comptent sur les doigts d’une main, on pourrait imaginer que la réconciliation soit possible. Mais savez-vous seulement qui ils sont?

C'est en partie grâce au faux témoignage de Max Lieberman que David Ranta écopera d'une peine de 37 ans et qu'il croupira en prison près d'un quart de siècle pour un crime qu'il n'a jamais commis.
 

Puisqu'il a été le premier à intervenir au micro, le 27 février dernier, faites aujourd'hui connaissance avec Menachem, alias Max Lieberman. Comme on dit par chez nous: «Premier arrivé, premier servi!» 

Avec son sourire Pepsodent, ses pommettes roses et son air de chérubin, Max dégage la bonhommie et l’ouverture. Hélas, il arrive que les apparences soient trompeuses.

Le vrai visage de Max Lieberman: il y a un monde entre le côté angélique qu'il affiche dans les grandes occasions et le pitbull agressif qu'il peut être sur la rue. À droite, le 20 février 2011 alors qu'il agressait et intimidait une femme qui militait pour la tenue d'un référendum sur la rue Hutchison. 

Élevé à Brooklyn au sein de la très rigoriste secte Satmar, Lieberman est partisan de la peine de mort, d'une justice implacable et de longues peines de prison. En 1990, il a été servi.  À la suite de l’assassinat d’un rabbin de sa secte, Max avait déclaré avoir vu l’accusé assis dans une voiture près du lieu du crime. Il l’avait même faussement identifié lors d’une parade d’identification. Son faux témoignage contribua à faire condamner le peintre en bâtiment qui ne sera innocenté que 23 ans plus tard. Avouez que comme premier faux pas, c'en est tout un.

D'aucuns diront que c’est de l’histoire ancienne, qu’il faut donner la chance à un jeune de se racheter et de tourner la page. Soit. Je veux bien. Le problème, c'est qu’au moment même où vous lisez ces lignes, notre cher Max fait l'objet d'une poursuite pour une fraude de 310 688 $ qu'il aurait commise avec deux de ses acolytes.

 
En deux mots, Stryker Canada Holding Company,
une société de technologie médicale offrant toute une gamme de dispositifs médicaux a fait affaire avec Medca et 3997413 Canada Inc, deux distributeurs d'équipement médical dans lesquels a longtemps trempé Max Lieberman.


Après avoir acheté des équipements de Stryker pour plusieurs centaines de milliers de dollars, Lieberman, alors directeur et président de Medca, aurait transféré tous les actifs de l'entreprise à 3997413 Canada Inc dont il était le représentant. Ce petit tour de passe-passe a transformé Medca en une coquille vide, ce qui aurait permis à nos trois larrons de tromper et de frauder allègrement le fabricant Stryker.

Je vous épargne les mesures dilatoires imaginées par le trio pour empêcher Stryker de récupérer son dû malgré deux jugements prononcés antérieurement. Vous découvrirez leurs entourloupettes en lisant la requête déposée par l'entreprise escroquée. 

Quand on sait qu'avec son pote Mayer Feig, Max est administrateur de Hatzoloh , ce service médical d'urgence qui vient en aide aux communautés juives du monde, il est cocasse de découvrir d'où vient peut-être son attirance pour les fournitures médicales. 

C'est avec un type comme lui que Tomlinson et Projet Montréal  négocient ce qui est bon pour l'ensemble des citoyens d'Outremont? C'est avec lui qu'il nous faudrait entamer de bonnes relations de voisinage? Vous voulez rire, j'espère! 

Jamais je ne goberai un traitre mot qui sort de la bouche de cet homme. Surtout pas quand il nous raconte que la nouvelle synagogue de 7 000 pi2 de Rosenberg sera destinée à n'être qu'une simple «synagogue dépanneur». 

Imaginez ça. La Synagogue Couche Tard ! Un peu plus et on croira  que ça respectera le caractère commercial que nous souhaitons préserver pour l'avenue Bernard. Sacré Max, va!

vendredi 15 février 2019

LA QUADRATURE DU TRIANGLE AMOUREUX


J'adore les arguments simplistes de M'sieur le Maire. Non seulement réduit-il le «climat toxique» qui se vit dans l'arrondissement à quelques «problèmes de mauvais voisins» bien identifiés, mais dans son équation, les relations tendues et la division ne seraient le fait que d'une poignée de résidents malveillants à l'égard des membres de la communauté hassidique. La belle affaire! Il ne se serait pas encore aperçu qu'en tant qu'élu, il est tout autant, sinon plus responsable de la bisbille qui couve autour d'une nouvelle synagogue sur Bernard? Eh oui, Philipe. Ne vous en déplaise, vous faites intégralement partie de ce tumultueux «triangle amoureux». Vous l'alimentez même mieux que quiconque.

La désinformation, le favoritisme électoral apparent et le black-out que l’administration Tomlinson a entretenus à propos de cette nouvelle synagogue imposante réclamée par un promoteur «bully» n'en sont que la plus récente preuve. Projet Montréal n’a fait qu’ajouter une épaisse couche au climat de méfiance, de conflit et d'illégalité que le maire prétend pourtant déplorer.
https://drive.google.com/file/d/0B6jtz9R1OsdcMlNTc0dodVJWbXc/view?usp=sharing

Philipe Tomlinson soutient que ce n'est pas son choix de faire affaire avec Michael Rosenberg. Que ce dernier ait un pedigree truffé d'illégalités notoires (cliquer sur la photo ci-contre pour voir son reluisant dossier) en matière de réglementation municipale n'empêche pas le bon maire de «négocier de bonne foi» avec lui, comme l'en félicite le nabab de la multinationale Rosdev. Au contraire, le maire s'adonne volontiers à la négociation... à genoux. Et il prend bien garde de qualifier le comportement délinquant du promoteur.


Capture d’écran : reportage de Radio-Canada, 5 février 2019

Par contre lorsqu'il s'agit des citoyens «ordinaires», Tomlinson se permet de départager le bon grain de l'ivraie. Pire. Non seulement minouche-t-il ceux et celles qui pensent comme lui et votent pour lui, mais il se fait un malin plaisir de dénigrer les Outremontais avec lesquels il n'a aucune intention de négocier. Le 28 janvier dernier à l’émission Gravel le matin, il est allé jusqu’à leur coller l’étiquette de «belliqueux d’Outremont qui récidivent encore une fois avec des fausses nouvelles pour attiser la peur de l’autre». 

À l’instar des leaders théocratiques, Tomlinson pointe un doigt accusateur vers quelques citoyens qui «interviennent régulièrement aux séances du conseil», mais n’oserait jamais déblatérer contre les quatre ou cinq lobbyistes patentés et payés pour promouvoir, revendiquer et étendre leur apartheid social. En plus d’être des abonnés du micro de l’hôtel de ville, ces ultrareligieux disposent d’une carte chouchou pour fricoter avec les élus de Projet Montréal derrière des portes closes. Deux poids, deux mesures!

Comment ne pas sursauter quand on entend le bon Philipe prêcher qu’il faut «ouvrir un dialogue, se parler pour trouver des solutions aux problèmes de bon voisinage»? Des solutions qui lui sont pratiquement dictées sous la menace de poursuites judiciaires et de sanctions pécuniaires de plusieurs centaines de milliers de dollars.

16 août 2016: Abraham Ekstein (à droite) faisant du «damage control» lorsque la DPJ et les forces policières avaient investi l'école illégale du 6355 avenue du Parc


Et que dire de ce cri du cœur du lobbyiste Abraham Ekstein qui lance haut et fort dans Le Devoir que «[les hassidim n’ont] jamais accepté le résultat du référendum. Pour nous, la loi majoritaire, c’est la loi de la jungle! » Tiens donc! J’ai toujours cru que la loi de la jungle était la loi du plus fort. Et dans le cas qui nous occupe, aux yeux de la «majorité», le roi de la jungle portant couronne de fourrure se nomme Rosenberg. Mettons que Michael n’est pas du genre herbivore-écolo-grano-vegan. Il a tout du carnivore va-t-en-guerre et teigneux.

Pas étonnant que les élus de Projet Montréal fassent dans leur froc et que Philipe Tomlinson soit apparemment allé déposer en personne la demande d’ouverture d’un registre référendaire en septembre 2016. Il espérait que le règlement sur l’interdiction de nouveaux lieux de culte sur Bernard soit battu en brèche par référendum. Hélas pour lui, il a perdu. Il a perdu non seulement le référendum, mais également son capital présumé de bonne foi.

Sachant cela, faut-il se surprendre que l’équipe Projet Montréal ait tu et glissé sous le tapis un avis juridique indépendant de la firme Deveau Avocats qui soutenait que la Ville de Montréal disposait des arguments juridiques nécessaires pour débouter le poursuivant Rosenberg qui avait décidé tout d'un coup d’investir 10 000 pi2 au cœur même de l’artère commerciale de l’avenue Bernard pour y aménager une mégasynagogue? 

Une fois le chat sorti du sac, il est assez ironique d’entendre Tomlinson qualifier cet avis juridique indépendant de «complaisant » et de le dénigrer publiquement. On croit rêver. 

On s'entend que c'est l'ancienne administration qui avait mandaté ce cabinet d’avocats pour préparer un avis juridique. Cela dit, si Tomlinson prétend que la firme Deveau ne disposait pas de tous les documents pertinents pour produire un avis judicieux (ce qui est hautement contestable), il aurait dû faire preuve d'une saine rigueur de gestion et fournir les documents soi-disant «manquants». Selon toute vraisemblance, il ne l'a pas fait parce que la conclusion de la firme Deveau n'allait pas dans le sens qu'il souhaitait. N’est-ce pas d’ailleurs ce même type de rétention de documents que le conseiller Jean-Marc Corbeil dénonce et reproche au maire et à des fonctionnaires d’Outremont depuis son élection?

On se demande bien comment le maire Tomlinson peut prétendre que le permis d’agrandissement que Projet Montréal s’apprête à délivrer à Michael Rosenberg sera octroyé de plein droit. Personne ne conteste le droit de Rosenberg de faire construire un bain rituel et une salle polyvalente dans la partie de l’immeuble où se trouvait le comptoir de poulet grillé La Fusée et l'ancien Passeport Vidéo. Après tout, le règlement le lui permettait et l’arrondissement lui avait délivré le permis le 25 mai 2015, soit avant le dépôt de l’avis de motion de novembre 2015.

Partie de l'immeuble pour laquelle Rosenberg a obtenu le permis pour y aménager un bain rituel et une salle « polyvalente» avant le dépôt de l'avis de motion.

Par contre, il en va tout autrement pour la demande de permis qu’il a faite le 4 avril 2016. À ce moment-là, cela faisait déjà cinq mois qu’un avis de motion avait été déposé par le conseil pour lancer le processus de changement de zonage qui allait interdire l’implantation de nouveaux lieux de culte sur Bernard.

Il faut bien comprendre que cet avis de motion avait automatiquement entraîné un effet de gel sur l’émission de tout permis. S'il est vrai que les fonctionnaires ont dû corriger une imprécision cadastrale, il est troublant de savoir que Rosenberg s’est précipité pour glisser sa demande de permis quelques heures seulement avant que le conseil de Mme Cinq-Mars ne dépose un deuxième avis de motion pour poursuivre ce travail de réglementation entrepris sans interruption depuis plus d’un an. Il semble que le rusé promoteur ait pu bénéficier d'une information privilégiée provenant de l'hôtel de ville. Une information qui lui aurait été donnée la journée même et dont il se serait servi pour tenter de déjouer en catastrophe le règlement.
 
Il est loin d’être évident que le maire  a un mandat légitime pour faire ratifier une telle entente et accorder un permis alors que le règlement en vigueur l’interdit et que le résultat du référendum est sans équivoque.

Quant à la prétention voulant que Rosenberg jouisse d’un droit acquis sur la partie de l’immeuble qu’il veut récupérer pour en faire un lieu de culte, rien n’est moins sûr. Depuis quand peut-on réclamer un droit acquis sur espace pour lequel aucun permis n'a jamais été accordé? 

La suite de cette saga promet d'être fort intéressante, car les citoyens sont loin d'avoir jeté la serviette.



mercredi 23 janvier 2019

LES ENTOURLOUPETTES ENTUBATOIRES


À la mi-décembre, sur l’avenue du Parc, j’ai croisé un fonctionnaire de l’arrondissement d’Outremont. Nous avons échangé sur l’état des choses, un an après l’arrivée au pouvoir de Projet Montréal/Outremont. Son analyse m’est apparue assez intéressante.

« Jusqu’au mois d’octobre [2018], me dit-il, j’ai trouvé que Projet Montréal tirait plutôt bien son épingle du jeu. Puis est arrivée l’histoire de l’îlot Saint-Viateur. Et là, j’ai senti que quelque chose n'allait plus. »

À la suite de la très houleuse séance du conseil de décembre, ce fonctionnaire a compris que les choses iraient en se dégradant. « À l’interne, quand on a vu le maire chercher à occulter le volet “synagogue” du rapport sur l’îlot Saint-Viateur, il y a eu un grand malaise. Nous ne pouvions rien dire, mais au sein de l’administration, plusieurs personnes se sont senties très embarrassées. »

Et pour cause. Depuis juin 2018, chaque fois que les citoyens ont demandé à Philipe Tomlinson s’il était question, dans le rapport, de la possible implantation d’une synagogue sur le site de l’îlot Saint-Viateur, le maire a menti. Et pour maintenir sous une chape de plomb cette question tabou, il a évité de rendre public le fameux rapport Brodeur Frenette qui le contredisait noir sur blanc.

Aujourd’hui, bien que le rapport soit sorti du sac contre son gré, Tomlinson refuse toujours d’admettre qu’il a trompé les citoyens lorsqu’il a prétendu que le mandat donné à la firme Brodeur ne spécifiait aucun type d’usage particulier. Chaque fois, il détourne la question et répète à qui mieux mieux qu’il n’est absolument pas question d’un projet de synagogue à cet endroit.

Le 14 janvier dernier, lors de la première séance du conseil de 2019, Tomlinson a bien tenté de reprendre la main.

D’abord, pour éviter tout débordement, le maire a rappelé dans son mot d’introduction que les citoyens qui souhaitent intervenir au micro doivent se limiter à un seul sujet. Une seule question précédée d’un préambule. Très conscient qu’il s’était lui-même embourbé jusqu’aux essieux sur le terrain vague de l’ancien curling, Philipe nous a également concocté une belle petite mise en scène.

Les trois ultrareligieux qui sont venus au secours de Projet Montréal, le 14 janvier 2018

Alors que les porte-parole hassidiques sont pratiquement disparus de la salle du conseil depuis que Projet Montréal a été élu dans Outremont, ce soir-là, trois lobbyistes ultraorthodoxes se sont pointés pour intervenir lors de la période de questions.

Le premier, Hersber Hirsch, allait parler de lampadaires défectueux. Le second, Sam Muller, se préoccupait du déneigement et des synagogues. Quant au plus connu des trois, Menachem, alias Max Lieberman, il allait, lui aussi, prétexter les aléas de l'hiver.

Or, l'un après l'autre, les trois membres du triumvirat en ont profité pour voler au secours du maire qui se trouve dans une très mauvaise posture depuis l’automne. C'est bien la preuve qu'ils se font du souci pour le poulain sur lequel ils ont misé.

Hirsch, l'ancien membre du gang criminel Samet, est venu dire que le maire avait la confiance de la majorité des résidents d’Outremont, tout en déplorant (ma traduction) que «certaines personnes n’accepteront jamais le verdict électoral dans un processus démocratique.» Ah! Bon? Quelqu’un a-t-il eu vent qu’un putsch se tramait dans le sous-sol de l’église Sainte-Madeleine? 

Quant à ses deux coreligionnaires, après s’être prévalu de leur question bidon sur les trottoirs glacés, ils ont fait fi du règlement pour y aller chacun d’une deuxième question d’un tout autre ordre. Comme par hasard, ils venaient à la rescousse du maire coincé. C'est sûrement parce qu'il a été pris de vitesse que le premier magistrat d’Outremont n’a pas eu le temps (hum!) de leur couper le sifflet pour non respect des règles qu'il venait pourtant de rappeler.

Muller, l’apprenti lobbyiste, lui a innocemment (!) demandé pourquoi l’arrondissement ne s’était pas d’abord adressé à la communauté s’il avait l’intention de lui proposer de construire une synagogue. Si Tomlinson avait été un télésouffleur, le discours de Muller n'aurait pas changé d'un iota. La commande était cousue de gros fils blancs et la tirade, aussi grotesque que risible. Qu'importe. Philipe avait bien besoin de cet appel d’air. 

Pour sa part, Max Lieberman, maniganceux de première et manipulateur 7e dan, a fait son deuxième tour de piste en soutenant, sérieux comme un vieux rebbe, que «tout le monde sait que la communauté n’a aucune intention d’y construire une synagogue. Personne n’a demandé ça. On n’a même pas besoin d’une synagogue!» (ma traduction). Et le maire qui tenait à ce que personne ne perde, ne serait-ce qu’une syllabe du message, a pris grand soin d’y aller de sa propre traduction : «Monsieur [Lieberman] comprend aussi que la Ville n’est pas un constructeur de synagogue et il voulait que ça soit clair, ce soir.»
 
Deux de nos trois lobbyistes hassidiques du 14 janvier récemment immortalisés en mission télécommandée auprès du New York State Police Troop B. L’absence de Hersber Hirsch  pourrait s’expliquer par les 30 mois de prison qu'il a purgés pour sa participation à des fraudes massives de plusieurs millions de dollars US. Peut-être est-il désormais persona non grata aux ÉUA?  



Non, mais... pour qui nous prend-on? Quelqu'un à Outremont avait-il besoin de la déposition de Lieberman à la barre des témoins de l'arrondissement pour savoir que le conseil n'est pas un entrepreneur? Ni de garderie, ni de lieu de culte? AllôÔô!

Ce que tout le monde sait, par contre, c'est que les leaders hassidiques ont toujours tramé leurs projets derrière des portes closes et à huis clos. Et ce n'est pas aujourd'hui qu'ils vont changer leur modus operandi.

Quand bien même tous les ultra-religieux du quartier jureraient qu'ils n'ont aucune intention de développer de nouveaux lieux de culte, cela ne prouverait rien du tout. Il suffit de constater la quantité de sites que les sectes hassidiques ont investis ces dernières années sur l'avenue du Parc pour vite comprendre qu'ils ont un appétit d'expansion phénoménal. Même Tomlinson l'a répété publiquement à différentes reprises. 

Et puis, il faut bien le dire, le maire lui-même n'a pas aidé sa cause. Pensons, par exemple, à la journée du 25 octobre 2017. Après le résultat référendaire de l'avenue Bernard et juste avant son élection, Tomlinson a eu le malheur de laisser échapper cette phrase intrigante à souhait : «On a besoin de trouver une façon, lorsque le besoin se refera sentir, de contourner ce règlement-là qui interdit [les synagogues] à Outremont.» Écoutez l'enregistrement capté lors d'une assemblée partisane de Projet Montréal, tenue au 1465, avenue Van Horne.

L'îlot Saint-Viateur est d'autant plus alléchant pour les sectes hassidiques qu'il se trouve à un jet de pierre de la synagogue que Michael Rosenberg tente d'ouvrir de force à coup d'avocats et de poursuites judiciaires, au coin de Bernard et Champagneur. Dans l'éventualité où le nabab Rosenberg devait perdre en cour, l'îlot Saint-Viateur serait un plan B providentiel.

À force de mensonges, d'entourloupettes entubatoires et d'absence de transparence, Philippe Tomlinson pouvait-il s'attendre à autre chose que de voir des citoyens se présenter au conseil pour lui dire qu'il y a rupture du lien de confiance avec les citoyens?

Quel message pourrait-on retenir de cette photo de la campagne électorale de Philipe Tomlinson?  (photo payée et autorisée par Carole Leroux, agent officiel de Projet Montréal)
 

De toute évidence, la méfiance, tout comme la confiance, ça se gagne. Depuis son arrivée au pouvoir, le maire Tomlinson en fait malheureusement la preuve. 

En se montrant totalement réfractaire à la demande de citoyens qui souhaitent une solution raisonnable aux trop nombreux passages d'autobus scolaires sur leurs rues résidentielles, en oubliant de dire que Mindy Pollak a été la seule conseillère à voter contre l'ajout de la zone C-6 qui permettait l'établissement de nouveaux lieux de culte dans notre arrondissement, en abolissant les procès-verbaux de certains comités, en allant à l'encontre de décisions unanimes des experts du CCU, en fermant les yeux sur des infractions patentes à divers règlements, le maire d'Outremont ne peut que prêter flanc à des soupçons de favoritisme ou de conflits d'intérêts. 

Quand je vois tout ça, je ne peux m’empêcher de repenser à Christine Gosselin. 

Christine Gosselin, la conseillère de Projet Montréal qui aurait su régler nos problèmes d'un coup de cuiller à pot.


En 2017, au cours de l'année électorale, l’élue de Projet Montréal avait écrit ceci sur sa page Facebook :

«Si Outremont était mieux géré à tous les égards, il y aurait beaucoup moins de frictions entre les membres de la communauté [hassidique] et leurs voisins. Au Plateau on est bien placés pour le savoir, le Mile End comporte aussi une importante population hassidique, et les problèmes de cohabitation sont traités de manière intelligente, comme les autres problèmes de cohabitation. Y a toujours des solutions, des compromis possibles, de terrains d’entente. Il est grand temps qu’Outremont se dote de personnes compétentes et sérieuses pour l’administrer. Sinon, Outremont continuera de fournir du matériel à Infoman.
»

Hélas! Elle n'avait que trop raison. Dommage qu'elle ait choisi de se présenter dans Rosemont plutôt que dans Outremont. Peut-être ne serions-nous pas tombés si bas. 


lundi 5 novembre 2018

L'IMPOSTURE DE PROJET MONTRÉAL


Croyez-moi. Ça fait déjà un bon bout de temps que la rumeur circule dans l’arrondissement. Et ce n’est pas seulement M. Chose ou Mme Tartempion qui flippent en sourdine. Déjà au printemps dernier, des gens bien placés au sein d’organismes à but non lucratif parlaient de « La chose » à mots couverts. Personnellement, c’est au début d’avril 2018 qu’on m’a demandé pour la première fois si c’était vrai que l’équipe de Philipe Tomlinson traficotait pour permettre l'implantation d'une synagogue sur les terrains de l’îlot Saint-Viateur.
 
L’îlot Saint-Viateur? «Ben voyons donc, que j’ai dit à ma voisine, ça se peut pas! C’est un terrain public. Ça appartient aux citoyens. Pis, le zonage ne le permet pas.» De plus, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, on nous avait trompeté qu’après la démolition du club de curling et la réfection de la caserne de pompier, le site deviendrait un véritable «pôle culturel» d’Outremont. Avec la bibliothèque, sa galerie d’art et la nouvelle Maison internationale des arts de la marionnette, l’îlot se transformerait en un havre de culture hot! hot! hot! Un lieu dont les citoyens seraient fiers.


Fallait-tu être naïf rien qu’un peu! Pourtant, nous avions été avertis. Quelques semaines après avoir perdu le référendum qui allait interdire l’ouverture de tous nouveaux lieux de culte sur les rues Bernard et Laurier et quelques jours seulement avant son investiture à la mairie d’Outremont, Tomlinson avait été très clair devant ses partisans : «
On a besoin de trouver une façon, lorsque le besoin se refera sentir, de contourner ce règlement-là qui interdit [les synagogues] à Outremont.» 
 
Les lobbyistes Mayer Feig et Max Lieberman avec leur très redevable Philipe Tomlinson

Et ben, Tomlinson y est parvenu. Après son élection, se gardant bien d’ébruiter ce qu’il préméditait, le maire a passé sa commande spéciale à Brodeur Frenette, une firme de conseils stratégiques « qui saura cerner [ses] besoins » comme elle l’annonce sur son site Web.

  
Dans la soirée du 20 juin 2018, une assemblée publique de consultation a été organisée par Projet Montréal. Aux citoyens réunis au Centre intergénérationnel d’Outremont, le clan Tomlinson présidé par nulle autre que Mindy Pollak propose sa version d’un nouveau projet de règlement (P-AO-400) qu’il souhaite adopter. Un règlement qui lui permettrait, entre autres, de modifier le zonage de l’Îlot Saint-Viateur et de déroger à la réglementation actuelle. 

L'îlot Saint-Viateur, juste derrière la caserne de pompiers d'Outremont

Au cours de cette soirée, M. Antoine Leduc, un citoyen qui habite près de l’îlot Saint-Viateur, avait de toute évidence entendu siffler la rumeur d’une implantation possible d’un lieu de culte à cet endroit. À preuve, il a demandé à la conseillère Pollak si des projets, comme… un lieu de culte, étaient prévus à cet endroit. Mindy Pollak a nié catégoriquement (voir p.7 du procès-verbal de cette soirée). Pour rassurer le citoyen, c’est M. René Girard, directeur de l’aménagement urbain et du patrimoine qui s’est empressé d’affirmer qu’il n’y avait aucun plan directeur, ni aucun projet déposé et que le lieu est toujours un espace public ouvert (voir p. 5 du procès-verbal).


Merci M. Girard pour la précision! Une chance que vous êtes là. Sans vous, nous n’aurions jamais pu comprendre que tant qu'un projet de règlement n'est pas adopté, l’îlot Saint-Viateur ne pourrait pas voir son zonage se modifier par enchantement. Dans ce cas-ci, on peut vraiment dire que le directeur de l’aménagement urbain nous a servi une bonne grosse vérité de La Palice.

C’est fort possible qu’il n’y ait pas de plan directeur estampillé du sceau du service de l’aménagement urbain. Il est aussi probable qu’il n’y ait toujours pas de projet déposé officiellement par un entrepreneur spécialisé dans la construction de lieux de culte. Sont quand même pas fous, à Projet Montréal!

 
Non, si on considère la vérité dans son sens très étroit, je ne dirais pas que René Girard a menti. Il serait peut-être plus juste de parler de mensonge… par omission. Mais entre cela et induire le public en erreur, y a-t-il vraiment une marge?

 
Rappelons que le 20 juin dernier, au moment où le directeur de l’aménagement urbain et du patrimoine niait tout en bloc, cela faisait 128 jours que la firme Brodeur Frenette avait parachevé et livré le rapport qu’avait commandé Projet Montréal. Et de quoi était-il spécifiquement question dans ce rapport secret? Je vous le donne en 1000!

 
Le 9 octobre dernier, à la séance du conseil d’Outremont, une citoyenne a justement voulu cuisiner le maire Tomlinson à ce sujet. Lors de la période de questions, elle lui a demandé de nous révéler le mandat qui avait été confié à la firme Brodeur Frenette. Wouppelai! On aurait dit tout à coup que Philipe Tomlinson était assis sur une poignée de braquettes. Oh! Qu’il n’avait pas envie d’en dévoiler le contenu! Même que ça avait l'air de le gratter solide.


À 46 ans, Philipe racontait sur Facebook qu'il avait passé les premiers tests d'allergies de sa vie. Parions que s'il en passait de nouveaux après la séance du 9 octobre dernier, il s'en découvrirait bien d'autres. Pas toujours drôle d'être soumis à la question qui tue!
 
Questionné sur l’énoncé du mandat, Tomlinson commence par dire qu’il s’agissait de «préparer un plan de travail pour savoir si c’était faisable d’avoir plusieurs usages sur ce site advenant que des projets étaient déposés à l’arrondissement.»

  
Vague à souhait, la réponse a franchement laissé la résidente sur sa faim. Elle est donc revenue à la charge en lui demandant de quels types d’usages il était question dans le mandat. Tout de go, le maire a répondu : «On n’avait pas précisé d’usages particuliers à la firme.» Ah bon! Vraiment? On n’avait donné aucune piste particulière à la firme? Hummm...
 
Utilisant le supplice chinois de la goutte d’eau, la citoyenne lui a alors demandé si, à tout hasard, on n’aurait pas mis la firme sur la piste d’un usage destiné à l’établissement de lieu de culte. Ayant appris son psaume par cœur, Philipe Tomlinson a répété : «Non, c’était pour savoir si c’était possible d’avoir plusieurs usages sur ce terrain-là.»

 
Lui laissant tomber une autre petite goutte d’eau sur le coco, la résidente qui en avait déjà vu d'autres, lui demande cette fois s’il était question d’un lieu de culte spécifique. Et
de lui répondre le premier magistrat de l’arrondissement : «Non, je ne pense pas qu’on spécifiait quel culte.»

Finalement, à force de verser l'arrosoir sur la tête du supplicié, la citoyenne finira par lui faire cracher quelques boulettes de papier provenant du rapport.

Si vous n'avez jamais vu une couleuvre se tortiller, je ne saurais trop insister pour vous inviter à écouter une partie de la réponse du maire à cette citoyenne qui essayait de lui tirer les vers du nez avec une pince à épiler. Cliquez ICI pour voir et entendre notre bon maire se dépêtrer gauchement. Ça ne dure même pas deux minutes, mais ça vaut la peine. Attention! À deux endroits, vous pourrez croire que la vidéo est terminée, mais il n'en est rien. Abandonnez-vous à ce doux mantra.

On comprend M. Tomlinson de trouver que ça ne sent pas bon!
 
Mais puisqu’il semble tellement pénible pour le maire de mettre sur la table l’embarrassant rapport, nous allons lui faciliter la tâche en vous le présentant dès maintenant en avant-première (cliquer ICI pour lire le rapport). Philipe ne pourra pas dire que nous n'avons jamais rien fait pour lui!

Comparez les réponses que le maire Tomlinson a données plus haut avec cette première page du rapport qui stipule le véritable mandat dont la firme avait hérité. Qui ment ici?

En tout cas, pour une étude prétendument donnée sans but spécifique, on ne peut que s'étonner de voir combien les besoins en superficie au sol sont drôlement précis. Pour une synagogue qui n'était absolument pas au programme de Projet Montréal, ce n'est pas 400, 450 ou 500 m2 carrés qu'on a «imaginé» avoir éventuellement besoin, mais bien 465 m2 pile poil! J'adore les approximations du genre!



En cherchant à offrir la possibilité d'implanter une synagogue à un jet de pierre de l'avenue Bernard et à un saut de puce de la synagogue litigieuse de Michael Rosenberg (voir l'illustration ci-haut) qui se trouve au coin de Bernard et Champagneur, Tomlinson et Pollak n'auront pas eu à faire un grand détour pour contourner le règlement qui les embêtait. Ce serait donc ça la loi du moindre effort?