lundi 8 août 2022

LE SYNDROME DE WHIPPET

« Nous savons qu’ils mentent.
Ils savent qu’ils mentent.
Ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Et, pourtant, ils persistent à mentir. »

                Alexandre Soljenitsyne


En politique, le refus d’admettre une réalité qui risque de vous faire perdre la face (ou des votes !) est monnaie courante. À Outremont, Philipe Tomlinson, le maire déchu de Projet Montréal, était un virtuose du déni mensonger.

Rappelez-vous, entre autres affaires, de la saga de l’îlot Saint-Viateur. Après la démolition du club de curling d’Outremont, Tomlinson avait confié à une firme de conseils stratégiques le mandat secret d’y planifier l’implantation d’une synagogue. Le maire a toujours catégoriquement nié les faits, et ce, même lorsqu’on lui a mis sous le nez le rapport confidentiel dont nous avions obtenu copie. Il a agi exactement comme ce p’tit gars qui, la bouche barbouillée de chocolat et les emballages de Whippet dans ses poches de pyjama, jure à sa mère que c’est pas lui qui les a mangés.

Aujourd’hui, on peut affirmer que les conseillères Valérie Patreau et Mindy Pollak ont bien appris de leur ex-gourou maniganceux. Il faut voir comment les deux groupies de Tomlinson se sont, elles aussi, envasées dans le déni et le mensonge à la suite d’un jugement rendu par la Commission des droits de la personne, le 29 mars 2022.

Dans l'opposition comme au pouvoir, les conseillères de Projet Montréal Valérie Patreau et Mindy Pollak demeurent de véritables contortionnistes de la vérité.

C’est Alexandre Lussier, un avocat d’Outremont, qui avait porté plainte pour discrimination contre le maire Tomlinson, ses conseillères Valérie Patreau, Mindy Pollak et Fanny Magini, ainsi que la Ville de Montréal.

Imaginez. Après avoir siégé trois ans à titre de membre du Comité consultatif d'urbanisme (CCU) d’Outremont, MLussier a eu la très très très mauvaise idée de se prévaloir d’un droit qui est à la base même du système démocratique. Il s’est porté candidat indépendant au poste de maire de l’arrondissement au scrutin de novembre 2017. Quel toupet, quand même, non?

Mal lui en prit, puisque le 18 décembre 2017, soit un mois après avoir perdu ses élections et un an avant la fin de son mandat au CCU, Lussier apprend que par résolution du conseil les Tomlinson, Patreau, Pollak et Magini l’ont éjecté du CCU. Tiens, toé ! Ça t’apprendra à te mettre en travers de notre chemin !

Cette décision de la part de l’équipe ultrawoke de Projet Montréal avait de quoi surprendre M. Lussier. Après tout, Pollak et Patreau s’étaient toujours efforcées d'entretenir leur image de supers bisounours. Elles combattaient bec et ongles toutes les formes d’exclusion possibles et imaginables. Apôtres invétérés de l’inclusion, elles se gourmaient de promouvoir l’exercice des droits et libertés de la personne, sans distinction de la religion, de la couleur, de l’origine ethnique, du sexe, de l’orientation sexuelle ou de l’expression de genre, de l’âge, du handicap et des… convictions politiques. Oups ! Deux vraies 
Poker Faces!

Instruit des faits entourant l’expulsion d’Alexandre Lussier, l’Honorable Luc Huppé lui a donné raison sur le fond. Aux yeux du juge, la décision des Tomlinson, Patreau, Pollak et Magini de révoquer son mandat constituait clairement une «exclusion» au sens de l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne. De plus, il a été prouvé que son éviction a été exclusivement due au fait qu’il a brigué le poste de maire. 

Bref, les élus de Projet Montréal ont décidé de lui faire payer son geste en le dégommant sans autre forme de procès. Même la protestation unanime des autres membres du CCU qui se disaient très satisfaits du travail de leur collègue n’a eu aucun effet sur l’esprit revanchard et la partisannerie de bas étage de Projet Montréal.

Lors du procès (j’y ai assisté), seule Mindy Pollak s’est présentée à la barre pour défendre la position dans laquelle elle et ses collègues de Projet Montréal s’étaient fourrés. La pauvre faisait pitié à voir.

Elle a tenté de convaincre le juge que leur décision d’expulser Lussier était tout à fait kosher. Perspicace comme ce n’est pas possible, la conseillère hassidique a raconté au tribunal que le conseil a modifié le règlement pour que seuls des professionnels de l’architecture et de l’urbanisme puissent devenir membres du CCU. Seul petit hic, ce changement est survenu… 13 mois après la destitution de M. Lussier. Vous comprendrez que l’effet de toge a beaucoup impressionné le magistrat. D’autant plus qu’Alexandre Lussier a été le seul parmi les membres non professionnels à passer à la trappe.

Dans le box des témoins, dévoilant encore un peu plus sa démagogie malsaine, Pollak a cherché à salir la réputation de Lussier en laissant entendre qu’il aurait été antisémite
. Elle a raconté au juge l'avoir photographié portant un carré jaune qu'elle a magiquement transformé en étoile jaune de l'holocauste. En plus d'être un amalgame hallucinant de mauvaise foi, l'insignifiante photo de Pollak date de bien après son expulsion du CCU. 

En pleine assemblée du conseil, voici la photo que Pollak a prise depuis la tribune où elle siège à titre de conseillère. Elle s'en est servie en cour pour tenter de disqualifier M. Lussier (debout à l'arrière). Plutôt que d'essayer de jouer au fin limier, il aurait mieux valu qu'elle s'en tienne à son ancien métier de manucure! Nulle, nulle et archie nulle, la pauvre!

Pollak ne recule devant aucune malveillance pour porter atteinte à un adversaire même quand il n'en est plus un. On se rappellera d'ailleurs que lors de sa première campagne électorale, Mindy avait prétendu que sa plus récente lecture avait été L’art de gagner une élection, le manuel de campagne électorale de nul autre que... Cicéron! Du machiavélique auteur, Pollak aura bien retenu que gagne ses élections celui qui sait manipuler la masse des électeurs. Cicéron, précurseur des fake news de Projet Montréal/Outremont?

Dans l’interview accordée au Journal de Montréal, Pollak avait également ajouté que ce dont Montréal avait besoin, c’était de la transparence et de la bonne gouvernance. Ça ne s’invente pas.

Depuis la publication du jugement octroyant à Alexandre Lussier une compensation de 7 000 $ pour dommages moraux, plusieurs personnes se sont présentées aux périodes de questions de l’assemblée du conseil d’Outremont.

À l’une des citoyennes qui ont réclamé la démission des conseillères Patreau et Pollak, ces dernières se sont contentées de rigoler sur l'estrade du conseil. À une autre personne qui leur a demandé si elles avaient l’intention d’offrir leurs excuses à M. Lussier, la réaction a été chaque fois la même au fil des mois. Mindy Pollak est demeurée muette comme une carpe. Pas un son n’a filtré de son masque sanitaire. Patreau, pour sa part, a répété qu’elle n’avait pas de commentaires à faire sur cette question sauf pour déformer les faits en prétendant que l'accusation dont elle et ses acolytes avaient été l’objet a été rejetée par le juge.

Or il n’y a rien de plus faux. Au paragraphe 98, le juge Huppé a clairement énoncé que le dommage moral subi par M. Lussier résultait directement de la discrimination exercée par l’ex-maire Tomlinson et ses conseillères Patreau, Pollak et Magini. Ce sont bel et bien les membres de l’équipe de Projet Montréal qui ont causé un préjudice justifiant cette indemnisation de 7 000 $.

Patreau et Pollak se sont donc rendues coupables de cette discrimination. Si elles n’ont pas été condamnées à verser personnellement une indemnité à M. Lussier, c’est tout simplement qu’en tant qu’élues, elles ont invoqué une immunité de poursuite. 

Leur façon de faire me rappelle l'histoire de Vitaly Churkin.  Cet ambassadeur de Russie au Canada avait été impliqué dans un accident mortel à Ottawa. Le diplomate de haute voltige conduisait en état d’ébriété et a tué une femme en plus d'en estropier une deuxième.

La police canadienne avait fait enquête. Des accusations de conduite dangereuse et de délit de fuite avaient été portées contre lui. Savez-vous à quoi il a été condamné au Canada? À rien du tout! 

Pour échapper à son procès et à sa sentence, son excellence n’a eu qu’à invoquer son immunité. Il a ramassé son assortiment de boutons de manchettes, a rangé son smoking d’apparat dans sa valise diplomatique et pris le premier vol pour Moscou. Comme lui, Pollak et Patreau ont pu clamer qu'elles n'ont pas été condamnées. Quel cynisme, n'est-ce pas? Bravo mesdames de Projet Montréal. Ce sont les citoyens d'Outremont qui paieront pour votre délit d'initiées!


jeudi 30 juin 2022

LES PROMESSES CREUSES DE MAYER


C’est quoi, déjà, le proverbe? Ah! Oui. «Une fois n’est pas coutume.» Accepter qu’il soit possible de faire exceptionnellement une chose qu’on ne devrait pas faire en temps normal, ça n’a rien de dramatique. Mais quand les transgressions se répètent et se multiplient, rien ne va plus.

Le 20 juin dernier, bien que plusieurs citoyens concernés n’aient pas été avisés, une trentaine de résidents du Mile-End se sont tout de même rendus à une soirée de consultation publique à l’hôtel de ville du Plateau. Ils ont dénoncé un plan de construction qui leur fait craindre le pire. Projet Montréal (représenté par Marie Plourde, la conseillère de Ville pour le Mile-End) souhaite autoriser un deuxième agrandissement du lieu de culte de la communauté Belz qui a pignon sur rue au 5896 - 5906, avenue du Parc, entre Bernard et Van Horne.

Ne se contentant plus de la fusion des deux immeubles et de l’agrandissement de 102 
m2  accordé au rez-de-chaussée en 2010, le clan ultraorthodoxe revient à la charge. Cette fois, il veut, entre autres, avaler les 12 logements locatifs pour les annexer au lieu de culte. 

Remarquez qu'en ces temps de pénurie de loyers abordables, la secte se dit disposée à contribuer à hauteur de 370 000 $ pour que l'arrondissement réalise d'éventuels logements sociaux. Mais comme l'a laissé entendre une femme dans la salle, on ne gagne pas au change en laissant aller une douzaine de logements contre l'équivalent d'à peine un petit studio neuf! 

Au départ, les visées des religieux ne se limitaient pas à reprendre possession de l’immeuble de 12 logements. Si on se fie au document présenté à l’assemblée publique de consultation, on découvre qu’en février 2019, la communauté  planifiait y construire rien de moins qu’un quatrième étage et agrandir l’assise arrière de l’immeuble au niveau du 2
e, du 3e (et du 4e étage?). Aujourd’hui, la secte souhaite aussi exploiter au maximum le terrain en grignotant littéralement le sous-sol arrière jusqu’à la ruelle. Il est vrai que M. Jacob Spira qui a acquis ces immeubles en 2009 pour 425 000 $ est un grand spécialiste des tunnels. En 2001, les inspecteurs du Plateau l’avaient surpris creusant illégalement un passage clandestin entre le 5355 et le 5361 Hutchison.

Hélas pour les requérants, le projet était pharaonique. Qu’à cela ne tienne, les services d’urbanisme du Plateau se meurent d’envie de leur accorder une extension de près de 200 
m3  (11 m x 3,5 m x 5 m)(1) sur deux étages au-dessus de l'agrandissement du rez-de-chaussée accordé en 2010. À cela, il faut ajouter la rallonge souterraine de quelque 90 m2 que l’arrondissement s’est bien gardé de chiffrer sur les plans.

Malgré leurs ambitions (les ajouts espérés auraient pu totaliser quelque 600 
m2), il fallait entendre Mayer Feig, le lobbyiste hassidique présent dans la salle, prétendre que la communauté n’avait aucune intention d’accueillir plus de fidèles. La belle affaire! En 2011, Mayer Feig et ses acolytes nous avaient juré la même chose dans le cadre de l’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison. À l’époque, après avoir raconté que le lieu se limiterait toujours à 30 fidèles, les élus avaient fini par avouer qu’il pourrait accueillir…150 personnes! Ça, bien sûr, c'était ce qui était légalement permis. Après...



Cette fois encore, on ne doute pas une seconde (pfffff!) que les centaines de milliers de dollars qu’ils souhaitent injecter dans l’immeuble serviront uniquement à s'assurer que leurs fidèles actuels se sentent plus à leur aise. Les happy few le seront assurément puisque sur les nouveaux plans présentés par l’arrondissement, on peut compter pas moins de… 17 toilettes et 14 urinoirs!

Deux vues présentant les travaux effectués en 2010 et planifiés pour l'automne 2022. Les couleurs sont de nous.

Si cela n’était pas pour les habituels motifs électoraux, cette faveur que Projet Montréal souhaite ardemment offrir à cette communauté aurait de quoi surprendre. 

Déjà en 2010, l’arrondissement avait accordé les permis alors que le zonage de l’époque interdisait l’installation d’un lieu de culte à cet endroit. Par un petit tour de passe-passe, les requérants avaient prétendu n’y aménager qu’un centre communautaire. Il s’agissait de fausses représentations, mais les autorités municipales n’avaient surtout pas souhaité les indisposer.

S’il n’y avait que cela. Au cours des 12 dernières années, les requérants ne se sont jamais souciés de respecter les conditions imposées lors de l'octroi du premier permis. Rappelons qu'ils ne sont pas les premiers à traficoter de la sorte. Il suffit de se souvenir des magouilles scandaleuses qui, en 2000, avaient mené à un méga agrandissement de la synagogue (Belz, elle aussi!) du 5344 Jeanne-Mance
.

Pour faire une histoire courte, à l'époque, en dépit de la bataille qu’avaient menée des résidents respectables du Plateau comme M. Kevin Cohalan et M. Pierre Beaucage pour protéger leur rue zonée strictement résidentielle, un certain Saulie Zajdel avait torpillé un avis de la Commission de développement urbain du Plateau Mont-Royal qui s'objectait à cet agrandissement.

Par ses manigances véreuses, Zajdel, ancien porte-parole de la Congrégation Belz (tiens donc!) devenu responsable de l'urbanisme au Comité exécutif de la Villle, avait fait en sorte que la synagogue contestée puisse se propager à cinq duplex. Pourtant, dix ans plus tôt, cette même synagogue avait été extentionnée à la condition expresse qu’aucun autre agrandissement ne serait plus autorisé

Pour en revenir à la synagogue/centre communautaire qui nous préoccupe aujourd'hui, plutôt que de placer et de regrouper les équipements mécaniques de climatisation sur le toit de l’immeuble tel qu’exigé à l'époque par l'arrondissement, les propriétaires ont joué sur les mots et se sont contentés de les installer au premier étage, sur le toit de la partie nouvellement agrandie. Les énormes appareils bruyants ont fait perdre aux locataires et aux voisins la quiétude, la jouissance et l’usage de leurs balcons et de leurs cours. Les religieux se foutaient bien des impacts sur les voisins.

Quels locataires ne rêvent pas de balcons avec vue sur des monstres mécaniques rugissants?

Comme si cela ne suffisait pas, le requérant ne se montre jamais pressé de terminer les travaux à l’arrière de l’immeuble. Depuis des années, le mur latéral du côté sud n’a pas été briqueté. La membrane pare-air est laissée aux quatre vents sans revêtement extérieur. Du côté nord, le mur de brique s’affaisse dangereusement sans que personne ne semble se préoccuper du danger qu’il pose pour les locataires et les voisins. 

Tombera, tombera pas?

Par contre, là où l’arrondissement n’autorisait pas de modifications en façade, les administrateurs ne se sont pas gênés pour démolir deux portes pour les transformer en une grande porte double (photo ci-dessous).



Ne leur parlez pas non plus d’écologie. Puisque les travaux d’agrandissement de 2010 allaient entraîner la perte d’érables du côté nord, le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) avait recommandé la plantation de deux arbres dans la cour de la synagogue. Le CCU avait aussi préconisé la végétalisation de la cour arrière et l’utilisation d’un revêtement de sol poreux. Douze ans plus tard, vous pouvez toujours chercher l’ombre d’un arbre. Vous ne trouverez que quelques mauvaises herbes hirsutes dans les craques d’une cour mal entretenue. Quant au fameux revêtement poreux, les ultraorthodoxes ont préféré procéder à un asphaltage mur-à-mur. Et vive les îlots de chaleur et les reflux d’égouts!

Une résidente dans la salle a fait remarquer que les administrateurs du lieu de culte ne récupèrent rien. «Le recyclage se fait sur l’avenue du Parc, mais eux jettent tout aux poubelles dans la ruelle.» À titre d’exemple, la synagogue n’a aucun problème à empiler dans la ruelle l'équivalant de 5 040 litres de déchets (14 conteneurs d’une capacité de 360 litres chacun). Et ça ne tient même pas compte des dizaines de gros sacs Glad jetés au sol ou par-dessus les bacs. Ajoutons que de tels amoncellements de déchets se produisaient même pendant l’interdiction de rassemblement pour cause de pandémie. Soulignons, par exemple, qu’en décembre 2020, la Communauté Belz y a tenu un mariage de quelque 200 convives en contravention des règles sanitaires imposées pour lutter contre la COVID-19.

Photos du haut : Veut-on vraiment faire croire aux voisins que l’endroit passera d’un dépotoir à ciel ouvert à un havre de verdure?
Photo du bas : Près de là, sur l’avenue Bernard, une autre synagogue qui a étiré les travaux sur une décennie n'a jamais remplacé les trois beaux arbres qu'ils ont fait disparaître (à gauche), en plus de créer un impressionnant problème de salubrité.

Serez-vous étonnés d’apprendre que les résidents présents à l’hôtel de ville se sont plaints du grand nombre de voitures qui stationnent illégalement et qui foncent dans la ruelle verte qu'ils ont patiemment bichonnée? 

Il vaut la peine de prendre connaissance de l'intervention d'un des citoyens qui déplore que les motifs qu'ils avaient soulevés en 2021 auprès de l'arrondissement pour justifier leur  opposition au projet d'agrandissement n’ont pas été pris en considération. Même une pétition signée par plus d'une centaine de résidents n'y a rien changé.

Voici la ruelle verte dont les résidents rêvaient... avant que les nuisances résultant de l'implantation des  lieux de culte ne viennent empoisonner l'atmosphère.

Après avoir vécu l'insupportable, certains résidents qui subissent ces problèmes ont recommandé à Marie Plourde et aux fonctionnaires présents de repousser d'au moins un an le projet. «Qu'ils nous prouvent d'abord qu'ils sont capables de faire leur part, de ramasser leurs déchets, de respecter les interdits de stationnement, les limites de vitesse et les normes sanitaires qu'on nous imposent à tous. Après, on en reparlera.» 

Bonne idée! Très bonne idée. Reste à voir si les autorités municipales auront le courage de résister au lobby. On a droit de rêver.

À la fin de la séance, le lobbyiste Mayer Feig et ses acolytes ont convié les résidents mécontents à grignoter des petits fours de chez Cheskie. Les pauvres. Ils pensent encore qu'il suffit de refiler quelques bouchées de kokosh et de babka pour faire oublier les incivilités dont ils ont la recette. On repassera pour la promotion de la cohabitation interculturelle. Si les élus et les administrateurs Belz demeurent sourds aux objections des résidents, il restera toujours le recours au référendum. Ça a déjà fonctionné


 
(1) Les mesures sur les plans fournis en ligne par l’arrondissement sont illisibles. Il a fallu procéder par approximation.

mercredi 18 mai 2022

LE MÉPHISTO DE PROJET MONTRÉAL


Vous est-il déjà arrivé de perdre un ami ? Moi, si. Vous dire combien sa disparition subite m’a troublé, vous ne me croiriez pas. Imaginez. Depuis 15 ans, nous avions tissé des liens étroits. Il me voyait dans sa soupe et je savais ce qu’il faisait, même à distance. Combien de fois ne m’a-t-il pas juré qu’il ne partirait pas ? «I am here to stay», me répétait-il tant à l’hôtel de ville que sur l’avenue Bernard et même lorsque nous mangions chez Chopp, le restaurant casher qu’il affectionnait sur Queen Mary.

Le 28 mars 2021, je sais que mon cher Max a fait brûler ses croutons au levain pour éviter le courroux de Yahvé. La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, c’était le 25 avril 2021. À la suite d’une descente de police dans une synagogue de la rue Jeanne-Mance, mon pote qui en menait large au sein du conseil exécutif de Projet Montréal/Outremont (PM/O) en avait piqué toute une contre le SPVM. Alors que le couvre-feu anti-COVID était en vigueur et que seuls les propriétaires d’animaux domestiques avaient l’autorisation de sortir pour leur faire faire un petit caca, il dénonçait les policiers : «Over 30 police cars targeting the Jews... Even the Jew [walking] a dog got a ticket!».

Depuis ce soir-là, plus rien. Max Lieberman a été porté disparu. Sa page Facebook s’est volatilisée dans les limbes informatiques et sa maison de la rue Champagneur, vendue. On m’a rapporté que les autorités rabbiniques l’avaient «condamné» à prendre le chemin de l’exil à Brooklyn. Je me demande même si on n'a pas exigé qu'il déguerpisse en passant par le chemin Roxham. J’ai vraiment craint ne plus jamais le revoir. C’était sans compter sur son petit côté sulfureux.

Contre toute attente, dans la semaine du 2 mai 2022, j’ai eu le grand bonheur de le retrouver à Montréal. J’ai même pu lui parler yeux dans les yeux alors qu’il gagnait le box des accusés de la salle 17.2 du Palais de justice de Montréal.

Accusé de manœuvres dolosives pour la coquette somme 310 688 $, il s’est fait longuement cuisiner dans le cadre d’un procès de quatre jours auquel il faisait face avec deux de ses coreligionnaires et complices présumés, Louis Weil et Joel Rubinfeld. Le verdict viendra plus tard.

Tel l’un des sept princes de l'Enfer, Max Lieberman est le clone de Méphistophélès, «l'esprit qui toujours nie»!

S’il arrive à bien des gens de se trouver un jour impliqués dans une procédure judiciaire, Max, lui, est tout sauf le citoyen lambda. Comme me l'a dit le fonctionnaire attitré au greffe: «À ce que je vois, votre ami est un abonné au plumitif du Palais de justice!» Il est vrai qu'en 12 ans, uniquement à Montréal, Lieberman a collectionné 22 dossiers judiciaires, dont 17, à titre de défendeur.

Lieberman a eu maintes fois maille à partir avec le comité de gestion de la taxe scolaire de Montréal, sans parler de l’agence du revenu du Québec, une flopée de firmes d’avocats, la Banque TD, la Banque de développement du Canada, les Services financiers Honda et on en passe. Même Jacob Marovka qui a été directeur de la Coalition d’organisations hassidiques d’Outremont a déposé plainte contre lui au Palais de justice de Montréal. Un comble ! 

Toutes ces procédures étaient du domaine public bien avant que l’équipe de Philipe Tomlinson ne déroule le tapis rouge et n’accueille Max (Menachem) Lieberman au sein du comité exécutif de Projet Montréal/Outremont. On ne comprend pas que Valérie Plante n’ait jamais exigé que Lieberman soit écarté du poste qui lui permettait de participer à l’élaboration du programme, de solliciter des adhésions et de représenter l’arrondissement auprès des instances supérieures.

Malgré ses démêlés juridiques en matières financières, ses tonitruantes déclarations controversées, son double langage sur le confinement social de ses coreligionnaires et la pertinence du port du masque, Tomlinson et son équipe l'ont maintenu au sein de leur exécutif.

Il faut dire que Max avait son fan club de sympatisants. Les Astrid Arumae, son conjoint Marc Chétrit, David DesBaillets, Rani Cruz et Claire Trottier, tous membres de l'exécutif self-righteous (bien-pensant) l'ont soutenu contre vents et marées. On s'en reparlera, juré craché.

Le 5 mai dernier, Max Lieberman devait se sentir bien seul dans le long couloir du Palais de justice. Une chance que j'étais là!

Projet Montréal/Outremont lui a même confié 9 700 $ pour que l’organisation ultraorthodoxe Chevra Hatzoloh — dont il est le président ! — puisse maintenir une soi-disant ligne téléphonique de référencement. Cela est d’autant plus ironique que sur les 10 050 $ que PM/O a remis à la Outremont COVID-19 Help Foundation  une OBNL créée au même moment par Astrid Arumae, une autre membre de l'exécutif chouchou  — 3 856 $ étaient voués à la vérification des antécédents judiciaires des bénévoles. Ça ne s’invente pas ! Max devait être mort de rire. 

Depuis lors, Lieberman retient plutôt son souffle. Sera-t-il condamné ou acquitté? Qu'importe. J'aurai une bonne pensée pour lui la veille de son jugement.


En souvenir du bon vieux temps, mon Max. Avoue qu'on s'est bien amusés!



mardi 22 février 2022

LE SNIPER DE MONSEY


Vous souvenez-vous du Philipe Tomlinson qui se vantait «avoir mis fin au conflit qui perdurait [entre hassidim et non-hassidim]»?  Il prétendait aussi que les membres de sa table de concertation du bon voisinage avaient été choisis par un comité de «simples citoyens neutres».

Le 19 janvier dernier, il aura suffi d'une lettre des lecteurs dans les pages du Journal d’Outremont pour que les fantasmes de Tomlinson partent en couille. 

Après que le citoyen eut dénoncé que des commerces, des lieux de cultes et des écoles hassidiques bafouaient les mesures sanitaires imposées à l’ensemble de la population québécoise, un lobbyiste hassidique est monté sur ses grands chevaux. Il y est allé d'une réplique outrancière

Shrage (Sam) Muller est, tiens donc!,  ce «simple citoyen neutre» qu’admirait Philipe Tomlinson pour son amour du dialogue, sa soif du vivre-ensemble et sa profonde aspiration à la cohabitation harmonieuse. Il est le directeur général du Conseil des juifs hassidiques du Québec (CJHQ). 

À en croire M. Muller, les propos de l’auteur sont discriminatoires, injurieux et insultants. Pire, ils attisent la haine, le mépris, en plus d’encourager la violence et nuire à la paix sociale. Holà! Holà! On se calme les rouflaquettes!

Il semble que Shrage Muller soit en train de vivre un autre épisode schizophrénique. Il ne faut quand même pas virer fou. Ce cri du cœur d’un citoyen exaspéré ne constitue d’aucune façon une incitation à la haine et à la violence. D’autant moins que, répétées jour après jour, les violations dont il est question dans cette lettre des lecteurs ont été documentées, dénoncées et déplorées, et ce, jusqu’au sommet de l’état.

Alors que l’ensemble de la population se soumet à des privations collectives depuis deux ans dans l’espoir de juguler l’épidémie et retrouver un rythme de vie plus normal, Muller crie à la discrimination comme on crie Au loup! C’est une des grandes spécialités du lobby hassidique que de sortir l’accusation d’antisémitisme, de haine et d’atteinte aux droits fondamentaux. 

Au loup! Au loup! Quand Shrage Muller ameute ses disciples, on se dit qu'on n'a plus les agneaux qu'on avait.

Au sein du monde théocratique dans lequel macère Shrage, le respect des lois «profanes» et la liberté d’expression ne «fittent» pas avec les 613 commandements (mitsvot) inscrits dans la Torah. S'il n'en tenait qu'à lui, la liberté d'expression passerait par-dessus bord de la Charte. Il n'en retiendrait que la liberté de religion. 

En fait, ce n'est pas tout à fait exact. Notre hyper pieux originaire de Monsey (bourgade hassidique de l'état de New York) est aussi un fervent défenseur du 2e amendement de la constitution des États-Unis qui reconnaît la possibilité pour le peuple américain de constituer des milices en plus de garantir à tout citoyen le droit de détenir des armes.

Le 14 mars 2018, ce Gandhi à boudins promouvait et signait une pétition dénonçant la discrimination de Walmart qui avait mis fin à la vente de munitions aux moins de 21 ans. Tout, vraiment, pour s'assurer la sympathie des endeuillés de Polytechnique!  

Shrage Muller dénonce la discrimination jusque dans les restrictions d'approvisionnement en munitions chez Walmart.

Que ça plaise ou non à l'intégriste religieux, la Charte protège le droit d’exprimer des opinions dérangeantes et de critiquer des idées et des valeurs sans craindre de subir de représailles. On conseillera donc à la gang de Muller de se faire traduire le compte-rendu d’un récent jugement de la Cour suprême qui a statué que des commentaires, même s’ils peuvent paraître irrespectueux ou offensants pour la «victime», ne suffisent pas à violer sa dignité. Cela dit, un gars a bien le droit de pleurer toutes les larmes de crocodile de son corps.

Bien sûr, on ne peut imputer à tous ses coreligionnaires les nombreuses entorses aux règles sanitaires. Encore heureux! Rappelons tout de même au porte-parole hassidique que les violations des décrets gouvernementaux par des membres des communautés qu’il représente ne sont pas le fait de quelques individus réfractaires de sa tribu. 

Pour chaque lieu de culte ouvert illégalement (et ils sont nombreux!), il faut l’assentiment de l’autorité rabbinique et d’un groupe d’au moins dix personnes qui constitue ce qu’ils appellent le minian. Pour les écoles, cela implique la participation de toute l’administration de l’institution et de son personnel. Il s’agit d’actions collectives préméditées, concertées et délibérées.

Si Muller et ses émules se sentent insultés, que dire des citoyens de l’arrondissement? Ils éprouvent au moins autant d’indignation devant les gestes qui sont le fait de certaines des institutions qu’il défend et qui sabotent cette paix sociale que le lobbyiste prétend vouloir établir.

Permettez-nous d'avoir un petit sourire en coin lorsque Muller nous serine que les communautés travaillent très fort pour ouvrir le dialogue et trouver des solutions aux «nombreux irritants » qu’il dit résulter de «l'apprentissage de notre cohabitation». 
Aïe, les boys! Ça fait trois quarts de siècle que vous vous êtes installés ici. Ça va faire, l'apprentissage!

Ça n’effleure même pas l’esprit du DG de cette organisation «civique et amicale» de faire amende honorable auprès de l’ensemble des citoyens d’Outremont pour tous les «irritants» qu’ils subissent. Au contraire, pour la fermeture des lieux de culte et des écoles, il accuse le gouvernement «de forcer les communautés religieuses à faire un choix intenable entre l’exercice de leurs droits fondamentaux et le respect de la loi». Non, mais, sans blague, c'est un remake du Choix de Sophie ou quoi? 

Bien entraîné à l’art de la victimisation, de la désinformation et de l’intimidation, Muller ne se contente pas de tenir la dragée haute à la société. En plus de réclamer la publication de sa réplique, il laisse planer le spectre de recours judiciaires à l’encontre de l’éditeur du Journal d’Outremont. «La simple publication de notre point de vue, dit-il, ne nous apparaît pas suffisante pour réparer les dommages que vous êtes subis par votre lésion [sic].» Il ne fallait pas davantage que ce charabia de Google Translate pour inquiéter l’éditeur d’un journal de quartier.

Même si le préambule des lettres des lecteurs stipule que le journal se dégage totalement des propos publiés et n'assume aucune responsabilité quant à leur contenu, une menace appréhendée, même frivole, laisse présager des années de tracas, d’avocasserie et de mauvaise publicité. Et Hashem sait qu'en ces temps particulièrement difficiles pour les journaux, on ne peut se permettre  la perte d'un annonceur. 

Bref, l'intimidation a été si efficace que le propriétaire de l’hebdomadaire s’est senti forcé de publier des excuses, se battre la coulpe et même de faire disparaître la lettre des lecteurs à l'origine de l'esclandre.

N'allez pas croire que les dirigeants hassidiques ont cherché ici à tracer la ligne rouge à ne pas franchir pour nous éviter de subir leurs foudres. Il y a une dizaine d'années, la publication d'un topo sur l'insalubrité à Outremont avait déjà valu au journal des menaces de poursuites. Pourtant, on y faisait zéro allusion aux communautés hassidiques.

La photo du carré de sable non identifié qui avait valu des menaces au journal.

Il avait suffi qu'une des photos révèle la malpropreté d'un carré de sable qui n'avait même pas été identifié dans l'article pour que les administrateurs d'une école hassidique reconnaissent leur dépotoir, retroussent les  babines et montrent leurs crocs. On repassera pour leur tolérance, leur soif de coexistence harmonieuse, de solidarité sociale et de bien-vivre ensemble.

Aujourd'hui comme à l'époque, on aura compris que des dirigeants et porte-parole des sectes ultraorthodoxes font preuve d'une moralité troublante, pour ne pas dire douteuse.

Shrage Muller en est l'incarnation même. Tout en nous servant son prêchi-prêcha vertueux, le lobbyiste s'adonne à des «activités charitables» absolument révélatrices. Pensons à ces cabales publiques sur les réseaux sociaux pour faire libérer deux des pires truands hassidiques des États-Unis.

Notre pro-gun a milité pour faire libérer Sholom Rubashkin. Ce «vibrant pilier» d'une communauté ultraorthodoxe des États-Unis était tombé en disgrâce après avoir été déclaré coupable de 86 chefs d'accusation de fraude pour des dizaines de millions de dollars et condamné à 27 ans de prison. Et on ne parle même pas de ses procès pour la maltraitance des animaux de ses abattoirs cachers de Postville (Iowa), ni de ses abus à l'égard de ses employés.

Muller a tellement pris goût à la campagne humanitaire en faveur de cette crapule qu'il a récidivé. Cette fois, pour réclamer la remise en liberté du rabbin Mordechai Sametce chef mafieux hassidique new-yorkais condamné, lui aussi à 27 ans de cachot pour une escroquerie de plus de 4 millions $ US. Sam a sans doute été ému par cette  vidéo tellement dégoulinante de mièvrerie (cœurs sensibles, s'abstenir!) qu'elle pourrait même faire brailler les pierres du temple. 

Muller a chaudement remercié Donald Trump, cette autre canaille qui a gracié les deux brebis galeuses.

Combien de temps encore faudra-t-il se mettre à genoux devant ces lobbyistes fondamentalistes qui n'exigent rien de moins que de faire ce qui leur chante comme ils l'entendent? À quand des politiciens qui ne se laisseront plus intimider par des gourous sectaires? On a le droit de rêver, non? 


dimanche 30 janvier 2022

LE LOBBY AMICAL


Depuis dimanche dernier, une minorité des camionneurs transfrontaliers s’insurge contre la vaccination obligatoire lors de leur retour au pays. Selon leur conception de la « Libarté » démocratique, c’est à chacun que revient la décision de se faire vacciner ou non. Ce serait un droit sacré et inaliénable. Le même principe s’applique pour le port du masque ou le droit de fréquenter l’école en chair et en os en période de confinement.

Dans plusieurs pays, les antivax et anti-masques se braquent. Il y a les complotistes, bien sûr, mais on trouve un plus grand nombre de passifs agressifs, ceux qui se rebiffent pour se rebiffer ou qui rejettent toute autorité qui n’émane pas d’eux. Pensons à la comédienne Anne Casabonne qui qualifie le vaccin de « grosse marde ».

À Outremont, comme à certains autres endroits, le consensus et la cohésion sociale ne vont pas de soi. À preuve, lors de la séance du conseil d’arrondissement du 10 janvier, le nouveau maire Laurent Desbois a constaté que tout le monde ne faisait pas sa part dans ce qu’il qualifie de corvée collective. À titre d’exemple, citant les données de Santé Montréal, il nous a appris que seulement 39 % des enfants âgés de 5 à 11 ans résidant à Outremont ont reçu une première dose de vaccin contre 51 % sur le Plateau Mont-Royal. Il a aussi déploré que certaines écoles de la communauté hassidique n’avaient pas suivi le décret gouvernemental forçant la suspension de l’enseignement en direct.

Bien sûr, l’ensemble des membres des communautés hassidiques ne peut être mis dans le même sac Glad. Si le propriétaire de la boulangerie Cheskie défie avec arrogance l’obligation du port du masque dans sa boutique, cet autre propriétaire ultraorthodoxe de la poissonnerie Océan de l’avenue du Parc affiche à sa porte (même si en anglais seulement !) l’exigence du masque pour entrer dans son commerce.

On constate cependant qu’à l’instar de l’an dernier, plusieurs fidèles hassidiques défient toujours la fermeture des lieux de culte décrétée par le gouvernement, et ce, avec la bénédiction implicite du Conseil des juifs hassidiques du Québec (CJHQ) qui soutient que ses ouailles sont forcées de «faire un choix intenable entre l’exercice de leurs droits fondamentaux et le respect de la loi».

Au registre des entreprises, ce lobby de fondamentalistes purs et durs se qualifie d’organisation «civique et amicale» ! Faut vraiment que les Shrage Muller (directeur général), Max Lieberman (vice-président), Abraham Ekstein (administrateur), Baruch Posner (président et trésorier) prennent les gens pour des cons ! Voyez vous-mêmes. A
rie Rangott, par exemple, le secrétaire de leur organisation, est vice-président aux opérations d’une société de conseil en sécurité « qui emploie des experts de premier plan tel d’anciens opérateurs militaires, des services secrets, des forces de l’ordre, des experts en cybersécurité, des criminologues et des directeurs de la sécurité de multinationales ». Allo les bisounours!  Saluez bien le Mossad pour nous!

Pas plus tard que le 9 janvier dernier, ce groupe de négationnistes accusait le gouvernement d’«exacerber les tensions entre les communautés» pour avoir fait fermer les lieux de culte. 

Ces pieux hommes qui croient dur comme fer que la Terre a été créée il y a 6 000 ans ont pourtant dénoncé le fait que les autorités sanitaires ne leur ont fourni aucune donnée scientifique avant de faire fermer les lieux de culte. Arrêtez, les bouffons ! À force de nous faire rire, vous nous donnez mal au bide!

Dans le cadre d’un reportage de TVA (voir la vidéo), on aura bien remarqué que le lobbyiste hassidique qui, comme des dizaines d’autres, défiait ouvertement l’interdiction n’était nul autre qu’Hersber Hirsch, cet ancien truand jugé et condamné à des années de prison aux États-Unis pour une fraude de plusieurs millions de dollars. Essaie-t-il de chausser les raquettes de Novak Djokovic ?

Si le virus qui déferle sur le monde n’est pas une raison suffisante pour empêcher les dirigeants hassidiques d’investir les synagogues comme bon leur semble, qu’est-ce qui pourrait bien leur faire entendre raison? La rupture des chaînes d’approvisionnement ? Hummm.

De gauche à droite: Mayer Feig, Baruch Posner, Shrage Muller, Max Lieberman, Abraham Ekstein, Aron Friedlander et Hersber Hirsch. 

Les pénuries causées par la pandémie mondiale n’ont pas encore sensiblement dégarni les tablettes de nos épiceries, mais imaginons l’hypothèse où les ruptures de stock devenaient telles que les gouvernements seraient forcés de décréter le rationnement obligatoire. Que feraient-ils si à travers le pays chaque famille n’avait plus droit qu’à 100 g de café, 200 g de sucre, 500 g de farine, 1 kg de poulet, 5 litres de lait et, pire encore, un seul rouleau de papier de toilette par semaine ?

Suffirait-il, par exemple, qu’un des commandements de la Torah dicte aux fidèles de faire bombance le jour du sabbat pour qu’ils se mutinent et refusent de se soumettre au rationnement parce que cela brimerait leur liberté de religion ? Au diable le reste de la société ?
 Les verrait-on sans masque faire déborder leurs paniers d’épicerie à la Fooderie et chez Lipa’s ? Que les goys se serrent la ceinture ! Let’s go les ribotes casher!

On remarquera tout de même que contrairement aux camionneurs qui défilent en ce moment en faisant s’époumoner leurs klaxons Vulcain deux trompes 118 dB, les administrateurs des lieux de culte rebelles tentent de passer sous le radar de la solidarité collective.

Pas question pour eux de souffler dans leurs sept trompettes de Jéricho pour détruire les décrets gouvernementaux. L
es insoumis hassidiques se contentent de mettre des sourdines sur leurs shofar, de déambuler comme si de rien n'était, le schtreimel et les yeux fixés au trottoir pour se rendent chez Cheskie, à l’école ou à leurs synagogues officielles, clandestines ou improvisées. 

Le 22 janvier dernier, c'est bien peinards et sans masque que les fidèles faisaient la queue pour s'engouffrer à la synagogue improvisée au sous-sol de la résidence du 5270 Durocher. Une affichette en yiddish leur indiquait par où entrer. On aurait dit un line-up de discothèque!

Les laïcards peuvent toujours gueuler, protester et se scandaliser. Les intégristes, eux, ne s'émeuvent pas. Comme si de rien n'était, ils n’écoutent que les directives divines de leurs rabbins tout puissants. Cause toujours, mon Legault!

Même la conseillère Mindy Pollak de Projet Montréal joue à la morte. Toujours durant cette séance du conseil du 10 janvier, une citoyenne lui a demandé si elle avait participé aux nombreuses rencontres organisées par le maire pour convaincre les dirigeants hassidiques de respecter le décret sur la fermeture des école. Pollak n'a pas hésité à mentir devant les caméras, prétendant qu'elle n'y avait pas été invitée. Hélas pour elle, le maire Desbois lui a rappellé que le 29 décembre, il avait communiqué avec elle pour l'y convier, mais la conseillère de l'opposition lui a fait entendre qu'elle n'était pas disponible. Oups! Mindy a été forcée de boire son vilain mensonge jusqu'à la lie.

Cliquez sur l'une des têtes de Mindy Pollak pour l'entendre mentir et se faire gentiment rabrouer par le maire.

Durant les Fêtes, il y en a quand même un a qui ça démangeait de jouer les matamores et de ne pas avoir la langue dans sa poche. Il s'agit de Lieby Lewin, un molosse qui soutient avoir fait ses études religieuses à la yeshiva Belz Talmud Torah D’chassisei, du secteur Atlantic d'Outremont. Belle formation, à ce que l'on voit!

Lieby Lewin tournant un «reportage» depuis le balcon de son appartement de l'avenue Bernard.

Le 5 janvier dernier, se présentant comme membre d'un média, le rouquin mal dégrossi s'est amusé à emmerder et à poursuivre le journaliste Yves Poirier qui terminait un reportage. Filmant avec son cellulaire, Lieby prétendait que le journaliste de TVA s'était rendu à une école juive pour harceler des enfants parce qu'ils n'auraient pas obéi au décret de fermeture de l'école.

Le «reporter» formé sur le tas a transmis sa vidéo (à écouter absolument!) à Rebel News, un site Web canadien d'extrême droite fondé par l'imbuvable Ezra Levant et parfois présenté comme la version canadienne de Breitbart News et du mouvement alt-right. Gavin McvInnes, le fondateur de l'organisation néo-fasciste d'extrême droite Proud Boys a déjà été l'un des contributeurs de Rebel News.  Des adorateurs de Donald Trump! 

Du bien bon monde, quoi. Et ce sont les Québécois francophones qui se font traiter de racistes et de bigots à tour de bras. Avec ce type de pieux hommes dans les parages, l'harmonie intercommunautaire est à portée de main, c'est sûr. Alléluia!

mercredi 5 janvier 2022

QUAND L'HARMONIE PART EN BRIOCHE!


Imaginez que vous allez faire vos courses cet après-midi. Vous arrivez chez Première moisson, chez Jean Coutu ou à la quincaillerie du coin et vous tombez sur une grande affiche placée bien en vue à la porte d’entrée.

«Chers clients, les directives sanitaires du gouvernement exigent le port obligatoire du masque à l’intérieur de ce commerce. Si vous refusez de vous y conformer, veuillez acheter ailleurs. Merci. La direction.»

Comment réagiriez-vous? Si vous êtes un antivax, vous allez pester contre ce régime liberticide et jurerez sur la tête des complotistes que vous n’y refoutrez plus jamais les pieds. Si vous êtes d’accord avec la consigne, cela vous rassurera très certainement. Mais, mais, mais quand même… peut-être trouveriez-vous le ton un peu sec. Un commerçant a-t-il vraiment besoin d’être aussi discourtois à l’égard d’une partie de la clientèle qui, en temps normal, l’a fait vivre grassement?

Maintenant, que diriez-vous, si en allant acheter vos babkas russes sur l’avenue Bernard, le pâtissier casher vous flanquait sous le nez la mise en garde suivante :

«Dear Customers,
Regarding masks, please take care of yourself ONLY!
Please don’t harass customers and/or employees.
If you find it hard to comply, please shop elsewhere.
Thank you. Management.»

En traduction libre, le propriétaire de Cheskie nous intime de nous mêler de nos oignons, de ne pas emmerder les clients ou ses employés qui refusent de porter le masque et d’aller nous faire voir ailleurs si nous ne sommes pas d’accord avec ses ouailles qui revendiquent le droit inaliénable de contaminer les autres. Live and let live Omicron! Un p’tit crachat bien raclé avec ça?



On croit rêver. Voilà maintenant que ce sont les citoyens qui respectent les contraintes sanitaires que l’on pointe du doigt. Cheskie Lebowitz retourne comme une crêpe le civisme et la préséance du bien commun sur les droits individuels de certaines de nos sectes intégristes. Le boulanger nous fait aujourd'hui porter l’odieux de ne pas souhaiter être accommodants à l’égard des négationnistes antimasques. Le monde à l’envers, je vous dis!


3 janvier 2022: l'affiche à la porte de la boulangerie Cheskie. En médaillon (grossissement), une cliente hassidique passe sa commande sans porter de masque. Des témoins en ont aperçu plusieurs sans masque à l'intérieur. 

En 2020, le Times of Israel avait pourtant publié un article qui vantait «la boulangerie casher de Montréal qui bâtit des ponts, une babka à la fois.» La fille de Cheskie y avait même affirmé que l’une des raisons principales pour lesquelles la pâtisserie avait une clientèle aussi diverse était que les gens se sentent à l’aise pour revenir. Heuuuuu! Redites-nous donc ça aujourd'hui, ma p'tite dame.

Faudrait inviter la journaliste Aviva Engel à revenir faire une virée dans notre arrondissement plus covidé que jamais. Parions que le comportement de certains obligerait la journaliste à badigeonner de liquide correcteur son article déjà ranci. Elle réaliserait peut-être que de chercher à bâtir des ponts sur de la pâte levée, c’est prendre le risque de voir toute l'oeuvre se lézarder avant de se dessouffler. 

À l'heure ou Justin Trudeau gazouille (3 janvier 2022) que le variant Omicron se propage rapidement et force de nouvelles restrictions un peu partout au pays, nous aimerions bien voir si le ministre canadien de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie accepterait, ces jours-ci, de se farcir une autre petite séance de relations publiques chez Cheskie en sachant que ce dernier laisse le virus entrer à pleine porte dans son établissement.

François-Phillippe Champagne, ministre canadien de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, Eli Cohen, ministre israélien de l’Économie et de l’Industrie et Anthony Housefather, Secrétaire parlementaire du ministre canadien du Travail se sucrant allègrement le bec avec Cheskie Lebowitz, en 2018.

Quand même le tenancier d'une institution dont la réputation dépasse nos frontières se permet d'afficher ouvertement qu'il se fout des mesures sanitaires, peut-on vraiment s'étonner de lire dans The Gazette que des commerçants auraient pu refuser l'accès à leurs magasins à des membres des communautés hassidiques?  

Hélas, le virus de l'insoumission ne se limite pas à ce haut lieu de la sucrerie dégoulinante. 

Alors que toutes les écoles du Québec sont obligatoirement fermées, dans la communauté hassidique d'Outremont, les élèves s'y rendent comme s'ils vivaient sur une autre planète.

Il n'y a qu'à visionner le reportage de TVA Nouvelles du 4 janvier pour comprendre ce qui se passe en ce moment dans les écoles et les synagogues hassidiques du quartier. La situation y est tout simplement hors de contrôle... comme l'est le virus dans l'arrondissement. Hors caméra, le journaliste a même avoué que sur place, son caméraman a été menacé par des ultrareligieux rageurs. Un classique, quoi.

Informé de la situation, le ministre de l'Éducation a déchiré sa chemise. Mais une fois le clip terminé et les projecteurs éteints, parions que Jean-François Roberge sera aussi mordant que ses prédécesseurs. Tout comme les Jean-Marc Fournier, Michelle Courchesne, Line Beauchamp, Marie Malavoy, Yves Bolduc, François Blais, Pierre Moreau et Sébastien Proulx, Roberge se révèlera un pit-bull avec un dentier sans Polygrip. Face aux intégristes, tout ce beau gratin d'élus se transforme en minous dégriffés, voire carrément castrés. 

Du côté du SPVM, en dépit des amendes prévues pour le non-respect des règles sanitaires, les forces policières se montrent tout aussi tétanisées. Les délinquants multirécidivistes ont encore de beaux jours devant eux. Lamentable! Pitoyable!