dimanche 16 juin 2019

LES MOUCHES À CHEVREUIL


Il arrive que des dossiers ne veuillent pas mourir. Pourtant, lorsque les politiciens les glissent dans l’ordre du jour, ils sont convaincus que ça sera une autre lettre à la poste. Et puis, contre toute attente, la machine se grippe. Ce qui devait être du beurre dans la poêle se transforme en patate chaude.

Parions qu’avec le projet de réforme du stationnement qu’il veut nous enfoncer de force dans la gorge, Philipe Tomlinson verra sa bourde s’ajouter à sa collection de bévues. Mais on y reviendra après l’assemblée publique du 19 juin à laquelle nous sommes tous conviés pour contester cette réforme improvisée.

Pour le moment, notons qu’au cours de la dernière année, le tyranneau d’Outremont s’est fait prendre plus d’une fois à son petit jeu. On dirait qu’il n’a pas encore réalisé que lorsqu’on lance un boomerang et qu’il n’atteint pas son but, il nous revient derrière la tête.

Pensons à l’incroyable saga de l’îlot Saint-Viateur. Il aura suffi qu’un rapport confidentiel fasse l’objet d’une fuite pour que Tomlinson se retrouve dans l’eau bouillante avec son projet secret de synagogue sur un terrain public. Pour ne rien arranger, sa dénégation des faits ne l’aura qu’éclaboussé davantage.

Parfois, les tours de passe-passe aux relents de favoritisme ne sont pas aussi visibles aux yeux des citoyens, mais ils peuvent devenir aussi emmerdants que les mouches à chevreuil.

Il y a 14 mois, personne n’avait eu vent de cette dérogation que Mindy Pollak, conseillère de Projet Montréal, a fait voter en dépit du refus unanime du CCU. Grâce à ce vote douteux, les propriétaires du 367 Querbes qui sont membres de la famille du nabab Michael Rosenberg allaient pouvoir agrandir leur maison dont la superficie au sol dépassait déjà largement le maximum autorisé. Au diable le règlement de zonage

Personne ne peut le jurer, mais plusieurs se demandent si le grand manitou hassidique aurait pu intervenir pour aider un membre de sa famille à obtenir cette dérogation qui va à l'encontre des règlements. Au mieux, il y a apparence de conflit d'intérêts. 

L’équipe Tomlinson croyait probablement que le bon peuple n’y verrait que du feu. À tel point que le 9 avril 2018, fendant et condescendant à souhait, Philipe Tomlinson n’a même pas jugé utile d’expliquer pourquoi il retournait comme une crêpe le verdict unanime des spécialistes de l'urbanisme, de l'aménagement, de l'architecture, de l'ingénierie et du patrimoine qui s’étaient prononcés contre le projet d’agrandissement. (Lire ma chronique Les largesses de Mindy) 

Affaire bâclée, affaire classée!, pourraient penser certains politiciens. Tut! Tut! Tut! Pas si vite. Depuis cette séance pipée, des citoyens se sont penchés sur le dossier et sont revenus à la charge à au moins trois autres occasions au fil des mois.

Pas plus tard que le 3 juin 2019, une résidente de la rue Querbes, voisine de l’immeuble litigieux, s’est présentée au micro avec la ferme intention d’ébranler le piédestal sur lequel les élus de Projet Montréal s’étaient juchés.

La citoyenne incommodée a égrené le chapelet d’articles de règlements que les élus semblent avoir allègrement bafoué dans cette affaire qui sent le népotisme.

De un, sans s’attarder au fait que ces travaux font fi de l’article 7.1 du règlement 1177 sur les normes minimales des marges latérales, elle a rappelé l’objection majeure et unanime qu’ont soulevé les membres du CCU. « Cet agrandissement contreviendrait carrément à l’article 7.12.1 du règlement de zonage qui prévoit que le pourcentage d’occupation au sol dans la zone où se la résidence du 367 Querbes ne peut pas dépasser 50 % de la superficie du terrain. Or la nouvelle dérogation porterait ce pourcentage à 57 %! »

De deux, l’article 5.3 du règlement 1177 stipule qu’une construction dérogatoire ne peut être agrandie que si l’ensemble de la construction respecte la réglementation d’urbanisme. Or, il s’avère que l’article 145.4 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme spécifie qu’une dérogation mineure ne peut être accordée que si elle pose un préjudice sérieux au demandeur ou si elle porte atteinte à la jouissance des voisins.

Depuis plus d'un an et demi, les voisins sont aux prises avec des déchets malodorants et poussiéreux en façade, sans parler des émanations toxiques, de la vermine et des rats. Ce chantier a un impact direct sur la vie des gens du quartier.


La plaignante a souligné que cette résidence compte déjà une
superficie de plus de 3500 pieds carrés et que son agrandissement irait à l’encontre du plan d’urbanisme de l’arrondissement qui préconise le verdissement et la réduction des îlots de chaleur. C’est sans compter que l’extension de la maison augmentera la charge en béton et en briques et exigerait l’abattage d’un arbre mature. Tout cela constituerait une perte de jouissance pour les voisins.


 
Alors qu'on venait tout juste de lui lire l’article 145.4, Philipe Tomlinson a trouvé le tour de tout mélanger en affirmant que le conseil peut accorder une dérogation si cela peut améliorer le bien-être de la personne qui la demande. Non, mais, il le fait exprès ou quoi?

Il a fallu lui répéter que tout ce que peut contester le demandeur, c'est un refus qui lui causerait un préjudice sérieux. Seuls ses voisins peuvent invoquer la question de jouissance. Est-ce assez clair, maintenant? On dirait que Projet Montréal ne comprend ni du culte, ni de la tête! D’ailleurs, on se demande si le les propriétaires n'auraient pas invoqué un argument religieux pour justifier leur demande. On le saura peut-être un jour.

Étrangement, dans toute cette affaire, un élément n'a été soulevé par personne. Ni par le demandeur de la dérogation, ni par la Direction de l'aménagement urbain et patrimoine. La question du stationnement. Ben oui! Où donc le proprio va-t-il planquer sa voiture? C'est le b.a.-ba en aménagement urbain. Nous n'en sommes pas encore tout à fait à l'ère de la téléportation.

L'article 9.1.1 du règlement 1177 ne laisse place à aucune interprétation. «Un permis de construction ne peut être émis à moins que n'aient été prévues des cases de stationnement hors-rue ». Plus clair que ça, tu meurs! C'est à se demander si tout ce beau monde dormait sur la switch lorsque les propriétaires du 367 Querbes sont allés faire leur demande.

Pourtant, sur le site de l'arrondissement, on se vante d'avoir un service d'aménagement urbain qui dispose d'une «solide expertise en matière de gestion et de mise en valeur du territoire». On ajoute que son équipe «évalue les projets et délivre les permis en plus de veiller au respect et à l'application de la réglementation». Si ce n'était pas écrit noir sur blanc sur le site de l'arrondissement, on ne le croirait pas!

Après un premier coup d’œil aux plans déposés par les propriétaires, même le dernier des stagiaires du département aurait dû s'apercevoir que l'agrandissement demandé condamnait le garage de cette résidence. Même une Smart ne parviendrait pas à s'y garer, ce qui va totalement à l'encontre du règlement de zonage.


Une fois l'agrandissement complété, oubliez le garage. Il sera inutilisable pour y stationner une voiture.

Le plus surprenant, lors de la dernière assemblée du conseil fut peut-être d'entendre le directeur du service de l'aménagement urbain nous raconter qu'il attendait de recevoir le plan de localisation de la fondation qui a été coulée avant de réagir. Non, mais... pincez-nous. Cela doit faire plus d'un an et demi que M. Girard a en main les plans d'architecte détaillés sans lesquels aucun permis ne pouvait être délivré.

À l'extérieur, seule la dalle de béton des fondations de l'agrandissement a été coulée.

Aujourd'hui, puisqu'aucun mur de l'agrandissement planifié n'a encore
été érigé, il est temps pour la direction de l'aménagement urbain et patrimoine de sortir de sa torpeur et de faire appliquer sa propre réglementation. Ce n'est pas sorcier. Il suffit d'exiger la démolition de cette dalle de béton. Et tout rentrera gentiment dans l'ordre.

dimanche 28 avril 2019

POST-SCRIPTUM


À la suite de la chronique L'essence de la putrescence mise en ligne avant-hier, un  lecteur m'a fait parvenir un dessin que je ne pouvais garder pour moi tout seul. Il s'agirait de la version moderne du Passage de la mer Rouge qui a sauvé les Israélites de l'armée égyptienne.


Caricature de Awantha Artigala

Seul son auteur, un illustrateur sri-lankais attaché au Daily Mirror de Colombo, saurait nous dire s'il a croqué la scène juste après le passage des disciples d'Alex Werzberger, ce porte-parole de la secte satmar qui fréquente la synagogue-dépotoir juste derrière le YMCA de l'avenue du Parc.


Parlant de Werzberger, en 2010, je m'étais servi du célèbre récit biblique pour dénoncer le trafic d'alcool illégal qui avait lieu dans cette même synagogue délinquante ainsi que dans une autre synagogue satmar située au 6019 Durocher.



En dépit des reportages et des saisies effectuées par les forces de l'ordre, Werzberger niera fermement que des membres de la communauté hassidique soient impliqués dans une activité de contrebande d’alcool. Il soutiendra même que sa communauté était victime de harcèlement de la part de la police

https://drive.google.com/file/d/0B6jtz9R1OsdcY2Q4YmRiZWQtOGVlZS00ODVhLTlkZTAtMGZiY2YwYzE3ZjRi/view?hl=en
 Cliquer sur la photo ci-dessus pour zoomer

Malgré les photos croquées sur le vif devant la synagogue du 5555 Hutchison, le vieil Alex qui me poursuivait en justice avec les Rosenberg ira jusqu'à tenter de faire croire à l'honorable juge Claude Dallaire de la Cour supérieure du Québec que ces caisses de vin contenaient, en fait, des vieux livres sacrés inutilisables qui ne pouvaient, !גאָט פאַרווער (God Forbid!), être envoyés au dépotoir. Il fallait être sur place pour voir la tête de la juge.

Alex est un sacré farceur, mais je ne veux surtout pas vous en dire trop, car je pourrais être tenté de faire une troisième chronique sur la voyoucratie. Mais, de grâce, ne le dites à personne!

vendredi 26 avril 2019

L’ESSENCE DE LA PUTRESCENCE


Chaque printemps, c’est la même chose. La neige n’a pas encore disparu que déjà les perce-neige pointent. On serait aux petits oiseaux si seulement les ordures urbaines ne refaisaient pas surface au même moment.

Dans La Presse du 24 avril, un professeur en tourisme de l’UQAM est ahuri de voir le nombre de poubelles qui, au lendemain du congé pascal, débordent au parc Jarry. Comment, en effet, ne pas avoir la nausée à la vue de tous ces lieux publics jonchés d’immondices?

Mais il y a plus estomaquant encore. On constate que des institutions et des citoyens reproduisent ce même type de dépotoir… dans leur propre cour! Et cela, à longueur d’année. Ce n’est plus seulement un manque de fierté personnelle ou une absence de considération pour le voisinage, mais la création de foyers d’insalubrité publique aussi intolérables que nocifs.



Cour et ruelle Hutchison/du Parc au nord de Fairmount, le 17 mars dernier

Comment supporter un seul instant que des cours arrières et des ruelles de notre milieu de vie ressemblent à des soues à cochons qui se déversent comme une débâcle du printemps?

Dans son hallucinante auto­bio­gra­phie intitulée «Pourquoi moi? Ma vie chez les juifs hassidiques», mon ex-collègue Lise Ravary, convertie au judaïsme, racontait combien le tribunal rabbinique ultraorthodoxe semblait très préoccupé que ses enfants non-juifs puissent contaminer les aliments et les articles de cuisine cachère qui se trouvaient dans ses armoires. À tel point qu’il lui avait ordonné de les cadenasser. Or, quand on voit les montagnes de déchets contaminés qui pourrissent dans la cour et la ruelle de la synagogue qui se trouve juste derrière le YMCA du Parc, on s’étonne de la tolérance des principaux intéressés. On se demande où diable est allé se terrer le tribunal d’Abraham. Pauvre Lise qui espérait que son bouquin puisse contribuer à réhabiliter l’image sérieusement écornée des hassidim de Montréal! 


La synagogue-dépotoir du YMCA donne raison à Lise Ravary lorsqu’elle surnomme la Pâque juive «La fête des assiettes jetables», sauf que ça ne se produit pas seulement à la Pessa'h!

Car il faut bien le constater. Le 30 mars dernier, après qu’une citoyenne du Plateau ait mis sur Facebook une photo de l’état scandaleux de la synagogue, le maire du Plateau Luc Ferrandez a confirmé qu’il s’agissait bien d’une institution récalcitrante qui a collectionné les contraventions au fil des ans. Il parle de possibles recours légaux à l’encontre du pollueur dont les ouailles enjambent sans état d’âme les monticules de pourriture lorsqu’ils sortent par la ruelle.


La page Facebook où le maire du Plateau se montre très agacé par le comportement des administrateurs de la synagogue récalcitrante

Le 7 avril, un jobbeur de la synagogue-dépotoir a délesté dans la ruelle pas moins de 65 gros sacs de poubelles. Le dimanche suivant, il a extrait de cette cour infecte près de 90 sacs Glad. Comme ça, directement sur l’asphalte! Aucun conteneur, aucune mesure n’ont jamais été imposés par l’arrondissement pour empêcher la vermine de se faire une partouze.



Outre les quelque 90 sacs de poubelles mis à la ruelle le 14 avril, il semble que les ultra religieux de cette synagogue aient déversé une substance sur la chaussée qu'ils ont recouvert d'un produit absorbant. Belle job, les boys!

Aux dernières nouvelles, un ménage a été fait, mais pendant combien de semaines la situation demeurera-t-elle acceptable? En attendant, chapeau bas au maire Ferrandez!

Si encore il n’y avait que ce délinquant dans les parages. Ces derniers mois, une citoyenne d’Outremont s’est présentée à au moins deux reprises aux assemblées du conseil d’arrondissement pour se plaindre d’un problème majeur de gestion de poubelles dans la ruelle qui borde les rues Durocher et Hutchison, entre Van Horne et Lajoie.

Depuis 1 an et demi, cette résidente est aux prises à une infestation de souris et de rats dans son appartement de la rue Durocher. Elle a beau avoir englouti quelques milliers de dollars pour la dératisation, les exterminateurs lui disent chaque fois que tant que les gens autour de chez elle vont «domper» leurs déchets dans la ruelle à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, elle ne pourra pas se débarrasser des rongeurs à longue queue qui arpentent sa cuisine.


21 avril 2019: Couches souillées, sacs de plastique et contenants de styromousse jetés directement dans la ruelle Durocher/Hutchison entre Bernard et Van Horne. Miam! Miam!

Hélas! pour cette résidente assiégée, la conseillère de Projet Montréal de son district outremontais ne semble vraiment pas préoccupée par la vermine qui pullule. Aux dires de la citoyenne manifestement écoeurée, Mindy Pollak n’a même jamais daigné répondre aux courriels qu’elle lui a envoyés à ce sujet. C'est vrai que pour Mindy livrer un membre de sa propre communauté, ça ne se fait pas.
L’interdiction de dénoncer les agissements d'un de ses coreligionnaires à des autorités non juives lui vient du Talmud. Ça s'appelle la Mesira. Et croyez-moi, on ne badine pas avec ça.


21 avril 2019: Promenade à l'aube de ce beau dimanche de Pâques dans la ruelle Hutchison/du Parc, entre Bernard et Van Horne. À défaut d'une chasse aux cocos de Pâques, on peut se rabattre sur ces cacas de Pessa'h qui traînent là depuis au moins trois jours.

On ne se racontera pas d’histoires. Dans le district Claude-Ryan d’Outremont et en bordure du Plateau, le problème de la gestion des déchets domestiques et de l’insalubrité de nos ruelles résulte principalement des pratiques déplorables des administrateurs de quelques lieux de culte et de la négligence effarante de certains de leurs fidèles. À ceux et celles qui trouveraient mes propos absolument « politically incorrect » et nauséabonds, je suggère la description qu’en a faite Joseph Rosen, un journaliste juif qui habite le Mile-End et qui, en 2017, s’exprimait ainsi (ma traduction) dans le magazine The Walrus:
 

«Ayant vécu parmi les hassidim pendant plus de dix ans, ce ne sont plus les murmures divins que j’entends. Je sens plutôt les ordures. Les hassidim génèrent plus de déchets ménagers qu’il ne paraît humainement possible : au fil des ans, assis sur ma véranda, j’ai souvent été encerclé deux fois par semaine par des dizaines de sacs d’ordures... Presque tous [mes voisins] sont des hassidim. Au fil des étés, les déchets faisaient ce que doivent faire tous les déchets durant la canicule, ce qui laissait le trottoir inutilisable jusqu’à l’arrivée des camions, puis une flaque de lixiviat qui persistait jusqu’au lendemain. La puanteur envahissait le temps et l'espace... De temps en temps, je craignais que tous ces déchets hassidiques attirent des rats...»


Heureusement, chaque année, des corvées de propreté sont organisées par des citoyens qui souhaitent améliorer leur milieu de vie et l’environnement. Justement, à Outremont, il y en a deux au programme. L’une se tient le 27 avril dans la ruelle Champagneur/Bloomfield et une autre est prévue pour le 5 mai.


Si vous souhaitez vous limiter à la photo souvenir et vous tourner les pouces dans des gants de chevrette comme l’avait superbement fait la conseillère Mindy Pollak en 2017, je vous suggère de faire acte de présence à la corvée de la ruelle Champagneur. Vous n’aurez même pas une crotte de raton-laveur à ramasser.


La ruelle Champagneur/Bloomfield, entre Bernard et Lajoie, telle qu'elle se présentait le 22 avril 2019. On repassera pour les perce-neige, mais au moins pas l'ombre d'un détritus!

Par contre, si vous n’y participez pas pour la frime ou pour la photo promotionnelle des élues, rendez-vous plutôt dans les ruelles Durocher et Hutchison, le 5 mai prochain. Mais dépêchez-vous. En date d'aujourd'hui, sur les 100 places disponibles, il n'en reste que... 96!


21 avril 2019: Easter eggs & Tim Horton avant la Résurrection?

Vous serez certes fourbus à la fin de l’exercice, mais vous n’y serez pas allés pour rien. Vous pourriez même répéter l'exercice à souhait. Avant de venir à bout des déjections emballées et autres fientes industrielles, vous en auriez pour un sapré bout de temps. Garanti!

Pour vous donner le goût de devenir le Bon Samaritain de la parabole et vous permettre de prouver que vous aimez vraiment votre prochain comme vous-même, allez donc faire un tour dans le bout de ruelle derrière chez Mindy Pollak. Déjà qu'elle ne peut pas nous serrer la main, la conseillère de Projet Montréal ne s'abaissera probablement pas pour jouer dans le caca, mais elle vous regardera sûrement avec admiration pour votre dévotion.

21 avril 2019: L'état de la ruelle et d'une cour tout près de la résidence de Mindy.

Une p'tite dernière avant de se quitter? OK, d'abord. Mais c'est la dernière pour ce soir.




samedi 20 avril 2019

LA VOYOUCRATIE - Partie 2


Dans la poursuite qu’ils m’avaient collée aux fesses en septembre 2008, Michael Rosenberg et son fils Martin se décrivaient comme «des hommes d'affaires très considérés». (well respected businessmen) Michael trouvait mes dénonciations particulièrement odieuses à son égard, lui qui estimait «consacrer temps et énergie à la création d'harmonie (sic!) et de compréhension entre les différentes communautés (resic!) qui coexistent à Montréal ». Excusez-moi une seconde, je m’étouffe!

Les citoyens d’Outremont qui auront vu comment a manœuvré le «respectable» homme d’affaires pour tenter de s’arroger à la sauvette le droit d’implanter une synagogue de 10 000 pi2 sur l’avenue Bernard se demanderont s’il s’agit bien du même homme.



Martin et Michael Rosenberg, deux citoyens «respectables»


Au rayon de l’acoquinage, du grenouillage politique, des coups fourrés, de la délinquance, de l’hypocrisie et de la mauvaise foi, les Rosenberg en connaissent un bail.

À elle seule, la saga de l’îlot Saint-Viateur soulève la suspicion sur des tractations secrètes qui auraient amené Projet Montréal à permettre qu’une synagogue s’installe sur ce terrain public. Les soupçons qu’un accord de coulisse ait pu intervenir entre les promoteurs immobiliers ultraorthodoxes et Projet Montréal sont devenus encore plus accablants le 27 février dernier.

Ce soir-là, à la sortie du Théâtre Outremont où le maire Tomlinson avait tenté de faire gober au bon peuple qu’il n’avait pas le choix d’avaliser l’implantation d’une nouvelle synagogue sur l’avenue Bernard, des citoyens se sont retrouvés face à face avec M. Rosenberg qui leur a avoué qu’il souhaitait depuis longtemps pouvoir aménager une synagogue sur l’îlot Saint-Viateur. 


Des fonctionnaires de l’arrondissement ne sont nullement surpris par cet aveu. Depuis que le Club de curling a fermé ses portes en 2006, ils soutiennent eux-mêmes que cela fait une bonne dizaine d’années que la famille Rosenberg cherche la façon de pouvoir y ériger un lieu de culte pour une des sectes hassidiques.

Le maire peut bien jurer du contraire, le rapport Brodeur Frenette est on ne peut plus explicite sur les intentions inavouées de l’administration Projet Montréal. Ses démentis ne sont absolument plus crédibles.

Pour en revenir aux membres de la dynastie Rosenberg, s’ils en étaient à leurs premières violations des règlements municipaux, certains pourraient avoir envie de passer l’éponge.

C’est d’ailleurs ce que s’est empressé de faire Projet Montréal depuis qu’il a été élu à Outremont. Outre la «passe» de la nouvelle synagogue du 1260 Bernard, Tomlinson et ses trois conseillères ont décidé, le 9 octobre 2018, de faire une autre courbette devant le magnat de l’immobilier. 


Bien que Michael Rosenberg ait fait installer des antennes de télécommunication sur le toit de l’immeuble du 1290 Bernard en contravention flagrante du règlement de zonage, le 9 octobre 2018, Projet Montréal a ordonné au contentieux de la Ville de Montréal de se désister de cette poursuite (voir document page 8)  et de clore le dossier. Contrairement aux élus, les antennes illégales, elles, resteront debout!

L'ordre du jour contenant l'ordonnance de désistement des poursuites contre Rosenberg.

Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est que Michael Rosenberg montre tout son mépris à l’égard des élus, des fonctionnaires, des inspecteurs municipaux et des citoyens.

À lui seul, le chantier de la synagogue controversée du 1260 Bernard a forcé l’arrondissement à interrompre les travaux illégaux à plusieurs reprises, sans parler des accrocs à la sécurité des résidents de l’immeuble. Depuis 2016, les inspecteurs ont été forcés d’intervenir pas moins de 52 fois sur le chantier. Ce qui n’a pas empêché le président de Rosdev de dire, en entrevue: «Ils ne savent pas de quoi ils parlent.». Oh yesss?


1260 Bernard: murs lézardés et étages complètement dégarnis... avec pas de permis!

Hélas, en matière de rénovations sauvages, de délinquance et de négligence, la mauvaise réputation de Rosenberg n’est plus à faire. Pour s’en convaincre, pas besoin de se rendre en Ontario où, en 2010, son gigantesque complexe de L’Esplanade Laurier était qualifié par le Business Journal comme «l’un des plus décrépits du centre-ville d’Ottawa».

Il suffit d’un simple tour d’horizon dans un rayon de moins de 700 m au sein de notre propre quartier pour constater combien le promoteur immobilier s’est surpassé au fil des ans pour se foutre du peuple et des élus avec sa légendaire arrogance.

En 2010, comme si ça ne lui suffisait pas d’emmerder les fonctionnaires de la capitale canadienne, Michael Rosenberg faisait aussi suer les élus du Plateau et le voisinage avec, entre autres, un de ses immeubles au coin des rues Van Horne et du Parc.

En plus d’être une plaie lépreuse dans le quartier, l’immense bâtiment de quatre étages laissé à l’abandon attirait graffiteurs et ados en mal d’aventures périlleuses. Radio-Canada nous avait appris qu'en à peine deux ans, les fonctionnaires de l’administration de Luc Ferrandez avaient dû émettre six avis de non conformité à son encontre. Quant aux inspecteurs, ils avaient été forcés d’intervenir pas moins d’une trentaine de fois.


1) L’édifice dont les fenêtres doivent être changées  2) Enfin, on dirait que les fenêtres s'en viennent 3) Eh, non! Tout a été démoli.

Après avoir demandé une autorisation (une fois n’est pas coutume!) pour faire remplacer les portes et fenêtres de cet édifice industriel, le seigneur des taudis s’était littéralement payé la tête des élus de Projet Montréal.
Ne se souciant guère du fait que sa demande ait requis à la fois l’argent des contribuables, le temps et l’expertise de plusieurs experts qui ont étudié, puis approuvé le projet, le président de Rosdev a laissé pourrir son immeuble pendant quatre années supplémentaires avant de le… démolir. Il avait même berné Alex Norris, le conseiller de la Ville pourtant reconnu pour être très empathique vis-à-vis des leaders hassidiques.



Quelques années plus tôt, Rosenberg & Son avaient sérieusement ambitionné sur le matza béni à leur synagogue familiale du 5253 Hutchison. De 2003 à 2008, ils ont mis les fonctionnaires, les pompiers et les policiers sur les dents, en plus d’exaspérer les habitants de cette rue résidentielle.

À la synagogue de la famille Rosenberg, c'est le jeu du chat et de la souris. Les inspecteurs ferment le chantier à plusieurs reprises pour se rendre compte que chaque fois, les Rosenberg passent derrière eux pour arracher les ordonnances. À droite, quelques jours après une nouvelle fermeture de chantier, les jobbeurs en profitent pour travailler la veille du Jour de l'An alors que les inspecteurs sont en congé.

À l’époque, comme aujourd’hui, Michael et Martin Rosenberg se foutaient des règlements municipaux comme de leurs premières couches. À quatre ou cinq reprises, père et fils ont bafoué les ordonnances de fermeture de chantier placardées sur leur synagogue par les inspecteurs qui s’y sont rendus des dizaines de fois. Le 21 décembre 2004, le responsable du chantier illégal (son nom n’est pas révélé dans le rapport d’inspection) a même cherché à corrompre un inspecteur en lui offrant une somme d’argent s’il fermait les yeux.


Extrait de la page 7 du rapport d'inspection concernant les travaux illégaux à la synagogue du 5253 Hutchison

Au fil des ans, Michael et Martin Rosenberg ont eu la brillante idée de commettre une partie de leurs délits devant ma fenêtre de salon. Je les en remercierai éternellement. D'autant plus qu'après avoir menti éhontément sur leur implication dans les travaux illégaux qu'ils exécutaient impunément, l'Honorable juge Claude Dallaire de la Cour supérieure du Québec leur a administré une dégelée magistrale dans un jugement de toute beauté que je vous recommande.

Extrait du jugement: [291] Selon la preuve dont disposait le défendeur, il était justifié d’affirmer que Michael Rosenberg était en apparence plus impliqué dans les rénovations de la synagogue du 5253 Hutchison qu’il ne voulait bien le faire croire. Il en va de même pour son fils Martin. C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle en arrive la juge Ouimet[4]. Comment expliquer autrement qu’ils y soient filmés, donnant des instructions aux ouvriers qui y font des travaux s’ils n’ont rien à faire avec cet endroit?

Le plus extraordinaire dans l’histoire, c’est qu’à cette époque, Michael Rosenberg siégeait au Comité consultatif permanent des relations intercommunautaires d'Outremont.

Non, mais, pensez-y deux minutes. Ce multirécidiviste (avec foi, mais sans loi!) faisait partie de ces «sages» chargés à la fois de multiplier les occasions de rapprochement entre les différentes communautés, de concevoir des campagnes d'information visant à favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les différentes communautés ethniques, culturelles et religieuses sur le territoire, d’étudier les demandes d'accommodements raisonnables et, tenez-vous bien, d’organiser des conférences, sur les valeurs qui gouvernent chacune des communautés. Allô, les valeurs! 


Sinon, tout va très bien, Madame la Rebbetzin*. Enfin, presque. Quelque chose tique encore dans le projet du nouveau campus Outremont qui prend forme sur l'ancienne assise de la gare de triage.

Nous avons appris que Michael Rosenberg se ferait encore tirer l'oreille pour l'expropriation d'un immeuble qui lui appartient. D'ici à ce que la Ville trouve un terrain d'entente avec lui, les travaux de construction de l'Avenue Thérèse-Lavoie-Roux sont stoppés indéfiniment entre la rue Hutchison et l'Avenue du Parc. 

L'immeuble appartenant à Rosdev qui doit être rasé pour permettre à l'Avenue Thérèse-Lavoie-Roux de déboucher sur l'Avenue du Parc. À droite, en pointillés rouges, le tronçon problématique entre Hutchison et Parc.

Cela dit, les consommateurs de matsoth, ces pains sans levure consommés pendant la Pâque juive, n'ont rien à craindre. Il n'y aura pas de pénurie cette année puisque pour les manutentionnaires hassidiques, c'est business as usual. Assis sur leurs chariots-élévateurs, ils entreposent la précieuse denrée dans l'immeuble litigieux qui, pour l'instant, a toujours pignon sur rue en plein milieu de l'Avenue Lavoie-Roux.

Joyeuses Pâques à tous et toutes! 


* Rebbetzin: l'épouse d'un rabbin en yiddish

 

dimanche 3 mars 2019

LA VOYOUCRATIE - Partie 1


Le 27 février dernier, si vous étiez parmi les quelque 120 citoyens à assister à la séance d’information formatée par Philipe Tomlinson, vous avez peut-être été sensible à son invitation au dialogue. Le maire qui déteste supposément la désinformation, les accusations et le conflit dit souhaiter désamorcer les tensions avec nos voisins hassidiques. Comment? «Il faut créer des opportunités de rapprochements», dit-il.

On ne peut pas être contre la vertu, mais dites-nous une chose. Qui sont ces voisins hassidiques avec lesquels nous pouvons communier? Au Théâtre Outremont, on en a compté tout au plus une dizaine, dont une seule femme.

La moitié des hassidim présents étaient des visages archiconnus de la communauté. Outre Martin Rosenberg et son grand-père David (le fondateur de la multinationale milliardaire Rosdev), on pouvait apprécier la présence de Max Lieberman, de Mayer Feig et de Sam Muller, trois lobbyistes intégristes hyperactifs. 


Il manquait bien Hersber Hirsch au spectacle, mais Alain Picard, ancien journaliste devenu relationniste utilitaire de la secte a eu la brillante idée de remplacer l'ancien fraudeur par sa... sœur! C'est elle qui a tant ému le public en livrant son vibrant hommage à la culture québécoise et à sa si belle langue nationale. J'ai appris, ce soir-là, que l'on pouvait être lobbyiste de sang comme d'autres sont frères de sang!

S’il suffisait, pour entreprendre un dialogue, de tendre la main et de se frotter à ces agents politiques qui se comptent sur les doigts d’une main, on pourrait imaginer que la réconciliation soit possible. Mais savez-vous seulement qui ils sont?

C'est en partie grâce au faux témoignage de Max Lieberman que David Ranta écopera d'une peine de 37 ans et qu'il croupira en prison près d'un quart de siècle pour un crime qu'il n'a jamais commis.
 

Puisqu'il a été le premier à intervenir au micro, le 27 février dernier, faites aujourd'hui connaissance avec Menachem, alias Max Lieberman. Comme on dit par chez nous: «Premier arrivé, premier servi!» 

Avec son sourire Pepsodent, ses pommettes roses et son air de chérubin, Max dégage la bonhommie et l’ouverture. Hélas, il arrive que les apparences soient trompeuses.

Le vrai visage de Max Lieberman: il y a un monde entre le côté angélique qu'il affiche dans les grandes occasions et le pitbull agressif qu'il peut être sur la rue. À droite, le 20 février 2011 alors qu'il agressait et intimidait une femme qui militait pour la tenue d'un référendum sur la rue Hutchison. 

Élevé à Brooklyn au sein de la très rigoriste secte Satmar, Lieberman est partisan de la peine de mort, d'une justice implacable et de longues peines de prison. En 1990, il a été servi.  À la suite de l’assassinat d’un rabbin de sa secte, Max avait déclaré avoir vu l’accusé assis dans une voiture près du lieu du crime. Il l’avait même faussement identifié lors d’une parade d’identification. Son faux témoignage contribua à faire condamner le peintre en bâtiment qui ne sera innocenté que 23 ans plus tard. Avouez que comme premier faux pas, c'en est tout un.

D'aucuns diront que c’est de l’histoire ancienne, qu’il faut donner la chance à un jeune de se racheter et de tourner la page. Soit. Je veux bien. Le problème, c'est qu’au moment même où vous lisez ces lignes, notre cher Max fait l'objet d'une poursuite pour une fraude de 310 688 $ qu'il aurait commise avec deux de ses acolytes.

 
En deux mots, Stryker Canada Holding Company,
une société de technologie médicale offrant toute une gamme de dispositifs médicaux a fait affaire avec Medca et 3997413 Canada Inc, deux distributeurs d'équipement médical dans lesquels a longtemps trempé Max Lieberman.


Après avoir acheté des équipements de Stryker pour plusieurs centaines de milliers de dollars, Lieberman, alors directeur et président de Medca, aurait transféré tous les actifs de l'entreprise à 3997413 Canada Inc dont il était le représentant. Ce petit tour de passe-passe a transformé Medca en une coquille vide, ce qui aurait permis à nos trois larrons de tromper et de frauder allègrement le fabricant Stryker.

Je vous épargne les mesures dilatoires imaginées par le trio pour empêcher Stryker de récupérer son dû malgré deux jugements prononcés antérieurement. Vous découvrirez leurs entourloupettes en lisant la requête déposée par l'entreprise escroquée. 

Quand on sait qu'avec son pote Mayer Feig, Max est administrateur de Hatzoloh , ce service médical d'urgence qui vient en aide aux communautés juives du monde, il est cocasse de découvrir d'où vient peut-être son attirance pour les fournitures médicales. 

C'est avec un type comme lui que Tomlinson et Projet Montréal  négocient ce qui est bon pour l'ensemble des citoyens d'Outremont? C'est avec lui qu'il nous faudrait entamer de bonnes relations de voisinage? Vous voulez rire, j'espère! 

Jamais je ne goberai un traitre mot qui sort de la bouche de cet homme. Surtout pas quand il nous raconte que la nouvelle synagogue de 7 000 pi2 de Rosenberg sera destinée à n'être qu'une simple «synagogue dépanneur». 

Imaginez ça. La Synagogue Couche Tard ! Un peu plus et on croira  que ça respectera le caractère commercial que nous souhaitons préserver pour l'avenue Bernard. Sacré Max, va!