dimanche 22 janvier 2012

NOTRE HOMME À MONTRÉAL

Jeudi dernier, en lisant Le Devoir, j'ai failli m'étouffer. La journaliste Kathleen Lévesque nous révélait que le spectre cauchemardeux de Dimitri Soudas, l'ancien directeur des communications de Stephen Harper, hantait l'Hôtel de Ville de Montréal. Le nom de ce mercenaire de l'extrême droite conservatrice était évoqué pour occuper le poste de directeur général à la Ville, vacant depuis la démission de Louis Roquet, juste avant Noël. Une telle nomination viserait à accentuer la mainmise du réseau conservateur sur l'administration montréalaise.

Pincez-nous! Pour se maintenir en poste, Gérald Tremblay a-t-il besoin de voir l'hôtel de Ville encore plus noyauté par les apparatchiks
traditionalistes de certaines communautés? N'y a-t-il pas déjà suffisamment de marionnettistes pour tirer les ficelles au bout desquelles est suspendu le maire pantin? Si Tremblay devait rajouter une couche bleu allianciste à Union Montréal, il n'aura plus le choix de parler de l'admistration Applebaum - Tremblay. Selon la journaliste du Devoir, la décision sera vraisemblablement discutée demain (lundi), quelques heures avant la tenue de l'assemblée mensuelle du conseil municipal.

Passons sur les
«liens étroits» qu'entretiennent Applebaum et le faucon conservateur Saulie Zajdel. À l'élection municipale de 2009, un représentant de la communauté hassidique est venu s'ajouter au lobby ultrareligieux. Lionel Perez s'est fait élire sous la bannière d'Union Montréal dans le district Darlington de Côte-des-Neiges — Notre-Dame-de-Grâce.

À l'époque, la relative discrétion de Me Perez avait fait en sorte qu'il était passé sous l'écran radar. À tel point que nous n'avions même pas su l'identifier sur la photo du 20 octobre 2009 publiée sur Theshteeble, le site d'une communauté juive qui le décrivait comme «Our man Lionel».

Lionel Perez, fortement impliqué dans la communauté hassidique, était donc de cette rencontre secrète et inavouable avec le maire Tremblay. Nous vous le présentons aujourd'hui officiellement comme le # 9 sur cette photo que nous avons sortie des boules à mites le 11 janvier dernier à la suite des révélations de TVA sur l'étrange subvention de 20 000$ que la Coalition d'organisations hassidiques d'Outremont (COHO) a touché en pleine campagne électorale pour «combattre la pauvreté dans l'arrondissement».

Dans le cadre de ce reportage, M. Alex Werzberger, le porte-parole hassidique, avait affirmé que cet argent aurait permis à des gens de la communauté ultraorthodoxe de se lancer en affaires. Il est intéressant de remarquer que Lionel Perez est un avocat spécialisé en droit corporatif et co-fondateur de
CorporationCentre.ca, une entreprise offrant, en ligne, toute une panoplie de services d'aide au démarrage de PME.

Par ailleurs,
au sein d'Union Montréal, M. Perez occupe le poste de vice-président de la commission sur l'examen des contrats. Or que nous apprend un ancien organisateur conservateur interviewé par Kathleen Lévesque? Que la mise en place d'un réseau d'influence du Parti conservateur pourrait servir à «être dans la circulation des contrats». Ayoye! Évidemment, comme on dit dans les films, toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé ne serait que purement fortuite.

Peut-on affirmer que M. Perez a des accointances avec le régime Harper? Nous n'avons pas de preuves de cela. On sait cependant que son coreligionnaire Michael Rosenberg (# 2) photographié à ses côtés (voir ci-haut) est, à la fois,
un des contributeurs assidus au financement du parti du maire de Montréal, Gérald Tremblay et un pilier politique du Parti Conservateur dans Outremont (cliquez ICI et écoutez le reportage diffusé au téléjournal de Radio-Canada).

Toute cette nouvelle effervescence nous a permis d'allumer et de faire des rapprochements que nous n'avions jamais pensé faire en 2007 lorsque les administrateurs de la synagogue du 5253 Hutchison étaient parvenus, sous de fausses représentations, à prendre possession de l'appartement du 2e étage pour le transformer en soi-disant «salle de prière».

Dans la soirée du 1er septembre 2007 et durant toute la journée du lendemain, nous avions assisté à une course contre la montre des administrateurs de la synagogue de la famille Rosenberg. Il fallait terminer l'aménagement du 2e étage avant l'inauguration qui aurait lieu le surlendemain.

Pour superviser l'arrivée et le montage de 12 lourdes bibliothèques à l'étage, un individu bien particulier avait fait son apparition.

Portant kippa et tsitsit, un homme court et particulièrement ventripotent avait fait le pied de grue durant toute la soirée et la journée du lendemain. Nous croyons aujourd’hui qu’il s’agissait de nul autre que Lionel Perez.

Cliquer sur la photo et voyez deux prises de vue

Certains soutiendront qu'il n'est pas possible qu'un avocat se prête au jeu des concierges-contremaîtres. La remarque est tout à fait pertinente, mais quand on se souvient que l'homme est un lobbyiste de la communauté hassidique d'Outremont et que le service est rendu à la famille du puissant Michael Rosenberg, la besogne prend un tout autre sens.

Mais est-ce bien notre homme?

Il est vrai que ces dernières années, M. Perez a connu une métamorphose qui ferait envie à n'importe quelle chrysalide qui rêve devenir papillon. Mais voyez par vous même. Observez la démarcation des cheveux, la forme du front, du nez, de l'oreille, et même le type de monture des lunettes. Maintenant, dites-nous qu'il ne s'agit pas de notre homme... à Montréal.


mercredi 11 janvier 2012

LA MANNE ÉLECTORALE

Vous vous en souviendrez peut-être. Le 1er novembre 2009, jour du scrutin municipal, l'attaché de presse de Gérald Tremblay affirmait à ruefrontenac.com que le maire avait assisté à une célébration à la synagogue de la Congrégation Amour pour Israël le 28 octobre, mais il avait nié qu'il y avait eu une rencontre privée entre les leaders de la secte hassidique et le maire.

À la suite de cette dénégation formelle, je m'étais fait un devoir et un plaisir de publier cette photo «incriminante» montrant Gérald Tremblay (# 3) posant dans cette même synagogue aux côtés des dirigeants Michael Rosenberg (# 2), Alex Werzberger (# 4) et le porte-parole Mayer Feig (# 5), le... 20 octobre 2009!

C
e n'était pas la première fois, mais bien la deuxième fois en à peine une semaine que le maire avait ressenti le besoin pressant d'aller engranger des votes auprès de ses partisans intégristes d'Outremont.

À l'époque, j'avais écrit sur mon blogue:
«Qu'ont-ils pu exiger des élus en panique en échange du plein de votes hassidiques?».

Ce n'est que mardi soir, en écoutant le TVA Nouvelles que nous avons peut-être eu un début de réponse à cette question. Le journaliste Yves Poirier nous apprenait que
la Coalition d'organisations hassidiques d'Outremont (COHO) a touché 20,000$ en 2009, quelques semaines (sinon quelques journées) seulement avant le jour des élections, pour
«combattre la pauvreté dans l'arrondissement». La pauvreté, hein?

Pour dissiper tous les doutes, qui pouvait-on trouver de mieux qu'Alex Werzberger, le président de l'organisme qui a reçu cette somme à la fin de la campagne électorale?

Aux dires du porte-parole hassidique, cet argent aurait permis à des gens de la communauté ultraorthodoxe de se lancer en affaires. Et c'est sans ciller des yeux que M. Werzberger (photo ci-contre) a invité le journaliste à aller filmer la boulangerie Cheskie qui aurait profité d'une partie de cette somme.

Attendez! Cheskie aurait reçu sa part du 20,000$ en 2009 pour démarrer son entreprise qui a pignon sur rue depuis... 2004? Faudra m'expliquer ça. Peut-on démarrer son entreprise rétroactivement, maintenant? En passant, rappelons que le propriétaire de la célèbre boulangerie habite une cossue résidence de l'avenue Wiseman évaluée à 935,000$!


Lorsque le journaliste demande à M. Werzberger si des entreprises ont vu le jour grâce à ce programme, le président du COHO semble vaciller:
«Oui, ça existe.» Combien d'entreprises? Hésitant le dirigeant Satmar lance un chiffre qu'il semble sortir de nulle part: «Ummmmm! 20, 25». On repassera pour la précision du responsable de cette somme que le conseil exécutif de la ville lui a confiée. En clair, si M. Werzberger dit vrai, cela voudrait dire que les «nouveaux» entrepreneurs religieux auraient reçu 800 beaux dollars chacun pour se lancer en affaires dans la vie. Méchant boost pour une entreprise qui démarre, non?

C'est la conseillère municipale indépendante du district Joseph Beaubien d'Outremont, Céline Forget (cliquer ICI pour accéder à son site), qui a soulevé le doute sur la démarche par laquelle ce 20,000$ aurait été accordé à la COHO en pleine campagne électorale. Mme Forget en dit plus long lors d'une entrevue accordée mercredi à l'émission Dutrizac. Cela vaut la peine de l'écouter.

On y apprend qu'en pleine campagne électorale de 2009,
l'organisme de M. Werzberger a reçu une subvention quatre fois plus importante qu'en 2010 et 2011. Par ailleurs, dans les documents obtenus par le truchement de la loi de l'accès à l'information, nous ne trouvons aucune trace d'un compte-rendu permettant de savoir de quelle façon les deniers publics ont été dépensés par la COHO. Ça laisse perplexe.

Il reviendra maintenant au vérificateur général de statuer sur la légitimité du processus de cette subvention accordée à même nos impôts. Ah! Seigneur. Encore un autre dossier à suivre.

lundi 2 janvier 2012

LA GRANDEUR D'ÂME DES RADICAUX

En Israël, ces derniers temps, le moins que l'on puisse dire, c'est que le torchon brûle entre les sectes ultraorthodoxes et la population laïque.

Le 27 décembre 2011, après avoir appris à la télévision que
Naama Margolese, une petite fille de huit ans était terrorisée par des intégristes hassidiques, plus de 3 000 Israéliens laïcs sont descendus dans les rues de Beit Shemesh pour dénoncer l'intimidation faite aux femmes et les mesures prises par les fanatiques religieux pour instaurer la ségrégation des sexes dans les lieux publics.

L'enfant se faisait cracher dessus et traiter de pute par des hommes ultrareligieux qui l'accusaient de ne pas être vêtue suffisamment modestement pour se rendre à l'école. La situation a même forcé l'intervention publique du premier ministre Netanyahu.

Cliquer sur la photo de la jeune Naama pour visionner le reportage télévisé qui a fait scandale.


Comme s'il n'y avait pas suffisamment d'huile sur le feu, l
e 31 décembre, une autre secte hassidique
en mal de provocation a semé l'émoi en organisant une manifestation qualifiée d'odieuse et d'ignoble par l'ensemble de la population juive.

Nous connaissons tous cette photo dramatique du petit garçon du ghetto de Varsovie, mains en l'air sous la menace d'une mitraillette allemande.

Eh! bien,
avant-hier soir, des milliers de fanatiques ultraorthodoxes ont défilé bruyamment dans Jérusalem en arborant l'étoile jaune. Certains revêtaient la tenue rayée des déportés des camps d'extermination nazis.

Cliquer sur la photo de l'enfant à l'étoile jaune pour visionner le reportage CHOC du journaliste Charles Enderlin


Vous ne le croirez peut-être
pas, mais ces hassidim manifestaient en soutien à l’un des leurs condamné à une peine de prison. Le pauvre intégriste avait pourtant simplement mis le feu à un magasin de musique qui ne lui plaisait pas!

J'entends déjà les
Thomas Mulcair, Gérald
Tremblay, Marie Cinq-Mars, Alex Norris arguer que ce qui se passe au sein des communautés hassidiques d'Israël ne les concerne pas et que, de toute façon, les dirigeants hassidiques du Mile End et d'Outremont n'ont rien en commun avec les «Craignant Dieu» antisionistes d'Israël.

Vraiment? Au risque de faire perdre leur belle innocence à Thomas, Gérald, Marie et
Alex, nous sommes forcés de leur apprendre que même à Montréal, nos bons leaders hassidiques manifestent eux-mêmes pour des causes tout aussi indéfendables que celle de leur congénère pyromane de Jérusalem.

Vous ne nous croyez pas? Pas plus tard que le 23 novembre 2011, une de ces manifestations de soutien pour le moins controversées s'est tenue ici même sur la rue Hutchison. Selon le compte-rendu de l'événement, au-delà de 2000 personnes se sont réunies au 6600, rue Hutchison dans une grande salle baptisée Espace Réunion.

Que pouvaient bien faire là 2000 hassidim? Ils y faisaient leur
Pidyon Shvuyim. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce commandement de la Torah, le Pidyon Shvuyim est le devoir «imposé» aux croyants juifs de libérer tout Juif qui serait détenu par des Gentils (non-juifs).

Le 23 novembre dernier, ce n'était pas pour n'importe quel Juif que nos concitoyens hassidiques faisaient une levée de fonds.

Tout ce beau monde re
muait ciel et terre pour faire libérer Sholom Rubashkin, un «vibrant pilier» d'une communauté ultraorthodoxe des États-Unis tombé en disgrâce après avoir été récemment déclaré coupable de 86 chefs d'accusation de fraude pour des dizaines de millions de dollars et condamné à 27 ans de prison.


Cliquer sur la photo pour de l'information provenant d'un site opéré par
© Yehudim Neged Chabad (Jews Against Chabad)


La famille Rubanshkin est par ailleurs tristement célèbre pour la maltraitance des animaux de ses abattoirs cachers de Postville (Iowa), et pour les abus et la négligence à l'égard de ses employés. C'est, bien sûr, sans compter les condamnations pour parjure et on en passe.

Bref, nos autorités hassidiques ont été touchées par la guigne qui s'est abattue sur leur malheureux coreligionnaire.

Évidemment, un tel
Torah-thon, ça se prépare un peu d'avance. Déjà, le 26 septembre 2011, Simcha Rubashkin, le fils du célèbre fraudeur concoctait le rallye au restaurant Pizza Pita, de Montréal en compagnie d'un loubavitch et d'un satmar de la métropole.

La veille de l'événement, soit le 22 novembre 2011, les hautes instances du lobby hassidique d'Outremont mettaient la touche finale à la grande collecte du lendemain soir.

Dans le grand salon de la résidence de l'homme d'affaires Jack Gestetner sur l'avenue de l'Épée, devinez quel personnage connu du Montréal hassidique s'activait fébrilement pour la juste cause. Ben oui! C'était nul autre que notre bon ami Mayer Feig.

Avec ses compagnons sectaires, Mayer devait extirper des mains de la justice non-juive ce pauvre
Rubashkin qui avait eu le malheur de se faire attraper en plein délit de concupiscence.

Cliquer sur la photo ci-contre pour voir d'autres prises de vue et commentaires de disciples hassidiques

Mayer, tous les amis de la rue Hutchison te souhaitent bonne chance dans ta démarche pour faire libérer ce pieux homme que tu sembles avoir en si haute estime.
On reconnait bien là ton sens aigu de la justice et ta grande dévotion pour ton prochain.

Mais j'y pense, Mayer. Tu ne ferais pas un petit Pidyon Shvuyim pour me déprendre des griffes d'un non-gentil qui se croit tout permis? Je savais que je pouvais compter sur toi.

vendredi 23 décembre 2011

LES «EN-GEÔLEUSES» À VELCRO

La Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d’accommodement raisonnables a quatre ans. Pour l'occasion, il semble que nos autorités provinciale et scolaire aient décidé de fêter ça en grand.

Le 19 décembre 2011, c
'est Line Beauchamp qui a lancé les festivités du Carnaval de l'aplaventrisme. La ministre de l’Éducation a donné sa bénédiction à une école maternelle de Montréal qui a accepté qu'une petite musulmane porte des écouteurs antibruit pour ne pas être exposée à la musique ou au chant de ses petits camarades de classe (écouter l'entrevue de La commission Bazzo-Dumont, à 98,5FM).

Quand j'étais ado, c'étaient mes copines qui fréquentaient l'école des bonnes sœurs qui n'avaient pas le droit de s'asseoir sur les calorifères. Paraît qu'elles avaient le thermostat trop sensible et que ça pouvait leur dérégler le chauffage central. Aujourd'hui (on n'arrête pas le progrès!), c'est la
musique occidentale qui serait impure.

Remarquez que nous aurions pu nous en douter. Si notre musique athée peut perforer les tympans de nos enfants non pratiquants, imaginez-vous ce que ça peut faire à l'hymen d'une fillette d'une famille ultra bigote. Vaut mieux ne pas trop y penser, d'un coup que ça nous donnerait l'idée de commettre un crime d'honneur.

De toute façon, un accommodement maladif en chasse vite un autre. Cette fois, à quelques jours de Noël, on nous annonce que le ministère québécois de la Sécurité publique vient de conclure une entente avec la Commission des droits de la personne. Désormais, les agentes des services correctionnels auront le droit de porter le hijab dans les prisons.

Voyez un peu le portrait. Pas satisfaites de passer déjà le plus clair de leur temps cloîtrées à l'intérieur des murs des pénitenciers, des musulmanes intégristes revendiquent le droit d'être doublement emprisonnées. Deux châtiments valent mieux qu'un pour ces pécheresses incarnées!

Voilà qui est fait. Ces enjôleuses ataviques pourront désormais
se couvrir la tête du châle de la pudeur et se transformer en «en-geôleuses» à Velcro. C'est fou de voir des femmes qui aspirent à marcher les fesses toujours plus serrées réclamer la laïcité ouverte à corps perdu.

Et comme on n'arrête pas le progrès, c'est la ministre de la Condition féminine, une autre femme émancipée du gouvernement Charest qui se dit satisfaite de cette nouvelle excision pratiquée sur le droit des femmes.

Navrant de lire les propos de Christine St-Pierre qui soutient que l'entente est
tout ce qu'il y a de raisonnable.

Avec l'arrivée des «en-geôleuse» à Velcro, va-t-on exiger des détenus qu'ils se rasent tous les jours? Imaginez si le Velcro du hijab devait rester accroché à une barbe de trois jours...

Même Gérard Bouchard, reconnu pour avoir accouché d'un rapport avachi (pour ne pas dire mort-né), se dit en total désaccord avec cette décision du port du hijab pour les gardiennes de prison. Julie Miville-Deschênes, aujourd'hui présidente
du Conseil du statut de la femme, rajoute une couche d'indignation en rappelant que c'est l'État lui-même qui s'engage à fournir le signe religieux ostentatoire aux intégristes. Bye! Bye! la neutralité de l'État.
(écouter Gérard Bouchard et Julie Miville-Dechêne à Maisonneuve en direct).

Chaque fois que j’entends parler de la laïcité ouverte, c'est toujours l'image de Daniel Weinstock qui me vient en tête.

Rappelez-vous. C'est lui qui, à Paris, le 7 décembre 2007 avait fait l'éloge du
rapport de Marion Boyd sur l’introduction de tribunaux de la charia en Ontario (écouter le très court extrait audio).

Si l'ex-membre du comité d'expert auprès de la Commission Bouchard-Taylor était favorable à la charia sur le territoire canadien, on peut aujourd'hui imaginer sa satisfaction devant cette récente victoire des intégristes musulmanes dans nos prisons.

Pas plus tard que le 20 décembre dernier, M. Weinstock dissertait sur l'ultraorthodoxie et la place qu'il fallait laisser à
«ces communautés qui souhaitent vivre un certain exil interne». Je suis resté interdit en entendant le philosophe de l'éthique s'enfarger dans son discours contradictoire. Voyez-moi ça:

«Qu’un adulte majeur et vacciné décide qu’il veut se joindre à une communauté qui pratique une vie antimoderne, contre la société ou en marge de la société, c’est son choix et je pense que nous devons le respecter. Le problème, ce sont les pratiques éducatives qui mènent à ce que les enfants, devenus grands, fassent le même choix ou reproduisent le même modèle qui limite de manière assez extrême les opportunités des enfants... Il faut respecter le choix des adultes, mais protéger les enfants contre un endoctrinement dont les limites sont souvent outrepassées.» (écouter l'entrevue sur les ondes de Radio-Canada)

On a bien connu un Cat Stevens se transformer en Yusuf Islam, mais avez-vous déjà vu ça, vous, un adulte athée, chrétien, musulman, taoïste ou animiste se convertir au hassidisme à l'âge adulte ?

C'est depuis leur plus tendre enfance qu'ils sont endoctrinés et drillés. Tout est fait pour leur rogner les ailes et leurs velléités de liberté. On cherche délibérément à les empêcher de Quitter le bercail à l'âge adulte (visionner la bande-annonce de cet excellent film).

Cliquer ICI pour découvrir le cahier d'un jeune écolier hassidique du Mile End où la ferveur religieuse et les garçons sont placés sur le piédestal.


Les Québécois qui ont plus de 50 ans se souviendront de cette époque où nos autorités ecclésiastiques cherchaient, elles aussi, à nous lessiver le cerveau pour faire de nous de la chair à jubé et conserver leur pouvoir castrant.

Il n'y avait pas une matière scolaire qui était épargnée de la mainmise des «robes noires». En mathématiques, on nous faisait compter les âmes, les indulgences et les grenouilles de bénitiers. En français, on récitait le petit catéchisme par coeur. Même l'histoire du Canada se résumait aux bons sauvages convertis par nos saints martyrs canadiens.

Cliquer ICI pour feuilleter mon premier livre d'histoire. Je l'ai précieusement conservé afin de ne jamais oublier le chemin parcouru.

Heureusement, quand est venu mon tour, le fruit était mûr.
Je n'ai pas vraiment eu de mérite, car la société dont j'étais issu était déjà prête à se rebeller et à casser les chaînes de la Sainte Trinité qui nous étouffaient.

Malheureusement pour les rejetons des intégristes actuels, il semble bien que ce ne soit demain qu'ils pourront s'affranchir du joug des ultraorthodoxes de tout crin. Souhaitons-leur tout de même que cela se produise de leur vivant.

Je vous laisse donc tous aller célébrer ce que vous voudrez en empruntant les mots de Gérard Bouchard qui a joué d'audace à l'émission Maisonneuve en direct. Imaginez. Le pope Bouchard est allé jusqu'à souhaiter
de «Joyeuses fêtes de Noël» aux auditeurs. Ça prenait du cran. Heureusement qu'il y en a encore qui se tiennent debout au milieu de tout ce charia-vari!

mercredi 7 décembre 2011

LA COUPE EST PLEINE

Ce matin, dix membres d'une secte hassidique d'Outremont ont plaidé coupable à des accusations d'importation, de possession et de vente illégale d'alcool (voir le reportage du téléjournal de TVA).

Grâce à ce plaidoyer de culpabilité, nous pouvons aujourd'hui affirmer que la synagogue de la rue Durocher ne dépannait pas que les âmes assoiffées de recueillement.

C'est une escouade spéciale de la police qui, le 17 décembre 2009, avait pris les religieux en flagrant délit de décharger près d'une tonne de produits alcoolisés dans la synagogue Toldos Yaacov Yosef du 6019, rue Durocher.




En janvier 2010, un reportage de Normand Lester (à ne pas manquer!) nous avaient révélé que ce trafic fonctionnait depuis plusieurs années. Le Journal de Montréal affirmait, de son côté, que
l’enquête de la police ne se limitait pas à une seule synagogue, mais à tout un réseau de distribution illégal.

De fait, des cargaisons similaires à celles que recevait la synagogue du 6019 Durocher avaient aussi été aperçues à d'autres endroits dont, entre autres, à la synagogue satmar du 5555 Hutchison (photo ci-contre).



À l'époque, Alex Werzberger (photo ci-bas), président de la Coalition d'organisations hassidiques d'Outremont, avait vivement réagi à cette descente des forces policières.

Interviewé par L'Express d'Outremont
à propos de la rafle, le notable satmar qui fréquente la synagogue du 5555 Hutchison avait crié au harcèlement. Harcèlement, vraiment?

On se demande d'ailleurs pourquoi ses coreligionnaires ont plaidé coupable puisque Werzberger clamait haut et fort que tout était kosher. C'est tout juste s'il n'allait pas sortir de ses poches les factures reliées à ce nectar sacramentel saisi.

Il aurait pu être intéressant que les accusés se montrent plus combattifs. Imaginez si le procès s'était tenu. Peut-être aurions-nous pu apprendre un tas de trucs sur leurs combines? Cela aurait été un peu trop compromettant au goût des dirigeants hassidiques, vous dites? Tiens! Je n'avais pas pensé à ça. Vous croyez qu'en crachant le morceau tout de suite, la communauté souhaitait limiter les dégâts?
Ben, voyons donc. Des dirigeants si pieux.

Parlant de
«damage control », quelqu'un a-t-il entendu parler du présumé réseau de distribution illégal dont il avait été question dans cette affaire? Merde! Dites-moi pas que les enquêteurs ont oublié les cargaisons d'alcool du 5555 Hutchison?

Alex Werzberger doit être bien déçu de cet oubli. Il faut dire qu'après les histoires de dortoirs illégaux, de synagogue traficotée sous de fausses représentation, le mépris flagrant pour le zonage, la défense des écoles qui ne respectent pas les normes du ministère de l'Éducation, il n'avait pas besoin de ça en plus. Il ne voudrait probablement pas que Marie Cinq-Mars et les citoyens d'Outremont se réveillent et exigent qu'il soit destitué du
Comité consultatif d'urbanisme (CCU) d'Outremont auquel il est si digne de siéger.

Entre nous, la coupe est pleine.

dimanche 4 décembre 2011

L'HOMME DE PAILLE ET LE NID DE GUÊPES

Vous n'avez certainement pas oublié le fameux dortoir illégal du 5569 - 5571 Hutchison. Les inspecteurs du Plateau viennent d'y faire une autre petite visite. Ils voulaient s'assurer que le «nic à feu» avait bel et bien été démantelé. Après l'ordonnance de la Cour supérieure (mai 2011) et la condamnation pour outrage au tribunal (juillet 2011), les fonctionnaires s'attendaient à trouver un campement déserté. Eh! bien. Croyez-le ou non, les intégristes hassidiques ont, une fois de plus, fait un bras d'honneur aux Très Honorables juges de la Cour supérieure.

À en croire les autorités du Plateau, plutôt que de vider la place, les fondamentalistes de la synagogue du 5555 Hutchison se sont contentés de
grossièrement camoufler leur pensionnat hors la loi. Force est de constater qu'ils s'accrochent à leurs matelas comme sangsues à un hémophile. À côté d'eux, les campeurs d'Occupons Montréal font figure de premiers communiants.

Les autorités du Plateau sont donc, une fois de plus, forcées de porter de nouvelles accusations contre la secte multirécidiviste. Devinez ce que ça coûte et qui paye pour tout ça?

De toute évidence, le coup de mailloche judiciaire n'a pas eu raison du nid de guêpes. Il semble tout au plus avoir excité les butineuses d'Abraham. Déjà le 12 juin dernier, nous avons été témoins d'une nuée de matelas qui ont illégalement essaimé jusqu'au deuxième étage de l'ancien restaurant La Grand-Mère Poule de la rue Bernard.

Le 31 octobre 2011, une partie de la ruche du 5569-5571 Hutchison a profité de l'Halloween pour fonder, à son tour, une nouvelle colonie dans un autre appartement de cette rue résidentielle.

À une époque où c'est déjà un exploit pour une petite famille de quatre personnes de trouver un trois chambres à coucher dans les parages comment diable une
flopée d'étudiants new-yorkais a-t-elle pu investir aussi facilement le rez-de-chaussée du 5446 Hutchison? C'est simple. Il suffisait
de trouver, à l'intérieur de la secte, un homme de paille disposé à signer le bail en prétendant faussement qu'il voulait l'appartement pour lui et son fils.

Au moment où vous lisez cette chronique, ce prête-nom (nous savons qui il est, mais
pour l'instant, appelons-le «Chat ronronnant») habite toujours sur l'avenue Querbes. En place et lieu de ce bon père de famille hassidique, ce sont plutôt une vingtaine de jeunes étudiants religieux qui sont allés squatter le 5446 Hutchison.

Quand ils n'étudient pas la Torah à la synagogue du 5555 Hutchison,
ces garçons prient, chantent, tapent du pied et chahutent dans leur appartement depuis tôt le matin jusque bien après minuit, se foutant éperdument de leurs voisins qui souhaiteraient tout simplement pouvoir jouir normalement de leur résidence.

Il y a quelques semaines, répondant à une plainte de voisins exaspérés par le bruit, une inspectrice du bureau des Permis d'Outremont s'est rendue sur les lieux, mais elle n'y aurait dénombré que huit lits. Bref, rien d'anormal pour satisfaire les besoins d'un père et de son fils, n'est-ce pas?

Pourtant, à la fin de la semaine dernière, ce ne sont pas huit, mais
bel et bien une vingtaine de matelas qui se trouvaient disséminés dans l'appartement sur des lits superposés.

Nous voici donc confrontés à une «famille» franchement fort atypique. Le noyau familial ne compte ni papa, ni maman. Seulement une vingtaine de garçons qui ne disposent ni d'une ligne téléphonique, ni même d'une entrée laveuse-sécheuse.

De l'extérieur de l'appartement, seules les fenêtres de la façade dégoulinantes d'humidité trahissent la surpopulation.

Bonjour la salubrité, au diable les risques d'incendie et la tranquillité des voisins!










Si vous vous adonnez à y passer aux
«
heures de pointe», vous constaterez qu'on y entre et en sort comme dans un moulin. Les moines tibétains parleraient même de moulin à prières!






















D'un pas assuré, tout ce beau monde se rend généralement à l'annexe de la synagogue du 5555 Hutchison (voir triptyque ci-contre).


En connaissant le respect incommensurable que les dirigeants hassidiques manifestent pour les jugements de cour, on se demande bien comment et dans combien de temps les résidents incommodés pourront espérer les voir être extirpés des lieux. On compatit déjà pour les prochains citoyens qui, à leur to
ur, hériteront de ces grenouilles de shtiebel qui sont nettement moins discrètes que nos punaises de sacristie.

Devra-t-on aller négocier avec l'auguste Alex Werzberger, le porte-parole de la communauté hassidique qui, le 5 octobre 2011 (bien après l'ordonnance de fermeture du dortoir du 5569 Hutchison par l'Honorable juge Martin Castonguay), a été vu entrant dans le dortoir toujours délinquant?

Quand je pense que ce même Alex Werzberger siège au Comité consultatif d'urbanisme (CCU) de l'arrondissement d'Outremont.

C'est main dans la main avec Marie Cinq-Mars et son laquais Louis Moffatt que le
pope satmar «étudie les projets modifiant l’apparence extérieure des bâtiments... et se prononce sur des projets de nouvelles devantures, d’agrandissements de boutiques et de remplacements de portes et fenêtres».
Si ce n'était pas si révoltant de le savoir toujours en train de grenouiller derrière les portes closes (voir ou revoir la vidéo), il faudrait se bidonner comme des bossus tellement la situation est d'une absurdité kafkaïenne.

Imaginez. C'est Werzberger qui, avec ses compères du CCU, délibère sur les vitrines et devantures des immeubles de l'arrondissement. Arrêtez-le quelqu'un! Ça fait dix ans qu'il étudie le cas des vitrines aveugles de la synagogue illégale du 6010 Durocher? Et il n'a encore accouché de rien?

Il ne faut surtout pas compter sur Cinq-Mars et le pauvre Moffatt pour le démettre de ce comité. Ils vont toujours jouer les vierges offensées et le défendre bec et ongles. Il me semble que si j'étais un membre de ce comité d'urbanisme et que je voyais ce que fait (ou ne fait pas) Werzberger, je brasserais la cage.

Qu'attendent donc les
Georges Adamczyk, Pierre Beaupré, Yves Dallaire, Denis Demers, Françoise Hamel-Burrage, Jean-Marc Latreille, Louise Letocha, Oscar Ramirez, et Paul-André Tétreault pour faire pression auprès des élus afin que M. Werzberger soit démasqué une fois pour toutes?

En attendant le dénouement de cette histoire, pas de danger que nous nous ennuyions. Mercredi, 7 décembre 2011, se tient à la Cour municipale de Montréal, le procès pour contrebande d'alcool contre les dirigeants hassidiques de la synagogue du 6019 Durocher
. Encore un autre dossier à suivre.

jeudi 24 novembre 2011

LES GÎTES DU PASSANT, LES GÎTES DU RESTANT

«Certains propriétaires ou locataires transforment leurs appartements locatifs en gîtes ou en résidences de tourisme pour les louer à court terme. Quand on fait cela de façon systématique, à l’année longue, on prive un locataire d’occuper ce logement-là, De plus, les gens de passage ne sont pas des voisins avec lesquels tu peux établir des relations. Ça tue le tissu social. La Ville de Montréal devrait se doter de lois et règlements pour pincer les illégaux».
Luc Ferrandez, journal Le Plateau, 16 novembre 2011.

Pas mal, l'analyse du maire du Plateau, vous trouvez pas? Un gîte du passant illégal, c'est un locataire qui est détroussé d'un logement. En plus, c'est un voisin inconnu avec lequel on ne pourra jamais établir de relations. Avouez que ça fait mal quand on a à cœur l'occupation du territoire sur un mode de quartiers et de villages.

C'est drôle, mais il n'est pas le seul à voir les choses de cette façon. Dans le Mile-End et à Outremont, pas mal de monde pense exactement comme lui... à l'égard des lieux de culte illégaux.

Chaque fois qu'un appartement locatif est débaptisé au profit d'un Dieu, ÇA TUE LE TISSU SOCIAL. Vous en voulez une preuve patente?


Pendant des années, une petite famille a vécu paisiblement au 2e étage du 5253 Hutchison.

Une maman originaire de France, un conjoint québécois anglophone et un petit garçon qui ne demandait pas mieux que de partager le balcon avec le chat, une guitare et le soleil d'après-midi.



Il aura fallu que les administrateurs de la synagogue First Mesifta Hutchison qui o
ccupait le rez-de-chaussée obtiennent un permis sous de fausses représentations pour que la famille ne soit expulsée de son logement.



Le 1er avril 2007, frigo et cuisinière se sont retrouvés sur le trottoir. Suivront planche à repasser, aspirateur, boîtes de vaisselle, vêtements, plantes empotées, poubelles et
... souvenirs!





Depuis 2008, d'innombrables plaintes ont été portées au chef de la division des Permis et inspections du Plateau Mont-Royal. Inspecteurs et élus ont été alertés autant comme autant, mais rien n'a jamais bougé. Était-ce parce que ce lieu de culte appartenait à la puissante famille Rosenberg? N'en déplaise au conseiller de Ville du Mile-End, Alex Norris, la question se pose. Et comment!


Regardez un peu cette photo de la synagogue du 5253 Hutchison qui dispense maintenant ses cours religieux jusque dans l'appartement du 2e étage et dites-nous, sans rire, que ça ne tue pas le tissus social!



Mais maintenant qu'on connaît les principes qui guident le maire du Plateau, l'espoir renaît. On se dit qu'il va certainement bouger sur le dossier du faux logement d'un rabbin fantôme.

Ce sera d'autant plus facile que, contrairement au cas des gîtes du passant illégaux, il n'aura pas à demander à la Ville de Montréal de se doter de lois et règlements pour expulser les illégaux du 2e étage du 5253 Hutchison. En cette matière, la législation n'attend plus que quelqu'un se donne la peine de l'appliquer. C'est pas beau, ça?

Et si certaines personnes dans l'entourage du maire Ferrandez lui conseillent de faire le mort comme l'ont fait les administrations du Plateau et d'Outremont, qu'elles sachent seulement que les citoyens ne lâchent pas toujours le morceau facilement. Vous voulez encore un exemple?

Lundi, mardi et mercredi (oui, oui, cette semaine!), se tient le procès de M. Pinchos Freund au palais de Justice de Montréal.

En 1980, ce
résidant de la rue Bloomfield avait illégalement transformé un duplex résidentiel en un lieu de prière. Il violait ainsi l'article 3.5 du règlement Numéro 1044-1 de la Ville d'Outremont.

Imaginez.
Ça fait 30 ans que les autorités municipales ferment les yeux. Comme les autres, l'ancien maire Harbour et son héritière, Marie Cinq-Mars, ont tout fait pour que le dossier soit oublié dans un placard.

C'était sans compter sur la détermination des citoyens. C'est vrai, il en aura fallu des périodes de questions houleuses aux assemblées du conseil d'arrondissement d'Outremont avant que les citoyens viennent à bout de l'entêtement de la mairesse et qu'elle ne dise enfin: «Lorsqu'il y a mauvais usage d'un endroit, il faut se conformer. Les règlements sont les mêmes pour tout le monde. On va vivre en harmonie si tout le monde suit les mêmes règles.»
(Voir La Presse, 9 mai 2009) Bon gré, mal gré, le dossier a toujours bien fini par se retrouver entre les mains de la justice.

Oh! bien sûr, on ne va pas crier victoire trop vite, d'autant que Cinq-Mars n'a pas pris de chances.
À la séance du conseil de l'arrondissement du 6 septembre dernier, elle a fait adopter un projet de règlement qui fait en sorte que les élus pourront accorder une dérogation de zonage à qui souhaiterait construire, modifier ou d'occuper un immeuble sur un terrain où le zonage l'interdit actuellement.

Est-ce à dire que si le tribunal décrétait la fermeture de la synagogue illégale du 1030-1032 Saint-Viateur, Marie Cinq-Mars se servirait de son nouveau projet de règlement pour émasculer le jugement? Le 6 septembre 2011, la mairesse ne s'en est même pas caché:
« La synagogue du 1030 - 1032 pourrait faire l'objet d'un changement d'usage. » Avouez que ça tranche avec sa déclaration du 9 mai 2009.

Mais des tours de passe-passe, nous en avons vu d'autres. Et tout comme le Plateau ne souhaite pas de gîtes du Passant illégaux, nous n'accepterons pas les gîtes du
Restant clandestins sur nos rues résidentielles.

Au fait, Mme Cinq-Mars, pas plus tard que samedi dernier, il est venu à nos oreilles que la résidence située au 411 Wiseman servait de synagogue. Après vérification sur le site Web iMasoret, nous nous sommes aperçu que ce n'était pas seulement une rumeur.


Le jour du Sabbat, les fidèles se rendent à cette adresse et s'y engouffrent par la porte de garage.

Ci-contre, deux dévots y débarquant entre chien et loup.

Nous avons bien peur, madame la mairesse, que votre tout nouveau règlement pour distribuer des dérogations de zonage aux illégaux va rouler comme une planche à billets.
Espérons que vous ne pèterez pas votre budget d'encre.

samedi 12 novembre 2011

LE ZÈLE MODULÉ

« C’est incroyable ce qu’on a fait à notre pays depuis 30 ans... J'ai été en Gaspésie quand j’avais 16 ans. À partir de Trois-Pistoles, t’avais l’impression d’une terre battue par la mer et par le vent. Maintenant, s’tie, c’est une succession de p’tites maisons que t’aurais pu trouver à Terrebonne, à Laval qui se sont installées sur cette côte-là. Comment ça se fait qu’on n’a pas protégé plus que ça?... On a abandonné notre mode d’occupation du territoire qui était un mode de quartiers et de villages... Il y a dix ans, [ Gilles] Duceppe avait sorti un petit document donnant les 100 raisons pour construire le Québec. Il n’y en avait pas une qui faisait référence au pays physique. C’était la langue, l’emploi, les relations fédérales-provinciales, les juridictions. Je suis allé le voir et lui ai dit : M. Duceppe, voulez-vous construire un pays sur Internet? Y’est où le pays physique dans votre affaire? Quand est-ce que vous parlez de paysage, d’aménagement du territoire, de la façon de vivre dans les quartiers?»

Luc Ferrandez, en vedette dans le film République, un abécédaire populaire

Dans sa chronique de samedi, c'était au tour de Foglia de décrire l'endroit où il avait donné rendez-vous à trois jeunes slamers: «[ Au métro Angrignon] prenez le boulevard Newman jusqu'au boulevard Dollar, pas loin y'a un café, me souviens plus de son nom, mais vous ne pouvez pas vous tromper il est dans la cour d'un magasin de vitres d'autos, y'a aussi un Jean Coutu pas loin, combien on parie que ce Jean Coutu-là bat les records des ventes d'antidépresseurs de toutes les pharmacies de toute l'Amérique du Nord?»

Les promenades de la Cathédrale, rue Sainte-Catherine



Non seulement les architectes ne pourront pas contredire le maire Ferrandez lorsqu'il affirme qu'il n’y a pas d’endroits au Québec où tu peux rouler pendant une heure et dire que tu trouves ça beau, mais ils devront admettre que Ferrandez est très très gentil. Une heure en bagnole? Ben voyons donc. On n'est même pas capable de faire 5 minutes à vélo ou 15 minutes à pieds à Montréal sans rencontrer des horreurs monumentales.

Mile-End: Immeuble de Rosdev photographié depuis le stationnement du Home Depot de la rue Beaubien.

Entendons-nous. Il y a de très beaux immeubles dans la métropole, mais ils sont si parcimonieusement parsemés le long de nos rues «asphaltées» qu'il faut choisir les tronçons de rues pour ouvrir les yeux et apprécier le paysage bâti.


On a le droit de fantasmer, mais ce n'est pas demain que Montréal pourra rivaliser avec Barcelone ou même Milan.

La promenade (à vélo) de la cathédrale de Milan

Évidemment, c'est assez cochon de comparer la «Catherine» avec le centre historique d'une grande ville européenne. On n'est pas dans les mêmes ligues.



Aussi, plutôt que de jouer à la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, contentons-nous de prendre des bouchées raisonnables
. Pensons, par exemple, à la pub qui pollue nos espaces publics.

Projet Montréal a pris l'engagement de réduire la pollution visuelle dans nos milieux de vie. Alex Norris, conseiller de la Ville pour le Mile-End a déjà dans sa mire les envahissants panneaux publicitaires extérieurs juchés sur nos toits.



Immense pub de Twin Set vue depuis le toit de la cathédrale de Milan.




Pub sociétale incitant à l'utilisation du transport en commun, aux coins de Fairmount et avenue du Parc. Norris fera-t-il une exception pour celle affiche qui fait la promotion d'une valeur qui lui tient à cœur?



En septembre 2010,
le spartiate conseiller de Projet Montréal s'était donné un an pour les démanteler du territoire de son arrondissement. Ça aurait certainement fait du bien à nos cerveaux déjà massivement irradiés par le bombardement d'images de surconsommation. Mais ne nous faisons pas d'illusions. Plus de 14 mois plus tard, on peut encore dire que ce n'est pas demain que notre ciel sera déclaré «No pub's land», car les publicitaires n'ont pas l'intention de le laisser démanteler leurs échafaudages sans réagir.

En attendant la fin de ce bras de fer, Alex Norris a choisi de sévir au ras des pâquerettes.

Le 12 août dernier, M. Norris écrivait une lettre aux propriétaires du nouveau A & W
qui allait bientôt ouvrir ses portes au coin des rues Saint-Denis et Mont-Royal.

Éminemment sensible au raffinement et à l'esthétique dans son arrondissement,
le conseiller y dénonçait «la laideur et le mauvais goût de l'enseigne commerciale temporaire» du commerce de restauration rapide. Norris terminait sa lettre en ces termes: «Si vous êtes absolument déterminés à vous installer dans notre quartier, je vous prie de le faire de façon plus respectueuse de nos citoyens et de notre architecture patrimoniale.» Et vlan! Quelle jouissance de voir un élu dire sa façon de penser à un illettré du design qui ose enduire ses vitrines d'une pellicule orange Crush.

C'est qu'il n'a pas froid aux yeux, notre ami Norris. Que ce
franchisé ait souhaité soustraire aux yeux des passants les travaux de rénovation jusqu'au jour de l'ouverture ou qu'il ait prévu boucher ses vitrines pour de bon, ça ne semblait faire aucune différence aux yeux du conseiller de ville. Même le fait que la réglementation municipale ne lui donnait aucune autorité pour intervenir (c'est l'arrondissement qui me l'a confirmé), Alex avait décidé de lui passer un savon et de le réprimander vertement.

Un excès de zèle, non seulement on peut comprendre ça de la part d'un être passionné qui souhaite ce qu'il y a de mieux pour ses électeurs, mais on peut même l'applaudir. Ce qui est un peu plus difficile à accepter, c'est de voir ce même élu donner franchement l'impression que son zèle est modulé selon l'estime qu'il a (ou n'a pas) pour le commerçant ou le propriétaire fautif.

Il est où le conseiller Norris lorsque des
intégristes investissent tantôt légalement, tantôt illégalement des immeubles du Mile-End sans agir de façon respectueuse de ses citoyens et de notre architecture?

On aimerait bien ça mettre la main sur des
communiqués publiés sur le site de son parti où Alex s'adresserait avec autant d'intensité et de détermination à l'égard des Aaron Drazin, Michael Rosenberg et autres propriétaires des immeubles des communautés hassidiques qui font preuve d'une bien plus grande insouciance et de beaucoup moins de respect des citoyens que le franchisé du A & W de la rue Saint-Denis. Ce dernier, au moins, ne donnait pas à ses vitrines une allure de taudis en décrépitude.

Mais peut-être est-ce trop demander. Après tout, le retour sur investissement électoral du proprio de A&W ne fait pas le poids avec celui que peut offrir une secte d'intégristes religieux.



Depuis près de cinq ans, les vitrines de l'ancien restaurant La Grand-Mère Poule sont tapissées de papier kraft sans qu'Alex Norris ne s'insurge.










Quelqu'un peut-il se risquer à nous dire depuis combien d'années la synagogue (officiellement centre communautaire hassidique) au coin de Van Horne et Parc nous fait bénéficier de ses vitrines crados sans soulever l'indignation d'Alex Norris?









Sur l'avenue du Parc, un local aussi ragoutant que sans permis pendant une longue période.









Avouez que c'est chic et respectueux des résidents de la rue Jeanne-Mance.





Peut-être que je devrais inviter Alex à m'accompagner au cinéma du Parc, le 19 novembre. On y présentera Urbanized, le film de Gary Hustwit qui traite de l'organisation des villes et de leurs problèmes. Alex, si tu veux, on s'arrangera pour y aller avant Gérald Tremblay. It's a deal?