lundi 2 janvier 2012

LA GRANDEUR D'ÂME DES RADICAUX

En Israël, ces derniers temps, le moins que l'on puisse dire, c'est que le torchon brûle entre les sectes ultraorthodoxes et la population laïque.

Le 27 décembre 2011, après avoir appris à la télévision que
Naama Margolese, une petite fille de huit ans était terrorisée par des intégristes hassidiques, plus de 3 000 Israéliens laïcs sont descendus dans les rues de Beit Shemesh pour dénoncer l'intimidation faite aux femmes et les mesures prises par les fanatiques religieux pour instaurer la ségrégation des sexes dans les lieux publics. Depuis,
la ville est au centre d’un débat national sur l’extrémisme religieux.


L'enfant se faisait cracher dessus et traiter de pute par des hommes ultrareligieux qui l'accusaient de ne pas être vêtue suffisamment modestement pour se rendre à l'école. La situation a même forcé l'intervention publique du premier ministre Netanyahu.
Cliquer sur la photo de la jeune Naama pour visionner le reportage télévisé qui a fait scandale. Comme s'il n'y avait pas suffisamment d'huile sur le feu, le 31 décembre, une autre secte hassidique en mal de provocation a semé l'émoi en organisant une manifestation qualifiée d'odieuse et d'ignoble par l'ensemble de la population juive.

Nous connaissons tous cette photo dramatique du petit garçon du ghetto de Varsovie, mains en l'air sous la menace d'une mitraillette allemande.

Eh! bien,
avant-hier soir, des milliers de fanatiques ultraorthodoxes ont défilé bruyamment dans Jérusalem en arborant l'étoile jaune. Certains revêtaient la tenue rayée des déportés des camps d'extermination nazis.

Cliquer sur la photo de l'enfant à l'étoile jaune pour visionner le reportage CHOC du journaliste Charles Enderlin
Vous ne le croirez peut-être
pas, mais ces hassidim manifestaient en soutien à l’un des leurs condamné à une peine de prison. Le pauvre intégriste avait pourtant simplement mis le feu à un magasin de musique qui ne lui plaisait pas!

J'entends déjà les
Thomas Mulcair, Gérald
Tremblay, Marie Cinq-Mars, Alex Norris arguer que ce qui se passe au sein des communautés hassidiques d'Israël ne les concerne pas et que, de toute façon, les dirigeants hassidiques du Mile End et d'Outremont n'ont rien en commun avec les «Craignant Dieu» antisionistes d'Israël.

Vraiment? Ont-ils oublié les histoires des hommes hassidiques montréalais qui refusaient d'apprendre à conduire avec une évaluatrice ou d'être interpellés par une femme policière? Au risque de faire perdre leur belle innocence à Thomas, Gérald, Marie et
Alex, nous sommes forcés de leur apprendre que même à Montréal, nos bons leaders hassidiques manifestent eux-mêmes pour des causes tout aussi indéfendables que celle de leur congénère pyromane de Jérusalem.

Vous ne nous croyez pas? Pas plus tard que le 23 novembre 2011, une de ces manifestations de soutien pour le moins controversées s'est tenue ici même sur la rue Hutchison. Selon le compte-rendu de l'événement, au-delà de 2000 personnes se sont réunies au 6600, rue Hutchison dans une grande salle baptisée Espace Réunion.

Que pouvaient bien faire là 2000 hassidim? Ils y faisaient leur
Pidyon Shvuyim. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce commandement de la Torah, le Pidyon Shvuyim est le devoir «imposé» aux croyants juifs de libérer tout Juif qui serait détenu par des Gentils (non-juifs).
Le 23 novembre dernier, ce n'était pas pour n'importe quel Juif que nos concitoyens hassidiques faisaient une levée de fonds.

Tout ce beau monde re
muait ciel et terre pour faire libérer Sholom Rubashkin, un «vibrant pilier» d'une communauté ultraorthodoxe des États-Unis tombé en disgrâce après avoir été récemment déclaré coupable de 86 chefs d'accusation de fraude pour des dizaines de millions de dollars et condamné à 27 ans de prison.


Cliquer sur la photo pour de l'information provenant d'un site opéré par
© Yehudim Neged Chabad (Jews Against Chabad)
La famille Rubanshkin est par ailleurs tristement célèbre pour la maltraitance des animaux de ses abattoirs cachers de Postville (Iowa), et pour les abus et la négligence à l'égard de ses employés. C'est, bien sûr, sans compter les condamnations pour parjure et on en passe.

Bref, nos autorités hassidiques ont été touchées par la guigne qui s'est abattue sur leur malheureux coreligionnaire.

Évidemment, un tel
Torah-thon, ça se prépare un peu d'avance. Déjà, le 26 septembre 2011, Simcha Rubashkin, le fils du célèbre fraudeur concoctait le rallye au restaurant Pizza Pita, de Montréal en compagnie d'un loubavitch et d'un satmar de la métropole.

La veille de l'événement, soit le 22 novembre 2011, les hautes instances du lobby hassidique d'Outremont mettaient la touche finale à la grande collecte du lendemain soir.
Dans le grand salon de la résidence de l'homme d'affaires Jack Gestetner sur l'avenue de l'Épée, devinez quel personnage connu du Montréal hassidique s'activait fébrilement pour la juste cause. Ben oui! C'était nul autre que notre bon ami Mayer Feig.

Avec ses compagnons sectaires, Mayer devait extirper des mains de la justice non-juive ce pauvre
Rubashkin qui avait eu le malheur de se faire attraper en plein délit de concupiscence.

Cliquer sur la photo ci-contre pour voir d'autres prises de vue et commentaires de disciples hassidiques

Mayer, tous les amis de la rue Hutchison te souhaitent bonne chance dans ta démarche pour faire libérer ce pieux homme que tu sembles avoir en si haute estime.
On reconnait bien là ton sens aigu de la justice et ta grande dévotion pour ton prochain.Mais j'y pense, Mayer. Tu ne ferais pas un petit Pidyon Shvuyim pour me déprendre des griffes d'un non-gentil qui se croit tout permis? Je savais que je pouvais compter sur toi.

5 commentaires:

M. Rigault a dit…

J'aime le fait que cet article fasse le lien entre ce qui se passe chez nous et les affaires internationales.

Le peuple hassidim a une grande qualité, c'est qu'il se tient les coudes coûte que coûte. Si seulement c'était pour une bonne cause socialement acceptable...

Jean-Marc Corbeil a dit…

Je me suis opposé à l'agrandissement d'un lieu de culte sur la rue Hutchison par ce que les plans initiaux révélaient la vrai nature des religions, la ségrégation des genres. Les promoteurs avaient prévu deux portes d'entrée distinctes, une pour les mâles l'autre pour les femmes.

Ce qui blesse le plus mon intelligence, c'est l'opportunisme des politiciens de tout crin, qui biffent le plan en faisant disparaître les portes, pour rendre le dogme de la ségrégation acceptable aux cupides.

Jules Desrosiers a dit…

Je lis régulièrement les articles du blogue de Pierre Lacerte et je me dis que nous avons collectivement une grande capacité de ne pas réagir au danger.
Puis je lis les mêmes horreurs à propos de la menace que représentent les extrémistes ultra-orthodoxes en Israël (article du Monde paru dans Le Devoir des 7-8 janvier 2012).
Je suis renversé que les mêmes tactiques soient utilisées au Québec et en Israël avec les mêmes réactions irresponsables des autorités (comme nos élus, M. Netanyahou se fait complice, car il recherche le vote des ultra-orthodoxes).
Vraiment, l'être humain a une grande capacité de comprendre les menaces, puis de ne pas bouger.
Certains disent: "Lacerte exagère"; "je vis à Outremont et c'est pas comme ça"; "Israël et Québec c'est pas la même réalité", etc. Il ne suffit pas de nier les choses pour qu'elles n'existent plus. On s'en prépare des belles.

Jules Desrosiers, consultant
Outremont

Alex Norris a dit…

Monsieur Lacerte,

Encore une fois, vous me prêtez des paroles que je n'ai jamais dites. Je vous mets au défi de trouver la citation où j'aurais argué « que ce qui se passe au sein des communautés hassidiques d'Israël ne (nous) concerne pas et que, de toute façon, les dirigeants hassidiques du Mile End et d'Outremont n'ont rien en commun avec les «Craignant Dieu» antisionistes d'Israël. » Je n'ai jamais dit une telle chose. Je n'ai jamais même exprimé d'opinion, que ce soit en public ou en privé, à ce sujet. C'est de la pure fabulation de votre part!

Alex Norris
Conseiller de la Ville -- District du Mile End
Arrondissement du Plateau-Mont-Royal

Pierre Lacerte a dit…

Monsieur Norris,
Pourquoi dites-vous "encore une fois..."? Vous voulez probablement faire allusion à cette occasion où vous m'avez qualifié d'antisémite devant vos collègues élus du Plateau.

Aujourd'hui, vous me mettez au défi de trouver la "citation" qui vous fait bondir. Mais, M. Norris, je crois que certaines subtilités de la langue française vous échappent encore. Je ne vous en tiendrai pas rigueur. Votre français est habituellement soigné.

Avouez qu'il aurait été vraiment incroyable que Thomas Mulcair, Gérald Tremblay, Marie Cinq-Mars et vous ayiez tenu les mêmes propos à l'unisson.

Je n'ai ici cité personne. Si vous relisez bien, j'ai écrit: "J'ENTENDS DÉJÀ THOMAS.... ARGUER..."

L'expression ne veut pas du tout dire que vous avez prononcé ces mots. Cela signifie que je peux m'imaginer que vous puissiez avoir cette pensée. C'est fort différent.

Mais, puisqu'on y est, si vous voulez connaître la petite histoire derrière cette phrase qui vous choque tant, je vais vous la révéler.

Je me suis inspiré d'une phrase trouvée sur la page Facebook de vos Friends of Hutchison Street. Alors que j'y relatais certaines pratiques des ultraorthodoxes d'Israël, Mme Leila Marshy, la gestionnaire du site a répliqué en m'écrivant ceci:
"if you want to discuss conditions in Israel you do so on your blog only. There is no need to pull in situations that have no relevance to what concerns us in Mile End."

Je m'excuse donc auprès de Mme Marshy, pour m'être inspiré de cette phrase bien à elle qui vous a, de toute évidence, tant froissé.