samedi 29 mars 2014

LE BULLYISME DES MARTYRS

Si ça continue comme ça, je vais finir par croire les leaders ultraorthodoxes qui disent que les «Frenchies» d'Outremont sont une gang d'intolérants racistes.   


C'est en écoutant Mayer Feig vider son sac «live on camera», à la dernière séance du conseil d'Outremont (allez à la 16e minute) que j'ai pensé qu'il nous fallait peut-être faire un petit examen de conscience.


À en croire le lobbyiste bobov, à cause de nos préjugés crasses, non seulement nous rendons la vie impossible à nos concitoyens ultrareligieux, mais en plus, nous forçons les autorités municipales à dilapider les fonds publics, l'argent des contribuables, pour leur mettre des bâtons dans les roues et les harceler pour des vétilles.

À titre d'exemple, Feig rappelle les milliers de dollars que la ville d'Outremont a dû engloutir, il y a une quinzaine d'années, en raison de la discorde au sujet de l'installation d'un érouv autour de la ville. Il rapporte également les milliers de dollars gaspillés dans la saga de 23 ans à propos de la synagogue Amour pour Israël qui s'était établie au coin des rues Durocher et Lajoie. C'est sans compter la poursuite pour établir le statut de la synagogue du 1030-1032 Saint-Viateur. Et il en passe.

Non seulement il en passe, mais il oublie surtout de raconter le fin fond des histoires qu'il soulève. Sans ses petites amnésies volontaires, Mayer Feig ne pourrait pas être sacré martyr d'Outremont.

Pour lui rafraîchir la mémoire, rappelons les faits suivants:

1) Si l'histoire de l'érouv a coûté des dizaines de milliers de dollars aux contribuables outremontais, c'est parce que le quintette Rosenberg-Hartstein-Fisher-Werzberger-Frankfurter avait intenté un procès en Cour supérieure contre la ville pour la forcer à accepter l'implantation d'un érouv dans l'espace public.

2) Si une simple citoyenne a dû puiser des milliers de dollars à même ses propres avoirs, c'est bien parce que la secte Amour pour Israël avait ouvert  illégalement et sous de fausses représentations une synagogue au coin des rues Durocher et Lajoie, dans un zonage strictement résidentiel.
 
3)
Si la ville a flaubé plus de 100 000$ de deniers publics dans l'affaire de la nouvelle synagogue Amour pour Israël au coin de Van Horne et Durocher, ce n'est pas par antisémitisme, mais bien parce que les ultrareligieux ne respectaient pas les normes de construction et qu'ils abandonnaient de façon prolongée le chantier. Ce sont les leaders hassidiques qui avaient contraint la ville à se défendre contre la poursuite de 354 000 $ destinée à récupérer le permis qu'ils avaient perdu en raison de leur propre incurie.


4) Si l'arrondissement a dû engager des dizaines de milliers de dollars en frais d'avocats et de cour dans l'histoire de la synagogue du 1030-1032 Saint-Viateur, c'est encore parce qu'au départ, la secte s'était établie dans une zone interdite à ce type d'usage.

Bref, Feig n'a pas tort de dire que des sommes importantes ont été engagées par les autorités municipales d'Outremont dans des dossiers touchant la communauté hassidique, mais il devra avouer que lui et ses coreligionnaires en sont les principaux responsables.

Son acolyte Alex Werzberger a beau prétendre qu'«iI n'y a rien de pire que de se retrouver en cour, même si on gagne», il n'en demeure pas moins que les dirigeants sectaires ont trouvé, dans l'utilisation abusive des tribunaux, une formidable façon d'intimider les hors-caste d'Outremont. Ils savent mieux que quiconque qu'à force d’obstination, de chantage et de harcèlement, les élus, faute de budgets, finissent généralement par capituler.

Il n'y a pas que les Outremontais qui subissent le supplice des tribunaux. La municipalité de Val-Morin a grevé son budget de 125 000$, uniquement pour qu'une école et un dortoir illégaux se plient aux règlements en vigueur. Saint-Adolph d'Howard y a aussi goûté. 

Et Boisbriand, donc! Parmi la longue liste des infractions civiles des hassidim de cette enclave, mentionnons la taxe scolaire de 100 000$ qu'ils refusent de payer, ainsi que la taxe d'eau qui, depuis juillet 2005, fait l'objet de nombreuses
1er août 2011: zone sinistrée dans le Boisbriand hassidique
poursuites qui ont coûté des centaines de milliers de dollars
en frais d'avocats à la petite municipalité. Huit ans et 1,5
milliard de litres d'eau plus tard, la mairesse de Boisbriand n'a toujours pas récupéré les 2,6 millions de dollars impayés.

Un nouveau souci gagne des résidents de Boisbriand. Des membres de la communauté hassidique auraient entrepris une campagne pour acheter des propriétés à différents endroits de la municipalité. Avec toutes les histoires de nuisance, d'insalubrité et de non-conformité aux règlements municipaux qui font la manchette depuis des années, faut-il se surprendre que certains citoyens s'inquiètent?

J'entends d'ici Feig et compagnie accuser non pas seulement les Outremontais, mais les Québécois «pure laine» d'être de véritables antisémites. Sauf leur respect, font-ils seulement semblant de ne pas savoir qu'il n'y a pas que les Pea Soup du Québec qui vivent des problèmes de convivialité avec eux?  

À Bloomingburg, dans l'état de New York, les résidents sont présentement aux prises avec un développement résidentiel qui ne fait pas, mais alors là, pas du tout leur affaire. 

Ça brasse à Bloomingburg!
Un promoteur immobilier hassidique aurait d'abord présenté un projet de 125 unités entourant un club de golf. Il a fallu du temps avant que les résidents apprennent qu'il s'agissait en fait d'un projet de 395 bungalows qui allait être investi par un mouvement hassidique Satmar. C'était plus qu'il n'en fallait pour semer la zizanie (visionner le reportage) au sein de cette communauté rurale.Encore des racistes? Permettez-moi d'en douter.

Bloomingburg est loin d'être le seul endroit dans l'état de New York où ça accroche avec les ultrareligieux. C'est le cas, par exemple, de ce regroupement de citoyens du Hudson Valley qui s'insurge contre la possibilité d'annexion de terrains près de chez eux par les autorités de Kiryas Joel. Rappelons que Kiryas Joel est une municipalité de plus de 21,000 personnes (à 30 minutes de New York) constituée exclusivement d'ultraorthodoxes Satmar. Selon le American Community Survey, avec un revenu familial médian d'à peine 15,848 $, l'enclave détient le triste record du plus haut taux de pauvreté des États-Unis.

Quels motifs invoquent les membres de ce regroupement de citoyens pour s'opposer aux ambitions territoriales des autorités rabbiniques de Kiryas Joel? «The annexation would double the size of the village and have a catastrophic region-wide effect on taxes, schools, water, sewage, traffic, welfare costs, and the environment.» 


Dans un reportage télévisé de News 12, une citoyenne opposée à l'annexion de 507 acres par la municipalité hassidique soutient que Kiryas Joel «is sucking the county bone dry as far as Medicade, housing, food stamps, public assistance. It's going through the roof!»


Qu'arrive-t-il lorsque ces gens dénoncent les visées des leaders religieux et les politiciens qui sont accros aux votes hassidiques? Ils se font accuser d'antisémitisme. Ça ne vous rappelle rien?

Heureusement pour eux, ces voisins de Kiryas Joel jouissent d'un antidote que nous n'avons pas. Ils font partie du Hudson Valley Jews against KJ annexation. Ben oui! Les protestataires sont Juifs. Si vous avez un compte Facebook, vous pourrez vous balader sur leur page.

Avouez que ça fait du bien de savoir que nous n'aurons peut-être pas besoin de demander à la Régie de l'assurance maladie du Québec de nous payer une thérapie collective pour soigner notre épouvantable étroitesse d'esprit.

2 commentaires:

Jeannine Ouellet a dit…

Bonjour, Monsieur Lacerte,
Depuis quelques temps, je reçois vos courriels qui me renseignent sur les Juifs religieux qui se disent persécutés. Comme je vous admire d'avoir fait de ce sujet votre cheval de bataille.

Vous devriez rencontrer le candidat au poste de premier ministre du parti libéral du Québec qui ignore tout sur le sujet. Peut-être ouvrira-t-il les yeux avant les élections du 7 avril.

Quelle patience, je vous admire! Bon dimanche!

J. Tremblay a dit…

Une intervention interminable et riche en accusations sans fondements réels de la part de M. Feig. Plus de huit minutes au micro sans question, alors qu’il s’agit d’une période de questions seulement. Une vraie perte de temps au conseil d'Outremont et une séance d'injures gratuites sur le bras de la mairesse.