vendredi 8 août 2008

MARTIN LE MATAMORE

Le grand balcon du deuxième étage de notre triplex commençait à avoir mauvaise mine. Et comme nous avons un brin d’orgueil, que nous aimons notre immeuble et notre voisinage, aujourd'hui, c'était le coup d'envoi de travaux de rénovation.

À 15 h, alors que du haut des échafaudages, nous discutions avec Madame Cloutier, une voisine, qui c’est qui sort de la synagogue des Rosenberg? Ma parole! Mais c’est Martin lui-même en personne. Il traverse la rue, se dirige droit sur nous, interrompt notre conversation et lance ceci: «On fait des gros travaux à ce que je vois. Il est où votre permis?» Madame Cloutier n’en croit pas ses oreilles.

Ce n’est pas parce que lui et son père se foutent éperdument des règlements que tout le monde est atteint de la même déviance délinquante qu'eux. Si tout le monde agissait comme eux, la société s'auto détruirait. Ce serait le chaos et l'anarchie totale.

Vous n'imaginez même pas notre plaisir lorsque nous lui avons dit de s’ouvrir les yeux et de regarder le beau permis blanc et vert qui était collé dans la fenêtre du salon. Il a pris son air. Et devant deux femmes, en plus! Faisait pitié.

Nous étions tout de même étonnés de sa hardiesse et de sa témérité. Après tout, rappelez-vous. Martin et son père ont porté contre moi une plainte criminelle, alléguant qu’ils me redoutaient au point de craindre pour leur sécurité, celle de leur famille et pour leurs propriétés. Eh! Oh! Junior, à quoi tu joues? J’avais le marteau en main et le pied-de-biche à la ceinture. Si tu craignais vraiment que je puisse te faire un mauvais parti, t’as vraiment pas choisi ton jour pour venir faire tes grimaces de paon à deux pas de ma porte. C'est quoi ton truc? Essayer une fois le suicide assisté? Pauvre Martin. Mais qui donc voudrait s’en prendre à un gringalet affublé d’une longue redingote élimée qui tombe sur ses frêles épaules? Peut-être que t'aimes qu'on te fasse mal, Johnny? Pour les phantasmes sado-maso, je vous le dis tout de suite, vous êtes à la mauvaise enseigne.

Outre Mme Cloutier, M. Dupuis et une troisième voisine ont
aussi été témoins de la scène peu reluisante. Quand Michael Rosenberg va apprendre que fiston a passé dix minutes sur le trottoir avec une femme qui n’était pas la sienne et qui lui mettait la main sur l'épaule, il ne va pas être content. Pourtant, ma voisine tentait simplement de lui faire entendre raison.

Martin à l'école de la vie en société: séquences croquées sur le vif du haut des échafaudages (cliquer sur les photos).

Au cours de cette conversation, Martin Rosenberg lui a fait une confidence qu’il souhaitait manifestement qu’elle me répète. « Si M. Lacerte ferme son blogue et arrête d’aller dénoncer mon père aux assemblées du conseil d’arrondissement, nous sommes prêts à laisser tomber notre plainte au criminel. » C'est la même chose que son père avait relatée au sergent-détective du poste 24.

Ma voisine est prête à témoigner sur les propos qu’a tenus Martin Rosenberg. Madame Cloutier et Monsieur Dupuis aussi. Je vous le redemande. Faire chanter quelqu’un en utilisant des accusations criminelles, n’est-ce pas un acte criminel?

On se reverra en cour, Messieurs Rosenberg. L'affaire La Reine c. Lacerte débute le 3 septembre prochain. Avec le nombre de témoins qui s'ajoutent de fois en fois, ça risque de finir en party, cette affaire-là! Vivement septembre!

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