vendredi 30 mai 2014

LES IMPUISSANTS


Il y a encore trois jours, l'animateur Paul Arcand avait beau rappeler que les politiciens ont «la chienne devant les écoles religieuses illégales», notamment devant les écoles de la communauté juive hassidique, Yves Bolduc se montrait déterminé. Dans le cadre de l'entrevue radiophonique au 98,5 FM, le ministre de l'Éducation promettait ceci : «Dans six à douze mois, vous allez voir, ça va bouger dans ces dossiers-là. Ça va être tolérance zéro». 
Bolduc serait-il déjà en train de se dégonfler?
Pourtant, depuis hier, on a nettement l'impression qu'Yves Bolduc se dégonfle. 

Au Téléjournal de 18 h, nous avons eu droit à un aveu surprenant de la part du ministre. Il reconnaissait ne pas avoir toutes les ressources légales pour repérer ces enfants qui fréquentent ces écoles juives illégales.

Quand on sait, par exemple, que le gouvernement fédéral est en mesure d'obtenir des informations personnelles pour attraper un chômeur qui aurait pris l'avion pour une petite escapade dans le Sud, on a toutes les raisons de désespérer en entendant le ministre dire que la législation sur la protection des renseignements personnels pourrait empêcher que l'on sauve des enfants à qui on nie une éducation absolument indispensable.

Remarquez que je ne suis pas si surpris que ça. À tous les niveaux de gouvernements, les politiciens semblent avoir les mains attachées dans le dos quand vient le temps d'intervenir dans des matières considérées «sensibles». L'intégrisme religieux est un de ces sujets hautement «totché». Même les choses les plus simples et qui tombent sous le sens deviennent des casse-tête inextricables pour qui craint d'être taxé d'antisémite. 

Un exemple? Ces jours-ci, sur l'avenue Bernard, nous célébrons un triste anniversaire. Cela fait sept ans bien sonnés que l'ancien restaurant La Grand-Mère Poule a été acheté par la communauté hassidique. Sept ans que ce commerce a des allures de taudis infect avec ses vitrines brisées ou tapissées de papier Kraft et d'autres matériaux de fortune. Faudrait surtout pas que les autorités voient ce qui s'y trame! (cliquer ICI pour une courte vidéo prise en février 2010)
 
L'ex Grand-Mère Poule fréquentée allègrement sans certificat d'occupation, le 10 février 2010

Le 5 août 2010, j'avais invité Richard Bergeron et sa suite à une petite visite guidée de cette déchéance. Le chef de Projet Montréal, si attaché à l'urbanisme et à la vie de quartier, avait vu de ses yeux vu un adolescent et un adulte hassidique en train de cuisiner à l'intérieur de l'ancien restaurant alors qu'aucun certificat d'occupation n'avait été émis.


Ex Grand-Mère Poule: Sept ans de laisser-faire et de laisser-aller. Et aucun élu n'ose lever le petit doigt.

Les choses ont-elles changé? Pensez donc! Le 16 novembre 2011, Alex Norris, un conseiller de Projet Montréal du Plateau m'a écrit, pour me signaler, entre autres, ceci:

 «J'ai été en contact ... avec les gens qui se sont installés dans l'ancien restaurant La Mère Poule pour les encourager à remplacer le papier kraft qui se trouve dans leurs fenêtres par des rideaux ou quelque chose d'autre qui serait un peu moins désagréable à regarder. Ils m'ont répondu qu'ils allaient installer des rideaux à la suite des rénovations qui sont actuellement en cours, des rénovations qui devraient se terminer d'ici 8 semaines 

Selon ses dires, c'est tout ce qu'il pouvait faire en fonction des pouvoirs dont il disposait.

C'était en 2011. Nous sommes en quelle année, aujourd'hui? C'est toujours aussi dégueulasse. Ça rénove apparemment encore. Mais avec quel permis?

Par contre, lorsque vient le temps de sévir contre le proprio d'un A&W qui rénove son commerce, Norris ne niaise pas. Le 12 août 2010, l'élu zélé lui écrivait une lettre pas piquée des vers:
  
«Si vous êtes absolument déterminés à vous installer dans notre quartier, je vous prie de le faire de façon plus respectueuse de nos citoyens et de notre architecture patrimoniale.» Et vlan! 

La devanture «intolérable» pendant des travaux de rénovation: deux poids, deux mesures

Si nos élus ne sont même pas capable de faire enlever du papier kraft dans les vitrines d'une synagogue taudis sur une belle rue commerçante, comment espérer qu'ils fassent respecter les lois du ministère de l'Éducation.
 
En tout cas, si le ministre Bolduc veut débusquer des écoles illégales et «à vocation particulière», nous l'invitons à se rendre à l'ancienne Grand-Mère Poule (384, avenue Bernard Ouest). Ça lui évitera de mobiliser une armée de fonctionnaires pour découvrir... ce que les citoyens connaissent déjà!
 
Permis pour une école d'enseignement spécialisée délivré le 16 septembre 2010 pour le 2e étage de l'ancien restaurant.  

Une école avec des matelas, ça commence à ressembler à un pensionnat, non?

mardi 27 mai 2014

LA CONTRE-ATTAQUE DES SACRIFIÉS



Cela fait au moins huit ans que l’alerte a été donnée par les médias. À l’époque, j’avais moi-même publié dans Le Devoir un article sur le scandale de ces écoles qui injectent la Torah comme isolant social. 

Dès les années 1950, des écoles hassidiques de la région de Montréal ont sacrifié leur jeunesse en ne leur offrant qu’une éducation strictement religieuse. Aujourd'hui, elles sévissent encore.

Depuis 2006, tous les ministres de l’Éducation se sont refilé la patate chaude. Il y a eu Jean-Marc Fournier (voir le reportage de l'époque) qui témoignait de son impuissance. Puis ce fut le tour de Michelle Courchesne (lire La prime à la délinquance). Elle a bien bombé le torse et sorti ses griffes d’apparat, mais pour aboutir à quoi? En dépit de sa détermination médiatique, non seulement n’a-t-elle pas tiré la plug sur les subventions accordées aux écoles illégales,comme elle avait menacé, les a plutôt augmentées! Si bien que les directeurs de ces écoles clandestines ont été encore plus à l’aise pour combattre le darwinisme. Marie Malavoy (lire La fuite en avant) n’a guère fait mieux.


C’est maintenant Yves Bolduc qui doit s’occuper des vraies affaires. Se distinguera-t-il de ses prédécesseurs? On voudrait bien y croire, mais si le passé est garant de l’avenir…

Il y a tout de même un espoir pour que les choses changent, car ce ne sont plus seulement des goys qui pointent du doigt les écoles récalcitrantes d’Outremont, du Plateau et d’ailleurs sur le territoire québécois.


La triste réalité de la carence éducationnelle saisie par 16/9
Après le documentaire choc de l'émission 16x9 de Global News sur le gâchis de la secte Lev Tahor de Sainte-Agathe (cliquer ICI pour visionner un court extrait sur l'éducation désastreuse de leurs enfants), les récents reportages d'Yves Poirier (TVA)  et d'Émilie Dubreuil (Radio-Canada) nous remettent sous le nez l'incurie du gouvernement à propos des  écoles ultrareligieuses. 

 Cette fois, avec des victimes en chair et en os qui dénoncent l’ignorance dans laquelle les politiciens et les écoles rabbiniques les ont maintenus en toute connaissance de cause, se pourrait-il que nos politiciens sortent enfin de leur torpeur?  Après la peur d’être taxés d’antisémites, de racistes et de xénophobes, peut-être craindront-ils encore davantage  de se voir poursuivis par les sacrifiés du savoir?

Yohan et Shifra avant et après leur sortie de la secte de Boisbriand

Le ministre Bolduc devrait peut-être s’intéresser à ce qui se passe actuellement en Israël où des dizaines d’ultraorthodoxes défroqués se préparent à entamer des poursuites contre l’état qui n’a pas imposé l’enseignement des matières profanes.

La Une du magazine AMI: les ultraorthodoxes s'inquiètent

Bien sûr M. Bolduc devra, entre autres, s'attendre aux gesticulations d’Alex Werzberger, ce fantasque leader négationniste qui le défie d’aller fourrer son nez dans les cours d’écoles de son ghetto. Mais souhaitons que le ministre fasse la sourde oreille à ces sornettes gâteuses.


Afin de dénigrer ces jeunes défroqués, le porte-parole intégriste de la Coalition d’organisations hassidiques d’Outremont ne se contente pas de les mépriser et de les traiter de «self hating Jews». Interviewé dans le cadre de l’émission Day Break de CBC, le premier mai 2014 (aller à 4 min 10 sec), Werzberger est allé jusqu’à alléguer que Yohan, cet ancien hassidique qui a courageusement quitté la secte de Boisbriand avec son épouse et ses quatre enfants, avait des problèmes mentaux. N'est-ce pas une façon ignoble et dégoûtante de salir quelqu’un? Pour lui, de toute évidence, la fin justifie les moyens.

Faut-il vraiment s’étonner de la méthode qu’utilise Werzberger? Hélas non. Au sein des sectes hassidiques, ce procédé calomnieux et diffamant n’est pas inhabituel à l’encontre des «moutons noirs» qui se rebiffent. Vous en voulez un exemple ?  
Le document «incriminant» du tribunal rabbinique de Sainte-Agathe qu'a dû signer Adam Brudzwesky avant de pouvoir quitter la secte Lev Tahor
 Parlez-en à Adam Brudzwesky, cet hassidim qui a voulu déserter les rangs la secte Lev Tahor de Sainte-Agathe. Dans un reportage de l'émission The Fifth Estate diffusé le 28 février 2014, on apprend (aller à 12 min 10 sec... désolé pour les annonces publicitaires) qu'avant de le laisser filer, les autorités de la secte ont exigé non seulement qu’il divorce de son épouse, mais qu’il signe également un document dans lequel il reconnaissait être atteint d'une grave maladie mentale. Comme quoi, on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces, qu'il croie à Darwin ou non!

dimanche 18 mai 2014

LA FÊTE DES SAGES

La nuit dernière, dans la petite ville de Monroe (état de New York), pas mal de gens semblent avoir eu du mal à s'endormir. C'est qu'à Kiryas Joel, le village ultraorthodoxe situé juste au nord de chez eux, on célébrait en grande la Lag Ba'omer. 
Le Lag Ba'omer, à Kiryas Joel, juste au nord de Monroe, dans l'état de New York

Cette fête qui n'apparaîtrait ni dans la bible hébraïque ni dans les talmuds commémore la fin de désastres pour les Juifs de Judée ainsi que les noces célestes de Rabbi Shimon bar Yohaï.  

À quelques centaines de mètres des fenêtres des résidences de Monroe (c'est de là que vient le fameux fromage Velveeta!), les fêtards s'y sont donnés à fond la caisse. Musique amplifiée, danses (entre hommes seulement), chants et grands feux de joie ont été au menu jusque tard dans la nuit. Même si Kiryas Joel est reconnu pour être l'endroit le plus pauvre des États-Unis, la ferveur religieuse, elle, y est un véritable Klondike.

Hélas, la fin des désastres des uns devient parfois le début d'une calamité pour les autres.  

Quelques-uns des commentaires publiés sur Off the derech
À lire les commentaires de certains des membres de la page Facebook Off the derech (traduction libre: Hors du droit chemin), il faut croire qu'ils n'ont pas du tout apprécié. L'un d'eux, exaspéré, soutient que s'il faisait une fête qui incommodait les gens de sa rue, il recevrait une contravention, tandis que les ultrareligieux peuvent déranger une ville entière impunément. Un autre ajoute que les hassidim de Kiryas Joel n'ont rien à foutre que leurs voisins les apprécient ou pas. Ce qui frappe, ici, c'est que les 1 038 membres de ce groupe fermé ne s'appellent pas Tremblay, Gagnon, Roy ou Côté, mais bien plutôt Cohen, Friedman, Goldstein ou Katz. Trouvez l'erreur!

Au même moment, sur Jeanne-Mance, entre Saint-Viateur et Bernard, près de 2000 hassidim ont fêté comme leurs coreligionnaires de Kiryas Joel. 

Men's entrance!
Rue fermée par des clôtures métalliques, affiche annonçant que l'entrée était réservée aux hommes, grosse musique crachée par des hauts parleurs à plein régime (cliquer ICI pour visionner un petit bout de la fête), sans parler de l'imposant feu de camp que même la Société Saint-Jean Baptiste ne serait pas autorisée à allumer un 24 juin. Surtout pas en plein milieu d'une rue résidentielle où les pompiers ne seraient pas parvenus à se frayer un chemin sans écraser une quantité industrielle de couvre-chefs de zibeline!


Oubliez vos guimauves avec des flammes léchant le ciel jusqu'à la hauteur des balcons de deuxièmes étages!




Une chose est certaine, c'est que le feu n'a pas uniquement été alimenté avec les mèches blondes de la Halaka, ce rite de passage des petits garçons de trois ans auxquels on coupe la chevelure pour la première fois. Ça brûlait sur un chaud temps. (voir la vidéo)

Sur leur musique entraînante, les danseurs ont brûlé des milliers de calories jusqu'à minuit bien sonné. Les voisins goys? Que le diable les emporte. Et c'est ce que l'on appelle la «Fête des sages». Le tout s'est déroulé sous l'oeil bienveillant de la conseillère d'Outremont Mindy Pollak (et sa mère) qui, bien sage, est demeurée à l'extérieur du périmètre réservée à la gent masculine.


 
À 23h, la ronde des adolescents bat son plein à 100 mètres du feu de joie.


De nuit comme de jour, la conseillère de Projet Montréal s'accommode de ces festivités bruyantes, que les noceurs aient ou non un permis en bonne et due forme.

On se souviendra que Mme Pollak ne s'était pas préoccupée que ses coreligionnaires aient fêté fort bruyamment, le 20 octobre 2013 bien que le permis qu'elle avait réclamé à titre de mandataire interdisait l'utilisation d'amplification extérieure (lire ma chronique). C'est vrai que c'était en après-midi et qu'elle n'était que dans le dernier droit de sa campagne électorale!

Le 23 décembre 2013, par contre, Mindy Pollak était élue depuis plus de 50 jours lorsque le grand rabbin d’Israël est descendu au 389, avenue Querbes, au coeur même de son fief électoral (district Claude-Ryan).
Pollack entourée de ses parents et du consul général d'Israël, lors de son assermentation

Pendant huit jours, ce secteur de l'avenue Querbes a été le théâtre de nombreux attroupements quotidiens de la communauté hassidique.

De 300 à 2000 personnes s'y sont attroupées de jour comme de nuit sans aucun permis et sans que la conseillère Pollak, la mairesse Cinq-Mars, les autorités policières et la Sécurité publique d'Outremont lèvent le petit doigt. Seul un service de sécurité privée dont les voitures étaient immatriculées aux États-Unis s'assurait que rien ne vienne perturber le rassemblement illégal. Et on nous jure qu'il n'y a pas deux classes de citoyens!


Un des attroupements qui s'est tenu en pleine nuit, en toute illégalité, du 23 au 30 décembre 2013

samedi 3 mai 2014

LE PEUPLE CIVILISÉ


«Avant d’acheter n’importe quoi, est-ce que je pourrais me poser la question : d’où ça vient? Comment ça a été élevé? On s’inquiète du sort des morues dans l’Atlantique, mais le bien-être animal, ça fait aussi partie de ce qui rend un peuple civilisé.» 
Lise Ravary*


Un bourreau de Pont-Rouge infligeant des chocs électriques à un veau
Cet élan de compassion envers les animaux, la blogueuse du Journal de Montréal l’a partagé avec nous tous à la suite des actes de cruauté sadique qui se sont produits sur une ferme d’élevage de veaux de Pont-Rouge. 

Qui n’est pas scandalisé des mauvais traitements faits aux animaux d’élevage de l’industrie alimentaire? Outre les sévices infligés par des bourreaux tordus (des exceptions, espérons-le!), il y a les conditions d’élevage pas particulièrement réjouissantes. Pensons au manque d’espace vital, au confinement, à l’absence de lumière du jour, à l’hygiène et aux soins parfois déficients, au transport et aux souffrances qui en découlent. 

Mais notre empathie à l’égard du sort des animaux ne peut s’arrêter à leurs conditions de vie. La façon dont ils sont mis à mort doit nous interpeller tout autant. 

Le Québec s'est doté d'une loi sur l'abattage sans cruauté qui prévoit qu’un animal destiné à l’alimentation ne peut être abattu à moins d’avoir été rendu inconscient. À ce beau principe, il y a toutefois une dérogation de taille.

L’égorgement rituel sans étourdissement est permis pour satisfaire les religions juive et musulmane. Est-ce à dire que d’atroces souffrances animales sont acceptables lorsque ces sacrifices sont perpétrés au nom d’Allah et de Yahvé? Quand on sait que des pays comme la Norvège, la Suisse, la Suède, l’Islande et la Nouvelle-Zélande interdisent l’abattage rituel et n’accordent aucune exemption religieuse, ne devrions-nous pas remettre en question notre accommodement?

Si vous n’avez pas idée de ce que signifie pour un animal
La longue et souffrante agonie d'une vache écorchée vive
d’être égorgé vif, de se faire littéralement arracher la trachée à froid, jetez un coup d’œil au calvaire que vivent ces vaches des abattoirs d’Agriprocessor, le plus gros producteur de viande cachère des États-Unis et du monde. Après avoir pris grand soin de ne pas leur sectionner la moelle épinière, on les relâche pour les laisser crever au bout de leur sang dans d’atroces convulsions qui peuvent durer jusqu’à 14 minutes. Toute cette barbarie pour s’assurer d’un meilleur drainage du sang de l’animal. (À 1 min 30 s, vous verrez même un de ces mastodontes se relever sur ses quatre pattes et tenter de fuir)

Après un tel spectacle d’horreur, comment ne pas être dérouté quand on nous explique que l’interdiction de mélanger le lait et la viande inscrite dans la loi de la cacheroute repose sur l’importance que ne se produise un geste d’une grande cruauté, soit de faire cuire un animal dans le lait de sa mère? Ce serait donc acceptable d’écorcher vif un animal, mais épouvantable de faire cuire une côtelette de veau dans du lait?

S’il n’y avait que ceux qui croient aux vertus du halal et du cacher qui se délectaient des animaux égorgés à froid, certains pourraient peut-être fermer les yeux sur la souffrance animale, mais quand on apprend qu’une grande partie des viandes issues des abattages rituels finissent dans nos assiettes, ça commence à être difficile à avaler.

Dans un article qu’elle a publié, Lise Ravary confirme que «la fesse de veau que vous mangerez peut-être ce weekend pourrait fort bien être issue de l'abatage cacher. On n'en meurt pas. On ne devient pas juif pour autant». C’est cette même femme qui nous racontait à la radio que le bien-être animal, ça fait aussi partie de ce qui rend un peuple civilisé. Avouez qu’elle n’est pas à une contradiction près.

Ravary estime que ça goûte pareil et que c’est son droit le plus strict de manger cacher. Mais quelqu’un lui a-t-il jamais contesté ce droit? Allons donc! Contrairement à ce qu’elle insinue fallacieusement, ce n’est pas dans le but de «transformer la société pour que tout le monde soit pareil, blanc et chrétien» que des gens souhaiteraient ne pas devoir acheter des produits halal ou cachers.

Ce que désirent les consommateurs (qu'ils carburent ou non aux concepts sacrés), c’est qu’on respecte de la même façon leur droit le plus strict de ne pas être forcés de consommer des produits soumis à un protocole religieux ou de manger des viandes provenant d’un abattage rituel sauvage. Est-ce trop demander?

Quand Lise Ravary soutient qu’on ne meurt pas de manger une fesse de veau issue de l’abatage cacher (ou halal), je l’inviterais à visionner l'extrait du reportage d'Envoyé spécial diffusée sur France 2 où un spécialiste explique pourquoi, dans 15 à 20 % des abatages rituels (halal ou cacher), le contenu du tube digestif des animaux se déverse et souille la carcasse d’Escherichia coli, une bactérie particulièrement pathogène qui peut causer la mort. (voir aussi le reportage du JT France 3: La mort au bout du halal )

Alors qu’elle crie à l’antisémitisme lorsque des gens dénoncent la stratégie marketing utilisée par des rabbins qui monnayent leur certification cachère, Ravary n’a aucun scrupule à dénoncer ce qu’elle appelle le Halalgate.

Dans sa chronique du 25 octobre 2012, la blogueuse se demande pourquoi près de 10 % de notre viande provient de l’abattage halal si les musulmans ne représentent que 2,5 % de la population du Québec et à qui va l’argent versé par les abattoirs québécois pour obtenir la certification halal. Elle affirme également que les islamistes exploitent à la fois notre ignorance et notre bienveillance.

Ma foi du Bon Dieu, se pourrait-il que nous soyons sur la même longueur d'ondes? Lise se pose les mêmes questions que nous!

Une livre de beurre non salé Lactantia acheté par un consommateur au Provigo d'Acton Vale. Il me demande si trois sceaux cachers valent mieux qu'un et si c'est trois fois plus payants pour le rabbin. Désolé, mais je n'ai pas la réponse.

Pourquoi 80 % des produits que nous achetons en magasin sont cachérisés alors que les juifs ne représentent que 1,3 % de la population du Québec? À qui va l’argent versé pour la certification cachère? Aux écoles hassidiques illégales? Aux colonies de peuplement? Aux bonnes œuvres? Et comme la très grande majorité des Québécois n’ont jamais entendu parler ni ne connaissent le label cacher, on pourrait, à note tour, soutenir qu’ils exploitent notre ignorance et notre bienveillance.

Pour finir, permettez-moi de m’inscrire en faux contre cet ami de Mme Ravary qui résume le problème en disant que «les Juifs regardent dans leur assiette [tandis que] les islamistes regardent dans les assiettes des autres». Je crois qu'en matière de certification religieuse, les deux regardent plutôt ce qui entre dans leurs poches.


* Débat avec Gabriel Nadeau-Dubois et Lise Ravary, émission C'est pas trop tôt , Radio-Canada Première, 8h34, le 23 avril 2014