mercredi 29 juin 2011

LE PEUPLE EN OTAGE

L'UNESCO a prévu qu'en 2020 l'eau sera un problème mondial sérieux. D’après les spécialistes de la question, il paraît que ça va barder. Je ne voudrais pas être là pour voir ça.

Heureusement, au Québec, la pénurie qui sévit déjà dans un grand nombre de régions de la planète ne nous touche pas encore. C’est du moins ce que l’on croyait jusqu’à ce que les médias nous apprennent que Boisbriand vit actuellement une crise qui se transforme en une guerre de tuyaux.

Depuis 2005, la communauté hassidique de Boisbriand étanche la soif d'une partie de ses 5000 âmes sans se préoccuper de payer la taxe d’eau exigible par les autorités
municipales. Et glou et glou et glou. Les rabbins locaux ouvrent grand les vannes de la conduite d’eau potable pour leur population en croissance exponentielle. Pourquoi se gêner? C’est gratos! La population goy? Elle peut bien sécher.

Cliquer sur la photo pour zoomer


La saga judiciaire fait rage depuis... cinq ans! Le 23 mars 2010, la chambre civile de la Cour du Québec donne raison à la Ville de Boisbriand et ordonne aux intégristes de régler la facture de taxe d’eau qui s’élève à plus de 1,3 million de dollars.


Peu impressionnés, les «Craignants Dieu*» en appellent de ce premier jugement. Le 30 août 2010, la Cour d’appel du Québec déboute à son tour les ultraorthodoxes butés et leur rappelle que peu importe que l’on veuille ou non contester son compte de taxe d’eau, il faut d’abord l’acquitter.

La Torah ne faisant aucune allusion à la tuyauterie boisbriannaise, la Communauté Oir Hachaim, la Corporation d’habitation Lumière, la Corporation Lumière de la Vie inc., la Coopérative d’habitation Centre de la Foi Éternelle et la Congrégation Tash remontent aux barricades et entreprennent d’en appeler pour une troisième fois.

Le 28 avril 2011, un troisième jugement rendu par la Cour du Québec confirme les décisions des deux tribunaux inférieurs. Vous croyez que ça riverait le clou de la secte intraitable? C’est bien mal connaître la détermination des zélateurs de la «foi éternelle».

Les esprits s’échauffent, la «steam» monte et on est bien près du point d’ébullition.
C’est facile à comprendre. À lui seul, ce dossier de la taxe d’eau impayée a coûté plus d’un demi-million de dollars aux 26 674 contribuables de Boisbriand pris en otage. Appliqué à l’échelle du Plateau Mont-Royal, cela représenterait une dépense de 1 894 241 $ (18,74 $/ pers. x 101 054 habitants) pour tenter de mettre au pas une poignée de pit-bulls à rouflaquettes.

Pendant ce temps-là, le rabbin Tosher (photo) se fait offrir un voyage en Hongrie en jet privé par un «grand ami et bienfaiteur de la communauté Tosh» Hummm... qui cela pourrait-il bien être? Les paris sont ouverts.

Et ce n’est pas fini!
Le 22 juin dernier, les calotins remettent ça pour une quatrième fois. Et s’il n’en tenait qu’aux rabbins boqués du ghetto de Boisbriand, ce n’est pas demain que la source du conflit se tarirait. Mme Marlene Cordato, la mairesse de Boisbriand, ne s'attendait pas à ce nouveau rebondissement.

S'efforçant de paraître zen, elle rappelle qu'il est temps «de mettre un terme à ces contestations dilatoires et futiles qui n’en finissent plus. »
Oups! La coupe est pleine, pleine, pleine, on dirait. Espérons que Marie Cinq-Mars et Richard Bergeron ont entendu l'entrevue que la mairesse de Boisbriand a donnée à Benoît Dutrizac. D'un coup que ça les réveillerait. Vaut mieux tard que jamais, non?


* hassidim, en hébreu

jeudi 23 juin 2011

LES MÉDIAS, LE POUVOIR ET LES TROIS SOLITUDES

Depuis que j’ai entrepris d'attirer l’attention de l’opinion publique sur le laisser-faire et le favoritisme des autorités politiques à l’égard des dirigeants intégristes hassidiques, j’ai été l’objet de plusieurs articles de journaux, de magazines, de reportages radiophoniques et télévisés.

Les trois solitudes. De gauche à droite, moi, Leila Marshy et Mayer Feig, dimanche 19 juin 2011 devant le bureau de scrutin référendaire.

Après trois ans et demi de dénonciation, je crois pouvoir me permettre de dresser un bilan pas très reluisant sur l’objectivité et la rigueur bancales dont ont fait preuve plusieurs des journalistes attitrés à ce dossier.Trop souvent, les reportages se sont avérés lacunaires, bâclés, voire carrément tendancieux. J’ai trop de doigts sur une seule main pour compter les reportages qui ne présentaient pas d’erreurs factuelles préjudiciables ou des omissions qui semblaient volontairement malveillantes ou alors le fruit d’une ignorance inadmissible de la part de ceux qui sont amenés à publier l’information. Dans tous les cas, cela faussait la perception du public.

Je comprends que le rythme de production qu’on impose aux journalistes puisse les amener à tourner les coins ronds, mais il y a quand même des limites. Ce n’est probablement pas pour rien que j’ai fait pratiquement toute ma carrière journalistique dans le monde des magazines. Cela nous donnait le temps de fouiller décemment les sujets de reportages et de ne pas écrire à la va-comme-je-te-pousse parce que les impératifs de productivité exigeaient que l’on pisse de la copie.

Une erreur préjudiciable pour votre réputation dans un article portant sur le procès que vous subissez? Y’a rien là. Quand un grand quotidien de Montréal rapportait que « [ je fais ] l'objet d'une plainte criminelle » alors que le procureur de la Couronne a rejeté cette plainte deux ans auparavant, cela est très pernicieux. On laissait ainsi entendre aux lecteurs que j’étais sous le coup d’une accusation criminelle alors qu’il n’en était rien. Bonjour la stigmatisation! Et ne vous avisez pas de réclamer un rectificatif. Dans le meilleur des cas (ce ne fut pas ma chance), on vous torchera trois lignes agates qu’on foutra dans un coin perdu, sous les chiens écrasés.

Ces derniers jours d’avant-référendum, j’ai eu beau répéter (pendant une grosse heure!) à une journaliste qui m’interviewait que les travaux d’agrandissement de la synagogue n’étaient pas de 10 pieds (?!?) comme la plupart des médias le rapportaient grossièrement, elle a choisi de trancher la poire en quatre (ou en sept!) en parlant d’un ridicule 10 mètres carrés
. De toute évidence, elle n’écoute pas LCN (cliquer ICI pour visionner le reportage). Avouez que de présenter quelqu’un qui ferait tout un plat pour si peu, ça vous le rend sacrément « craque-pot ».

Même le Globe & Mail a été plus équilibré à l’égard du Quebecker que je suis. Je laisserai à un des 450 commentateurs de l’article du quotidien de Toronto le soin de tirer sa propre conclusion. Le commentaire de ACbis placé à 7:23 le 22 juin 2011 se termine comme suit : « ... journalists with an agenda aren't known for presenting facts in a balanced manner, when sensationalism works better for the bottom line...». Vous noterez que ce n’est pas moi qui l’ai dit! Et puis, qui sait… peut-être était-ce plutôt une commande de la direction du quotidien? Mais je ne voudrais pas spéculer.

Remarquez qu’il peut toujours y avoir pire. Pensez à l'article de The Gazette du 14 juin ou à l’article du National Post du 21 juin, par exemple. Avec sa tête de poupon aryen, le journaliste Graeme Hamilton a trouvé le moyen de glisser dans son article que le site Web d’un groupe de suprématistes blancs néo-nazis (dont il m’a appris l’existence) avait placé certains de mes écrits sur son site. Ah bon! Les nostalgiques du Ku Klux Klan du fin fond du Mississippi parlent et lisent le français, maintenant? Faudrait qu’ils nous donnent leur recette. On pourrait tenter de l’appliquer au West Island.

Dans le National Post, on apprend que Mayer Feig, le dirigeant de la synagogue qui a fait la manchette, a reçu le résultat du référendum comme une claque en pleine face. Comment il disait ça, Job, en anglais, dans la Bible? «You reap what you sow.»

Il reste que, contrairement à ce que raconte Graeme Hamilton, je suis très très loin de me réjouir de ce pénible épisode que nous venons de traverser.

Si seulement les élus municipaux ne s’étaient pas tourné les pouces depuis 30 ans, s’ils ne s’étaient pas fermé les yeux sur ce qui se préparait lentement, mais inexorablement, nous n’en serions jamais arrivés là. Vive la rectitude politique! Vive les calculs électoralistes! Vive les compromissions pour régner à tout prix! Grâce à ce cocktail, à la fois
«molo» et «tough», nous sommes passés de deux à trois solitudes!

Bravo, messieurs, dames les politiciens. Merci aux journalistes qui leur ont donné un fameux coup de pouce.

lundi 20 juin 2011

L'HARMONIE PLANÉTAIRE

Hier, la volonté populaire a tranché. Une majorité des citoyens qui se sont prévalus de leur droit de vote ont exprimé haut et fort leur opposition à l’agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison.

Ce vote référendaire vient de mettre fin à trois années d’une saga aussi pénible que rocambolesque qui aura coûté près de 90 000 $ aux trois parties en cause avant même qu’une seule pierre ne soit posée. Selon les deux versions données par les autorités municipales, cette somme, appliquée aux seuls travaux d’agrandissement prévus, représentait un coût variant entre 128 $ et 200 $ du pied carré d’agrandissement. Une jolie somme qui n’incluait évidemment pas les 400 000 $ que la communauté hassidique prétendait vouloir investir dans l’immeuble.

En passant, vous remarquerez que La Presse aura attendu au lendemain du vote référendaire pour multiplier par quatre (!) la superficie apparemment officielle de l'agrandissement qu'elle avait présenté samedi dernier. Quelqu'un cherchait-il à favoriser le camp du OUI en minimisant la portée de l'agrandissement avant le vote? La question se pose.

Quand on considère que le camp du NON affrontait un lobby puissant qui n’a ménagé ni les entourloupettes, ni les sommes nécessaires pour arracher un OUI, cette victoire du NON est absolument remarquable. Plusieurs résidents étaient sceptiques, mais malgré aucune garantie de succès, les citoyens ont choisi d’affronter l’adversité. Et ce qui pouvait sembler perdu d’avance s’est transformé en quasi miracle. Des francophones, des anglophones, des Italiens, des Grecs et même des Juifs sont allés ensemble s'opposer à cet agrandissement. Si bien que le NON l’a emporté avec 243 voix, contre 212. Dans le camp du OUI, à peine 16 % n’étaient pas issus de la communauté hassidique.

Avez-vous eu la chance de voir le dernier tract de ceux qui appuyaient les autorités hassidiques? Absolument impayable! Ils ont usurpé l’affiche des souverainistes de la campagne référendaire de 1995. Chapeau, Cossette!

Ce gros « Peace & Love » sur fond printanier laissait croire à la réminiscence du Grand love-in canadien de 1995.


Peu de temps avant le scrutin de dimanche dernier, Leila Marshy, la porte-parole du groupuscule
Friends of Hutchison Street
m’écrivait ceci : « This planet needs harmony, not more division. I hope, no matter the outcome of Sunday's vote, that we (all of us - Hassidim, non Hassidim, francophone, anglophone) can get together. Not to debate, not to argue, not to convince one side or the other. But to share a drink, a laugh, and some good conversation». Je me suis bercé de ces propos angéliques d'harmonie planétaire.

Malheureusement, ses beaux principes ont fait long feu, laissant toute la place à des déclarations belliqueuses. Même un résident juif du Mile-End qui n'était pas d'accord avec cet agrandissement s'est fait qualifier de
«Juif qui s'auto-déteste» (lire Le Devoir).

Celle qui, une semaine plus tôt, n’avait jamais parlé à un hassidim de sa vie, décryptait la victoire du NON comme une quasi-déportation annoncée. « Le message que ça donne [aux hassidim], c’est : « On ne veut pas de vous. On ne veut pas entendre votre bruit. On ne veut pas partager nos trottoirs avec vous. On ne veut pas être soumis à vos exigences ». Bonjour les scénarios apocalyptiques!

Parlant des opposants à l’agrandissement de la synagogue, Leila la sociale démocrate multiculturaliste a aussi eu ce jugement péremptoire : «To me, they represent a mentality in Quebec where they are the victims and everybody else is threatening them».

Remarquez que Mme Marshy n’est pas la seule à laisser échapper ses propres préjugés.

Aujourd’hui, alors que j’accordais une entrevue télévisée à Maya Johnson, une journaliste de CTV, Josh Dolgin, alias Socalled (oui, oui, le musicien!) nous a interrompus sur le trottoir devant la synagogue du 5363 Hutchison.

Affirmant être un résident de la rue Hutchison, M. Dolgin m'a fait un petit solo de trémolo. «Shame on you, sir! It’s a tragic situation for Montreal. It’s a sad day. I voted for my community. You voted to destroy a community… That is racism. Law protects racist majority on this street. »

Le chanteur était tellement en verve que Paola Samuel, une journaliste de Global News également sur place lui a permis d'en remettre sur Evening News (avancez à 7min 24 s):
«Yesterday, xenophobia and fear of the other, racism and antisemitism won out».

Et schlack! Le couperet tombait à nouveau. Les francophones sont une majorité raciste. Vite! Sortez le gibet qu'on nous pende haut et court au Pied du Courant. Je conseillerais à tous ces alarmistes qui
«freakent» d'aller relire la chronique que j'avais intitulée LE MUR.

Tout ça, imaginez-vous, parce que nous nous prévalons de nos droits inscrits dans la Loi des cités et villes pour préserver notre qualité de vie. Qu'est-ce que ce serait si quelqu'un leur avait dit qu'on ne voulait pas qu'ils marchent sur
«notre» trottoir. On nous aurait coupés en petites rondelles ou lapidés comme ce chien condamné par un tribunal rabbinique de Jérusalem?
Parions que si le OUI l’avait emporté, notre pianiste, compositeur, chanteur, journaliste, cinéaste et maintenant éditorialiste «live on TV» louangerait la démocratie canadienne et les lois qui protègent les droits de l’homme et des persécutés.

Heureusement pour Leila et lui, une belle fête de quartier les attend avec Mayer Feig et Moshe Englander.

Comme quoi, à tout malheur, quelque chose est bon!

vendredi 17 juin 2011

RÉFÉRENDUM : LA FIN DE LA DÉSINFORMATION

Ces derniers jours, la désinformation a atteint des sommets inégalés à propos de l'enjeu du référendum qui se déroulera dimanche (19 juin) à la bibliothèque du Mile-End (5434, avenue du Parc, entre 10h et 20h). Même dans La Presse de ce matin, on nous parle d' un agrandissement de 10 mètres carrés (100 pieds carrés)! On rêve. Pousse, mais pousse égal, Leila.


Afin de vous permettre de voter en toute connaissance de cause, dimanche, voici HUIT QUESTIONS/RÉPONSES qui coupent court à la désinformation véhiculée par les dirigeants hassidiques... et leurs nouveaux amis.


Q 1 : Les travaux envisagés à la synagogue du 5363 Hutchison représentent-ils un projet de rénovation ou d'agrandissement?

R : Contrairement à ce que les dirigeants de la synagogue ont affirmé, il s’agit d’un projet d'agrandissement. S'il s'agissait d'une simple rénovation, le projet n'aurait jamais été soumis à un processus référendaire. Seuls les travaux d'agrandissement qui dérogent au zonage sont sujets à un processus référendaire.

Q 2 : Est-ce vrai que le projet ne prévoit qu'un agrandissement de seulement « 10 pieds »?

R : FAUX. Le 29 avril 2010, les autorités municipales ont présenté les plans officiels pour un agrandissement de 700 pi2. C’est l’équivalent d’un confortable 5½! Récemment, les élus ont évoqué un agrandissement « d'environ » 450 pi2. Mais jamais les autorités municipales n'ont été présentés de tels plans aux citoyens. Et ce n'est pas faute de l'avoir demandé aux élus.

Q 3 : Les résidents s'opposent-ils à la rénovation de la synagogue?

R : NON. Les résidents y sont tout à fait favorables. Les résidents s'opposent uniquement à son agrandissement puisqu'il qui va à l'encontre du zonage strictement résidentiel en vigueur.

Q 4 : Les résidents contestent-ils les droits acquis de la synagogue?

R : NON. Personne n'a jamais remis en question les droits acquis de la synagogue.

Q 5 : Est-ce vrai que la contestation actuelle de cet agrandissement est le fait d'une petite poignée de citoyens?

R : FAUX. Trois conseillers municipaux sur les six élus du Plateau ont officiellement voté contre ce projet lors d'un vote tenu le 7 février 2010. Par ailleurs, le 12 avril 2011, 200 personnes se sont déplacées pour réclamer la tenue d'un référendum sur le projet.

Q 6 : Outre le fait que la synagogue soit située dans une zone strictement résidentielle, y a-t-il d'autres raisons qui incitent les résidents à refuser son agrandissement?

R : Oui, les nuisances sont nombreuses.
— Les résidents de la rue ont constaté de plus en plus d'achalandage. Après avoir raconté que la congrégation ne comptait que 30 fidèles, ses dirigeants ont parlé de 30 familles. Aujourd’hui, les élus avouent que la synagogue peut accueillir 155 personnes.
— De plus en plus de voitures se stationnent en double au milieu de la rue ou occupent les stationnements réservés aux résidents détenteurs de vignettes. Des camions de livraison y viennent charger et décharger des marchandises à toute heure.

— Sur les quelque 600 mètres de la rue Hutchison entre Fairmount et Saint-Viateur, on dénombre quatre synagogues dont trois sont en état d'illégalité totale ou partielle. L’une opère un dortoir illégal malgré l’interdiction formelle des autorités municipales. Une autre a transformé un appartement locatif en classe religieuse sous de fausses représentations. Une troisième contrevient totalement au zonage.

Q 7 :
Est-ce vrai que le nombre de membres de cette communauté ne s'est pas accru depuis que la synagogue s'est installée à cet endroit comme le prétendent les dirigeants de la synagogue?

R : FAUX. Selon leurs propres statistiques de 2005, la communauté ultraorthodoxe compte en moyenne 5,6 personnes par famille. Cette même étude avance que la communauté ultraorthodoxe aura doublé d'ici 15 ans.

Q 8 : Les résidentes et résidents qui s'opposent à cet agrandissement et qui souhaitent voter NON au référendum de dimanche sont-ils intolérants?

R : Le refus de permettre l'agrandissement de ce lieu de culte sur cette rue zonée résidentielle n'a strictement rien à voir avec de l'intolérance ou un manque d'ouverture aux autres. Les résidents sont irrités par les usages illégaux, le manque de respect des règlements municipaux qu'ils constatent et par l'impuissance des autorités municipales à faire appliquer les règlements. Les citoyens souhaitent simplement préserver leur qualité de vie.

Dimanche, à la question:

«Approuvez-vous la résolution CA11 25 0055 autorisant l'agrandissement de l'immeuble situé au 5363, rue Hutchison abritant l'usage dérogatoire «lieu de culte» et ce, aux conditions énoncées à ladite résolution»

Votez NON !

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Et maintenant...
La petite histoire des «Friends of Hutchison Street»

Vous connaissez
Friends of Hutchison Street? Non? Ben, imaginez-vous donc que nous non plus on n’en avait jamais entendu parler! Cet obscur groupuscule issu de nulle part a soudainement jailli du sous-sol de la synagogue-taudis à la faveur de la fameuse «visite libre» du 5 juin dernier. Ce marathon de la pitié a, semble-t-il, fait saigner le cœur sensible de quelques Leila.

Cela fait trois ans que des citoyens de cette rue résidentielle se démènent pour empêcher l'agrandissement de la synagogue du 5363 Hutchison qui nuira à leur qualité de vie. TROIS ANS!


Elle était où, durant toutes ces années, la bouillante et sanguine Leila Marshy qui, quelques jours avant le vote référendaire, a laissé parler son cœur? C'est en visitant les urinoirs fétides qu'elle a trouvé son chemin de Damas? Le discours de victimisation des dirigeants ultraorthodoxes l'aura touchée au point de lui faire vomir ses préjugés anti-Québécois et de traiter de trous du cul (voir son commentaire sur mon blogue) intolérants, bigots, étroits d'esprit, antiethniques et anti-immigrants ceux qui n'ont pas la luette lubrifiée à la rectitude politique et qui se prévalent de leurs droits pour préserver la tranquillité de leur rue résidentielle? C'est cette même femme qui nous implore de semer des fleurs, pas des pleurs?

Cliquer ICI pour connaître le fond de la pensée de Mme Marshy qui s'est ouverte à The Gazette.

Ci-contre: Mayer Feig et sa «nouvelle amie» dans la synagogue


Pendant que nous assistions aux séances d'information publique de l'administration du maire Tremblay (7 juillet 2008) puis de l'administration de Richard Bergeron (29 avril 2010), où se planquait Leila Marshy? Elle rêvait à un séduisant «Rabbin des Bois» qui la protégerait contre les méchants francophones, les drogués et les prostituées qui, autrement, rôderaient dans sa rue résidentielle?

Pendant que nous intervenions à pratiquement toutes les assemblées du conseil d'arrondissement du Plateau et d'Outremont et que nous dénoncions le laisser-faire et l'opportunisme électoral des Richard Bergeron et Marie Cinq-Mars, que faisiez-vous les lundis soirs, Leila, Kathryn, Lynne et Andrew Gordon? Vous grattiez vos «guitars»?

Pour tout vous dire, avant la fameuse visite libre, les «
Friends of Hutchison Street» n’existaient pas. C'est Mayer Feig, le dirigeant de la synagogue au centre du litige qui a «armé» à la sauvette cette petite faction de mercenaires goys. S’il le leur demandait, ses «nouveaux amis» partiraient en croisade contre une chasse aux blanchons qui n’existe plus.

Mais, celui qui se fait passer pour rabbin dans The Gazette s’est plutôt servi d’eux pour répandre des faussetés et des contrevérités sur le véritable enjeu du projet d’agrandissement. Il faut lire le dépliant qu'ils ont pondu sous la supervision de Mayer Feig. Pathétique, comme dirait Lisette.
Justement, vendredi soir, des citoyens ont aperçu Mayer sortant de chez Leila. Il fallait bien qu'il lui donne ses dernières instructions avant de s'éclipser pour le shabbat!


Si vous avez des commentaires ou des suggestions à faire à Leila, écrivez-lui à ruehutchison@hotmail.com
, mais, je vous en prie, soyez plus courtois qu'elle.

jeudi 9 juin 2011

LE PRIX DE LA PITIÉ

Il aura suffi aux dirigeants hassidiques de se montrer négligents, imprévoyants et totalement insouciants pendant 60 ans pour susciter la compassion des bons citoyens qui se sont présentés à la «visite libre» de dimanche dernier à la synagogue qui sera soumise au référendum, le 19 juin prochain.

Comment, en effet, ne pas s’attendrir en entendant ce fidèle bobov raconter sans retenue que les vieux sages de la synagogue en sont réduits à faire pipi dans le lavabo du rez-de-chaussée parce qu’ils ne sont plus en mesure d’emprunter l’escalier qui gîte dangereusement? Remarquez que dans l’état de décrépitude de la synagogue, cette méthode peu orthodoxe de se soulager est plus hygiénique que d’affronter la moisissure qui prolifère autour des urinoirs malodorants et sur les murs lépreux tachetés d’éclaboussures. Ah! Je vous dis. Quand la misère s’acharne sur le pauvre monde, c’est pas drôle. Ça doit être la faute des méchants voisins.
Heureusement qu’il y a encore de bons chrétiens. Des gens qui ont le cœur sur la main et qui ne reculeraient devant rien pour ne pas laisser leur prochain dans la dèche.

En situation de crise, il
faut ce qu’il faut. Demandez-le à Marie-Claude Lavigne, l’hôtesse qui accueillait les visiteurs à la porte de la synagogue.

La vice-présidente d’Optimum Relations Publiques, la firme chapeautée par Vision 7 International, une des 25 plus grandes compagnies de communication au monde
(photomontage)

Depuis le perron, Mme Lavigne invitait les passants à venir voir le beau « projet de rénovations ».
Or, c'est de la désinformation. Il s'agit plutôt d'un ptrojet d'agrandissement dérogatoire dans une zone strictement résidentielle (lire l'article que j'ai publié ce matin dans Le Devoir).
Il fallait qu’il soit très spécial, ce projet des intégristes religieux, pour que Thomas Mulcair, le très sollicité chef adjoint du NPD, passe une grosse heure à l’intérieur de la synagogue en état de putréfaction avancée. La v.-p. d'Optimum n’était pas peu fière de dire que c’est elle qui avait convaincu la communauté de faire cette visite libre. Une idée qui a certainement valu son pesant d'or (15 000$ ou 20 000$?).

Malheureusement, à sa sortie du lieu de culte , Mulcair a carrément refusé de prendre le dépliant qu’une citoyenne opposée au projet lui a tendu. Thomas a plutôt pris ses jambes à son cou. En voilà un autre qui préfère s’en tenir aux fausses vérités des intégristes qu’il courtise assidument.

La fierté

C’est fou comme la fierté diverge selon les coutumes. Dans ma jeunesse, dès que des visiteurs s’annonçaient à la maison, on passait l'Électrolux jusque derrière le frigo au cas où matante Gertrude aurait la mauvaise idée d’y faire le test du doigt.

Dans le cas de la synagogue, Rifka Hanfling , la porte-parole hassidique, se faisait au contraire une fierté de faire visiter ce taudis. « Nos voisins y constateront tout l’attachement de notre petite communauté à ce bâtiment qui est au cœur de la vie de nos familles depuis près de 60 ans », affirmait-elle. Vraiment? Cou’donc... autres confessions, autres mœurs, faut croire.


D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la synagogue du 5363 Hutchison n’est pas l’exception vermoulue qui confirme la règle. Presque partout où les intégristes hassidiques installent leurs lieux de culte dans le Mile-End et à Outremont, les immeubles se transforment en cambuses aux allures sinistres et sordides.

Des exemples? Pensons au 5815 Jeanne-Mance, au 5555-5571 Hutchison, au 5843 Hutchison, 6082 Parc, à l’ancien restaurant La Mère Poule et la très célèbre synagogue des Rosenberg (cliquer sur les adresses pour accéder aux musées des horreurs).


Hélas, leur laisser-aller ne se limite pas aux lieux de culte. Rappelez-vous, par exemple, la guerre juridique que livre depuis dix ans le gouvernement fédéral au puissant Michael Rosenberg. Ce dernier néglige l’entretien de ses complexes L’Esplanade Laurier et Les Terrasses de la Chaudière qu’il loue pourtant au gouvernement à gros prix (cliquer ici, puis visionner le reportage de Radio-Canada).
Le pire, dans tout ça, c'est que ce problème se vit bien au-delà de Montréal, Gatineau et Ottawa.

Dans son édition du 8 décembre 2010, le magazine new-yorkais The Village Voice a fait sa une avec une bombe: «Beyond belief - How can a religious person justify being a slumlord?».

En lisant cet article, on croit rêver. En fait, il faudrait plutôt parler d'un méchant cauchemar.

L'article réagit à une série de deux reportages publiés quelques mois plus tôt dans la même publication qui présentait le palmarès des dix pires propriétaires immobiliers de New York. Pour mal faire, dans ce honteux
«Bottom 10», on retrouve une sur-représentation de propriétaires ultraorthodoxes (lire la Partie I et la Partie II de cette série).

L'onde de choc a été telle à New York que le rabbin activiste Jill Jacobs (photo ci-contre) a publié dans les pages du Jewish Daily Forward un article intitulé «When the Slumlords are us». Elle a aussi commis «Jew or not, a crook's crook» dans le New York Daily News. Fait rarissime, elle a même tenu a ce que le «linge sale» de la communauté soit aussi lavé dans les médias laïques. Bref, vous le voyez, il y a là de quoi méditer.

Toutefois, cela ne permettra pas de dissiper tout à fait la stupéfaction de Richard Bergeron.

Le 5 août 2010, lors de la visite guidée qu'il a faite en ma compagnie, le chef de Projet Montréal était demeuré perplexe. Témoin de l'état pitoyable des immeubles et des fonds de cour de certains lieux communautaires hassidiques du Mile-End, M. Bergeron s'était étonné du contraste entre cette déchéance et les voitures de luxe qui y étaient stationnées. Qu'il se rassure. Nul n'est tenu de résoudre la quadrature du cercle. Surtout pas celle du cercle des initiés.

Il faut apprendre à vivre avec une petite dose de mystère.

vendredi 3 juin 2011

LA VISITE LIBRE

Le jour où vous déciderez de vendre votre maison (ou votre salade), j'ai un bon tuyau pour vous. Appelez Mayer Feig, le leader de la synagogue du 5363 Hutchison qui veut s'agrandir sur cette rue au zonage strictement résidentiel. Il vous refilera le nom de Cossette Communications, la firme de relations publiques dirigée depuis Toronto qu'il a engagée pour organiser et mousser sa visite libre, dimanche prochain 5 juin 2011.

Imaginez-vous. Hier matin, M. Feig a réussi à faire diffuser, au radiojournal de
Radio-Canada, la «nouvelle» qu'il fera une journée porte ouverte de sa synagogue. Nommez-moi une firme de courtage immobilier en mesure de vous offrir un tel coup publicitaire. Vous n'en trouverez pas.

Le 31 mai dernier, il avait obtenu un article dans le journal Métro pour annoncer sa visite libre. Aujourd'hui, c'est CBC qui diffusait en fin d'après-midi un reportage télé (avancez à 8 min10 s).

En 60 ans d'existence, c'est la première fois (et sûrement la dernière) que la population goy sera autorisée à mettre les pieds dans cette synagogue. C'est Mme Rifka Hanfling qui a agi à titre de porte-parole de la congrégation intégriste.

Déjà en partant, le fait que la congrégation ait permis à une femme de prendre la parole est tout aussi exceptionnel que la visite des lieux saints elle-même.


Rifka Hanfling, la porte-parole extraordinaire de la synagogue bobov

Dans ce monde ultrapuritain où on ne permet même pas à
la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton
d'apparaître sur une photo officielle aux côtés du président Obama, c'est tout à fait audacieux, voire totalement iconoclaste. Peut-être était-elle la seule personne de cette communauté en mesure de donner une interview en français?

À moins que, craignant le pire au référendum du 19 juin prochain, la congrégation ait décidé de jouer son va-tout en utilisant les propriétés
«sexuellement suggestives» d'une femme pour titiller les démons qui grouillent comme des asticots dans les tripes de chaque homme goy de la rue Hutchison? La fin justifie les moyens, non?

Nous connaissons peu de chose sur Mme Hanfling, sauf que...
Sauf que
, jusqu'à tout récemment, elle a été membre du conseil d'administration du Centre de la petite enfance TOLDOS, un CPE hassidique de la communauté skver (voir contrebande d'alcool dans une de leurs synagogues) qui est installé illégalement au 845, rue Querbes depuis 2009.

En 2007, ce CPE n'avait obtenu qu'un certificat d'occupation temporaire de 24 mois dans cet édifice de la rue Querbes. Cela avait été fait à titre de dépannage pendant les travaux de rénovation de l'école où le CPE logeait. Depuis 2009, ce certificat n'a jamais été renouvelé. Pourtant ce CPE s'incruste à cet endroit où le zonage ne permet que du résidentiel et des bureaux.

Tiens donc. 2009, 2010, 2011. Ça fait combien d'années, déjà?


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Fermons un instant les yeux (comme les élus!) sur ces entorses réglementaires et concentrons-nous sur les propos qu'a tenus Mme Hanfling au journal Métro. On a ici droit à un incroyable exercice de contorsions démagogiques.

À en croire
Mme Hanfling, il n'est pas question d'un agrandissement de la synagogue, mais d'une simple rénovation. «Ce qu’on veut faire, c’est aménager un vestibule où on y mettrait les manteaux et les bottes en hiver. On pourra alors rentrer dans le sanctuaire sans nos manteaux et nos bottes.» Vous voulez nous faire gober que les hassidim vont engloutir 400 000 $ pour aménager un walk-in?

Et la cave qui sera creusée afin de permettre d'y installer confortablement une cuisine, une salle de séjour, des toilettes et des douches? Et les fondations qui seront défoncées pour grignoter une partie de la cour? Et la terrasse qui surgira à l'arrière et qui pourra servir de scène extérieure pour accueillir les chanteurs de louanges à la belle étoile? Parions qu'elle servira pour l'édition 2012 de la Fête des voisins destinée à
rapprocher les gens vivant dans un même voisinage. Cette année, elle a justement lieu le 4 juin!

Lorsque la journaliste demande à Mme Hanfling si la synagogue est davantage fréquentée aujourd’hui qu’à son ouverture, la porte-parole répond par un éloquent «
Oui et non». Tout en avouant que les familles de la communauté ultraorthodoxe comptent en moyenne sept ou huit enfants par famille, Mme Hanfling prétend que la croissance n’a pas été importante au fil des décennies. On nous prend pour qui? Jetez donc un coup d'œil sur leurs propres études de projections démographiques. Ils vont doubler en moins de 15 ans!

En affirmant que leurs enfants désertent
Montréal lorsqu'ils se marient, elle ment effrontément. Si certains des garçons sont forcés de s'expatrier lorsque le rabbin leur impose l'âme sœur à New York ou ailleurs, on sait par contre que les filles, elles, restent auprès de leurs familles montréalaises. Ce sont plutôt leurs futurs maris qui font le voyage inverse jusque dans la métropole pour s'y établir et y fonder une famille qui, on l'espère, sera très nombreuse. On repassera pour le déclin de la dynastie Bobov.

En ce qui concerne le trafic automobile et d'autobus sur notre rue résidentielle, n'en déplaise à Mme Hanfling, ce n'est pas le jour du sabbat qui est problématique, mais les six autres jours de la semaine.

On ne veut même pas imaginer l'augmentation des allées et venues des fidèles d'un peu partout au Canada et aux États-Unis une fois que ce taudis aura été décrotté et agrandi. On va tous vouloir aller essayer leurs nouveaux urinoirs!

Voici un exemple des horreurs que vous aurez le loisir d'admirer ce dimanche.

Que peuvent bien espérer tirer les administrateurs de cette visite libre? Que nous les prenions en pitié? Après 60 ans de négligence et de non-entretien absolu, ces intégristes sont les seuls artisans de leur propre malheur. Aucun de leurs voisins ne les a forcés à vivre dans une telle insalubrité.



Justement, cette fin de semaine, les célébrations des cinquièmes Portes ouvertes Design Montréal débutent. Ne devrions-nous pas aviser les curieux d’architecture et d’autres formes de design d'ajouter la synagogue du 5363 Hutchison à leur parcours? Ils vont s'en souvenir longtemps de ce qu'ils auront vu dimanche. Je vous en passe un papier... même hygiénique.

Dernière chose. La nouvelle de Radio-Canada révélait que les élus de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal «se réjouissent que la congrégation juive Gate David ouvre les portes de sa synagogue à la population dimanche prochain».

Avec trois des six conseillers du Plateau qui ont voté contre l'agrandissement de cette synagogue, pouvez-vous me dire qui de Projet Montréal pouvait se réjouir?
Et se réjouir de quoi, au fait? Pensent-ils que les amis de
Mme Hanfling vont miraculeusement s'ouvrir à nous comme ils nous demandent de nous montrer ouverts lors du vote référendaire du 19 juin prochain? À à place des élus, il me semble que je me serais gardé une petite gêne. À cette étape-ci du processus, une apparence de neutralité aurait bien meilleur goût. Vous ne trouvez pas?