vendredi 13 août 2010

DÉVELOPPEMENT DURABLE 101

Si vous avez lu mes chroniques du 27 juillet et du 5 août dernier, vous savez déjà que le 23 juillet 2010, un groupe de sept citoyens provenant majoritairement du Mile-End ont rencontré le chef du parti Projet Montréal, M. Richard Bergeron, ainsi que les conseillers municipaux Alex Norris et Richard Ryan.

Le but avoué de la rencontre était de donner la possibilité aux citoyens concernés d’expliquer aux trois élus de Projet Montréal les raisons pour lesquelles nous nous opposons à l’agrandissement en milieu strictement résidentiel de cette synagogue hassidique du 5363 Hutchison.


D’entrée de jeu, M. Bergeron a demandé que cette discussion se déroule en deux temps. D’abord, nous parlerions du cas précis de l’agrandissement de cette synagogue que la communauté hassidique réclame. Puis, dans un deuxième temps, nous pourrions aborder les problèmes plus généraux relatifs à l’implantation massive d’une communauté ultrareligieuse dans des quartiers résidentiels. Il serait alors question de l’augmentation de l’achalandage, du non-respect des règlements relatifs au stationnement, des infractions aux normes de construction, des usages abusifs des lieux de prières, des problèmes de salubrité et de dégradation du patrimoine bâti, etcétéra.


Au départ, les sept citoyens ont accepté la formule proposée par M. Bergeron. Cependant, nous avons vite réalisé qu’il était impossible de dissocier les deux aspects de la problématique. Chaque fois que nous abordions un point précis relié à la synagogue en question, la discussion glissait spontanément vers la problématique plus globale des impacts créés par la concentration des activités religieuses en zone résidentielle.


Au sein de notre groupe se trouvait une résidente du Mile-End qui a voté pour Projet Montréal lors des dernières élections municipales.

Spécialiste reconnue en environnement, elle a enseigné le développement durable à Polytechnique et travaillé au fameux projet de l’échangeur Turcot qui, selon elle, fait fausse route puisque toute l’emphase est mise sur l’ouvrage en béton et qu’on ne s’est guère soucié de prendre en considération l’environnement social qu’il traverse.

Cliquer sur la photo ci-contre

Voyant la tournure que prenait la discussion avec les élus, notre environnementaliste a manifesté son inquiétude. À son avis, en tentant de dissocier la question de l’agrandissement de la synagogue de la problématique plus générale du quartier environnant, les élus du Plateau seraient en train de commettre la même erreur qui a été commise avec l’échangeur Turcot.

Pour paraphraser ses propos, la spécialiste a rappelé que lorsque l’on veut concevoir un projet de développement durable, il faut absolument adopter une vision macro et ne pas se limiter aux simples considérations micro.
En deux mots, elle suggérait à Richard Bergeron de cesser de regarder le problème par le petit bout de la lorgnette (la synagogue) et d’embrasser une vision à plus long terme en tenant compte des impacts que cet agrandissement aura dans l’espace et dans le temps.

Dans le cas de la synagogue, cela est d’autant plus important que tout le monde sait que cette communauté connaît une explosion démographique phénoménale qui ne se dément pas tant dans les données du recensement de 2001 (voir entre autre, p. 20) que dans l'étude entreprise en 2005 par les hassidim eux-mêmes.

Bref, la citoyenne environnementaliste enjoint M. Bergeron de mettre en pratique ce que son parti prêche sur toutes les tribunes et de ne pas faire comme tous les autres formations municipales qui se limitent trop souvent à réaliser des projets à la pièce et sans vision.


Projet Montréal entendra-t-il le message? Aura-t-il le courage de ses convictions? Cela reste à voir. En attendant la suite, nous avons justement invité M. Bergeron à venir voir de ses propres yeux la panoplie de problèmes que nous déplorons depuis des années et qu’il n’avait encore jamais eu la « chance » de constater personnellement.

Le 5 août dernier, 13 jours après cette rencontre avec les citoyens, Richard Bergeron s’est libéré pour entreprendre une visite de la partie du Mile-End où se concentre l’essentiel de la communauté ultraorthodoxe hassidique.

Au cours de cette balade de deux
heures et demie, M. Bergeron a semblé étonné, voire parfois médusé devant les nombreuses irrégularités, le non-respect des normes de construction et de sécurité, les conditions déplorables de plusieurs immeubles de la communauté hassidique.

Cliquer sur la photo ci-contre pour voir l'état déplorable d'un immeuble appartenant à Michael Rosenberg et que M. Bergeron a pu contempler le 5 août dernier.



Le hasard faisant parfois bien les choses, le téléjournal de Radio-Canada a diffusé, pas plus tard qu'hier soir un reportage pas très élogieux sur ce même immeuble déglingué appartenant à Michael Rosenberg. Cela permettra à M. Bergeron de voir d'encore plus près cette plaie ouverte et suppurante du Plateau Mont-Royal. Il comprendra aussi que le mauvais exemple vient de haut!
Cliquer sur la photo ci-contre pour visionner le reportage de Radio-Canada


On y apprend que cet immeuble de Michael Rosenberg situé au coin des rues Van Horne et du Parc constitue un véritable casse-tête pour la municipalité et le voisinage.

En à peine deux ans,
le bâtiment a été l'objet de pas moins de six avis de non conformité et de...30 interventions des inspecteurs de l’arrondissement. On se demande, après ça, comment il se fait qu'il manque d'effectif pour inspecter les autres bâtiments de la secte qui sont non conformes ou dans l'illégalité sur le territoire du Plateau.

Le plus surprenant n'est pas tellement le fait que
M. Rosenberg néglige de façon scandaleuse son parc immobilier. Ça on le sait depuis belle lurette, mais le Ottawa Business Journal vient à nouveau nous le rappeler dans son édition du 9 août dernier.

Non. Ce qui est le plus ahurissant, c'est de savoir que des élus tant du Plateau que d'Outremont le reçoivent encore et toujours comme un roi bienfaiteur et se laissent
conter fleurette et bercer par ses manigances.

On sait depuis longtemps que le conseiller d'Union Montréal dans Outremont, Louis Moffat, fait les quatre volontés du nabab ultraorthodoxe. D'ailleurs, ce même M. Moffat nous apprenait, lors de l'assemblée publique du 11 janvier 2010, qu'il était désormais en train de refondre le tristement célèbre comité
sur les relations intercommunautaires d'Outremont pour mieux le faire renaître sous la forme "élargie" d'un comité bicéphale Outremont-Le Plateau. Louis Moffat avouait alors avoir "...déjà eu (en décembre 2009) des discussions avec l’arrondissement voisin à ce sujet".


Dans ces circonstances, comment se surprendre que le président de l'empire Rosdev ait, entre autres, ses entrées auprès du conseiller de ville du Plateau, Alex Norris. On commence à comprendre pour quelle raison M. Norris défend avec autant d'acharnement le projet d'agrandissement du lieu de culte du 5363 Hutchison. Les dirigeants et porte-parole hassidiques ont fait du bon travail, même s'ils ne sont pas de la secte Bobov.

Maintenant, si vous souhaitez faire la visite à laquelle a eu droit M. Bergeron, il vous suffit de cliquer ICI. All aboard!

6 commentaires:

Mariclaude Ouimet a dit…

Monsieur Lacerte,

Félicitations pour vos dernières chroniques. Vous frisez le + que génial de par votre documentation recherchée (reportages télévisés et articles de journaux).

M. Bergeron a sûrement été très surpris de la différence entre les
discours hassidiques et la réalité hassidique lors de votre visite guidée! Que de nuits blanches en perspective pour Projet Montréal dans le Plateau !!

Pourquoi ne pas organiser la même visite pour nos très chers élus d'Union Montréal: Cinq-Mars, Moffat, Nunes et Potvin ? Je suis prête à cotiser pour la location d'un véhicule à 4 essieus !!

Développement durable me fait penser à recyclage et à la fierté de la mairesse comme quoi ''Outremont la bourgeoise recyclait davantage que l'écolo-grano Plateau '' (Devoir, mars 2008)article dans lequel Madame Cinq-Mars affirmait que les efforts déployés par l'arrondissement auprès de la communauté hassidique ont contribué à accroître le taux de recyclage '' ! Je la crois volontiers: 354 Van Horne et 386 Bernard en sont des exemples flagrants ! Et que dire des clôtures des cours d'écoles hassidiques qui, pendant tout l'été, nous imposent des immenses toiles de plastique dont les couleurs varient avec les années ? 2008,bleu piscine, 2009 noire et 2010 vert lampadaire !!! Petit problème qui devait être réglé en 2008 !!

Anonyme a dit…

Dans le cas de monsieur Rosenberg, devrait-on parler de source de cancer immobilier*.

* Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire (immobilière) anormale au sein d'un tissu (urbain) normal de l'organisme (du quartier, de laville), de telle manière que la survie de ce dernier (le tissu urbain) est menacée.

Les parenthèses sont de moi.

Anonyme a dit…

L'immeuble dont il est question dans votre article, devrait être exproprié sans compensation.

Mariclaude Ouimet a dit…

''Chose certaine, M. Rosenberg est l’un des contributeurs assidus au financement du parti du maire de Montréal, Gérald Tremblay.''

Avant même d'être élu (pour une première fois en novembre 2005) conseiller du district Claude Ryan, M. Moffat était hébergé à l'hôtel de M. Michael Rosenberg lors de son voyage à New-York en juin 2005 ! Voyage organisé par le Jewish Orthodox Community Council !

M.Moffat ayant gagné ses élections, il se retrouve en 2005 président de la commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires, dont un des membres n'est nul autre que M. Rosenberg !

En octobre 2007, M. Lacerte remettait au conseil de l'arrondissement un dossier de demande de destitution de M. Rosenberg du CCPRI(document signé par une quarantaine de citoyens.

Le 31 octobre 2007, les membres du CCPRI (incluant M. Rosenberg)tiennent une réunion spéciale pour décider si ce dernier doit quitter son poste. Résultat ? Ça dépend !

À la réunion du conseil du 05.11.07M. Moffat alors maire suppléant ''a signifié publiquement que la conclusion nette, ferme et décisive à laquelle la COMMISSION était arrivée était de ne pas destituer M. Rosenberg'' (*). M. Moffat aurait été jusqu'à affirmer '' On ne peut pas déterminer de la véracité ou non des doccuments fournis par M. Lacerte ''. (*)

Selon un membre anonyme de cette commission: '' qu'aucun vote n'aurait eu lieu lors de leur rencontre du 31 octobre et que Louis Moffat avait pris cette décision seul '' (*)!!!!!

Et la mairesse Cinq-Mars ? '' Je pense que ce sont aux bénévoles eux-mêmes entre eux de décider si jamais ils ne veulent pas que quelqu'un fasse partie d'un comité ''. (**) Bizarrement, il y a quelques années, Madame Céline Forget (aujourd'hui conseillère indépendante district Joseph Beaubien)a été évincée du comité consultatif sur la sécurité publique et le stationnement) et ce, par l'arrondissement. Madame Cinq-Mars, présidente de ce comité, n'a pas dit un mot !

Ah! Le 2 poids, 2 mesures outremontais.........


(*)Express d'Outremont, 14.11.07
(**) Express d'Outremont,12.02.09

Anonyme a dit…

Merci de nous faire part en détails de la visite guidée avec
M Bergeron et SURTOUT de la rendre publique. J'espère que ça va
faire des vagues.

Et ce bâtiment délabré... Maintenant que je sais qu'il appartient à Rosenberg, cela explique son état de délabrement
avancé. Dans l’état où il est, il faudrait le raser. Comment ça ce fait que la ville ne soit pas intervenue??????? Je
m’inquiète pour les jeunes qui y pénètrent! Imaginez le scandale si
jamais il arrivait quelque chose à un de ces jeunes...

Merci d’intervenir sur la place publique, cher citoyen responsable.

Anonyme a dit…

Imaginez qu'Aéropro serait la propriété de Michael Rosenberg. Parions que ses avions voleraient toujours!