mercredi 21 juin 2017

LES LIEUX DE CULTE OCCULTES



Faites-vous partie des quelque 200 000 personnes à vous être rendus, comme moi, au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pour profiter de l’exposition Chagall : couleur et musique? Comment? Vous planifiez y aller la semaine prochaine? Pauvres de vous. Elle s’est terminée la semaine dernière. C’est vraiment platte, parce qu’il s’agissait de la plus importante exposition jamais consacrée à Marc Chagall au pays

J’ai bien pris quelques photos (voir ci-contre) de certaines des 340 œuvres du célébrissime artiste né Chagalov, en Biélorussie, mais ça ne peut rendre justice au génie de ce grand créateur.

Comme je n’aime pas vous voir vous morfondre, je voudrais bien faire quelque chose pour vous consoler.

Tiens! J’ai une idée. Que diriez-vous si je vous amenais voir de vrais rabbins performants live, derrière la vitrine d’un lieu de culte qui a toutes les apparences d’un local désaffecté? 

Le 5293, avenue du Parc n’a aucune affiche annonçant de quoi il en retourne à l’intérieur, mais pour qui a déjà vu neiger, l’apparence négligée de la façade en dit long sur ce qui s’y trame

Depuis 2014, la secte Belz occupe l'ancien bar restaurant Le Parc des Princes sur l'avenue du Parc

Toute la façade est protégée des regards étrangers par de longues toiles blanches installées de l’intérieur. Autres signes distinctifs : l’une des deux grandes vitrines est fracassée et l’endroit a l’air franchement déserté ou en perpétuelle rénovation. Cette façon de se dérober est pratiquement la marque de commerce de plusieurs lieux de culte occultes des hassidim.


Ça fait un sacré bout de temps que les leaders hassidiques avaient un œil sur l’édifice. Déjà en 2011, un citoyen m’avait écrit pour me faire part d’un fait dont il avait été témoin dans la nuit du 12 au 13 novembre:



Puis le lundi 13 octobre 2014, un autre citoyen m’a écrit à propos de ce même endroit en me disant ceci :

«Ave Parc, il y a un commerce qui n'affiche aucune enseigne, nom ou quoi que ce soit pour s'identifier et c'est souvent fermé... Mais l'autre jour, c'était ouvert et je suis entré pour voir...Le gars au bar m'a dit que c'est un lounge pour hassidiques seulement. Est-ce légal de faire un commerce qui nous exclut ??? En plus, l'endroit est beau avec de palmiers et des lampes type marocaines et de grands rideaux...! Tu connais cet endroit, côté est, entre St-Viateur et Fairmount ? Regarde cet article (2012) on dirait que c'est le lieu dont je te parle...Ça a du changer car le barman m'a bien dit que c'était Hasidic seulement.»


 Un bar religieux? Interdit aux peuples non élus? Avouez que c’est intrigant d’apprendre que des membres de la secte Belz ont pris possession des lieux en 2014 pour une telle activité.

Cela est d’autant plus étrange que ce matin même, j’ai reçu un document provenant de la Direction du développement du territoire et des travaux publics de l’arrondissement du Plateau. 

En réponse à une demande d’accès à l’information, l’arrondissement me remettait copie du certificat d’occupation qu’il avait délivré au Belz Avreichim Community Center pour que la secte puisse y implanter une nouvelle synagogue. Le certificat est daté du… 18 avril 2016! C’est dire que le groupe Belz a utilisé le local sans autorisation ni permis pendant au moins un an et demi. Sans qu’aucun inspecteur, aucun fonctionnaire, ni élu ne se pose de questions, ne demande de comptes ou n’émette de contraventions. La belle vie, quoi!

À gauche, janvier 2017: on alterne prières et amuse-gueule Yehuda; au centre et à droite, mai 2017: teffilins sur le front et au niveau du coeur; un grand talit de laine sur la tête et les épaules.

Quand je vois ça, je ne peux m’empêcher de repenser à Christine Gosselin. L’élue de Projet Montréal sur le Plateau est du genre à donner des leçons à ses vis-à-vis d’Outremont. Ça la démange encore plus quand ça sent les élections. Il y a quelques mois, opportuniste à souhait, Gosselin écrivait ceci sur sa page Facebook : 

«Si Outremont était mieux géré à tous les égards, il y aurait beaucoup moins de frictions entre les membres de la communauté [hassidique] et leurs voisins. Au Plateau on est bien placés pour le savoir, le Mile End comporte aussi une importante population hassidique, et les problèmes de cohabitation sont traités de manière intelligente, comme les autres problèmes de cohabitation. Y a toujours des solutions, des compromis possibles, de terrains d’entente. Il est grand temps qu’Outremont se dote de personnes compétentes et sérieuses pour l’administrer. Sinon, Outremont continuera de fournir du matériel à Infoman.»


À l’entendre, Christine Gosselin nous arrangerait tout ça d’un coup de cuiller à pot. Oh Yeah?

Mettez-en qu’elle est bien placée pour comparer Outremont avec le Plateau. Les hassidim ne constituent même pas 1,8 % de la population de l’arrondissement de Luc Ferrandez. C’est 11 fois moins qu’à Outremont dont le territoire est deux fois plus petit! Même ainsi, les lobbyistes hassidiques donnent de sérieux maux de tête aux élus du Plateau. Luc Ferrandez m’a même déjà avoué avoir mal digéré l’arrogance baveuse de Max Lieberman lors d’une de ces fameuses rencontres à portes closes qu’exigent les dirigeants hassidiques.

Au cours de toutes ces années au pouvoir, les Christine Gosselin et Alex Norris qui sont pourtant scotchés aux lobbyistes hassidiques n’ont même pas été capable de convaincre les ultrareligieux ne serait-ce que de désencrasser les vitrines de leurs synagogues taudis.

Les dirigeants hassidiques leur tiennent d’autant plus la dragée haute qu’ils savent que tous ces élus sont prêts à se coucher par terre en petite boule et faire trois roulades dans la boue s'il le faut pour avoir leurs votes. Quant à la population goy, les lobbyistes hassidiques s’en moquent encore plus. Ils n’ont rien à foutre du mécontentement des citoyens qui, c’est ben maudit, revendiquent une certaine qualité de vie et un environnement urbain convivial et stimulant. C’est à croire que pour maintenir la cohésion du groupe, les «Craignants Dieu» ont un besoin atavique de maintenir une dose de tension avec la population environnante.

Pour finir, Projet Montréal peut bien prétendre que les règlements d’Outremont sont trop rigides. Le 4 juin 2013, le maire du Plateau clamait sur sa page Facebook qu'il fallait «plus exiger [de la communauté hassidique] pour mieux accueillir». Un peu plus tard, Projet Montréal a proposé «une voie du compromis». L’interdiction des lieux de culte ne concernerait plus que les rez-de-chaussée.

On voit aujourd’hui où ce vœu pieux a mené. Uniquement sur le tronçon de l’avenue du Parc entre Saint-Viateur et Fairmount, Projet Montréal a donné sa bénédiction à la création de deux nouvelles synagogues… au rez-de-chaussée! Celle dont il a été question aujourd’hui et une autre, au 5446-5448 avenue du Parc qui, en plus du rez-de-chaussée, s’est répandue au 2e étage. Et il faut voir le souci esthétique et le respect du monde extérieur dont ils font preuve. C’est à vous lever le cœur.


Depuis deux ans, la façade incomplète de la synagogue  du 5446-5448 du Parc est laissée en friche à deux pas de la bibliothèque Mordecai-Richler. Le pauvre, s'il voyait ça, il se retournerait dans sa tombe.

Oui, y’a pas d’erreur. Projet Montréal a la pogne qu’il faut pour faire du ménage à Outremont!!!  Surtout qu'hier encore (20 juin 2017), Philipe Tomlinson, le candidat pressenti par Projet Montréal pour la mairie d'Outremont, a convié Max Lieberman pour une assemblée de cuisine en compagnie de Valérie Plante et d'une délégation d'activistes et de supporteurs inconditionnels des leaders hassidiques. Ça promet!


Oh! Avant d'oublier. La synagogue qui a pris la place du restaurant La grand-mère poule au coin de Bernard et Hutchison (côté Plateau!) fête ses 10 ans de rénovations.

Félicitations! Mazel Tov! Et «Many happy returns!»


10 ans de mépris, ça se fête!

Aucun commentaire: