dimanche 2 octobre 2016

LA FIN DU MONDE EST À 7 HEURES


«C'est la 3e fois
 en quelques mois
que l'arrondissement d'Outremont
tient des assemblées pendant une fête juive.
Ça commence à ressembler à de l'acharnement.
»

Sophie Thiébaut, Projet Montréal, 30 septembre 2016

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais plus ça va, plus on a l’impression que Mindy Pollak est un véritable «party animal»!

Depuis qu’elle a été élue dans le district Claude Ryan d’Outremont, Mindy rue dans les brancards et monte sur ses grands chevaux chaque fois qu’il est question de fêtes. Et ce n'est pas ça qui manque, croyez-moi! Lorsque ce n’est pas Pourim, c’est Chavuot, Souccot, Yom Kippur, Roch Hachana, Chabbat, Pessa'h… Alouette! 

Quand Richard Bergeron l’a débauchée de son salon d’esthétique pour qu’elle porte les couleurs de Projet Montréal, avait-il oublié de lui préciser qu’elle ne pourrait pas prendre congé durant les 150 jours de célébrations et de commémorations que compte le calendrier juif? Si c’est le cas, je comprends que la jeune fêtarde ultraorthodoxe ne soit pas de bonne humeur. Devoir «puncher» à l’Hôtel de Ville lors de Rosh Hodesh, par exemple, ce jour où les femmes sont censées être «exemptes du labeur», ça écœure sa fille.
 
 
Cette fois, Mindy est outrée que le conseil de l’arrondissement siège le 3 octobre, jour de l’anniversaire de la Création du monde (Rosh Hachana). Pour l’élue hassidique, c’est la preuve que tous ses adversaires politiques ne savent pas vivre… ensemble! Un peu plus et elle les accuserait de fomenter l’Apocalypse.

À en croire Sophie Thiébaut, sa collègue du Sud-Ouest, le fait que l’on pourrait parler du référendum de la rue Bernard, lundi soir à 7h, relèverait presque du blasphème. Que Mindy et Sophie se rassurent. Projet Montréal et le lobby hassidique ont leurs antennes perpétuelles déployées dans la salle du conseil d’arrondissement. Ils ne courent aucun risque de passer tout droit le jour du vote. D'ailleurs, le point 30.08 de l'ordre du jour de la soirée de lundi (ce soir!) donne déjà toute l'information.

L’administration propose le dimanche 13 novembre 2016 pour le vote par anticipation et le dimanche, 20 novembre 2016 pour le vote référendaire. Le texte proposé est le suivant: 

«Approuvez-vous le règlement AO-320-B qui a pour objet d’interdire l’usage “culte et religion” dans la zone C-2, qui comprend l’avenue Bernard ?».

Vous aurez droit de voter au référendum si vous habitez à l'intérieur des zones en gris foncé ou en gris pâle.

Si Mindy et Projet Montréal se scandalisent, c’est probablement qu’ils ont oublié que d’autres avant eux ont tenté de jouer la carte de l’indignation.


Rappelez-vous, en septembre 2012, la crise qu’avaient faite Marvin Rotrand, Michael Applebaum et Lionel Perez quand Anie Samson, la leader de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Montréal, avait contesté que l’on ajourne les travaux pour permettre aux trois élus de confession juive de participer au Yom Kippur. Selon la représentante de Vision Montréal, cela n'avait pas de sens de pénaliser l’ensemble du conseil pour trois élus qui souhaitaient pratiquer leur foi. Elle avait même proposé aux trois fidèles qu’ils aillent célébrer le Jour du Grand Pardon sans être pénalisés financièrement malgré leur absence.

Atteint dans sa foi profonde, Marvin Rotrand avait alors soutenu que les administrations avaient toujours respecté les fêtes des principales religions représentées sur le territoire de Montréal.


Les principales religions? Wouppelai! Rotrand était en train de nous dire que le respect de la foi d’un groupe ne vaut que si sa croyance se trouve au top du hit-parade montréalais des cultes?

Si on suivait le raisonnement du conseiller de Snowdon, on ne suspendrait pas les travaux du conseil pour un élu municipal vietnamien qui souhaiterait aller célébrer la fête du Têt, la seule journée de l’année où l’esprit de ses ancêtres repasse sur terre? Encore du Deux poids, Dieu mesure!

À Montréal, selon Statistique Canada, la distribution des appartenances religieuses va comme suit : catholiques, 74,5 %;  protestants, 6,2 %;   musulmans, 3 %;  orthodoxes chrétiens, 2,8 %;  juifs, 2,6 %. Suivent les bouddhistes (1,1 %), les hindous (0,7 %) et les sikhs (0,2 %). Avec un «score» d’à peine 2,6 %, peut-on vraiment parler de religion principale pour nos amis Rotrand, Applebaum et Perez? Et à 1,1 %, s’agit-il d'un culte marginal?  En tout respect, il me semble que ce n’est pas le poids relatif des religions qui devrait être le barème pour déterminer de la tenue ou de la suspension des travaux du gouvernement municipal.

Julius Grey a déjà clairement contredit les prétentions de Mindy Pollak et de Projet Montréal.

De toute façon, que Mindy ne vienne pas nous seriner que c'est de l'antisémitisme, de la xénophobie ou du racisme.

Même Julius Grey, l’ami des intégristes de tout poil, a clairement affirmé (voir le reportage) qu'il était tout à fait en désaccord avec l’idée d’accorder des accommodements religieux collectifs aux Rotrand et Pollak de ce monde.

Pour lui, c'est très clair: «Les fêtes pour lesquelles on ferme [les bureaux], n'ont rien de religieux. Ce sont des fêtes de la société qui ont été déclarées journées fériées.» Tout au plus accepte-t-il qu'à titre individuel, des croyants puissent prendre quelques jours de congé durant l'année sans être pénalisés.

Si Mindy est outragée par les propos de Julius Grey, elle a toujours le loisir de lui retirer le mandat que les leaders sectaires souhaitent lui donner afin de contester le récent règlement qui interdit la création de nouveaux lieux de culte sur la portion commerciale de l'avenue Bernard. Elle ferait économiser beaucoup d'argent à ses coreligionnaires belliqueux.

3 commentaires:

François Prudhomme a dit…

Bonjour Pierre, pour une fois je me permets de réagir à ton billet pour exprimer mon désaccord sur un point. Je trouve effectivement peu judicieux et peu respectueux qu'une assemblée siège le jour d'une fête religieuse. J'ose à peine imaginer le tollé que provoquerait une décision de la mairie d'Outremont de tenir un conseil d'arrondissement un dimanche de Pâques. Voire un dimanche tout court...

Patrick Giroux a dit…

Je vous prie, Monsieur, de réaliser que nous vivons au Québec. Si nous devons être religieux, c'est le Christianisme qui doit primer. Si nous devons être laîque, c'est tout le monde qui doit l'être, du moins, dans les institutions publiques, en gardant certaines fêtes religieuses ou paganes, comme Noël ou Pâques, étant donné que nous sommes ici chez nous en premier.

Mariclaude Ouimet a dit…

À la lecture de l'article de Lysiane Gagnon, deux mots me sont venus à l'esprit : désinformation et manque de rigueur.

« Les 4 synagogues ne suffisent plus au besoin de cette communauté qui compte maintenant 25,000 âmes ». La population d’Outremont étant de 24,846 personnes, dont quelque 19 % de résidents de confession juive (pas seulement hassidiques), j’aimerais bien connaître la grille de calcul de Madame Gagnon! Dans le quadrilatère formé par les rues Van Horne/Parc/Fairmount/Outremont, on compte un peu moins de 20 lieux de culte connus. Ce chiffre inclut les synagogues qui ont vu le jour illégalement sur des rues où le règlement de zonage ne le permettait pas, mais qui, en raison de la négligence de la ville, ont fini par bénéficier de droits acquis. Puis, il y a celles qui ont été légalisées rétroactivement par Projet Montréal.

Dans son article, Madame Gagnon parle tantôt de juifs, tantôt de hassidim. Il est important de ne pas confondre la communauté juive qui fait partie intégrante de la société québécoise et la communauté hassidique qui, sectaire de souche, refuse toute forme de communication et de vivre ensemble avec quiconque est extérieur à son monde.

Madame Gagnon va jusqu’à dénigrer la population et les élues d’Outremont (sauf la conseillère hassidique) affirmant que ces dernières font preuve « d’insensibilité, d’arrogance et de provocation envers une minorité déjà en butte à l’hostilité ouverte ou larvée d’une bonne partie de la population ». Ces propos sont non seulement biaisés, mais gratuits et insultants.

Certaines personnes ont le don de remodeler la réalité à leur convenance et de manipuler les médias à leur guise afin d'influencer l'opinion publique. Madame Gagnon aurait-elle été victime de ce genre de personnage?