mardi 26 février 2013

LA PROLONGATION


Le 14 mars 2012, Jean-Luc Mongrain avait interviewé Alex Werzberger à la suite de l'agression qu'avait subie la conseillère municipale Céline Forget lors de la fête de Pourim. Si Sitting Bull avait pu entendre parler le dirigeant hassidique, il aurait certainement dit : «Visage pâle langue fourchue». Et il aurait eu bien raison.

Fidèle à lui-même, l'inénarrable dirigeant hassidique avait démontré sa capacité à mentir sans cligner des yeux. Et deux fois plutôt qu'une. Non seulement avait-il affirmé à Mongrain qu'une synagogue qui ne détient pas de permis n'est pas illégale, mais il avait juré devant la caméra que la fête de Pourim ne durait qu'une journée. Écoutez-moi ce court échange:

Werzberger : «Pourim, c’est une fois par année, de 10 h le matin jusqu’à 5, 6, 7 h l’après-midi.» 
Mongrain : «Il paraît que ça dure deux jours.» 
Werzberger : «Non, non. C’est une journée.» 
Mongrain : «Lacerte me dit que ça dure deux jours.» 
Werzberger : «Lacerte, c’est pas la première fois qu’il change un peu le cours de l’histoire.»

Comment ça s'appelle, déjà, un gars qui nie la réalité?

Malheureusement pour M. Werzberger, même des membres associés à son clan le contredisent. 

Dans le feuillet explicatif qu'il a distribué de porte en porte la veille des célébrations, le groupuscule Friends of Hutchison Street a clairement spécifié que Pourim allait avoir lieu «les 23 et 24 février 2013». Mais, il en faudrait bien davantage pour faire perdre la face à ce bon Alex.

En passant, j'aurais une question pour vous, Alex. Pourim fonctionne-t-il sur le même principe que le hockey que je regardais dans ma jeunesse? Peut-il y avoir des prolongations? 


Je vous demande ça non seulement parce que vos autobus illégaux ont circulé jusque tard dans la nuit, mais aussi parce qu'à l'heure du souper, aujourd'hui (25 février), un paquet de fidèles de votre propre secte célébraient en grande pompe en se trémoussant au beau milieu de la rue Hutchison. Des amplificateurs crachaient une musique tellement entraînante (cliquer ICI pour voir la vidéo) que l'envie de danser nous prenait depuis la rue Laurier.


Du balcon du dortoir, une espèce de DJ hassidique albinos (voir la flèche) haranguait la foule de jeunes hommes qui dansaient à qui mieux mieux, bloquant littéralement la rue Hutchison, au coin de Saint-Viateur. Vive l'heure de pointe... et le Pourim étiré sur trois jours!

P.S.: En passant, M. Werzberger, au département des objets perdus de la rue Hutchison, vous pourrez venir récupérer cet autobus scolaire et cette fourgonnette qui semblent avoir été oubliés par certains de vos festivaliers.

lundi 25 février 2013

LES DOMMAGES COLLATÉRAUX



Samedi dernier, fanfaron comme à son habitude, Alex. Werzberger affirmait à La Presse,à propos de la consigne relative àl'utilisation des autobus illégaux, qu'il n'y a pas de «ligne officielle» et que ce sera «chacun pour soi». «On ne dira pas de briser la loi, mais on ne dira pas de ne pas fêter Pourim.»

De fait, cette année, comme chaque année, en dépit du refus formel des autorités municipales d'accorder une dérogation au règlement interdisant la circulation d'autobus dans les rues d'Outremont, les leaders hassidiques ont passé outre. Amenez-en des autobus à six roues! J'entends encore Werzberger affirmer aussi bien dans les médias qu'en Cour supérieure que «La loi du pays est la loi». Foutaise!

Entre temps, la machine à relations publiques hassidique carburait à fond de train. Dans les pages de The Gazette, Mme Mindy Pollak, membre du comité intercommunautaire d'Outremont, se disait déçu de la décision du conseil d'arrondissement qui mettrait en danger la sécurité des enfants tout en rendant la communauté hassidique hors-la-loi. Elle affirmait même que des citoyens allaient bloquer le trafic pour faire dérailler leur fête.

Je vous suggère donc de regarder quelques photos prises au cours de cette fête et de juger par vous-mêmes si les leaders hassidiques s'en sont laissés imposer par les autorités municipales ou policières. 


À 23h16, samedi soir, cet autobus illégal sillonnait toujours sur les rues résidentielles avec son chargement d'adolescents en goguette.


 Les prochaines photographies, prises ce dimanche, se passent de commentaires. C'est par dizaines que ces autobus à doubles essieux non conformes au règlement ont défilé sans complexe samedi et dimanche

De toute évidence, il n'a pas encore été élu le conseil municipal qui leur dictera la loi à respecter. Vive l'anarchie théocratique!













Dans un reportage diffusé sur CTV, Mme Kathryn Harvey, une des cofondatrices du groupe Friends of Hutchison Street a plutôt joué sur la corde de l'apitoiement et de la compassion. «Cette histoire, a-t-elle dit, va affecter les enfants qui seront victimes de dommages collatéraux».


Photo: Hugo-Sébastien Aubert
Je m'évertue à le répéter. Jamais nous ne souhaiterions que des enfants soient privés du bonheur d'une telle fête.

D'ailleurs, même si les responsables de la communauté hassidique avaient choisi de respecter le règlement sur les autobus, aucune de ces belles petites frimousses immortalisées dans l'article de La Presse n'aurait pâti de la décision du conseil d'Outremont

Comment pouvons-nous l'affirmer? C'est très simple. Les jeunes enfants ne sont jamais transportés à bord de ces fameux autobus. Tous se déplacent en compagnie de leurs parents qui utilisent leurs voitures familiales.  

Cliquer sur la photo pour voir d'autres enfants costumés qui se sont déplacés avec leurs familles au cours de cette journée de célébration
Tenter de faire croire le contraire aux citoyens relève de la malhonnêteté intellectuelle et n'est rien d'autre qu'une grotesque manipulation.  


Voici de quoi ont l'air ces «enfants» qui se baladent en autobus. Ils ont du poil au nez et sur le menton.

Entre nous, après avoir vu ce que vous avez vu, dites-nous donc qui a bien pu subir des dommages collatéraux dans cette histoire?

mercredi 20 février 2013

LE LOBBY AUX YEUX BLEUS



Certains d’entre vous se souviendront peut-être que le 7 mai 2012, la conseillère Ana Nunes nous annonçait qu’elle présiderait bientôt un «comité des Sages». Tel un phénix, l’ancien comité consultatif sur les relations intercommunautaires allait renaître de ses cendres.
 
Nunes nous avait alors bien avertis. Elle n’y nommerait pas n’importe qui. C’est avec soin qu’elle choisirait chacun de ses membres «d’après son niveau de connaissance, sa culture, son intelligence de cœur, son ouverture et sa reconnaissance parmi ses pairs.»

 
Depuis près de neuf mois, à raison de deux réunions par mois, le comité Nunes n’est plus en rodage. On est en droit de penser qu’il a atteint sa vitesse de croisière. Aussi, je me permets de vous livrer mes observations.

Le 10 septembre 2012, j’ai été personnellement invité par le comité à venir m'exprimer sur ce que je reproche aux autorités municipales, notamment en matière de laxisme et de laisser-faire à l’égard de pratiques non conformes à la réglementation municipale que bafouent certains membres de la communauté hassidique.


Cette rencontre s’est déroulée de façon tout à fait civilisée. Je savais bien que certains membres du comité ne m’accueillaient pas de gaîté de cœur. Ce n’était certainement pas une surprise. Après tout, mon blogue ne fait pas l’unanimité.


Ce qui m’a franchement étonné, par contre, ce fut de réaliser qu’un membre du comité, dans l’incapacité d’être présent à cette rencontre, avait tout bonnement été remplacé par sa… mère! Moi qui avais entendu Ana Nunes nous raconter que chacun des membres avait été spécialement trié sur le volet, je n’aurais pu imaginer qu’ils puissent être remplacés au pied levé et encore moins selon des critères héréditaires.


Mindy Pollack, membre interchangeable du comité Nunes
Mme Mindy Pollak n’est pas là? Pas grave. Elka va faire l’affaire! M. Claudio Zanchettin non plus n’était pas présent à cette séance. A-t-on demandé à sa mère ou à sa fille de le représenter? Quelle question! Son siège est resté vide. 

Par ailleurs, le 15 février dernier, j’ai été soufflé de lire la lettre d’opinion fallacieuse qu’a publiée cette même Mindy Pollak dans The Gazette

Dans sa diatribe contre la décision du conseil d’Outremont de refuser une dérogation au règlement sur les autobus pour la fête de Pourim, cette jeune femme hassidique a prétendu que le comité sur les relations intercommunautaires était uniquement composé de citoyens ordinaires.

Vraiment! Des citoyens ordinaires? Ordinaires comme Graham Carpenter, peut-être? Permettez-moi de vous montrer combien il est ordinaire, le citoyen Carpenter.



Graham Carpenter, citoyen ordinaire?
Le 31 janvier dernier, un groupe d’une vingtaine de hassidim, dont certaines grosses pointures, a convergé au bureau de comté de Thomas Mulcair, à Outremont.

Le prétexte de cette rencontre était la remise au lobbyiste Mayer Feig d’une médaille en l’honneur du jubilé de la reine Elizabeth. Pour cet ultraorthodoxe qui voue un culte exclusif aux grands rabbins de la Dynastie hassidique de Bobov, on imagine combien cela a dû lui faire chaud au cœur de se faire épingler le bouton de la Reine d’Angleterre.


Le chef du NPD Thomas Mulcair entouré des lobbyistes Menachem (alias Max)  Lieberman et Mayer Feig, du directeur de bureau de comté de Mulcair, Graham Carpenter, et du vice-président exécutif de la multinationale Rosdev, Martin Rosenberg, le 31 janvier 2013.

Graham Carpenter a été à la fois le chef d’orchestre et le témoin privilégié de cette scène émouvante. Il faut entendre Mulcair courtiser ses grands électeurs à redingote qui viennent justement de se regrouper en un nouvel organisme parapluie baptisé Quebec Jewish Council : «You will have the full support of my office. Graham is there. You will have the full help of the party». 


video 
Visionnez cette courte vidéo


Graham is there? Graham n’est pas seulement là. Le directeur de bureau de comté de Mulcair fricote et grenouille aussi au sein du comité Nunes. Il ira raconter à d’autres qu’il  est un simple citoyen comme les autres.

Il est carrément scandaleux que ce meneur de claque du NPD siège à ce comité destiné d’abord et avant tout à satisfaire la liste d’épicerie des passe-droits que les leaders hassidiques tiennent mordicus à obtenir. Carpenter et Mulcair utilisent grossièrement ce comité pour leurs intérêts politiques.
 
Comme si ça ne suffisait pas, nous avons récemment appris qu’Ana Nunes avait nommé un nouveau membre à son comité des Sages. Il s’agit de M. Jakob Karmel

À ceux qui ne le connaîtraient pas encore, M. Karmel est le vice-président de la congrégation Munchas Elozer Munkas, cette fameuse synagogue du 1030 - 1032, rue Saint-Viateur Ouest qui est illégale depuis près de 30 ans et dont la Ville de Montréal vient (vaut mieux tard que jamais!) de réclamer la fermeture en Cour supérieure. Nous attendons dans les semaines qui viennent le jugement qui, espère-t-on, scellera son sort une fois pour toutes.
 
Grâce à de tels personnages, notre démocratie n'a vraiment rien à craindre.

Au cours des dernières années, les dirigeants hassidiques ne se sont pas gênés pour défier l'interdiction de parcourir les rues résidentielles avec leurs autobus. Il ne reste plus qu'à attendre de voir ce qu'ils décideront, les 23 et 24 février prochain. Dans sa lettre d'opinion, Mindy Pollak nous donne déjà un bon indice de ce qui risque de se produire: «The community will once again next weekend be treated like outlaws».

samedi 9 février 2013

COUCHER ICI OU COUCHER LÀ


Au cours du procès qui m'a récemment opposé à M. Michael Rosenberg, ce dernier n'a pas semblé apprécier la chronique que j'ai publiée à propos du voyage à New York que le Jewish Orthodox Community Council (dont il était un des principaux administrateurs) avait organisé au rabais en septembre 2005 au profit de certains élus, policiers et fonctionnaires d'Outremont.

M. Rosenberg estimait que je l'avais associé aux magouilles de Tony Accurso, ce leader québécois de l'industrie de la construction qui, à ce moment-là, c'est très important de le rappeler, n'avait pas encore eu maille à partir avec l'appareil judiciaire. 

En avril 2009, moment où j'ai mis en ligne ma chronique, c'est à peine si quelques journalistes commençaient à se poser des questions sur l'à-propos, pour Frank Zampino, le bras droit du maire Tremblay, d'accepter d'aller naviguer sur le luxueux yacht quatre étoiles de Tony Accurso. 

Une des caricatures dont il a été question au cours du procès de janvier dernier.



















Au cours du procès, j'ai plutôt prétendu que j'avais simplement comparé l'épisode du bateau d'Accurso à celui de  l'hôtel quatre étoiles de Michael Rosenberg, à New York. Je remettais en question la pertinence pour un conseiller municipal, un candidat pressenti au poste de conseiller (Louis Moffatt a été élu sept mois plus tard sous la bannière d'Union Montréal), un directeur de l'arrondissement, ainsi qu'un lieutenant de police (il deviendra commandant du poste 24 d'Outremont) d'amener son pyjama, ses pantoufles et sa brosse à dents pour aller faire dodo à l'hôtel d'un homme aussi puissant que Rosenberg.

Il n'y a pas que moi qui me suis posé des questions sur ce fameux voyage à New York. M. Paul-Guy Duhamel, un des membres de la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires d'Outremont est revenu troublé de ce fameux voyage auquel il avait été convié

Je l'ai rencontré pour la première fois pendant mon procès. Il est venu raconter à l'honorable juge Dallaire les nombreux questionnements qu'ont suscité une telle largesse. À son retour à Montréal, il en avait même fait part aux responsables du voyage dans une lettre qui est demeurée sans réponse
 
Mais si M. Rosenberg répugne à ce que ses largesses soient comparées à celles du magnat de l'industrie de la construction, je suis bien prêt à trouver une comparaison qui soit plus convenable à son rang. 

Charlevoix, Caraïbes, New York: trois joyaux privés et ...prisés

Paul Desmarais
Que diriez-vous si on faisait plutôt une comparaison avec le domaine Sagard de Paul Desmarais, le magnat de Power Corporation

N'allez pas croire que je me suis gratté l'occiput très longtemps pour dénicher cet exemple. Je n'ai aucun mérite puisque c'est Dany Doucet, le journaliste du Journal de Montréal et du Journal de Québec qui a fait tout le travail.

Dans un article du 14 février 2012 intitulé Ça sent la panique chez Power, Doucet pose la question suivante à l'éditorialiste André Pratte:
«Quelle est la différence entre coucher dans le vaste domaine Sagard de l’entrepreneur Paul Desmarais, en plein milieu de la forêt de Charlevoix, et dormir sur le luxueux yacht de l’entrepreneur Tony Accurso, au beau milieu de la mer des Caraïbes ?»

Entre nous, le journaliste aurait pu tout aussi bien ajouter le gros hôtel de l'entrepreneur Michael Rosenberg dans l'équation.

Dans ces trois cas, il n'y a pas que la gratification qui impressionne. Le statut des trois entrepreneurs privés aussi a son importance. 

Par le plus grand des hasards, Paul, Tony et Michael partagent quelques caractéristiques communes. Ils sont à la tête d'empires colossaux, mais se révèlent extrêmement jaloux de leur vie privée. Ils semblent craindre la lumière et observer une surprenante omerta.

C'est justement parce qu'ils ont le bras long qu'ils répugnent à se laisser photographier et à accorder des interviews. Si vous leur laissez des messages dans leurs boîtes vocales, vous pouvez toujours attendre. Ils n'y donneront pas suite. Sauf exception, seuls les Fortune Magazine ou les palmarès des 100 Canadiens ou des 100 Québécois les plus riches nous dévoilent quelques secrets.  Bien que ces ploutocrates soient reconnus pour se dérober au regard public, dites-moi une chose. Considérez-vous vraiment que Paul Desmarais, Tony Accurso et Michael Rosenberg  ne sont pas des personnages publics?

Je vous pose la question, car au cours du procès, Julius Grey a soutenu que l'éminence grise qu'il défendait était un personnage privé et que j'aurais, en quelque sorte,  violé son droit à sa vie privée en dénonçant les actes que je lui reproche de faire publiquement.

Afin de vous aider à vous forger une opinion sur cette délicate question, je ne vous donne qu'un seul petit indice

AVERTISSEMENT: Nous pouvons discuter de la chose jusqu'à l'été prochain, mais ne vous fatiguez pas trop, car en bout de ligne, seule l'honorable juge Claude Dallaire aura la responsabilité  de départager le pour du contre et de trancher. 


vendredi 1 février 2013

LES MOTS HONTEUX ET LA BONNE NOTE


Hier avant-midi (30 janvier 2013), Julius Grey, l'avocat des Rosenberg, père et fils, s'est porté à leur défense comme un sauveur de la veuve et de l'orphelin. 

Dans une plaidoirie d'une heure trente, sans notes et en dépit d'une toge qui ressemblait davantage à un saint suaire en lambeaux qu'à la robe d'apparat, le jurisconsulte s'est insurgé avec grandiloquence contre les mauvais traitements que j'aurais infligés à ses protégés. 

Me Julius Grey avant sa plaidoirie.



Le plaideur s'est montré tout particulièrement horripilé par certains termes que j'utilise dans mon blogue. À ses yeux, les expressions «secte», «intégrisme», «extrémisme religieux» ou «ghetto» relèvent de l'injure de la pire espèce. 

Mais dites-moi, maître. Comment devrions-nous qualifier le mode de vie ou le degré de religiosité des communautés hassidiques d'ici et d'ailleurs? Faudrait-il parler de communautés ouvertes sur le monde? De pratiquants modérés? La rectitude politique dictera-t-elle que l'ultraorthodoxie devienne un synonyme de libéralisme? Allez donc lire l'article paru dans le New York Times d'avant-hier sur les escouades de la modestie qui sévissent dans les quartiers ultraorthodoxes de Brooklyn, la maison mère.

Sauf votre respect, Me Grey, dans mon dictionnaire, ces expressions sont tout à fait appropriées. Non seulement reflètent-elles la réalité, mais elles sortent de la bouche même de vos trois clients. Cliquez ICI, maître, pour sortir de votre torpeur. Vous verrez que les journalistes aussi les utilisent pour ces mêmes croyants.  

Même vous, Julius, y faites référence, à l'occasion. Souvenez-vous d'une interview que vous avez accordée sur TV5 à François Parenteau, le 8 janvier 2009. Vous conveniez vous-même que les écoles ethniques constituent de véritables ghettos: «Le ghetto, disiez-vous, c’est la pire chose au monde. C’est pourquoi je ne pardonnerai jamais à M. Charest d’avoir voulu subventionner à 100% les écoles ethniques.» 

Vous qui vous autoproclamez un libre penseur sans aucune espèce de sympathie pour les fanatismes religieux, l'extrémisme politique ou les bars de danseuses, vous n'êtes pas facile à suivre. Comme ça, j'aurais outrepassé les limites de la liberté d’expression? 

Serait-ce votre frère jumeau qui, le 14 juillet 2008, aurait signé une chronique intitulée Liberté d'expression dans le Journal de Montréal?

Voici ce que vous plaidiez alors: «Depuis quelques années, le Canada souffre d'une gentillesse étouffante. Il ne faut pas dire des choses qui blessent ou offensent des membres des lobbys puissants...   
Au nom de la gentillesse et des droits absolus des soi-disant victimes, nous sommes prêts à briser des carrières, à imposer des sanctions monétaires accablantes et même à utiliser le droit pénal contre ceux qui rechignent à l'orthodoxie dominante.»

Dans cette même chronique que vous avez pondue, vous êtes allé beaucoup plus loin. En citant trois nouvelles jurisprudences, vous avez ajouté:
«...il n'y a plus de sujets tabous et seule la propagande haineuse définie d'une façon très étroite est sujette à sanction. Il est peut-être temps de demander aux tribunaux de réexaminer les lois sur la propagande haineuse dont les risques à la liberté sont plus grands que les bénéfices».  

Ma parole, Maître! En vous lisant, je jurerais que vous étiez en train de plaider ma cause. Il n'y manque que mon nom à titre de bâillonné et de ceux des Rosenberg dans le rôle des soi-disant victimes. J'ai le regret de vous dire que la semaine du 14 janvier dernier, vous vous êtes trompé de camp. C'est-tu bête. Vous auriez dû être mon avocat. On aurait aplati mes fossoyeurs les doigts dans le nez!  

D'autant plus que les mots que me reprochent mon trio de poursuivants sont à des années-lumière de la «propagande haineuse» à laquelle vous faites allusion. 

Là-dessus, Julius, je vous laisse faire votre examen de conscience.

Oh! Une dernière petite chose pour mes lecteurs et lectrices.

Hier, Julius Grey a brandi à l'honorable juge Dallaire un «sondage» vieux de dix ans réalisé par Dieu sait qui et qui laissait entendre que les Rosenberg avaient décroché une sorte de A+ pour l'entretien de leurs immeubles. 

C'est drôle, car pas plus tard qu'aujourd'hui, la synagogue devant chez moi a été le théâtre d'un sauvetage périlleux. En raison de l'excellent entretien de ce lieu de culte, les pompiers ont dû intervenir afin d'éviter que des passants soient décapités par la tôle du toit qui menaçait de s'envoler (les photos sont une gracieuseté de voisins). 

En ce 31 janvier 2013, les pompiers ont dû sortir le camion-échelle et s’improviser couvreurs pour rafistoler le toit galeux de la synagogue Rosenberg.

C'est vrai qu'il faisait un vent à écorner les bœufs. Le hic, c'est que le même problème s'est produit exactement au même endroit le 28 décembre 2008. 

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Nous aurions pu prédire la chose, car depuis que les pompiers ont procédé au rafistolage d'urgence, il y a plus de quatre ans, les responsables de l'immeuble semblent tout bonnement avoir présumé que les pompiers avaient fait la job à leur place. Les propriétaire de la synagogue vont-ils poursuivre les pompiers de la caserne 30 pour malfaçon, en 2008? Je les vois d'ici brandir la garantie à vie sur les travaux exécutés par les combattants du feu.

Vous voulez savoir qui est le président et administrateur de cette proprette synagogue? Je vous le donne en 1000. Il s'appelle Martin Rosenberg, un de mes trois poursuivants.

Peut-être pense-t-il qu'il revient aux contribuables que nous sommes de payer pour entretenir ses édifices? 

Que diriez-vous si je passais le chapeau pour leur permettre d'au moins compléter les travaux de peinture de la corniche qu'ils avaient commencés à faire en... 2004?