samedi 25 septembre 2010

LE SCALP DES "PEA SOUP"

QUEBEC BASHING - 1ère de 2


Avant de commenter la bombe sale que Martin Patriquin vient de lancer sur le Québec francophone sous le titre
Quebec : The most corrupt province in Canada, entendons-nous sur une chose. La corruption, la magouille politique, le copinage éhonté entre les gros big shot (mafieux ou non) et les élus (mafieux ou non), les enveloppes brunes, le soudoiement, ça nous écœure à mort et on ne souhaite qu’une chose : les dénoncer haut et fort.

Cette précision étant faite sur
notre aversion aux bandits à cravate, attaquons-nous au véritable message que vient de transmettre Maclean’s au Rest of Canada: Les « Frenchies » du Québekistan sont ni plus ni moins les Tchétchènes du plus meilleur pays au monde. À côté des Frogs, même la Cosa Nostra sicilienne serait en odeur de sainteté.

Dès que l’on franchit la rivière des Outaouais, le Quebec bashing est le sport national de prédilection des Rednecks de Bay Street et des néo-libéraux conservateurs d’Alberta et d'ailleurs. Et la tradition se perpétue de plus belle.

Martin Patriquin, tel quel. Est-ce parce qu'il est déplumé qu'il a besoin d'un scalp de "Pea Soup"? Cliquer sur la photo...!

Avec ce dernier article torché par Patriquin, cet homme de main apparemment à la solde de la droite patronale antisyndicat, ultrareligieuse, francophobe et xénophobe, on comprend pourquoi les abolitionnistes du registre des armes à feu voulaient conserver leurs armes d’épaule. Il leur fallait continuer d’éradiquer tous ces Pea soup qu’ils considèrent indistinctement comme des racistes, des corrompus et des parasites suceurs des billets verts qu’ils ne voudraient plus verser dans les coffres des gouvernements.

Il fallait voir Patriquin, les fesses serrées et les oreilles molles, à l’émission d’Anne-Marie Dussault, 24 heures en 60 minutes. Et pour cause. Va donc expliquer le sérieux de ta démarche « journalistique » lorsque tu soutiens « qu’en dehors du Québec, le Bonhomme Carnaval est un personnage qui représente tout le Québec ».

En voyant le Bonhomme Carnaval se transformer en Bonhomme Sept Heures (Bone setter pour nos amis du ROC), on n’avait pas besoin d’un décodeur pour comprendre qu’il était en mission commandée.

Quand Anne-Marie Dussault lui a demandé : « C’est quoi la rigueur de cette image en couverture? », l’exécuteur des basses œuvres de Maclean’s a répondu dans son meilleur français de p’tit gars bien élevé : « Tu demanderas ça à mes patrons».

On aura compris sur son blogue intitulé à juste titre Deux maudits anglais qu’il avait été séduit par les propos qu’il avait extirpés du côté droit de la bouche de Mme Joanne Marcotte, la Sarah Palin du Québec qui est la porte-parole du Réseau Liberté Québec, ce nouveau regroupement des forces réformatrices situées à droite toute de l’échiquier politique.

Comme le racontait Patriquin à Patrick Lagacé, à l’époque de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, dans ses reportages, il faut que ça saigne! Quitte à faire passer les Québécois pour des racistes.

Personnellement, j’ai rencontré Martin Patriquin pas plus tard qu’en mars dernier. Ce n’était pas un hasard. Après mon passage à la Commisson Bouchard-Taylor et la création de mon blogue dénonçant le laxisme et le grossier parti-pris des autorités publiques municipales en faveur de la minorité hassidique d’Outremont et du Plateau, Patriquin avait salivé. Il voulait absolument m'interviewer. Il pensait avoir débusqué un monstre antisémite et il comptait bien le déterrer et en gruger l’os jusqu’à la moelle avec l'article dont il avait accouché dans Maclean's .

De toute évidence, son goût du sang francophone contaminé qui gicle l’excitait au plus haut point. Contrairement à ce qu’il vient de faire avec son article carnavalesque, en m'interviewant, Patriquin ne voulait surtout pas s’attarder sur les nombreux gestes délinquants et les magouilles des dirigeants hassidiques que je dénonce avec moultes preuves à l’appui! Le journaliste qui avait frappé à tour de bras sur Jacques Parizeau alors qu’il était à l’hôpital général juif ne cherchait qu’à coudre une grosse étoile de racisme au revers de ma veste. Je me demandais, aussi, pourquoi il avait tant essayé de me faire dire que je « focusais » sur les hassidim parce qu’ils ne parlaient pas français. J'imagine que ça lui aurait donné l'alibi tant espéré pour redoubler de coups.

À lire l'article qu'il avait alors écrit, mon blogue n’a d’autre mérite que d’être mesquin (mean-spirited) à l’égard de mes voisins hassidiques. Son article remarquablement documenté rappelait qu’Outremont comptait 97 000 résidents (c’est quatre fois plus que la réalité sur le terrain!), que des dépliants anonymes (anonymous leaflets) avaient été placardés sur des lampadaires pour dénoncer une synagogue illégale alors que numéro de téléphone, adresse courriel et adresse de mon site figuraient sur les dépliants laissés dans les boîtes aux lettres. Historien émérite, Patriquin n’a probablement pas voulu gaspiller son Carbone 14 pour décréter que l’origine des tensions avec la communauté hassidique ne remontait tout au plus qu’à la fin des années 1990 avec la célèbre cause des érouvs. Ce qui a pu se produire avant qu’il naisse en tant que journaliste est, de toute évidence, nul et non avenu.

Depuis que j’ai passé deux heures en sa compagnie, je n’ai pas arrêté de me demander à qui il me faisait penser. C’est en lisant son dernier brûlot que ça vient de me revenir. MARTIN... pourquoi tu ne m’as pas dit que tu étais le fils putatif de Diane Francis? J’ai bien connu ta mère à l’époque où elle faisait carrière au Toronto Sun. Je l’ai même interviewée dans le war room de ce « repère antifrancophone, antigouvernement fédéral et antitaxation » comme le décrivait si romantiquement Jeffrey Simpson, le chroniqueur au Globe and Mail.

J’aurais dû allumer plus vite. C’est elle qui parlait de « Jacques Parizeau et sa bande de voleurs de grand chemin » et qui assimilait les souverainistes à des terroristes. Vous avez de la suite dans les idées dans la famille. C'est comme rien, ça doit être génétique. (Ne manquez pas la suite dans ma prochaine chronique)

4 commentaires:

Pierre Joncas a dit…

Patriquin semble avoir oublié certains scandales en Colombie-Britannique (entre autres provinces) sous d’«illustres» premiers ministres créditistes, dont W.A.C. («Wacky») Bennett (au règne plus long que celui de Maurice Duplessis), son fils Bill Bennett, Bill Van der Zalm, comme néo-démocrates, dont Dave Barrett et Glen Clark. Il y en a eu de pas piqués des vers en Saskatchewan aussi, dont Ross Thatcher, et son fils qui n’a été que ministre, trouvé coupable d’avoir assassiné sa femme. S’il ne les a pas oubliés, Patriquin n’en fait aucun cas. Bien sûr, en C.-B., tous n’étaient pas de cette triste trempe (Ujjal Dossanjh, par ex., aujourd’hui député libéral à Ottawa, très courageux vis-à-vis la mafia Sikkh, courage que, plus jeune, il a payé d’un sérieux passage à tabac). Il y a aussi eu d’excellents premiers ministres en Saskatchewan, comme Tommy Douglas. Que celui dont la province est sans flétrissure lance la première pierre.

Isabelle Lefebvre a dit…

Félicitations pour votre excellent article.
Il serait peut-être pertinent de souligner qu'au Québec, plus de 80% de la population est honnête.
N'est-ce-pas ces 80% de la population québécoise qui demande une commission d'enquête publique sur la construction et le financement des partis?
La mauvaise réputation du Québec a toujours été le résultat de scandales venant de partis fédéralistes.
Faudrait peut-être le souligner davantage...

Jean-Marc Corbeil a dit…

Patriquin a peur du bonhomme carnaval comme on a peur d'un personnage de film d'horreur! Si le lecteur canadien moyen ressent le même frisson, le Québec fait toujours son effet dans l'imaginaire de l'autre!

Roman Korol a dit…

Votre blogue et votre travail acharné sont d'une valeur inestimable et je vous encourage de ne jamais y fléchir.

Cependant, pour ce qui concerne le prétendu bien-fondé du contrôle des armes à feu, ce que votre article insinue - eh bien, là vous êtes loin de viser dans le mille. L'interdiction des armes aux citoyens honnêts est le caractéristique de tout régime oppressif totatiltaire tandis que la liberté subsiste dans la situation inverse. Je vous invite de visionner le vidéo suivant, titré Why Swizerland Has the Lowest Crime Rate in the World (Pourquoi la Suisse affiche le Plus Bas Taux de Criminalité Dans le Monde), où nous apprenons que tout citoyen suisse est requis par son gouvernement de posséder chez lui une arme puissante. (2,7331,771 visionnements jusqu'à présent).

Évidemment, préconiser la protection de sa liberté à la manière des suisses n'a rien à voir avec l'espèce de racisme dechaîné et persifleur envers les francophones (accompagné de pétage de ses bretelles pour le ROC par surcroît) que nous voyons étalé dans les pages du torchon nommé Maclean's dont l'auteur vous critiquez vertement en toute justice. Or, mettre les deux questions dans le même sac n'est pas pertinent. Les deux sujets n'ont aucun rapport l'un avec l'autre ni dans la vraie vie, ni dans votre texte.