mercredi 11 février 2009

LES LUNDIS DE LA MATRAQUE

Au cours des deux dernières assemblées du conseil (janvier et février 2009), la mairesse d'Outremont a manifestement perdu tout sens de la mesure. À CINQ reprises, Marie Cinq-Mars a réclamé l'intervention de ses agents de la Sécurité publique pour renvoyer s'asseoir ou bouter hors de la salle du conseil autant de citoyens qui avaient pris leur tour au micro. Même Stéphane Harbour, son prédécesseur déchu, n'était jamais descendu si bas pour bâillonner les citoyens.

Un citoyen présent à la séance du conseil a immortalisé l'instant où un agent de la Sécurité publique exécutait l'ordre d'expulsion abusif lancé par la mairesse d'Outremont.

Pourtant, les résidents sur place ne s'étaient pas adonnés à une séance du lancer du soulier contre l'autorité en place, pas plus qu'ils n'avaient usé d'un langage ordurier ou obscène. Ce fut la présidente de l'assemblée elle-même qui, moutarde au nez, a lancé les hostilités en insultant tout d'abord un membre du parti Vision Montréal venu au micro au début de la première période de questions."Je suis tannée des mensonges qui passent partout", tonna-t-elle.

Était-ce bien la même femme qui, cinq minutes plus tôt, avait récité son oraison laïque, implorant qu'il lui soit donné de ne désirer que ce qui est juste, d'agir avec prudence et de fonder ses décisions sur un savoir éclairé?

Ne venait-elle pas aussi de nous rappeler que les débats entre les membres du conseil et les citoyens étaient prohibés?

Je laisserai aux autres intervenants pris à partie le soin de se défendre eux-mêmes. Pour ma part, je me dois de dénoncer le comportement hystérique et les accusations fallacieuses de la présidence de cette assemblée à mon endroit. Ses grossières allégations sans fondement n'avaient pour but que de me discréditer et de salir ma réputation (lire la chronique du 29 janvier du site Outremont autrement)

Rétablissons les faits. C'est pendant que le conseiller Louis Moffat tentait de se dépêtrer d'une question que je lui posais que Mme Cinq-Mars a choisi de s'auto dégoupiller en m'accusant d'avoir menti sur deux faits qui, de surcroît, n'avaient aucun lien avec la question que j'avais amené devant le conseil.

Marie Cinq-Mars m'a d'abord accusé d'avoir dit qu'un autobus intercité illégalement stationné sur la rue Champagneur, le 14 novembre 2008, n'avait pas reçu de contravention. Or il s'avère que je n'ai jamais dit ou écrit une telle chose.

Pour vous en convaincre, retournez lire notre chronique du 11 janvier 2009 à propos du sondage réalisé par les élus d'Outremont sur l'inversion d'une portion de l'avenue Champagneur. Dans son emportement, la mairesse a versé dans la grossière calomnie.

Contrairement à ce qu'elle a colporté, ce n'était pas moi
qui avait soulevé cette question lors de l'assemblée du conseil de janvier 2009. De mémoire, c'était plutôt un jeune père de famille habitant sur ce tronçon de l'avenue Champagneur qui en avait fait allusion.

Poursuivant sa charge hargneuse, la mairesse m'a aussi accusé d'avoir faussement rapporté sur mon blogue qu'il arrivait à l'arrondissement de recourir à des interprètes pour envoyer des documents traduits en yiddish aux membres de la communauté hassidique. Pourtant, si vous réécoutez bien les propos qu'elle a prononcés le 27 octobre 2008, lors de la séance du conseil de la ville centre, Mme Cinq-Mars a dit textuellement, et je cite: "On a des fois des communications qui leur (les hassidim) sont envoyés dans leur langue avec un interprète". Éclairez-nous, Mme Cinq-Mars. Quelle est la langue des hassidim d'Outremont si ce n'est le yiddish? Peut-être soutiendrez-vous que vous vous êtes très mal exprimée. Ayez au moins la décence de ne pas en blâmer vos concitoyens attentifs.

Quant à votre menace de recourir à des moyens légaux contre les gens qui font des allégations, comme vous vous en êtes confiée aux journalistes présents dans la salle, nous vous invitons à y penser à deux fois. Rappelez-vous que châtiment bien ordonné commence par soi-même.

Le 2 février dernier, le poste que vous occupez ne vous dispensait pas de la probité, de l'intégrité et du décorum que vous exigez de vos "sujets". Et puis, de grâce... à l'avenir, épargnez-nous vos parodies de justice expéditive à la chinoise. C'est la dernière chose dont Outremont a besoin en cette année d'élection.

3 commentaires:

parano a dit…

La maîtresse elle tape sur les doigts. Pourtant son rôle est d'assurer la réussite de chacun de ses élèves.

Anonyme a dit…

Existerait il des règlements légaux qui permettraient d’entamer des procédures de destitution contre une élue qui proclame des mensonges lors des assemblées publiques ?
Les recours collectifs sont ils valables pour dénoncer les dénis de natures éthiques. Pourtant Outremont est bien pourvu en hommes de loi.
Le Nous collectif serait il déficient ?

Jean Naimard a dit…

Les agents de la «sécurité publique» ne sont que des gardes de sécurité. S’il faut expulser quelqu’un, c’est à la police de le faire.