lundi 3 novembre 2014

LA MENEUSE DE CLAQUE ET SA CLIQUE


Si vous ne vous êtes pas rendu à l'assemblée publique de consultation, le 29 octobre dernier, vous avez raté une belle occasion de voir à l’œuvre «les chercheurs de paix, d'harmonie, de dialogue et d'ouverture» comme se décrivent les partisans de la page Facebook créée par la conseillère de Projet Montréal, Mindy Pollak.

Lors de cette soirée où les citoyens ont été appelés à se prononcer sur une modification au règlement relatif au nombre de jours pendant lesquelles les cabanes de la fête de Souccot pourront demeurer sur les balcons, les «apôtres de l'Amour infini» ont volé le show.

Alternants insultes, huées et applaudissements (c'est La Presse qui le rapporte!), les «chercheurs de paix» se sont appliqués à maintenir la pression sur les citoyens qui n'étaient pas du même avis qu'eux.

Martin Rosenberg, le fils du président du groupe Rosdev, s'est montré particulièrement agressif et perturbateur. Installé à l'avant de la salle, près d'un groupe assez imposant de ses coreligionnaires, Rosenberg Jr. s'est transformé en véritable meneuse de claque. Ce n'était pas la première fois qu'il provoquait un tel barouf, escorté par une garde rapprochée de plusieurs dizaines de disciples. (lire ma chronique du 8 mars 2011)


À son signal, ses ouailles applaudissaient à tout rompre lorsque l'un de leurs partisans était au micro ou huaient quand un citoyen exprimait une opinion divergente. Il fallait voir le numéro 2 de la multinationale milliardaire se faire aller les bras comme un chef d'orchestre. La scène a été filmée. 

Martin Rosenberg harangue ses troupes pour mieux faire sentir leur présence et perturber la quiétude de la séance de consultation.

Une partie des membres de la secte hassidique dans la salle du Centre communautaire intercommunautaire. Photo: Bernard Brault

Bien qu'il ait perdu tous les procès qu'il m'a malicieusement intentés dans l'espoir de me bâillonner, il semble ne pas avoir encore compris que ses méthodes d'intimidations ne lui réussissent pas. Pas plus brillant qu'il faut, il m'a même insulté, en plus de tenter de m'empêcher de donner une entrevue à une journaliste de CTV qui m'avait demandé de m'exprimer sur la question en jeu. Il a fallu que le cameraman, exaspéré, lui dise de cesser son intimidation et de le laisser faire son travail en paix pour que le cacique fasse marche arrière.

Mais Rosenberg n'a pas été le seul à jouer les pyromanes lors de cette soirée. Lorsqu'il a insinué à mots à peine voilés que des citoyens dans la salle étaient antisémites, Christian Aubry, un ami de Mindy Pollak et des Friends of Hutchison Street, s'est fait escorté hors de la salle par un agent de sécurité, au grand dam de Cynthia Kelly. Il fallait voir la coordonnatrice de l'association d'Outremont du parti Projet Montréal marcher sur les traces de l'indésirable alors qu'il se faisait expulser.

M. Christian Aubry avant son expulsion. Photo: Friends of Hutchison Street

C'est cette même Cynthia Kelly qui avait signé et fait distribuer une pétition renfermant des contrevérités sur le projet de modification du chapitre 6.1 du règlement 1177. Dans le libellé de sa lettre, Mme Kelly prétend que le conseil d'arrondissement «veut restreindre davantage le temps alloué pour la fête de Sukkot» alors que cela est totalement faux.

Comment peut-on soutenir qu'un projet de règlement qui permettra la présence des cabanes pendant 15 jours puisse restreindre une fête qui n'en dure que neuf? La modification au règlement précise tout simplement que les cabanes pourront être érigées trois jours avant le début de la fête et être démantelées trois jours après la fin de la fête. De toute façon, 15 jours, c'est déjà ce que prescrit depuis des lustres le règlement actuel.

3 février 2014: Cynthia Kelly au conseil d'Outremont

Par ailleurs, Mme Kelly «trouve odieux de réglementer les fêtes de [ses] voisins». Comment lui faire comprendre qu'il ne s'agit pas de légiférer une fête, mais bien de régir l'usage provisoire d'une construction temporaire?

Et je ne parle pas de l'allégation aussi infondée que bassement partisane que Cynthia Kelly jette à la figure de quatre des cinq élues de l'arrondissement en affirmant que
«le Conseil sait bien que sa nouvelle proposition de règlement ne donne pas assez de temps à la communauté juive de faire sa fête». 

C'est d'autant plus étonnant d'entendre cela que les citoyens sont témoins du fait que la très grande majorité des souccot de cette année ont été érigées et démantelés dans les temps prescrits par le règlement.

Lorsque M. Aubry s'est fait expulser de la salle manu militari, Mme Kelly a bondi et s'est empressée de le rejoindre. Simple citoyenne ou militante engagée au profit de Projet Montréal? Captation vidéo: Friends of Hutchison Street

Que dire, par ailleurs de cette autre proche de la conseillère Pollak qui a fait sursauter la mairesse Cinq-Mars en se disant atterrée que le conseil d'Outremont ait même songé à adopter un règlement qu'elle considère discriminatoire et abject.

Je ne m'étendrai pas sur les propos grotesques de ceux qui ont soutenu que même des pays comme la Russie n'ont jamais adopté un tel règlement, mais je ne peux passer sous silence le propos fraternel, empreint d'ouverture et de respect d'autrui que nous a servi le rabbin Eliezer Frankfurter.

Le rabbin Eliezer Frankfurter, le 29 octobre dernier. Photo: Friends of Hutchison Street 

N'est-ce pas ce même homme qui, le 24 novembre 2013, nous avait expliqué dans le cadre de l'émission Second Regard pourquoi il est inutile d'espérer un rapprochement avec nos voisins hassidiques? (lire ma chronique du 21 février 2014)

Ce jour-là, M. Frankfurter,
le beau-frère de Michael Rosenberg, n'avait pas mis de gants blancs pour promouvoir l'isolationnisme hassidique.  «Ça nous est inconcevable de vivre comme tout le monde. On est obligé d’avoir une certaine attitude qui est : Ok, nous, on ne vous dérange pas, mais, s’il vous plaît, ne nous dérangez pas.... Il vaut mieux rester chacun chez soi.» Ça ne s'invente pas!

Aux côtés du lobbyiste hassidique Mayer Feig (à droite), Martin Rosenberg semble bien satisfait de sa prestation de mercredi soir dernier.


samedi 18 octobre 2014

L'ACCOMMODEMENT DE PLYWOOD



Elle n’est pas toujours facile à suivre la représentante de Projet Montréal dans Outremont

En août dernier, alors que plusieurs citoyens s’étaient plaints
La Une de L'Express d'Outremont
de la vitesse et de la cinquantaine d’autobus scolaires qui parcourent chaque jour les rues résidentielles du quartier, la conseillère Mindy Pollak, avait carrément refusé de se prononcer sur le sujet. Selon ses dires, comme la majorité des autobus scolaires en cause desservent les écoles et garderies hassidiques, elle ne se sentait pas à l’aise d’aborder la question.

Pourtant, quelques semaines plus tard, Pollak n’a pas fait preuve de la même retenue à propos des cabanes de la fête juive de Souccot. Au contraire, lors de la réunion du conseil du 2 septembre 2014, elle s’est montrée très revendicatrice en déposant un avis de motion destiné à faire modifier le chapitre 6.1 du règlement 1177 en vigueur. Si bien qu’une assemblée de consultation publique (ouverte à tous les citoyens) sera tenue sur ce sujet le 29 octobre 2014 au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont (voir les détails).

Mindy Pollak en cabale pour les cabanes
Même si la fête de Souccot ne dure que neuf jours (en fait, la fête obligatoire est de 7 jours), la conseillère hassidique trouve que les 15 jours pendant lesquels l’arrondissement autorise l’érection de cabanes provisoires pour la fête juive ne suffisent pas. Pollak voudrait que l’arrondissement étende à 24 jours le droit de laisser ces structures sur les balcons ou les terrains des résidents.

Pour justifier la modification du règlement actuel, la porte-parole des dirigeants hassidiques prétend que la construction d’une souccah requiert entre un et trois jours. Il suffit pourtant de voir la façon rudimentaire dont sont conçues les souccot (pluriel de souccah) pour comprendre que même un néophyte pourrait en monter une en quelques heures tout au plus.

 
Qu'elles soient en façade de résidence ou en arrière-cour, les cabanes ne paient vraiment pas de mine dans le quartier

Pollak elle-même décrit les souccot comme des «constructions assez simples». Il s’agit généralement d’étroits panneaux de contreplaqués fixés à des deux par quatre en épinette. Chaque section est préfabriquée et numérotée. Il suffit de juxtaposer les panneaux, d’y ajouter quelques branchages, trois ou quatre bouts de bois pour soutenir la toile de camping qui fait office de toit et le tour est joué. Dans un grand nombre de cas, la même structure est réutilisée, année après année... après année. On croirait presque que les dévots se sont convertis à la loi sur le développement durable.

Comme on n’arrête pas le progrès, Mindy nous rappelle que de plus en plus de gens troquent les cabanes de contreplaqué par des souccot «de style-lego faits en plastique». Plus légères, plus faciles à assembler, imputrescibles, donc réutilisables ad vitam aeternam, elles ne requièrent plus aucune habileté et se font (et défont) en un tournemain. Même par des adolescents. À ce compte, la décoration d’un sapin de Noël de salon demande plus de temps!


Souccat géante de «style lego», montée derrière l'avenue du Parc, sur le Plateau.

Qu’importe les matériaux utilisés, il n’en demeure pas moins que la question de la sécurité de ces structures temporaires soulève l’inquiétude de plusieurs citoyens.

Ces dernières années, des incendies causés par des feux de chandelles ont détruit six appartements de la communauté sur les rues Hutchison et Durocher. Aussi, des gens craignent que les souccot puissent représenter un risque supplémentaire. C’est sans parler qu’il y a quelques jours à peine, une souccah s’est écroulée à Boisbriand, entraînant dans sa chute plusieurs femmes qui s’y trouvaient. Le site hassidique qui rapporte la nouvelle titre «Miracle as Sukkah collapses but no serious injuries».

 
Un chandelier à l'huile laissé sans surveillance serait à l'origine de l'incendie qui a détruit le triplex du 5449 Hutchison, en janvier 2014


On ne se cachera pas que Pollak est surtout préoccupée par des considérations de commodité et d’accommodements religieux. Soutenant que certaines familles passent une partie de la fête de Souccot à l’extérieur de la ville, elle estime que cela peut leur laisser peu de temps, à leur retour, pour démanteler leur cabane dans les délais concédés par le règlement actuel.
 
Que répondre à cela sinon que les autorités municipales ne peuvent être tenues de prendre en compte les situations particulières ou les séjours de vacances de tout un chacun pour administrer l’arrondissement? Cela rendrait l’arrondissement absolument ingérable. 


Des situations similaires se vivent tous les jours dans nos quartiers. Si vous prenez l’avion, que vous n’avez pas de garage et que vous savez que vous ne reviendrez pas à temps pour changer votre voiture de côté de rue, vous avez le choix : ne rien faire et risquer la contravention ou demander à un bon voisin ou à un parent de la déplacer pour vous en temps opportun. Cette prévoyance tient de la responsabilité civique élémentaire.

La recrue de Projet Montréal pousse son argumentaire jusqu’à tenter une comparaison entre ces cabanes et les décorations de Noël. Elle trouve injuste que les constructions de contreplaqué sur les balcons doivent être enlevées après une période maximum de quinze (15) jours alors que les ornementations de Noël peuvent demeurer en place sans restriction.

 
Outremont: débris de souccah que ses propriétaires ne se sont jamais soucier de remiser.


Paradoxalement, alors que Mindy Pollak souhaiterait davantage d’indulgence de la part des citoyens d’autres confessions, elle nous pose une question étonnante : « Est-ce que votre géant bonhomme de neige gonflable doit réellement passer son hiver dehors? ». On croit rêver. Pour nous rassurer (ou nous faire chanter?), elle ajoute : «mais ne vous inquiétez pas, personne ne va l’interdire. Pour le moment.» Si ça lui cause problème, elle n’a qu’à déposer un autre avis de motion pour en réglementer l’usage. Elle sait déjà comment faire!

Mais, entre nous, comment peut-on comparer un patchwork de matériaux de construction parfois vermoulus et généralement inesthétiques à des décorations lumineuses et réjouissantes? On ne me fera pas croire que des passants puissent apprécier de la même façon des structures mal dégrossies et des décorations hivernales.


Dans cette optique, la réglementation sur les souccot telle qu’elle est formulée dans le règlement actuel est-elle une injustice? Je laisse les images répondre d’elles-mêmes. 

Jetez un coup d’œil aux photos ci-bas et tirez-en vos propres conclusions.

Un arbre de Noël sur le Chemin de la Côte-Sainte-Catherine et des décorations du centre-ville.



Une souccah de fortune photographiée aujourd'hui même sur la rue Hutchison alors que l'article 2d du Règlement 1063 considère comme une nuisance «le fait d'étendre des matelas, des couvre-lits, des couvertures ou autres objets de literie ou de linge le long des fenêtres ou des balcons donnant sur une rue»  
Une souccah faite d’un patchwork de contreplaqué et d’aggloméré. Elle  empiétait même sur le domaine public.

Je vous invite à venir assister et participer à l’assemblée de consultation publique, le mercredi 29 octobre 2014, à 19 heures, au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont, 999, avenue McEachrean.

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Courtoisie de la maison à l'intention de M. Christian Aubry qui m'apostrophe (voir le 2e commentaire au bas de cette chronique et ma réplique). 

Pour son plus grand plaisir, je lui présente (sans frais supplémentaires) un autre exemple de ce qu'il qualifie de «jolis assemblages» d’une «[fascinante] ingéniosité à garder inscrite dans le présent de notre monde à la dérive cette tradition millénaire». 

Il s'agit de la souccah qui se trouve à un coin de rue de chez lui (angle Bernard et Hutchison). Admirez la belle cabane de cette synagogue-dortoir-école qui, il y a bien sept ans, s'était installée illégalement et sans permis sur l'emplacement de l'ancien restaurant La Grand-Mère Poule.  De toute beauté!

Laquelle de ces deux magnifiques structures (la blanche ou la noire) est la  souccah qui a pignon sur rue au coin de l'avenue Bernard et Hutchison? Photo prise le 18 octobre 2014.

dimanche 12 octobre 2014

LA LOI DE LA PÉPINE



Cela faisait des années que l’empire Rosdev laissait à l’abandon des immeubles qu’il possédait juste au nord de l’avenue Van Horne, entre Hutchison et avenue du Parc.

Dès 2008, les inspecteurs d’Outremont avaient constaté que le propriétaire du duplex des 6220-6222 Hutchison avait «détérioré ou laissé détériorer le bâtiment par manque d'entretien, usage abusif ou manoeuvre de dégradation». Le Service de l'aménagement avait alors sommé son richissime propriétaire de remédier à cette situation dans les 30 jours, à défaut de quoi, il «pourrait déposer le dossier d'infraction à la Cour municipale». En bon citoyen corporatif, Rosdev a réagi... six ans après avoir été sommé de bouger.
À l’été 2014, Michael Rosenberg a fait entrer les bulldozers. Bye! Bye! duplex.

Les deux immeubles que Michael Rosenberg a laissé se détériorer.


Juste de l’autre côté de la rue, dans le fief du Plateau, c’est l’imposant édifice industriel du 6240, avenue du Parc qui posait problème. 

Là aussi, ça faisait un bail que Rosenberg négligeait son bien patrimonial. Et il semble qu’il n’ait pas fait grand cas des six avis de non-conformité et des 30 interventions que les inspecteurs du Plateau ont cumulés en moins de deux ans. La seule activité que les citoyens ont pu noter sur les lieux a été l’exploitation d’un terminus d’autobus clandestin.

Michael Rosenberg s’est même permis de jouer avec le conseiller Alex Norris comme un chat s’amuse avec une pelote de laine. 


Le 17 novembre 2011, M. Norris m’a affirmé par écrit s’être plaint directement au président de Rosdev de l’état de délabrement de l’immeuble du 6240 du Parc. Ce dernier lui aurait répondu avoir des difficultés à obtenir un permis pour remplacer les fenêtres de son bâtiment.

Évidemment, la défilade de Rosenberg était grossière. À preuve, le 11 février 2011, soit neuf mois plus tôt, Richard Ryan, conseiller de Projet Montréal pour le Mile-End, nous informait qu’après l’assemblée publique tenue le 27 octobre 2010 spécifiquement sur cette question (voir le document officiel), l’autorisation pour l’installation de fenêtres à l’immeuble de Michael Rosenberg avait déjà été accordée par le conseil d’arrondissement... avec la bénédiction du comité consultatif sur l’urbanisme (CCU).


Aujourd’hui, quatre ans plus tard, ne cherchez pas les belles fenêtres à Rosenberg. Elles brillent par leur absence. Pire. Le 1er octobre dernier, au lieu des vitriers, ce sont les pépines de démolition qui sont débarquées sur les lieux. Que l'immeuble soit patrimoine industriel ou non, Michael Rosenberg a décidé de le raser.

 
1er octobre 2014: le coup d'envoi de la démolition

Le 15 juillet 2014, le directeur de la direction du développement du territoire de l'arrondissement du Plateau, a effectivement octroyé un certificat d'autorisation pour la démolition de l’immense bâtiment.


Il y a quand même un ennui.
 

Un mois avant que ne soit octroyé ce certificat de démolition, les membres du comité consultatif d'urbanisme (CCU) se sont réunis pour discuter de cette demande de démolition. Insatisfaits des rapports d'expertises qui leur ont été remis, ils ont demandé une étude supplémentaire qui leur permettrait de déterminer la valeur [patrimoniale] de l'immeuble. 

Le paragraphe du document dans lequel le CCU requiert un délai pour une étude additionnelle. Pour le document complet, cliquer ICI


La valeur patrimoniale? Non, mais vous voulez rire! Pensez-vous vraiment que les demandeurs ont du temps à perdre avec un «caprice» du CCU? L'immeuble pouvait bien être laissé à l'abandon pendant des années. Les autorités municipales pouvaient bien sécher. Mais quand le propriétaire veut démolir, là, faut pas que ça niaise. Quitte à bafouer la requête du CCU. 

Comment? Vous pensez que quelqu'un a fait pression sur les fonctionnaires? Non, mais... vous vous rendez compte de ce que vous dites?

Du béton et de l'acier. Et on doit croire sur parole que cet immeuble était en si mauvais état qu'il fallait le le démolir à la vitesse grand V?

mercredi 1 octobre 2014

LES «BASSES» COURS D'ÉCOLE



Où Diable sont passés tous les défenseurs des animaux du Plateau Mont-Royal? Ceux qui étaient prêts à se faire poivrer pour forcer le boycottage des shampooings testés sur les yeux des lapins? Ceux qui conspuaient les chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine? On n’entend même pas celles qui, en novembre 2010, avaient dénoncé devant les élus du Plateau les mauvais traitements que la fourrière municipale Le Berger Blanc infligeait aux animaux de compagnie esseulés.
 


Soyons honnêtes. Cet été, il y a bien eu Christine Gosselin, la conseillère du district de Jeanne-Mance, pour lancer deux cris du cœur sur Facebook. «Il faut sauver la rainette faux-grillon!» et «Il faut sauver Private Minette!»

C’est bien peu quand on sait que ces jours-ci, c’est par centaines que de pauvres poules entassées comme des sardines sont empoignées par les ailes dans le fond de certaines cours d’école du Plateau (et d’ailleurs), avant de se faire «swinger» comme des hélicoptères, d’être égorgées vives et agoniser dans la douleur.

Vous n’avez jamais vu le traitement réservé à ces volatiles lors des préparatifs du Yom Kippur? Je vous invite à visionner la vidéo tournée par PETA (
People for the Ethical Treatment of Animals). Vous apprendrez comment sont traités les 50 000 poulets qui servent à la cérémonie des Kapparot, à New York. Un carnage particulièrement dégoûtant et révoltant.


La cérémonie des Kapparot: les poulets expient les péchés commis par les hommes.








De quoi s’agit-il donc? Au cours des dix Jours de Pénitence qui précèdent le Yom Kippour, la fête du Grand Pardon (le 4 octobre, cette année), les croyants de confession juive doivent demander à Dieu le pardon pour les fautes commises. Pour s’éviter de subir les foudres du Créateur, les fidèles ont recours au rite des Kapparot . En faisant tournoyer une poule blanche autour de leur tête, les pécheurs souhaitent que les conséquences de leurs fautes soient transférées sur le poulet devenu un véritable bouc émissaire.

Dans le Mile-End, nous avons eu connaissance que des Kapparot ont été organisées dans une école et une garderie hassidiques, les 29 et 30 septembre.

La cour de l'école illégale de la rue Casgrain
sert tantôt aux enfants, tantôt aux poules

Le lundi 29 septembre, dans la cour de l’Académie Yeshiva Toras Moshe, située au 5669 Casgrain, un témoin a vu des hommes débarquer des caisses contenant de 100 à 200 poules destinées au rite des Kapparot. Il n’a pas pu photographier l’arrivage, mais le lendemain matin, deux hommes s’affairaient à désinfecter la cour d’école à grand renfort de bouteilles d’eau de javel et de jet d’eau sous pression (photo ci-haut). 

Il fallait voir les fientes verdâtres et les restants de plumes être avalés par l’égout de la rue Casgrain, le 30 septembre 2014.

Comme si ça ne suffisait pas que cette école illégale se foute des normes du ministère de l’Éducation, la voici qui bafoue le règlement municipal 3344 qui interdit «la tuerie et l’abattage de volaille, l’élevage, l’engraissement, la garde ou la vente de ces animaux vivants en dehors des territoires spécifiquement assignés». Les rabbins délinquants de cette école auraient-ils décidé d’offrir une formation en boucherie de détail à ses pieux élèves? En passant, en dépit des menaces des gouvernements qui se succèdent, cette yeshiva continue son petit bonhomme de chemin dans la plus parfaite illégalité.

Rue Jeanne-Mance, les cages à poules.
Le mardi 30 septembre, ce fut au tour de la garderie du 5565 Jeanne-Mance de servir de basse-cour. Des dizaines de cages de plastique rouge (et basses!) renfermaient des poules entassées les unes sur les autres au soleil et vraisemblablement laissées sans soins. Sur place, les poulets vivants étaient disponibles à l’achat.

Qui osera prétendre que cette cour asphaltée tapissée de fientes de poulets puisse respecter les normes et directives des autorités sanitaires?

Lendemain de veille à la garderie du 5565
Jeanne-Mance: fientes, plumes,
  
boîtes
éventrées et autres détritus, sans oublier

les gants de latex bleus... par respect pour
les règles sanitaires, sans doute.
Certains demanderont peut-être s’il y a vraiment de quoi en faire tout un plat… à la salmonelle. Après tout, les lieux servent de prématernelle à des enfants qui, c’est bien connu, ne traînent jamais par terre et ne sont pas portés à se mettre les mains dans la bouche.


Kapparot dans une pouponnière
Et si nous vous disions que ce rituel peut se faire jusque dans les pouponnières d'hôpitaux? Vous ne le croiriez pas? Ben alors, visionnez la courte vidéo.

Quant aux poulets, ils ne se souviennent déjà plus avoir été brassés et égorgés vifs! J'entends d'ici les élu-e-s du Plateau nous dire: «C'est quoi le drame? C'est kosher!».

mercredi 24 septembre 2014

LES ENFANTS DES AUTRES, TU NE CONVOITERAS



Voilà trois ans que le scandale de la secte ultraorthodoxe Lev Tahor de Sainte-Agathe fait la manchette. On parle de kidnapping, de mariages forcés de jeunes filles, d’enfants négligés, maltraités, mal nourris et ne recevant qu’une éducation religieuse. Nous avons suivi leur évasion nocturne vers Chatham, leur fuite avortée à Trinité-et-Tobago, leurs déboires au Guatemala et, il y a quelques jours à peine, la fugue de deux adolescentes de la secte juive qui se sont réfugiées aux États-Unis.

Dans toute cette triste saga, l’une des choses les plus troublantes a été d’apprendre que plusieurs enfants étaient enlevés à leurs familles pour être placés de force dans d’autres foyers. En moins de deux ans, certains enfants auraient été parachutés dans une vingtaine de familles d’accueil différentes. Bonjour la détresse!

Hélas, dans le monde hassidique, ce genre d’histoires d’horreur n’existe pas que chez les Lev Tahor.
 

Avez-vous déjà entendu parler du documentaire In hasidic custody   réalisé par le cinéaste israélien Nitzan Gilady? Le réalisateur nous présente le cas de Yahia Jaradi et son épouse Lauza, deux juifs yéménites qui ont été victimes de recruteurs ultraorthodoxes de la secte satmar. Ces derniers leur ont proposé leur aide pour qu’ils immigrent aux États-Unis. Une fois établis à Monsey (New Jersey), on leur a enlevé leurs passeports. M. Jaradi a été forcé de travailler pour la secte et leurs enfants ont été empêchés d’apprendre autre chose que le yiddish. À la suite d’un accident qui a coûté la vie à la plus jeune de leurs cinq enfants, la secte a prétendu que les Jaradi avaient causé la mort de leur fille de façon à s’arroger la garde des quatre autres enfants.

Victimes de recruteurs ultraorthodoxes sans scrupules, Yahia et Lauza Jaradi se sont fait voler leurs enfants au New Jersey.
 
Dans ce documentaire en cinq parties (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5), le directeur général du Yemenite Heritage Fund soutient que la secte satmar «aime surtout enlever des enfants»*. Un homme raconte que M. Jaradi s’est fait offrir 20 000 $ pour une de ses jumelles, tandis qu’un autre dit s’être fait prendre ses six enfants par les dirigeants satmar. En bout de compte, les Jaradi ne réussiront à récupérer leurs enfants qu’en 2008, après sept ans de démarches acharnées. N'est-il pas étonnant de constater qu'une communauté garde la loi du silence devant de tels actes?

Le Yémen, c’est vrai, nous apparaît comme le bout du monde. Monroe, c’est pratiquement cinq heures de route d’ici. Mais si vous croyez que ce genre de choses ne peut se produire à Montréal, nous avons des petites nouvelles pour vous.  

L’an dernier, j’ai reçu un appel de Grenoble, en France. Tombée sur mon blogue, Emmanuèle Leblanc a senti le besoin de me raconter le cauchemar qu’elle a vécu ici même sur la rue Hutchison.  

Convertie au judaïsme afin de pouvoir se marier avec un Juif iranien, Emmanuèle a eu trois enfants à Montréal. «Mon mari était plutôt moderne. En dehors de la maison, il mangeait de tout et il lui arrivait même de se rendre à la synagogue en voiture pendant le Yom Kippur.» Malheureusement, le mariage s’est gâté lorsque leur chemin a croisé celui des ultraorthodoxes. «En plus de se radicaliser, il a commencé à être violent avec moi et les enfants.»


Sortie en famille, à Montréal, avant que Mordecai ne kidnappe les trois enfants d'Emmanuèle et disparaisse dans la nature.

Craignant les accès de rage de son conjoint, Emmanuèle entame des procédures de divorce. Mal lui en prit, car dès que son mari a su qu’elle avait contacté un avocat, il a filé avec les trois enfants sans laisser d’adresse. «C’est comme si j’étais morte», laisse-t-elle tomber.


C'est dans la cuisine de son appartement du 5713 Hutchison qu'Emmanuèle et d'autres ont trouvé le nom "Enfant-Retour" pour baptiser l'organisme qui aura pour mission d'assister les parents dans la recherche de leur enfant porté disparu.

Malgré ses démarches auprès des autorités policières et politiques, son passage à l’émission Les Retrouvailles de Claire Lamarche et ses nombreux voyages de recherche désespérée, Emmanuèle Leblanc restera huit longues années sans la moindre nouvelle de ses enfants.

C’est finalement un détective privé qui retrouvera la trace de sa fille aînée à Kiryas Joel, cette enclave d’intégristes ultraorthodoxes de l’état de New York qui connaît le plus haut taux de pauvreté des États-Unis.

Sur place, pour forcer l’intervention des policiers, Emmanuèle a dû faire semblant de la kidnapper sur le chemin de l’école. «Je me suis retrouvée submergée par une foule de hassidim. J’ai été menottée, amenée au poste de police et tout.» Au moins, le processus de récupération allait enfin s’enclencher. C’est du moins ce qu’elle pensait.

Pendant qu’un tribunal de l’endroit se penche sur le dossier, Emmanuèle apprend qu’Esther, Samuel et Rifka s’appelaient désormais Sara, Yoseph et Rachel. Pire. Son ex-mari les avait carrément donnés à des familles satmar. «Ils ont été envoyés trois ans à Manchester (Angleterre) avant d’être distribués à gauche et à droite aux États-Unis. J’ai retracé mes deux plus jeunes à Miami avant qu’ils ne disparaissent à nouveau en Californie avec leur père.»
 

La chose la plus dévastatrice pour cette mère a été de réaliser que la secte hassidique avait complètement lessivé le cerveau de sa fille aînée. «J’avais le droit de voir Esther tous les 15 jours en présence des services sociaux, mais à Kiryas Joel, on lui avait tellement mis dans la tête que j’étais le diable, qu’elle me recevait avec un walkman sur les oreilles pour ne pas m’écouter. Elle ne supportait pas que j’écoute du Vivaldi. Elle n’acceptait même pas de manger la nourriture cachère que je lui préparais parce que dans sa tête, je n’étais pas juive!»
Après leur enlèvement, Samuel, Rifka et Esther deviendront Yoseph, Rachel et Sara

Ses enfants dont la jeunesse lui a été volée sont désormais des adultes mûrs. «Des adultes qui n’ont d’autre choix que de vivre avec leurs traumatismes», déplore-t-elle. «Ma plus jeune aime bien le folklore juif, mais n’est pas religieuse du tout. Elle vient me voir tous les ans en France. Mon fils, lui, a gardé un profil religieux, mais il mange de tout et je le vois quand je vais à New York. Avec mon aînée, par contre, c’est plus difficile. Elle est mariée religieusement, a cinq enfants et vit à Williamsburg dans la secte Bobov»
 

Et son ex-mari? Il a été l’objet d’un mandat d’arrêt international pour une fraude financière de plusieurs millions à l’encontre de l’American Automobile Association. Il s’est enfui au Panama où il vivrait toujours.

Quel gâchis, quand même. Pourtant, dans le livre de l’Exode, il est bien écrit : « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » C’est vrai, par contre, qu’on n’y parle pas des enfants!


«mostly like to take children»

samedi 6 septembre 2014

LA CONSEILLÈRE QUI NE VEUT PAS VOIR


Si vous avez mis la main sur L'Express d'Outremont du 28 août dernier, vous ne pouviez pas manquer cet autobus scolaire illustré en Une et affublé du titre À pleine vitesse dans les rues



Non seulement certains d'entre eux roulent trop vite et font des stops à l'américaine, mais ils sont souvent très bruyants et surtout, ils défilent à la queue leu leu sur nos rues résidentielles en s'arrêtant de porte en porte pour cueillir les écoliers.

Interviewés, des citoyens disent avoir compté une cinquantaine d'autobus scolaires passant quotidiennement devant chez eux. Ils exagèrent, vous pensez? Hélas non. 

À la séance du conseil d'arrondissement d'Outremont, j'ai remis à la mairesse Cinq-Mars un document relatant différents problèmes relatifs à la circulation de ces autobus. 

Grâce à une caméra vidéo, nous avons pu documenter le phénomène. Ces bandes que nous avons conservées révèlent qu'une moyenne de 55 autobus scolaires défilent sur nos rues résidentielles (sauf le samedi, jour du sabbat). Et pour dissiper les doutes, nous ne nous sommes pas limités à capter ces allées et venues pendant un ou deux jours qui auraient pu connaître un achalandage exceptionnel. Les enregistrements ont été réalisés sur une période de deux mois, à raison de 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Outre le nombre impressionnant d'autobus, on réalise que ces véhicules jaunes commencent leur chemin de croix depuis aussi tôt que 6h34 le matin pour rentrer au bercail parfois passé 23h35.  

À 21h37, des étudiants dont certains portent la barbe! descendent d'un autobus scolaire au coin des rues Hutchison et Saint-Viateur.


C'est sans parler, bien sûr, des problèmes du stationnement illégal et des manœuvres dangereuses, voire abracadabrantes.


Alors qu'un premier autobus est illégalement stationné devant la synagogue de Michael Rosenberg (zone vignette 27), un deuxième contenant des enfants est immobilisé en double... en sens inverse du trafic!

 Dans tout cela, ce qui est le plus hallucinant, c'est d'apprendre dans l'article de l'Express d'Outremont que Mindy Pollak, la conseillère du district, préfère esquiver la question parce que «la majorité des autobus scolaires en question desservent les écoles et garderies hassidiques». Est-ce à dire que lorsque le problème émane de sa communauté, elle ferme les yeux et refuse de bouger?

Cerise sur le Sunday, son attaché politique, Philippe Tomlinson, déclare le plus sérieusement du monde que Projet Montréal, le parti de Mindy, «ne constatait pas de problèmes en matière de transport scolaire». C'est vrai qu'il n'habite pas Outremont et que ce que l'on ne voit pas (ou qu'on ne veut pas voir!) ne fait pas mal.

9 mai 2013: Un autobus qui n'a pas à se trouver stationné sur la rue Hutchison exécute un ballet acrobatique inusité pour permettre au balai mécanique de faire son travail. L'autobus se déplace au milieu de la chaussée, puis recule pour se stationner de nouveau. Bravo, champion!

Quant à Madame Cinq-Mars, les citoyens ont hâte de voir les solutions qu'elle apportera pour diminuer le trafic incessant de ces autobus. Nous pouvons d'ores et déjà lui suggérer que les enfants et écoliers se déplacent au coin des rues collectrices (ex.: Fairmount, Saint-Viateur, Bernard, etc.) pour être recueillis par les autobus qui n'auraient plus à défiler sur les rues résidentielles. 

Que voilà un beau projet pour occuper Mindy Pollak qui est justement chargée du comité du transport actif. À défaut de faire marcher les enfants jusqu'à l'école comme le promeut le programme Trottibus, elle pourrait au moins faire en sorte qu'ils se rendent jusqu'au coin des rues, non? Ça ne devrait faire mourir personne et, croyez-nous, c'est bien plus sécuritaire que ce que nous voyons régulièrement.