lundi 21 janvier 2013

LE FONCTIONNAIRE HONNÊTE


Depuis plusieurs jours, le téléphone ne dérougit pas chez moi. «Pis? Comment ça s’est passé?», «C’est-tu allé à ton goût?», «Grey était-tu aussi fort qu’on le dit?», «Rosenberg, lui… y’avait l’air de quoi?» «Et la juge, elle était comment?»

J’ai pensé enregistrer un message et partir ma cassette chaque fois que le téléphone sonnerait. Après ça, je me suis dit que je n'avais aucune raison de ne pas être fin avec vous. Bien au contraire. 

Vous comprendrez sans difficulté que je me garderai une petite gêne. Après tout, les plaidoiries sont prévues pour le 30 janvier prochain. Et puis, l’honorable juge Claude Dallaire n’aura pas trop de quelques mois pour déballer les innombrables boîtes de documents que les deux parties sont allées déverser dans sa... Cour, si je puis dire. 

Pas question, donc, que je me substitue à la juge. Ne manquerait plus que ça.

Je me limiterai donc à vous rassurer du mieux que je peux en vous disant qu’à part les deux premiers jours du procès où j’ai dû demeurer zen et stoïque en écoutant les Rosenberg et Werzberger casser du sucre sur mon dos, je suis plutôt satisfait d’avoir enfin pu déballer mon sac.

Après cinq ans d’accumulation, vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien de pouvoir enfin cracher le morceau. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai ressenti quelque chose comme… comme un soulagement. Ahhhhhhhhhhhhh!


Gang de curieux! Vous voudriez que je vous raconte des trucs croustillants, c’est ça? Pour savoir ce que j’ai dit, c’est très simple, vous n’avez qu’à vous replonger dans les 312 chroniques de mon blogue. Pratiquement tout y est. Vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que je vous ressorte tous les documents que j’ai déposés en cour. Pensez donc à l’écologie, bon sens! En plus, tout est déjà sur mon blogue. 

OK! OK! D’accord. Pas d’émeute, s’il vous plaît. Je vais vous en ressortir un document, mais un seul. C’est clair?

Je le prends au hasard. Tiens! Celui-ci. Qu’est-ce que c’est? C’est… le procès-verbal que les inspecteurs du département des permis et inspection du Plateau Mont-Royal ont rédigé au fil des ans à propos de la synagogue du 5253 Hutchison que fréquentent depuis toujours Michael et Martin Rosenberg. C'est truffé de faits juteux, mais limitons-nous à la page 7. Qu'est-ce que ça dit à propos d'un évènement qui s'est passé le 21 décembre 2004?


















 

«II m'a offert de I'argent en me demandant de le laisser terminer. À ce moment, j'ai refusé immédiatement et j'ai quitté les lieux en lui mentionnant que s'il y avait encore des travailleurs sur place 30 minutes plus tard, la police viendrait faire cesser le chantier.»

Wouppelai! Je rêve ou quoi? Ça ressemble à une tentative de corruption de fonctionnaire. On ne sait juste pas qui a tenté d'acheter l'illégalité.

La bonne nouvelle dans toute cette histoire, c'est qu'en 2004, il y avait encore des fonctionnaires honnêtes à Montréal. Quelqu'un devrait aller le dire à la juge Charbonneau! Ça va l'encourager.

1 commentaire:

Jean-Marc Corbeil a dit…

Le procès verbal rédigé au fil des ans par les inspecteurs du Plateau-Mont-Royal en regard des modifications du 5253 Hutchison révèle un tissu d'infractions de la part des maîtres d’œuvre du chantier.